Mercedes x BMW : lâalliance moteur qui pourrait tout changer đ„

Et si la rivalitĂ© la plus emblĂ©matique de lâautomobile premium se transformait en accĂ©lĂ©rateur dâinnovationâ? Selon des discussions avancĂ©es, Mercedes-Benz envisagerait dâadopter le 2.0 turbo B48 de BMW pour plusieurs de ses modĂšles Ă fort volume. Au-delĂ du symbole, ce rapprochement potentiel rĂ©pond Ă des enjeux trĂšs concretsâ: ralentissement de lâadoption des vĂ©hicules Ă©lectriques (EV) dans le segment premium, besoin de moteurs thermiques efficients pour respecter les objectifs COâ, et impĂ©ratif dâoptimiser les coĂ»ts R&D dans une pĂ©riode charniĂšre. Ce scĂ©nario, qui verrait un cĆur bavarois animer des Ă©toiles de Stuttgart, pourrait bouleverser lâĂ©quilibre des forces et redĂ©finir les prioritĂ©s technologiques des deux groupes.
Au cĆur de cette Ă©quationâ: le bloc BMW B48, un 2.0 litres turbo essence rĂ©putĂ© pour sa fiabilitĂ©, sa sobriĂ©tĂ© et sa compatibilitĂ© avec les systĂšmes hybrides. Mercedes pourrait lâintĂ©grer Ă une partie de sa gamme compacte et intermĂ©diaire â CLA, GLA, GLB, Classe C, Classe E â ainsi quâĂ un futur « Little G » trĂšs attendu. Loin dâun simple Ă©change de piĂšces, câest une nouvelle façon de concevoir la performance plurielle qui sâesquisseâ: mutualiser pour aller plus vite, sans renoncer Ă lâexcellence.
De la rivalitĂ© Ă la synergie âïž
Le contexte explique tout. En 2020â2023, la plupart des constructeurs premium ont annoncĂ© des feuilles de route ambitieuses vers lâĂ©lectrification totale. Mais lâĂ©lan sâest heurtĂ© Ă une rĂ©alitĂ© plus nuancĂ©eâ: infrastructures de recharge inĂ©gales, coĂ»ts dâacquisition Ă©levĂ©s, et attentes clients trĂšs variĂ©es selon les marchĂ©s. RĂ©sultatâ: la demande en moteurs thermiques hautement efficients persiste, notamment sur les segments compacts et familiaux, oĂč lâoptimisation du coĂ»t total de possession demeure dĂ©cisive.
Mercedes a dĂ©jĂ engagĂ© des coopĂ©rations motrices par le passĂ© (notamment avec des partenaires comme Nissan et Renault). Cependant, se tourner vers BMW, son rival historique, marque un tournant stratĂ©gique. Lâobjectifâ: sĂ©curiser un approvisionnement Ă grand volume dâun moteur moderne et Ă©prouvĂ©, afin de concentrer ses ressources internes sur des domaines Ă forte valeur ajoutĂ©eâ: architectures Ă©lectriques de prochaine gĂ©nĂ©ration, hybrides haute performance, et surtout dĂ©veloppement des mĂ©caniques nobles (six et huit cylindres) oĂč lâADN de la marque est fort et diffĂ©renciant.
Pour BMW, lâintĂ©rĂȘt est tout aussi clairâ: augmenter lâutilisation de ses capacitĂ©s industrielles, notamment Ă lâusine de Steyr en Autriche, optimiser les coĂ»ts unitaires, et monĂ©tiser une expertise technique reconnue. Le constructeur munichois nâen est pas Ă son coup dâessaiâ: ses moteurs ont dĂ©jĂ propulsĂ© des modĂšles Toyota (la Supra moderne sâappuie sur lâarchitecture mĂ©canique BMW), certaines gĂ©nĂ©rations de Range Rover ont accueilli des mĂ©caniques BMW, et le 4x4 Ineos Grenadier fait confiance aux blocs bavarois. Partager un moteur ne dilue pas la marqueâ: bien calibrĂ©, cela renforce lâĂ©cosystĂšme et finance la prochaine vague dâinnovations.
Politiquement, une telle alliance montre que lâautomobile entre dans une Ăšre post-rivalitĂ© binaire. Les frontiĂšres sâassouplissent lorsque lâintĂ©rĂȘt des clients, les contraintes rĂ©glementaires et la compĂ©titivitĂ© globale lâexigent. Une alliance de raison qui peut accoucher dâune nouvelle forme dâexcellenceâ: efficiente, fiable, et mieux adaptĂ©e au rythme rĂ©el de la transition.

Sous le capotâ: le BMW B48 2.0 turbo, un alliĂ© technique de poids đ§
Le B48 nâest pas un moteur comme les autres. Introduit par BMW dans sa famille modulaire «âBâ», ce quatre-cylindres 2.0 litres turbo essence a fait ses preuves sur un large Ă©ventail de modĂšles â des SĂ©rie 1 et SĂ©rie 3 aux X1/X3, en passant par Mini et certaines applications chez des partenaires. Sa philosophieâ? Une efficacitĂ© globale Ă©levĂ©e, une courbe de couple gĂ©nĂ©reuse Ă bas rĂ©gime, et une compatibilitĂ© naturelle avec les systĂšmes dâhybridation lĂ©gĂšre (48V) ou rechargeable.
Sur le plan technique, il combineâ:
- Un turbocompresseur twin-scroll pour rĂ©duire le lag et offrir des reprises vivesâ;
- La distribution variable (VANOS) et la levĂ©e variable des soupapes (Valvetronic) pour optimiser le rendementâ;
- Lâinjection directe de derniĂšre gĂ©nĂ©ration, calibrĂ©e pour limiter les particules et amĂ©liorer la combustionâ;
- Des mises Ă jour conformes aux normes dâĂ©missions actuelles (Euro 6d) et aux procĂ©dures WLTP, essentielles en Europe.
Selon les applications, le B48 dĂ©livre des puissances et couples variables, largement suffisants pour animer des berlines et SUV compacts/moyens avec brio, tout en maĂźtrisant les consommations. Il se prĂȘte bien aux transmissions automatiques Ă plusieurs rapports et aux intĂ©grations hybrides, deux terrains oĂč Mercedes excelle en calibration. Autrement dit, si lâaccord se concrĂ©tise, la greffe mĂ©canique pourrait ĂȘtre harmonieuse et invisible pour lâutilisateur finalâ: dĂ©marrages souples, relances linĂ©aires, et efficience mesurable au quotidien.
CĂŽtĂ© fiabilitĂ© et agrĂ©ment, la rĂ©putation du B48 est solide. Son architecture modulaire a permis Ă BMW de capitaliser sur des millions de kilomĂštres dâexpĂ©rience, dâitĂ©rer rapidement et dâindustrialiser Ă grande Ă©chelle. Ce facteur compte double pour Mercedesâ: moins de risques de jeunesse, homologations plus fluides, et dĂ©lais de mise sur le marchĂ© raccourcis. En outre, la compatibilitĂ© du B48 avec des architectures hybrides permettra dâaligner les produits sur les attentes rĂ©glementaires en COâ tout en conservant lâautonomie, la souplesse dâusage et la rapiditĂ© de ravitaillement dâun moteur essence.
Enfin, ce moteur a fait ses preuves au-delĂ de la galaxie BMW. Toyota lâa exploitĂ© avec succĂšs dans la Supra 2.0, tandis que dâautres partenariats passĂ©s (ex. certaines gĂ©nĂ©rations de Range Rover) tĂ©moignent dâune tradition dâĂ©changes technologiques maĂźtrisĂ©s. En confiant Ă BMW la fourniture dâun bloc cĆur de gamme, Mercedes pourrait rĂ©duire ses coĂ»ts R&D tout en garantissant un haut niveau de performances et de sobriĂ©tĂ© â un Ă©quilibre difficile Ă atteindre seul, dans les dĂ©lais actuels.

Quels modĂšles Mercedes, quelles architecturesâ? đ
Les rumeurs Ă©voquent une intĂ©gration potentielle du B48 sur des modĂšles Ă volume oĂč la compĂ©titivitĂ© est crucialeâ: CLA, GLA, GLB, ainsi que les trĂšs stratĂ©giques Classe C et Classe E. Ă cela sâajouterait un futur «âLittle Gâ», concentrĂ© dâADN tout-terrain conçu pour capitaliser sur lâicĂŽne Classe G dans un format plus compact. Sur ces segments, les clients recherchent des vĂ©hicules polyvalents, confortables et efficients â câest prĂ©cisĂ©ment lĂ que le B48 pourrait exceller.
Dans la pratique, plusieurs architectures sont envisageablesâ:
- Thermique optimisĂ©â: pour des marchĂ©s oĂč lâhybride nâest pas dĂ©terminant, des versions essence bien calibrĂ©es, axĂ©es sur lâefficience et lâagrĂ©ment.
- Hybride lĂ©ger 48Vâ: un alterno-dĂ©marreur renforce lâagrĂ©ment en ville, fluidifie les redĂ©marrages et rĂ©duit un peu la consommation en usage rĂ©el.
- Hybride rechargeableâ: en combinant le B48 avec un moteur Ă©lectrique et une batterie dimensionnĂ©e pour 50â80 km en cycle mixte, les versions PHEV rĂ©pondraient aux zones Ă faibles Ă©missions et aux incitations fiscales sur de nombreux marchĂ©s.
La question de la transmission sera Ă©videmment clĂ©. Mercedes dispose de boĂźtes automatiques performantes et dâune longue expĂ©rience en intĂ©gration hybride. Si deal il y a, lâintĂ©rĂȘt est dâoffrir une expĂ©rience 100 % Mercedes au volantâ: silence de fonctionnement, passages de rapports imperceptibles, calibration pĂ©dale-frein/accĂ©lĂ©rateur familiĂšre, et systĂšmes dâaides Ă la conduite parfaitement harmonisĂ©s. Le moteur, aussi bavarois soit-il, nâest quâun organe au service dâune signatureâ: confort, rigueur et statutaire Ă lâĂ©toile.
Un point de vigilance concerne lâidentitĂ© de marque. Les passionnĂ©s savent reconnaĂźtre une sonoritĂ©, une montĂ©e en rĂ©gime, une façon dâĂ©tager les rapports. Mercedes devra soigner la communication et la calibration pour Ă©viter la sensation dâun «âpatchworkâ». La bonne nouvelleâ: lâhistoire rĂ©cente prouve que les clients jugent avant tout le rĂ©sultat au quotidien â performances, sobriĂ©tĂ©, fiabilitĂ©, valeur de revente. Si ces critĂšres sont au rendez-vous, lâADN Mercedes ne sera pas diluĂ©â; il sera mis Ă jour, avec une efficience renforcĂ©e.
Pour les conducteurs, cela se traduira parâ:
- Des consommations maĂźtrisĂ©es sur autoroute comme en villeâ;
- Des reprises franches Ă bas et moyen rĂ©gimesâ;
- Une intĂ©gration fluide des systĂšmes hybrides et des aides Ă la conduiteâ;
- Un coĂ»t total de possession potentiellement allĂ©gĂ©, grĂące aux effets dâĂ©chelle et Ă la robustesse du bloc.
En somme, le fit technique existe. Reste lâannonce officielle, la cartographie prĂ©cise des modĂšles concernĂ©s, et le calendrier de dĂ©ploiement par marchĂ©s. Les sources industrielles Ă©voquent une clarification possible dâici la fin de lâannĂ©e â un horizon cohĂ©rent au vu des boucles dâhomologation et des cycles produit.
Production, Ă©conomies dâĂ©chelle et horizons 2030 đ
Lâautre pilier du dossier est industriel. La production du B48 par BMW â avec un rĂŽle central de lâusine de Steyr, en Autriche â offre une base solideâ: volumes, qualitĂ©, coĂ»ts, logistique. En sâappuyant sur une ligne hautement rodĂ©e, Mercedes gagnerait du temps et de la latitude budgĂ©taire, exactement lĂ oĂč lâindustrie en manque. Pour BMW, la montĂ©e en cadence stabilise lâoutil industriel et amĂ©liore la rentabilitĂ© unitaire, crĂ©ant un cercle vertueux pour financer la prochaine gĂ©nĂ©ration de technologies Ă©lectrifiĂ©es.
Ă lâĂ©chelle sectorielle, cette approche rĂ©pond Ă trois pressionsâ:
- RĂ©glementaireâ: les objectifs COâ en Europe se resserrent annĂ©e aprĂšs annĂ©e. Un 2.0 turbo moderne et hybride-compatible est un alliĂ© prĂ©cieux pour rester dans les clous sans renoncer aux volumes.
- Ăconomiqueâ: les coĂ»ts R&D explosent, des plateformes EV aux logiciels dâinfodivertissement. Mutualiser un «âcĆur thermiqueâ» libĂšre des moyens pour innover lĂ oĂč la diffĂ©rence se fera demainâ: software, batteries, Ă©lectronique de puissance, interface utilisateur.
- StratĂ©giqueâ: les clients veulent du choix. Offrir des options thermiques sobres, hybrides lĂ©gers et PHEV cohĂ©rentes avec les besoins rĂ©els des foyers permet dâaccompagner la transition sans la brusquer.
Et ensuiteâ? Les perspectives 2025â2030 sâannoncent hybrides par nature. Les vĂ©hicules Ă©lectriques progresseront, mais le mix Ă©nergĂ©tique restera hĂ©tĂ©rogĂšne selon les pays. Dans ce contexte, un moteur essence efficient comme le B48 est une brique dâĂ©quilibre, un «âpontâ» crĂ©dible vers la prochaine vague technologique. CĂŽtĂ© Mercedes, cette respiration permettrait aussi de concentrer les efforts sur les moteurs six et huit cylindres â essentiels pour la performance, lâimage et des sous-marques comme AMG â tout en maintenant des offres accessibles et efficientes en entrĂ©e et milieu de gamme.
Bien sĂ»r, il existe des risques. La perception de «âMercedes Ă moteur BMWâ» peut faire dĂ©bat. Les puristes sâinterrogeront. Mais lâexpĂ©rience dâautres partenariats montre quâavec une intĂ©gration soignĂ©e, ces craintes sâestompent rapidement. Les clients jugeront au volant et au portefeuille. Et si, au final, lâalliance permet des Mercedes plus sobres, mieux Ă©quipĂ©es et tout aussi plaisantes Ă conduire, le marchĂ© validera lâĂ©quation.
Ă surveiller dans les prochains moisâ:
- Une annonce conjointe prĂ©cisant lâĂ©tendue du partenariat, le calendrier et les modĂšles pilotesâ;
- Des dĂ©pĂŽts dâhomologation mentionnant le moteur 2.0 turbo B48 sur certains VIN ou fiches techniquesâ;
- Des communications produit axĂ©es sur les bĂ©nĂ©fices clients (agrĂ©ment, consommation, fiscalitĂ©), plutĂŽt que sur la provenance du moteurâ;
- Lâimpact sur les chaĂźnes de production et les dĂ©lais de livraison, notamment en Europe.
Si cet accord se confirme, il illustrera une mutation profondeâ: la performance de demain sera collaborative, modulaire et centrĂ©e sur lâutilisateur final. Les rivaux ne cesseront pas dâĂȘtre rivaux â ils choisiront simplement leurs terrains dâaffrontement avec plus de discernement, sans rĂ©inventer ce que lâautre sait dĂ©jĂ faire mieux et Ă coĂ»t compĂ©titif.
En dĂ©finitive, la possible adoption du B48 de BMW par Mercedes nâest pas une compromissionâ; câest une optimisation. Un moteur Ă©prouvĂ© pour servir une promesseâ: des Mercedes toujours dĂ©sirables, plus sobres, et alignĂ©es sur le rythme rĂ©el de la transition. Ă lâheure oĂč chaque gramme de COâ et chaque euro comptent, cette alliance potentielle offre une voie pragmatique, oĂč lâingĂ©nierie reste reine et le client, le grand gagnant.
đ·: BMW, MERCEDES-BENZ
Sur la route de lâinnovation, les lignes droites sont raresâ; ce sont les virages bien nĂ©gociĂ©s â et parfois Ă deux â qui mĂšnent le plus loin.
Dans cette logique de transition maĂźtrisĂ©e, le rĂȘve dâune Mercedes Classe S peut aussi passer par la LOA ou la LLD: des offres flexibles et garanties avec Joinsteer, pour conjuguer plaisir, budget et avenir sans renoncer Ă lâexcellence.














