Ça y est : la pré-saison de Formule 1 2026, marquée par un changement de réglementation potentiellement historique, est terminée.

À deux semaines du Grand Prix d’Australie, qui sort renforcé de la deuxième semaine d’essais à Bahreïn, et qui semble déjà sous pression ?

Voici les principaux gagnants et perdants, au fil des enseignements glanés sur ces monoplaces radicalement différentes.

Essais F1 2026 à Bahreïn : gagnants et perdants (semaine 2)

⛔ Perdant : Aston Martin

Aston Martin aborde le début de saison dans une situation préoccupante, après une quinzaine d’essais à Bahreïn non seulement en dessous des attentes, mais qui aurait difficilement pu plus mal se passer.

Des problèmes de fiabilité persistants côté groupe propulseur Honda — en particulier sur la partie batterie — ont considérablement limité le kilométrage, au point qu’il reste compliqué d’évaluer le véritable potentiel de l’AMR26.

Ne boucler que six tours lors de la dernière journée a été un désastre, et l’équipe s’expose désormais à une pression immédiate… y compris de la part du nouveau venu Cadillac dès le début de saison.

Le plus inquiétant, c’est que le temps manque pour corriger ces casses répétées hors course : la prochaine sortie en piste n’interviendra qu’à Melbourne.

🏆 Gagnant : Ferrari

Terminer la dernière séance d’essais hivernaux avec le meilleur temps, avec huit dixièmes d’avance, est une statistique souvent trompeuse. Mais dans le contexte d’une saison 2025 jugée décevante, du fait d’être passé à côté de la “brèche” liée au taux de compression, et d’une stratégie de démarrage en “spec A” (base plus simple, évolutions plus tard) à contre-courant de certains rivaux, l’hiver de Ferrari a de quoi encourager.

La voiture affiche clairement du rythme, et le plan “on apportera des évolutions plus tard” inclut des solutions très audacieuses, comme l’aileron arrière capable de se retourner “à l’envers”.

Autre point marquant : Ferrari semble bien plus à l’aise que plusieurs concurrents sur les départs travaillés en essais, un détail qui pourrait peser lourd si les premières manches confirment des envols aussi chaotiques que redouté.

Ferrari n’est pas forcément favorite, mais apparaît bien installée dans le groupe de tête.

💡 Gagnant : la créativité en F1 (bien vivante)

Avec des règles entièrement nouvelles, il était inévitable que certaines zones grises ouvrent la porte à des interprétations astucieuses.

Avant le dernier test, le thème le plus débattu tournait autour de l’interprétation des règles moteur liées aux taux de compression.

Mais Ferrari a rebattu les cartes au milieu de la semaine avec l’une des idées les plus frappantes vues depuis longtemps : cet aileron arrière “retourné”.

Officiellement présenté comme un élément d’essai (et donc pas forcément destiné à courir), le signal est fort : la pensée “hors cadre” et l’ingéniosité restent au cœur de la Formule 1, même avec un règlement neuf.

😬 Perdants : les rivaux de Mercedes

La bataille politique et technique autour de l’éventuelle faille sur les règles de taux de compression a animé l’intersaison en parallèle de la piste. Et, comme souvent en essais, elle s’achève sur un “vainqueur” potentiellement trompeur.

Le compromis qui doit être entériné lors d’un vote la semaine prochaine mettrait sur la table une nouvelle forme d’essais en cours de saison. Mercedes estime qu’elle passera cette étape sans difficulté, tandis que, de façon ironique, ce dispositif pourrait obliger ses rivaux à davantage de travail et de développement supplémentaire pour atteindre le niveau requis… et rester compétitifs.

📈 Gagnant : Haas

Haas termine troisième du classement du kilométrage lors de cette deuxième semaine, et se place comme la meilleure des équipes motorisées Ferrari sur cet indicateur.

Mais c’est aussi sur la performance pure que les signaux sont bons. Haas figure sixième des temps de référence : pile au milieu du tableau, mais avec l’impression d’être légèrement devant Alpine le dernier jour… avant le relais tardif de Pierre Gasly dans le composé le plus tendre (C5), qui l’a fait passer devant Ollie Bearman.

Quel que soit l’ordre définitif dans cette bagarre (et, de l’avis général, Haas garde l’avantage), ces deux équipes semblent mener le peloton de milieu de grille. Et quand on se rappelle que Haas est probablement l’écurie la moins dotée en ressources de tout le plateau, ce serait un début de cycle réglementaire particulièrement impressionnant.

🟠 Perdant : Williams

On peut se demander à quel point la situation de Williams paraîtrait plus critique si la contre-performance d’Aston Martin n’était pas aussi visible.

Certes, il y a eu un motif d’encouragement en semaine 1 avec le fait d’avoir signé (à égalité) le plus grand nombre de tours, en rattrapant du retard après avoir sauté la séance de “shakedown” de Barcelone. Mais tous les éléments observables en semaine 2 suggèrent que, côté performance, la Williams — pourtant une voiture 2026 attendue à un certain niveau — n’a rien de particulièrement rassurant.

Les relais de performance ont surtout attiré l’attention pour de mauvaises raisons : réalisés avec des pneus plus tendres que ceux utilisés autour d’Alex Albon et Carlos Sainz, sans que cela ne se traduise par la position qu’on attendrait normalement de cet avantage, même en tenant compte d’une part de prudence sur les charges de carburant.

Et sur les longs relais, avec les données limitées disponibles, le ressenti général est clair : c’est peu inspirant.

🆕 Gagnant : Cadillac

Nouveau venu en F1, Cadillac s’invite déjà parmi les équipes qui ont marqué positivement cette deuxième semaine à Bahreïn, dans un tableau où les motorisations Ferrari sont très présentes.

En kilométrage — un critère crucial pour une équipe qui débute —, il y a malgré tout un petit recul : 266 tours couverts en semaine 2 contre 320 en semaine 1.

Mais les craintes les plus fortes sur le niveau de performance en 2026 semblent ne pas se concrétiser. Le 1’35’’290 réalisé par Valtteri Bottas lors de la dernière journée est à 3,3 secondes du meilleur temps : c’est nettement derrière, oui, mais pas dans une zone “décrochée”. Ce n’est même pas, à l’instant T, une situation de dernière place.

Et, repère révélateur, ce niveau n’approcherait même pas une zone “107%” si on se basait sur les qualifications 2025 à Bahreïn : Cadillac serait à plus de deux secondes au-dessus de ce seuil théorique.

Bien sûr, le fait de pouvoir être réellement devant au moins un rival dès la manche d’ouverture en dit aussi long sur les difficultés de ce rival que sur Cadillac. Mais si ce niveau reflète la réalité, c’est un point de départ presque inimaginable pour une structure qui, il y a un an, n’avait pas encore officiellement le feu vert pour rejoindre la grille.

✅ Gagnant : le bon sens (et des départs plus sûrs)

Après les inquiétudes de sécurité apparues sur les départs lors du premier test à Bahreïn, il aurait été facile de ne rien changer — ou de laisser le sujet se transformer en bras de fer politique.

Au contraire, équipes et FIA ont mis en place une solution jugée pertinente, qui a en plus ajouté un élément intéressant à observer en essais.

L’ajout d’un préavis de cinq secondes avant le démarrage de la procédure lumineuse a calmé les craintes majeures liées à la difficulté des envols, et permet aux pilotes d’aborder Melbourne plus sereinement.

Cette mise à l’épreuve a également mis en évidence que Ferrari — qui a affiné son concept moteur autour d’une séquence courte — n’a pas été pénalisée par l’ajustement.

Les départs très rapides observés en particulier chez Lewis Hamilton laissent même penser que Ferrari pourrait disposer d’un atout précieux dans la course jusqu’au premier virage.

🔮 Conclusion

Entre solutions techniques audacieuses, débats réglementaires déjà structurants et nouveaux repères sur les procédures de départ, ces essais de Bahreïn ont surtout montré une chose : la hiérarchie 2026 s’écrira autant dans le détail que dans la vitesse pure.

Prochain rendez-vous : Melbourne, où les promesses d’hiver devront enfin se transformer en points — et où chaque équipe découvrira si son pari était le bon.

Foire aux Questions

À quoi sert le kilométrage en essais hivernaux ?

Le nombre de tours parcourus indique surtout la fiabilité et la capacité d’une équipe à enchaîner les runs pour comprendre la voiture. C’est particulièrement critique pour une nouvelle équipe comme Cadillac, ou pour une équipe en difficulté de fiabilité comme Aston Martin.

Pourquoi parle-t-on autant des taux de compression en début de saison 2026 ?

Parce que l’interprétation de cette zone du règlement moteur peut créer un avantage de performance. Le débat a été suffisamment important pour qu’un compromis soit discuté, avec un vote prévu et l’idée d’introduire des essais spécifiques en cours de saison.

En quoi un aileron arrière “retourné” est-il un sujet majeur ?

Une solution de ce type illustre la recherche d’avantages aérodynamiques dans les zones grises du règlement. Même si l’élément est présenté comme un simple test, il montre le niveau d’inventivité possible avec les voitures 2026.

Que signifie la référence au seuil des “107%” ?

C’est un repère historique utilisé pour évaluer si une voiture est suffisamment proche du rythme de référence en qualifications. Dire qu’une voiture n’est “même pas” dans une zone 107% revient à souligner qu’elle n’est pas dangereusement loin du rythme, même si elle n’est pas en tête.

Pourquoi le changement de procédure de départ (préavis de cinq secondes) compte autant ?

Parce qu’il répond à des préoccupations de sécurité tout en modifiant la façon dont les pilotes et les équipes gèrent l’embrayage, l’anti-calage et la réaction au départ. Les essais ont aussi suggéré que Ferrari s’est très bien adaptée, avec des envols particulièrement efficaces observés chez Lewis Hamilton.

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