Christian Horner affirme avoir été félicité par les actionnaires majoritaires de Red Bull ainsi que par le dirigeant Oliver Mintzlaff après les premiers succès de l’écurie en Formule 1 avec son propre moteur.

Alors que l’équipe a tourné une page en interne, Horner estime que ces victoires valident un chantier qu’il avait contribué à lancer : faire de Red Bull Powertrains un constructeur à part entière pour la nouvelle ère technique.

Un moteur « maison » né d’un retrait annoncé

La division Red Bull Powertrains a été créée en réponse à la décision de Honda de quitter la F1 à la fin de la saison 2021. L’idée initiale consistait d’abord à reprendre l’exploitation de ces moteurs, avant que le projet ne prenne une tout autre dimension.

Au final, Red Bull Powertrains est devenu un motoriste à part entière en vue du cycle réglementaire 2026.

Horner a été félicité par les dirigeants de Red Bull après les victoires du moteur de F1

Départ 2026 : des performances jugées au sommet dès le début

D’après Horner, le premier groupe propulseur s’est montré compétitif immédiatement. À tel point que Red Bull a été jugé — de manière jugée controversée — comme disposant du meilleur moteur du plateau dans le cadre du mécanisme « Additional Development and Upgrade Opportunities » (ADUO) instauré pour 2026.

Ce système ne prend en compte que la performance du moteur thermique (le moteur à combustion interne).

Première victoire à la 16e course : Verstappen lance la série

Le moteur est devenu gagnant lors de son 16e grand prix, quand Max Verstappen s’est imposé au Grand Prix de Bahreïn en Malaisie.

Une semaine plus tard, Verstappen a réédité la performance en remportant à Singapour la course sprint puis l’épreuve principale.

« Ils m’ont remercié » : les messages des actionnaires et l’appel de Mintzlaff

Horner, présenté comme le directeur d’équipe fondateur jusqu’à son éviction à l’été de l’an dernier, raconte que sa contribution au projet Powertrains a été reconnue, y compris par Oliver Mintzlaff, avec qui la relation avait été difficile lorsqu’il était en poste.

Interrogé sur ce qu’il aurait fait différemment s’il avait encore été directeur d’équipe cette année, Horner répond : « C’est impossible à dire, n’est-ce pas ? »

Il ajoute que l’équipe actuelle est « l’équipe que j’ai mise sur pied et construite », et précise que, après la victoire de Singapour et celle de Malaisie, les deux actionnaires l’ont remercié séparément en faisant référence à ce qu’il avait bâti.

Selon lui, Oliver Mintzlaff l’a « très gracieusement » appelé après la course de Singapour pour le remercier de ce qu’il avait assemblé et de ce que l’équipe avait ensuite accompli.

Horner souligne aussi qu’avec le temps vient une forme de perspective : Red Bull fonctionnerait aujourd’hui différemment, ce qu’il juge « naturel » depuis la disparition de Dietrich Mateschitz, qu’il décrit comme une présence centrale de l’entreprise.

Il dit comprendre que l’activité de Red Bull « se porte très bien », avec une forte croissance, concluant qu’il ne peut que souhaiter « bonne chance » pour l’avenir.

Une idée jugée folle, devenue usine en 55 semaines

Au moment de la création de Red Bull Powertrains, Horner expliquait que Dietrich Mateschitz n’était « pas effrayé par le risque ». Il ajoutait que, si Red Bull n’aurait « jamais pensé pouvoir faire ce que nous avons réussi à accomplir au fil des années » avec le châssis, le défi consistait désormais à « reproduire cela » côté groupe propulseur.

Horner qualifie rétrospectivement la création de Red Bull Powertrains d’« idée farfelue » et rappelle que le projet moteur 2026 s’est fait en partenariat avec Ford.

Il estime que Mateschitz et le co-propriétaire Chalerm Yoovidhya méritent du crédit, car des voix au sein de Red Bull demandaient : « Pourquoi diable faisons-nous ça ? »

Il détaille enfin la mise en œuvre industrielle : en rassemblant « un grand groupe de personnes », en les responsabilisant, avec une direction claire, une culture adéquate et les bons outils, « nous avons transformé une usine de papier bulle en usine de moteurs en 55 semaines ».

Pour Horner, voir ce moteur être jugé le plus performant de la F1 dès sa première année et gagner à sa 16e tentative est « l’un de mes plus grands accomplissements » chez Red Bull.

Il y voit une démonstration de « la force des personnes, de la culture, et du fait que tout le monde soit concentré sur le même objectif ».

Après Mateschitz : lutte de pouvoir et rupture

Horner occupait un double rôle : directeur d’équipe et directeur général de Red Bull Racing. Après la mort de Dietrich Mateschitz en octobre 2022, une lutte de pouvoir interne a émergé, opposant de fait Horner à Oliver Mintzlaff (officiellement responsable des projets corporate) ainsi qu’à Helmut Marko, ancien conseiller motorsport de Red Bull.

Après avoir surmonté un scandale personnel en 2024 — Red Bull ayant choisi de le maintenir après qu’une enquête indépendante sur des accusations de mauvaise conduite envers une employée l’a blanchi — Horner a finalement été déchargé de ses fonctions après le Grand Prix de Grande-Bretagne en juillet 2025.

Le bilan de Horner : concessions refusées et « eau sous les ponts »

Interrogé sur l’idée qu’il aurait trop façonné l’équipe, alimentant la perception d’une structure devenue « l’équipe de Horner », il répond : « Oui, et c’est ce qu’on m’a dit. C’est ce que Helmut m’a dit, à la fin. »

Il admet qu’il y a « toujours des choses » qu’on ferait différemment avec le recul, tout en affirmant avoir été fidèle à ses convictions et à lui-même.

Horner explique qu’on lui a demandé d’abandonner certaines parties de son rôle, ce qu’il jugeait susceptible de compromettre le leadership de l’équipe. Il dit avoir refusé, et reconnaît que cela a peut-être contribué à la décision finale, tout en ajoutant : « C’est la vie, n’est-ce pas ? »

Il assure avoir une « relation correcte » avec les deux actionnaires (Chalerm Yoovidhya et Mark Mateschitz), les avoir revus depuis son départ, et considère que c’est désormais « de l’eau sous les ponts ». Il tient un propos similaire au sujet de Mintzlaff, concluant qu’il ne peut que leur souhaiter le meilleur.

Il résume cette période comme un chapitre dont il est fier, affirmant qu’il gardera « une grande affection pour 90% » de son temps chez Red Bull.

Agenda : sortie du livre et dates de tournée

DRIVE, le livre de Christian Horner, doit être publié le 22 octobre chez Bantam : https://www.amazon.co.uk/gp/product/1911754785

Christian Horner partagera des histoires du livre lors d’une tournée au Royaume-Uni (Nottingham lun. 19, Bath 20, Londres 26 octobre). Billets : https://www.ticketmaster.co.uk/christian-horner-tickets/artist/5672765

Conclusion

Au-delà des tensions internes et de son éviction, Horner présente les premières victoires du moteur Red Bull Powertrains comme la validation d’un pari industriel rare en F1 : bâtir une filière moteur de toutes pièces et gagner rapidement.

Si l’histoire récente de Red Bull rappelle à quel point la F1 est un sport de performance autant que de gouvernance, l’avenir du projet 2026 montre aussi qu’une vision, une culture et des moyens peuvent transformer une idée jugée impossible en réalité sur la piste.

Foire aux Questions

Qu’est-ce que Red Bull Powertrains ?

C’est la division créée par Red Bull après l’annonce du retrait de Honda fin 2021, d’abord pour reprendre l’exploitation des moteurs existants, puis pour devenir un motoriste à part entière en vue des règles 2026.

Pourquoi parle-t-on du mécanisme ADUO en 2026 ?

Le mécanisme « Additional Development and Upgrade Opportunities » mentionné ici sert à évaluer les performances en ne prenant en compte que le moteur thermique. Dans ce cadre, Red Bull a été jugé comme disposant du meilleur moteur, une appréciation considérée comme controversée.

Quand le moteur Red Bull a-t-il gagné pour la première fois ?

Selon le récit, il devient vainqueur lors de son 16e grand prix, quand Max Verstappen gagne le Grand Prix de Bahreïn en Malaisie, puis enchaîne avec des victoires en sprint et en course principale à Singapour une semaine plus tard.

Quel rôle Horner revendique-t-il dans ce succès ?

Il explique avoir joué un rôle important pour obtenir le feu vert du projet et estime que sa contribution a été reconnue, notamment via des remerciements des actionnaires et un appel d’Oliver Mintzlaff après la victoire de Singapour.

Pourquoi Horner a-t-il quitté ses fonctions chez Red Bull ?

Le texte indique qu’après la mort de Dietrich Mateschitz, une lutte de pouvoir interne est apparue. Horner a été déchargé de ses fonctions après le Grand Prix de Grande-Bretagne en juillet 2025, et il explique aussi qu’il avait refusé d’abandonner certaines responsabilités, jugeant que cela aurait compromis le leadership de l’équipe.

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