Jenson Button espère que le calendrier de la Formule 1 ne s’étendra pas au-delà de 24 épreuves, estimant qu’une saison plus longue ferait peser une pression excessive sur le personnel des équipes.

Champion du monde en 2009, Button a connu une F1 à 17 courses cette année-là. Au moment de sa retraite, en 2016, le championnat était déjà passé à 21 rendez-vous. Ces dernières saisons, le total a grimpé à 24, un volume qu’il juge acceptable pour les pilotes, mais difficilement tenable pour celles et ceux qui font vivre les équipes dans le paddock.

Button espère que le calendrier de la F1 ne continuera pas de s’allonger

Pourquoi Button ne veut pas d’une F1 à 25 courses (ou plus)

Intervenant au Milken Institute Asia Summit 2026 à Singapour, à l’approche du Grand Prix de Singapour, Button a résumé la difficulté logistique d’un calendrier à 24 manches : « 24 courses autour du monde, c’est vraiment, vraiment dur. Donc je ne voudrais pas en voir davantage. »

Selon lui, l’écart de contrainte entre pilotes et équipes est net : « Pour les pilotes, ça va. Ils finissent la course, montent dans un jet privé et rentrent chez eux. »

Mais la réalité est toute autre pour les mécaniciens et le personnel : « Pour les mécaniciens et tous ceux qui travaillent dans l’équipe, le démontage et le remballage, c’est démentiel. » Il insiste sur le fait que ce travail ne s’arrête pas une fois le circuit quitté : « Ils ne quittent pas la piste pour partir en vacances. Ils retournent à l’usine et recommencent à travailler. »

Button rappelle enfin le coût humain : beaucoup de passion, mais énormément de temps loin de la famille. « Les gens en F1 sont évidemment passionnés, sinon ils ne feraient pas ça. C’est tellement de temps loin de sa famille. Alors j’espère qu’il n’y aura pas plus de courses. »

Une F1 très demandée… mais à quel prix pour les fans ?

Button constate que l’appétit des villes et promoteurs pour accueillir un Grand Prix montre que la Formule 1 « est dans une très bonne période » en termes de popularité. Dans le même temps, il s’interroge sur l’accessibilité : il se demande s’il ne devrait pas exister « une limite » aux prix des billets afin d’éviter que la F1 ne devienne « fermée » au public.

Des voitures toujours plus pointues : attention à la complexité

Passé par l’ère des moteurs V10, sacré au temps des V8, puis retraité après trois saisons avec les V6 turbo hybrides, Button dit ne pas souhaiter que la F1 devienne trop complexe sur le plan technique.

« C’est très compliqué en ce moment », explique-t-il à propos du fonctionnement des groupes propulseurs. Il reconnaît l’importance de pousser la technologie, mais estime qu’il faut préserver un niveau de compréhension pour permettre aux fans d’adhérer pleinement : il doit rester « une compréhension pour que les fans puissent vraiment s’y retrouver ».

Button apprécie la diversité des solutions pour l’automobile de route : électrique, hydrogène, hybride et moteurs thermiques. Mais, à titre personnel, il aimerait voir la F1 « revenir aux moteurs à combustion » avec l’usage d’un carburant durable. « Pour moi, c’est la meilleure façon. Mais c’est juste mon opinion, parce que j’adore le son d’un moteur à combustion, et ça ajoute à l’excitation d’une voiture de course. »

Il illustre cette évolution avec une expérience récente : il a participé à une course au Royaume-Uni, à Goodwood, au volant de voitures de course des années 1950 et 1960, et même ces autos roulent désormais avec du carburant durable. Pour lui, c’est un signe positif : « C’est vraiment bien de voir les progrès. »

Un public plus jeune, plus mixte, et une ambiance qui change

Désormais ambassadeur pour Aston Martin-Honda, Button souligne la transformation du public de la F1, aujourd’hui nettement plus jeune.

Il observe également une meilleure mixité : « Je pense que c’est 50-50 hommes et femmes maintenant, ce qui n’était pas le cas quand je courais. »

Button espère que le calendrier de la F1 ne continuera pas de s’allonger

Button compare ensuite l’âge moyen des fans : à l’époque où il pilotait, il situe cette moyenne « au milieu de la quarantaine », soit son âge actuel. Il note aussi que sa propre communauté sur les réseaux sociaux se situe désormais « dans la trentaine ».

Il attribue une partie de ces changements à l’impact des réseaux sociaux et de la série Netflix Drive to Survive, qui ont accru la notoriété des pilotes, mais aussi celle de leurs partenaires. Il oppose cela à ce qu’il a vécu en fin de carrière : sa femme venait sur certains Grands Prix lors de sa dernière saison en F1, et « ce n’était pas une bonne atmosphère pour elle ». Elle « n’aimait pas vraiment ça ».

Selon lui, la situation a changé : aujourd’hui, lorsqu’elle se rend sur quelques courses, elle trouve l’expérience « incroyable », dans une ambiance « beaucoup plus jeune », « plus heureuse, positive », et un environnement « excitant ».

Conclusion

À travers son appel à ne pas dépasser 24 courses, Jenson Button pointe un enjeu central de la F1 moderne : concilier croissance mondiale, contraintes humaines pour les équipes, et accessibilité pour les fans. Entre calendrier surchargé, technologie toujours plus sophistiquée et renouvellement du public, la discipline avance vite — et l’avenir dépendra de sa capacité à grandir sans se couper de celles et ceux qui la font et la suivent.

Foire aux Questions

Pourquoi Jenson Button ne veut-il pas plus de 24 Grands Prix en F1 ?

Il estime que 24 courses « autour du monde » sont déjà très difficiles, surtout pour le personnel des équipes. Les mécaniciens et techniciens doivent démonter, voyager, remonter, puis retourner à l’usine pour travailler à nouveau, avec beaucoup de temps passé loin de la famille.

En quoi les pilotes sont-ils moins impactés par un calendrier très long ?

D’après Button, la contrainte est différente : une fois la course terminée, les pilotes rentrent plus facilement chez eux, alors que les équipes enchaînent logistique, transport du matériel, et travail en usine.

Qu’est-ce que Button reproche à la complexité technique actuelle de la F1 ?

Il juge le fonctionnement des groupes propulseurs actuel très complexe. Il soutient l’innovation, mais souhaite que la discipline reste compréhensible pour que les fans puissent suivre et s’enthousiasmer.

Quel type de motorisation Button aimerait-il revoir en F1 ?

À titre personnel, il préférerait un retour à des moteurs à combustion utilisant un carburant durable. Il dit aimer le son du moteur thermique et l’effet que cela a sur l’excitation en piste.

Comment Button décrit-il l’évolution du public de la F1 ?

Il le voit plus jeune et plus mixte, avec une répartition qu’il estime désormais proche de 50-50 entre hommes et femmes. Il note aussi une évolution de l’ambiance dans le paddock, qu’il décrit comme plus jeune, plus heureuse et plus positive qu’à la fin de sa carrière.

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