Le week-end du Grand Prix d’Azerbaïdjan a démarré avec une Mercedes déjà très convaincante, à la fois sur le rythme et sur la fiabilité — dans la continuité de ce qu’elle montre en ce début de saison 2026.

Sur ce jeudi rare de roulage en piste, voici comment les forces en présence se sont réparties, des tops aux flops, avec les nuances importantes entendues dans le paddock.

Gagnants et perdants des essais F1 à Bakou

Gagnant : George Russell (1er)

Chez Mercedes, on assure que l’écart n’est pas « représentatif » : l’équipe aurait simplement réussi davantage de véritables tours d’attaque que ses rivaux directs, et « à chaque tour chronométré, les temps s’amélioraient ».

Même avec cette réserve, Russell ressort de cette journée d’essais dans la meilleure position possible : une voiture qui semble disposer d’un avantage, même léger, et un coéquipier handicapé par des soucis de fiabilité (et qui, dans ce contexte, aurait toutes les raisons de se satisfaire d’une deuxième place si la hiérarchie se figeait ainsi).

Un responsable Mercedes a rappelé un repère parlant : l’an dernier, Russell était « assez malade » à Bakou et avait tout de même terminé deuxième. De quoi renforcer l’idée qu’il est traditionnellement très solide ici — et que l’équipe peut compter sur l’autre voiture pour être immédiatement aux avant-postes si l’une rencontre un problème.

Perdant : McLaren (6e et 8e)

Première sortie délicate pour la grosse évolution aérodynamique de McLaren. L’équipe a dû procéder à des ajustements techniques un peu improvisés pendant la séance, et le roulage a été limité en FP1.

McLaren affirme toutefois être convaincue que l’évolution fonctionne comme prévu. Lando Norris, finalement le plus rapide des deux pilotes (à 1,5 s du meilleur temps, et seulement 0,026 s devant Oscar Piastri), assure que la voiture « se sentait bien ».

Mais le verdict brut du chrono inquiète : « On est juste… à des kilomètres du rythme. » Norris souligne surtout que le tracé cumule des zones lentes et une très longue ligne droite, et que Mercedes est plus rapide « dans chaque virage lent » comme « en ligne droite ». Rien de totalement surprenant pour lui, si ce n’est l’ampleur de l’écart.

Gagnant : Pierre Gasly (7e)

Si Pierre Gasly termine la journée de samedi (jour de course, ici) au niveau de sa place du jour, il pourra se dire très satisfait : il a notamment réussi à s’intercaler entre les deux McLaren en FP2.

« Je suis très content », a-t-il résumé, en expliquant que ses sensations lui donnent « une bonne confiance pour demain ».

La concurrence au milieu de peloton reste dense : Audi a apporté un gros paquet d’évolutions, et Racing Bulls représente souvent une menace. Mais ce début de week-end suggère qu’Alpine est, pour l’instant, la référence du groupe — du moins entre les mains de Gasly.

Perdants : Audi (14e et 15e) et Williams (16e et 17e)

Début peu inspirant pour ces deux équipes, toutes deux derrière la Cadillac de Sergio Perez en FP2 alors qu’elles ont pourtant amené des évolutions importantes pour ce rendez-vous.

Côté Audi, Gabriel Bortoleto a roulé avec des éléments quasi entièrement nouveaux au fil des deux séances. Après FP2, il a été très franc : la voiture « ne se sentait pas incroyable… on manque un peu d’adhérence ». Nico Hülkenberg a fini à moins d’un dixième derrière lui, après avoir utilisé les anciennes pièces en FP1 avant qu’un problème de boîte de vitesses ne réduise son roulage.

Chez Williams, beaucoup d’espoirs reposent sur un nouveau châssis allégé. Carlos Sainz dit que cela « semble un peu plus rapide », mais il restait à une demi-seconde de la Cadillac de référence en FP2, après un départ de feu sur les freins en FP1.

Sainz estime qu’une version mieux réglée de cette nouvelle voiture pourrait au mieux remettre Williams dans une dynamique régulière d’accès à la Q2. Et pour « de plus gros pas », il faudra selon lui « attendre l’an prochain ».

Gagnant : Esteban Ocon (10e)

La veille, il était ressorti qu’Esteban Ocon était quasiment certain de ne plus être chez Haas l’an prochain, avec l’idée qu’il pourrait être remplacé par Rafa Camara.

Une bonne journée d’essais ne change pas à elle seule une trajectoire contractuelle, mais Ocon a très bien démarré son week-end : neuvième puis dixième des deux séances.

Il affirme ne « même pas avoir tant poussé » tout en ressentant un comportement efficace : « Ça marche sur le temps au tour. » Il souligne aussi que la voiture « semble saine pour le moment », tout en prévenant que cela peut changer d’un jour à l’autre — et qu’il faut éviter d’empirer la situation le vendredi.

Autre élément marquant : Ocon a trouvé l’auto « très agréable à piloter » et « bien meilleure » que l’an dernier, où il expliquait qu’il « ne pouvait pas freiner du tout ».

Perdant : Arvid Lindblad (18e)

Deuxième week-end en deux courses où Lindblad endommage sa voiture dès le premier jour de roulage. Cette fois, l’accident est survenu dans la section du château, avec une dynamique inhabituelle : on voit souvent des chocs de l’avant contre le mur extérieur, mais là l’impact s’est fait de côté, avec deux contacts.

Son responsable d’équipe a relaté la scène avec humour : Lindblad estime avoir été « 1 mm trop à droite », et lui répond qu’il était « probablement 20 mm trop à droite ». L’idée reste la même : « Il était très en avance sur ce tour, et il est juste allé un peu trop loin. »

Ce n’est « pas idéal », d’autant plus que son crash en essais à Madring avait déjà semblé jouer sur sa confiance pendant le week-end. Et l’autre Racing Bulls, pilotée par Liam Lawson, n’a pas affiché un rythme particulièrement impressionnant dans l’après-midi. Mais l’équipe juge que ce n’est « pas une catastrophe » : elle se situe globalement là où elle s’attendait à être, avec encore du temps à trouver. Elle reconnaît aussi avoir fait des changements entre P1 et P2 qui n’étaient peut-être pas dans la bonne direction.

Gagnant : Sergio Perez (13e)

Interrogé après FP2 sur la comparaison entre Cadillac et Aston Martin, Valtteri Bottas a lâché : « Je pense qu’on est devant ici. » Et les chronos semblent largement aller dans ce sens. Mais Perez, lui, peut viser plus haut.

Le moteur Ferrari ADUO 2 apporte ici un gain estimé à environ deux dixièmes. Toutefois, à Bakou, l’aspiration est un facteur décisif : le directeur sportif de Cadillac a résumé l’enjeu d’une formule nette, expliquant que les « aspirations, c’est tout ici ».

Perez a effectivement profité d’une aspiration de Piastri sur son meilleur tour : cela l’a propulsé jusqu’au 11e rang à un moment donné, avant qu’il ne termine 13e en fin de séance. Et Bakou reste un circuit où Perez a souvent été particulièrement brillant.

Attention cependant : la hiérarchie en qualifications peut « ramener tout le monde à la réalité » et donner, a posteriori, un aspect flatteur à cette performance. Mais la tendance des essais indique que si Perez met tout bout à bout et parvient à sortir un tour propre, Cadillac peut croire à une première apparition en Q2 en Formule 1.

Perdant : Lewis Hamilton (5e)

Déjà visé à Madring pour des situations gênantes en piste, Lewis Hamilton se retrouve encore sous le feu des projecteurs à Bakou : il a été convoqué par les commissaires pour une suspicion de gêne (impeding).

Liam Lawson — de retour chez Racing Bulls après son passage chez Red Bull en remplacement d’Isack Hadjar — était furieux lorsqu’il a rattrapé Hamilton dans les enchaînements avant la dernière ligne droite. Mais Lawson a nuancé ensuite, en rappelant les vitesses de rapprochement très importantes générées par les monoplaces 2026, très exigeantes sur la batterie.

Hamilton a expliqué qu’il pensait avoir quatre secondes d’avance au départ, mais qu’en arrivant au virage 18 « c’est comme si la voiture s’était éteinte », ce qui a permis à Lawson de fondre sur lui. Selon Hamilton, tout le monde devrait avoir accès à la pleine puissance et être à plein gaz dans cette portion, même hors tour rapide, et il compte faire remonter le point au briefing des pilotes.

Sur le plan de la performance pure, Ferrari n’a pas impressionné. Hamilton parle d’un manque de vitesse « pour une raison quelconque », tandis que Frédéric Vasseur décrit des temps « très irréguliers ».

Conclusion

À l’issue de ce jeudi, Mercedes et Russell semblent avoir posé une première pierre solide à Bakou, tandis que McLaren doit transformer la promesse de son évolution en performance réelle. Derrière, la bataille du milieu de grille s’annonce serrée, avec des signaux encourageants pour Gasly, Ocon et Cadillac, et des questions ouvertes pour Audi, Williams et Ferrari.

Le vrai verdict viendra quand chacun jouera sa carte à fond : à Bakou, une petite fenêtre peut suffire à tout renverser — et c’est souvent là que naissent les grands week-ends.

Foire aux Questions

Pourquoi l’aspiration est-elle si importante à Bakou ?

Le circuit comporte une très longue ligne droite où l’effet d’aspiration peut faire gagner de la vitesse de pointe. D’après Cadillac, ici, l’aspiration peut faire une énorme différence sur un tour rapide.

Que signifient FP1 et FP2 ?

FP1 et FP2 désignent les deux premières séances d’essais libres du week-end. Elles servent à régler la voiture, comprendre l’adhérence, et évaluer le rythme sur différents types de pneus et charges de carburant.

Qu’est-ce que la Q2, et pourquoi Cadillac vise-t-elle cet objectif ?

La Q2 est la deuxième phase des qualifications. Y accéder signifie franchir le premier cut et se battre pour une place sur les premières lignes. Pour une équipe comme Cadillac, une première qualification en Q2 représente un cap sportif important.

Pourquoi parle-t-on de voitures 2026 « très exigeantes sur la batterie » ?

Les pilotes décrivent des variations de puissance liées à la gestion de l’énergie. Cela peut créer de grands écarts de vitesse entre deux voitures dans une même zone, ce qui complique la gestion du trafic et peut générer des situations de gêne.

À quoi sert une grosse évolution de carrosserie comme celle de McLaren ?

Une évolution de carrosserie vise généralement à améliorer l’efficacité aérodynamique (appui, traînée, équilibre). McLaren estime que sa nouvelle configuration se comporte comme attendu, même si le chrono n’a pas encore suivi sur cette première journée.

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