Rolex Day-Date : Or blanc ou platine ? La comparaison valeur métal vs prix (et le meilleur choix en 2026)

Si un cynique connaît le prix de tout et la valeur de rien, alors un connaisseur voit là où la vraie valeur se cache. Ici, on parle “relative value” : trouver le meilleur deal, pas le plus bruyant. Et ce mois-ci, on prend un angle brutalement concret : la valeur “lingot” qui se cache derrière l’art horloger. Oui, on va parler de Rolex, mais surtout de métal, de rareté, de psychologie… et de décisions d’achat intelligentes.
Rolex Day-Date : or blanc vs platine, deux montres (presque) identiques
À gauche : une Rolex Day-Date 40 mm en or blanc (réf. 228239), affichée à environ 47 500 € au prix catalogue. À droite : la Rolex Day-Date 40 mm en platine (réf. 228236), affichée à environ 63 300 €. L’écart se retrouve aussi sur le marché secondaire, où les deux modèles s’échangent globalement proche de leur prix boutique.
Et là, si on raisonne comme un marché efficace, un marché qui “récompense” la matière brute, l’or devrait logiquement valoir plus… parce que l’or vaut aujourd’hui plus que le platine. Donc voir la version or blanc vendue nettement moins cher donne une conclusion simple : sur le papier, elle coche la case “meilleure valeur”.
Pourquoi personne ne voit la différence (et c’est justement le sujet)
Si tu n’arrives pas à distinguer les deux montres à l’œil nu, c’est normal. Sans comparaison côte à côte, elles sont pratiquement identiques. Le cœur de la montre — le mouvement — est le même. Le cadran, les aiguilles, l’allure générale : tout est pareil, sauf le métal utilisé pour le boîtier et le bracelet.
Les deux pièces sont lourdes, argentées, et fabriquées en métal précieux. Et les deux jouent un rôle de “signal discret” : pour un non-initié, ça peut passer pour de l’acier. Mais tout amateur de Rolex sait que la Day-Date n’existe qu’en métaux précieux. Autrement dit : c’est un objet de statut… qui peut se porter sans crier “statut”.
Le premium du platine : plus culture du luxe que logique de joaillerie
La différence de prix ne vient pas d’une préférence générale du marché de la joaillerie, où l’or reste largement plus désiré que le platine. Dans l’horlogerie, le platine a ses fans : c’est un métal pur, alors que l’or blanc est un alliage (avec notamment du nickel, du rhodium et d’autres métaux). Certains voient l’or blanc comme une version “diluée” du précieux — un peu comme du chocolat blanc face au chocolat noir.
Et il y a aussi le facteur “poids”. Comme les métaux ajoutés à l’or blanc peuvent être moins denses que l’or ou le platine, une Day-Date en platine se ressent souvent plus “massive” au poignet. Beaucoup aiment les montres légères. D’autres veulent du heft, du sérieux, du métal qui te rappelle que tu portes un actif.
Mais soyons cash : le premium du platine ressemble surtout à la capacité d’une marque à fabriquer du désir via la rareté et le prix-signal. Plus c’est cher, plus certains le veulent. Et plus certains le veulent, plus c’est acceptable que ce soit cher. Cercle parfait.
Une histoire de marché : quand le platine valait vraiment plus que l’or
C’est aussi un héritage historique. Aujourd’hui, le platine est désirable parce qu’il est cher. Mais dans les années 1950, quand la Day-Date est apparue, l’écart de prix avait une logique. L’or était fixé à 35 dollars l’once dans le cadre du système de Bretton Woods, alors que le platine valait au moins le double, parfois beaucoup plus.
À la fin des années 1960, le platine s’est même échangé brièvement à plus de six fois le prix de l’or, avant que les États-Unis ne quittent l’étalon-or en 1971 et que le ratio ne s’effondre. Le prestige du platine, lui, est resté. La réalité du marché, beaucoup moins.
Rareté du platine vs valeur réelle : l’or a repris le pouvoir
Oui, le platine reste bien plus rare que l’or : on extrait environ 6 millions d’onces de platine par an, contre environ 108 millions d’onces d’or. Et culturellement, “platine” sonne comme un niveau au-dessus : carte platine, disque platine, statut platine…
Mais il est temps d’actualiser les croyances. L’idée que le platine vaut plus que l’or n’est plus vraie dans les prix depuis plus de dix ans. Aujourd’hui, le platine se traite autour de 1 950 € l’once, tandis que l’or est largement au-dessus de 4 000 €. Résultat : même en tenant compte du fait que l’or blanc est généralement à 75% d’or fin (18 carats), la valeur “métal” contenue dans la Day-Date en or blanc est substantiellement plus élevée que la valeur du platine dans sa sœur pourtant plus chère.
Une montre comme quasi-réserve de valeur : quand le métal soutient le prix
En réalité, l’or est devenu si précieux qu’il peut soutenir une partie du prix d’une montre de luxe comme une Day-Date — d’autant qu’elle est produite en volumes suffisants pour bénéficier d’un marché secondaire liquide. Les prix d’occasion d’une Day-Date tournent souvent près du prix catalogue, avec relativement peu de volatilité.
Ce qui change la lecture : la montre devient aussi une façon d’acheter une quantité significative d’or, portée au poignet. En ordre de grandeur, on parle d’environ 5,3 onces troy d’or fin, soit une valeur d’environ 21 400 € aux cours actuels. C’est nettement au-dessus d’environ 13 900 € de valeur de métal pour quelque 7 onces de platine dans la version plus chère — même après une forte hausse récente du platine.
Le calcul sans filtre : ce que tu paies vraiment pour “la Rolexness”
Dis autrement : quand tu achètes la Day-Date en or blanc, tu paies environ 21 400 € de métal et environ 26 100 € de valeur immatérielle (marque, désirabilité, finition, statut, distribution, etc.).
Quand tu achètes la version platine, tu obtiens environ 13 900 € de métal… alors que tu sors environ 63 300 €. Ça veut dire que tu paies environ 49 400 € pour l’immatériel — presque deux fois plus — pour une montre qui, fonctionnellement, est la même. Bien sûr, le platine est plus rare, donc il y a une petite prime de rareté. Mais on n’est pas sur un objet introuvable : ça se trouve.
Conclusion côté investissement : une Rolex en or, c’est une forme d’exposition à l’or… avec une volatilité souvent plus douce. Une Rolex en platine, c’est aussi un investissement, mais avec une prime bien plus élevée par rapport aux fondamentaux.
Pourquoi le platine existe quand même (et pourquoi certains le veulent)
Le platine est valorisé en joaillerie depuis la fin du XIXe siècle, notamment pour sa dureté et sa malléabilité : il permet des montures fines, légères visuellement, parfaites pour mettre en avant les diamants et pierres précieuses. L’or, à l’inverse, a une couleur signature : c’est souvent lui la star, et c’est la base du luxe depuis des millénaires.
Le jaune est le luxe “par défaut” dans beaucoup de régions du monde. L’or blanc et le platine restent des goûts plus niche, parfois même inexistants culturellement sur certains marchés. Mais ils existent parce qu’il y a une demande : certains détestent la couleur de l’or jaune, point final. Ils veulent un métal “froid”, discret, presque industriel, tout en restant précieux.
Et pourtant, dans une montre, la différence de couleur entre platine et or blanc est minime. Donc la variable tangible qui reste, c’est simple : à prix plus bas, l’or blanc met plus de richesse réelle sur ton poignet.
Verdict : l’or blanc est le choix le plus rationnel (si tu veux une Day-Date)
Pour l’instant, la Day-Date en or blanc est le choix qui fait le plus de sens. Elle est moins chère, sa valeur “métal” est plus élevée, et la part que tu paies pour l’intangible est nettement plus faible. En clair : tu payes moins pour plus d’actif réel, tout en gardant exactement le même moteur, la même silhouette, la même aura Day-Date.
Évidemment, tout ça suppose que tu veuilles une Day-Date. Le marché ne manque pas de Rolex en acier, parfois moins chères encore, et souvent plus faciles à porter au quotidien. Mais si ton jeu, c’est d’acheter une icône en métal précieux avec un maximum de logique économique, alors la version or blanc a un avantage que beaucoup sous-estiment : elle te donne plus de substance… pour moins d’ego.
Et cette logique de valeur dépasse l’horlogerie : arbitrez aussi vos rêves mécaniques entre statut et substance.
Par exemple, une Porsche 911 devient atteignable avec la LOA proposée par Joinsteer, sans sacrifier la flexibilité ni la maîtrise du budget.
Crédit : Alexis Berthoud













