Carlos Sainz a reconnu qu’il lui était « très difficile d’être convaincu » à l’heure actuelle que les week-ends de Formule 1 au Qatar et à Abu Dhabi se dérouleront forcément comme prévu pour la fin de saison 2026.

Alors que la F1 entend mener à terme son calendrier avec ces deux rendez-vous, le sujet est devenu sensible dans le paddock, sur fond de tensions Israël/États-Unis–Iran et d’autres foyers de conflit dans la région.

Qatar et Abu Dhabi maintenus, malgré un contexte géopolitique instable

La FIA et la F1 poursuivent leur plan visant à conclure la saison 2026 au Qatar et à Abu Dhabi. Cette semaine, le président de la FIA Mohammed Ben Sulayem a réaffirmé que ces courses auraient lieu comme programmé, malgré les tensions persistantes et l’incertitude régionale.

« Très difficile » d’être convaincu que les courses au Moyen-Orient auront lieu, selon Sainz

Un malaise perceptible chez les pilotes lors de la conférence de presse

Le thème s’est invité dans la première conférence de presse FIA du Grand Prix des États-Unis, en présence de Carlos Sainz, Oscar Piastri et Isack Hadjar. Interrogés sur d’éventuelles inquiétudes à l’idée de courir au Qatar et à Abu Dhabi, aucun des trois n’a répondu dans un premier temps.

Sainz, également directeur de la Grand Prix Drivers’ Association (GPDA), s’est vu lancer « tu as le micro » — avant de le laisser tomber en plaisantant, puis de s’exprimer plus longuement.

Sainz : « Très difficile d’être convaincu » à cause de ce qui peut évoluer rapidement

Sainz a d’abord constaté que les instances « semblent très convaincues » que tout aura lieu. Mais il a ensuite nuancé nettement, en parlant à titre personnel et non comme représentant de la GPDA.

« De mon côté personnel, je ne parle pas en tant que GPDA, c’est très difficile d’être convaincu en ce moment, parce qu’il se passe encore des choses, beaucoup de choses au Moyen-Orient, et il y a évidemment une élection qui va avoir lieu aux États-Unis (les élections de mi-mandat auront lieu le 3 novembre), et des événements politiques dans le monde qui pourraient affecter le mois à venir, un mois et demi, très soudainement. »

Pour Sainz, il est donc « relativement prématuré » d’afficher une certitude totale aujourd’hui. Il rappelle toutefois la position opérationnelle actuelle : le plan reste d’aller courir au Qatar et à Abu Dhabi.

« En l’état, nous irons au Qatar et à Abu Dhabi, et si la FIA et la Formule 1 décident que c’est toujours sûr et que le scénario est bon, je pense que nous, en tant que pilotes, devons suivre ce qu’ils disent. »

Il insiste sur l’asymétrie d’information : les pilotes n’ont pas, selon lui, le même niveau d’éléments que la FIA et la F1 sur les aspects politiques et sécuritaires.

« Ce n’est pas comme si… nous n’avons pas autant d’informations politiques, autant d’informations internes qu’eux, c’est sûr. Donc nous devons suivre leur ligne et faire confiance à leur prise de décision, mais uniquement en l’état. Le monde peut beaucoup changer dans le mois à venir, un mois et demi, et nous devons rester vigilants et réactifs à ce qui se passe, et pas juste y aller parce qu’on a envie d’y aller maintenant. »

Piastri et Hadjar : la confiance, et le pragmatisme

Oscar Piastri a expliqué s’en remettre aux instances, en rappelant que le championnat a déjà traversé des situations difficiles dans le passé.

« Je fais confiance à la FIA et à la F1. Il y a déjà eu des situations compliquées par le passé, avec des conflits et toutes sortes de choses, donc oui : faire confiance à la F1 et à la FIA, et écouter leurs conseils. »

Isack Hadjar, de son côté, a répondu plus sobrement, mettant en avant le fait que ces décisions ne dépendent pas des pilotes.

« Je ne suis pas sûr. Ce n’est pas sous mon contrôle, donc je pilote sur la piste sur laquelle je dois piloter, c’est tout. »

La GPDA face aux décisions politiques : un rôle limité, selon Sainz

Interrogé sur la possibilité que la GPDA fasse remonter des préoccupations à la FIA, Sainz a décrit une limite structurelle : même un collectif uni ne disposerait pas d’assez d’informations et de contacts sur les enjeux géopolitiques.

« La GPDA, aussi unis que nous sommes, nous n’avons pas la moitié des informations que la Formule 1 et la FIA ont, avec toutes les batailles politiques qui se passent dans le monde. »

Selon lui, l’association des pilotes peut surtout aider sur les aspects directement liés au sport : compréhension du spectacle, amélioration des circuits, évolutions à apporter pour renforcer la sécurité. Mais pour les décisions politiques, il estime qu’il faut, comme les médias, faire confiance aux choix des instances — tout en restant prêts à réagir si la situation évolue.

« La GPDA peut beaucoup aider à comprendre le sport, ou à faire comprendre à la FIA et à la F1 le sport : ce qui rend la course meilleure, ce qui rend un circuit meilleur, ce qui doit être changé pour avoir plus de sécurité. Mais sur les sujets politiques, réalistement, aucun de nous n’a les informations et les contacts que la F1 et la FIA ont. »

Colapinto : « À l’aise avec ce que décideront la FIA et la F1 »

Le pilote Alpine Franco Colapinto a également exprimé sa confiance dans les instances, affirmant qu’elles seraient les premières à chercher à protéger les pilotes.

« Je suis à l’aise avec ce que décideront la F1 et la FIA », estimant qu’elles seraient « les premières à essayer de nous garder en sécurité ». « Ils ont beaucoup plus d’informations que nous. Et ce sont des experts dans ce qu’ils font. C’est leur travail de décider et de choisir la meilleure option possible. Donc je fais entièrement confiance à ce qu’ils estiment possible. »

Conclusion

À ce stade, le plan reste inchangé : Qatar puis Abu Dhabi pour conclure la saison 2026 de Formule 1. Mais les déclarations de Sainz montrent une prudence croissante dans le peloton, avec l’idée qu’un mois peut suffire à rebattre les cartes sur les plans politique et sécuritaire.

Dans un championnat mondial, la vitesse ne se limite pas à la piste : la capacité à s’adapter vite aux réalités du monde pourrait être la clé des prochaines semaines.

Foire aux Questions

Pourquoi les Grands Prix du Qatar et d’Abu Dhabi font-ils débat ?

Parce qu’ils sont programmés dans un contexte de tensions et de conflits dans la région, ce qui relance des questions sur la sécurité et la stabilité nécessaires à l’organisation d’un week-end de F1.

Qui décide si une course de Formule 1 a lieu ou non ?

Les décisions finales reviennent aux instances compétentes, principalement la FIA et l’organisation de la F1, qui évaluent la situation et déterminent si les conditions sont jugées sûres et acceptables.

Quel est le rôle de la GPDA dans ce type de situation ?

Selon Carlos Sainz, la GPDA peut peser fortement sur les sujets sportifs (qualité de la course, circuits, sécurité en piste), mais elle dispose de beaucoup moins d’informations que la FIA et la F1 sur les enjeux politiques internationaux.

Pourquoi Sainz parle-t-il des élections américaines de mi-mandat ?

Il cite les élections de mi-mandat du 3 novembre comme un exemple d’événement politique susceptible de modifier rapidement le contexte international, et donc d’avoir un impact indirect sur la tenue des déplacements et des courses.

Que disent les autres pilotes mentionnés sur le fait de courir au Qatar et à Abu Dhabi ?

Oscar Piastri explique faire confiance à la FIA et à la F1, rappelant que le sport a déjà traversé des périodes difficiles. Isack Hadjar adopte un ton pragmatique, indiquant que ce n’est pas sous son contrôle. Franco Colapinto dit être à l’aise avec ce que décideront les instances, qu’il estime les mieux informées.

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