Silverstone, le grand coup d’arrêt pour Red Bull : Verstappen parle d’une performance « très, très pauvre »

Le Grand Prix de Grande-Bretagne de Formule 1 a servi de rappel brutal à la réalité pour Red Bull, une semaine seulement après le pic émotionnel d’une lutte pour la victoire en Autriche. À Silverstone, Max Verstappen et Isack Hadjar ont été nettement distancés, loin du rythme affiché par Mercedes et Ferrari.
Silverstone, une réalité bien différente après l’Autriche
Alors que la mise à jour majeure introduite par Red Bull lors du Grand Prix d’Autriche avait permis à Verstappen de terminer deuxième et de se mêler à la bataille pour la victoire, le contraste est saisissant à Silverstone. Dès les qualifications, l’écart s’est creusé : Hadjar a terminé à 0,635 s de la pole position, tandis que Verstappen a concédé presque huit dixièmes.
Cette marge représente son plus gros déficit sur la pole depuis son élimination en Q2 à Suzuka.
Verstappen : pas d’amélioration, et un déficit en ligne droite
Après les qualifications, Verstappen a dressé un constat sans détour. Selon lui, la situation n’a pas progressé entre vendredi et samedi :
« Hier, bien sûr, ce n’était déjà pas bien ; aujourd’hui, on n’a pas vraiment semblé améliorer ça. »
Il pointe aussi une faiblesse marquée en vitesse de pointe :
« C’était à peu près la même chose, mais en même temps aussi très lent en ligne droite. »
Un problème de puissance dès le premier tour
Verstappen a expliqué qu’un souci spécifique à son côté du garage s’est manifesté immédiatement :
« Pour une raison quelconque, de mon côté du garage, dès le premier tour, on manquait de puissance. Et ici, quand tu manques de puissance, tu passes plus de temps à fond, donc tu consommes plus la batterie, et ça a encore plus d’effet que dans le dernier secteur où, en gros, en sortie du virage 15, il n’y a pas de puissance. »
Conséquence : des pertes répétées sur les lignes droites, auxquelles s’ajoutait un comportement général insatisfaisant :
« Je perdais beaucoup sur les lignes droites, plus un mauvais équilibre, donc c’était… oui, très, très pauvre. »
Le sprint a confirmé la tendance : en difficulté dans le très rapide
Les signaux négatifs ne se sont pas limités aux qualifications. Dans la course sprint à Silverstone, Verstappen a reculé au fil des tours pour finir sixième.
Il a particulièrement insisté sur sa vulnérabilité dans les enchaînements à très haute vitesse :
« Dans la course sprint, on se faisait détruire dans le très rapide. »
Pour illustrer ce déficit, il cite l’exemple de George Russell, capable de revenir sur lui malgré l’air perturbé :
« J’avais George [Russell] derrière moi, il me rattrapait dans l’air sale dans le rapide, donc ça en dit long. »
Et le malaise n’épargne pas non plus les sections lentes :
« Même dans le lent, je ne suis juste pas content de la façon dont la voiture se comporte tout le week-end, donc il y a une déconnexion évidente. »
Un manque de plaisir au volant et une inquiétude pour la course
Verstappen a également confié ne ressentir « aucun plaisir » à piloter la génération 2026 à Silverstone, en raison de vitesses d’entrée en virage nettement réduites. Il ajoute avoir tenté de nombreux réglages en qualifications, sans résultat :
« J’ai essayé beaucoup de choses différentes pendant les qualifications, mais c’était toujours la même chose. »
À ses yeux, le diagnostic est clair et pèse sur la suite du week-end :
« Il y a un problème évident, et ça m’inquiète bien sûr pour demain, parce qu’en fait il n’y a aucun intérêt à courir comme ça. »
Spa en ligne de mire : la crainte d’un scénario similaire
Interrogé sur le prochain rendez-vous à Spa, Verstappen ne s’est pas montré optimiste. À la question de savoir si Red Bull risque de revivre la même situation, sa réponse est directe :
« Oui, je pense que ce sera le cas. Ce ne sera probablement pas très amusant, il y a une longue ligne droite là-bas. »
« Il manque du rythme partout » : Hadjar devant Verstappen
Le week-end a aussi été marqué par un résultat notable en interne : Hadjar a infligé une rare défaite à Verstappen en qualifications. Après avoir qualifié cinq places derrière lui en qualifications sprint (avec un déficit de 0,138 s), Hadjar s’est retrouvé 0,147 s devant Verstappen samedi.
Le « maximum » possible : viser la 5e place
Hadjar estime que, dans ces conditions, la cinquième place représentait le plafond réaliste :
« Je me sens bien avec ma voiture. C’est juste qu’il nous manque un peu de rythme partout. Ce n’est pas un endroit où on est lent ou un endroit où on est très rapide. C’est juste un peu partout. »
Un point positif : une meilleure gestion du déploiement
Il a toutefois noté un progrès dans un domaine précis : selon lui, Red Bull a « fait un bien meilleur travail que les derniers week-ends » concernant le déploiement du groupe propulseur.
Conclusion
Entre déficit de puissance, fragilité dans le très rapide et équilibre jugé insatisfaisant, Red Bull ressort de Silverstone avec davantage de questions que de certitudes. Et si Spa confirme ces tendances, l’équipe devra trouver des réponses rapides pour éviter que ce rappel à la réalité ne devienne une nouvelle norme. La suite du calendrier dira si ce week-end marque un simple creux… ou le début d’un vrai tournant.
Foire aux Questions
Qu’est-ce que la pole position en F1 ?
La pole position correspond au meilleur temps réalisé en qualifications. À Silverstone, Hadjar était à 0,635 s du temps de référence, et Verstappen à presque huit dixièmes.
Pourquoi un manque de puissance pénalise autant à Silverstone ?
Silverstone comporte de longues phases à pleine charge. Verstappen explique que, lorsqu’on manque de puissance, on passe plus de temps en ligne droite et on sollicite davantage la batterie, ce qui aggrave encore le déficit.
Que signifie “air sale” (dirty air) et pourquoi est-ce important ?
L’“air sale” est l’air turbulent généré par la voiture de devant, qui réduit l’adhérence et l’efficacité aérodynamique de la voiture qui suit. Verstappen souligne que Russell le rattrapait même dans ces conditions, signe d’un déficit marqué.
Pourquoi Verstappen parle-t-il d’une “déconnexion” avec la voiture ?
Il décrit un comportement qui ne répond pas à ses attentes, autant dans le rapide que dans le lent, et affirme avoir essayé plusieurs solutions en qualifications sans retrouver de performance.
Qu’entend-on par “déploiement” du groupe propulseur ?
C’est la manière dont la puissance est délivrée et gérée au cours du tour, notamment via l’utilisation de l’énergie électrique. Hadjar estime que Red Bull a mieux travaillé sur ce point que lors des derniers week-ends.
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