F1 2026 à Zandvoort : les gagnants et les perdants d’un dernier Grand Prix des Pays-Bas électrique

Pour sa dernière apparition au calendrier, le Grand Prix des Pays-Bas de F1 a tenu toutes ses promesses : rythme spectaculaire en tête, stratégies divergentes, batailles de milieu de grille et sanctions qui ont pesé lourd. Voici les gagnants et les perdants marquants de ce rendez-vous final à Zandvoort.
Les gagnants et les perdants de Zandvoort
Gagnant : Lando Norris (1er)
Bien plus rapide que tout le monde, Lando Norris a redonné un souffle inattendu à une quête du titre qui… ne tient pas encore vraiment debout sur le plan mathématique.
Il a aussi creusé un écart énorme sur son équipier Oscar Piastri (32 secondes à l’arrivée), et a parfaitement piégé Kimi Antonelli lorsque celui-ci a tenté une demi-attaque mal inspirée sur Lewis Hamilton.
Ce dépassement semblait devoir arriver tôt ou tard, mais le faire avec autant d’autorité a scellé une victoire nette. Et même si l’écart au classement reste potentiellement trop grand, Norris porte désormais de façon très claire une équipe qui montre qu’elle a su transposer son savoir-faire de développement aux nouvelles règles, au point de dominer une course au mérite.
Perdant : Max Verstappen (abandon)
Il y a une ironie cruelle à voir Max Verstappen se faire piéger par la piste humide de Zandvoort, après avoir expliqué la veille que les performances de remplaçants de Liam Lawson et Yuki Tsunoda montraient à quel point la limite est facile à trouver avec ces voitures.
Bien sûr, Verstappen ne disait pas que « la limite dans le humide à Zandvoort, dans les derniers virages relevés, est facile à trouver ». Mais le fait de voir sa Red Bull finir dans le mur a rappelé à quel point la F1 peut rester piégeuse, même pour le pilote référence du plateau.
Gagnant : Nico Hülkenberg (8e)
Une prestation solide de Nico Hülkenberg, entamée par une esquive de dernière seconde en passant dans la fumée provoquée par la tête-à-queue de son équipier Gabriel Bortoleto.
La course de Bortoleto a frôlé la catastrophe : départ très lent, positions perdues, puis tête-à-queue au même virage que celui qui a piégé Verstappen. Il s’en est tout de même tiré avec une arrivée correcte, mais il aurait dû marquer des points.
Le duel face aux Racing Bulls d’Arvid Lindblad et à l’Alpine de Pierre Gasly — tous deux en train de converger vers la Williams de Carlos Sainz — a mis le feu à la course au 27e tour.
Au final, Hülkenberg a semblé évoluer dans une catégorie à part face aux Racing Bulls. Le pilote Audi a livré une performance remarquable, pour un deuxième week-end consécutif dans les points en 2026.
Perdant : Oscar Piastri (6e)
La course d’Oscar Piastri s’est compliquée très tôt : parti en pneus durs, il a perdu face à Charles Leclerc au départ, puis a été arrêté rapidement pour se couvrir d’un undercut tenté par George Russell.
L’Australien a aussi subi un premier arrêt lent, avant de ressortir… à nouveau en pneus durs.
Il n’a pas été en mesure de se battre avec les Ferrari pour la 5e place ou mieux. Et après n’avoir pris que 12 points sur les deux derniers week-ends, il se retrouve à chercher des explications.
« Je pense que ces deux circuits conviennent bien à la voiture, c’est juste que, pour une raison ou une autre, je n’ai pas réussi à en extraire le rythme », a-t-il déclaré.
Gagnant : Fernando Alonso (9e)
Jeudi à Zandvoort, en évoquant son avenir, Fernando Alonso a expliqué qu’il allait « s’asseoir avec Lawrence [Stroll] et Adrian [Newey] » et que, « si l’équipe a besoin que je pilote, je l’envisagerai ».
Au vu de sa course du dimanche, Stroll et Newey auraient toutes les raisons de vouloir le convaincre de continuer l’an prochain.
Alonso a fait fonctionner une stratégie audacieuse à un seul arrêt pour terminer deuxième du milieu de peloton, en contenant Pierre Gasly — dans une Alpine améliorée — et en battant des Racing Bulls qui ont jusqu’ici mené la lutte du midfield.
Il l’a fait au volant d’une Aston Martin toujours clairement en déficit de puissance, malgré l’introduction de la spécification 2 du moteur Honda.
C’est exactement le type de course combative dont Alonso a fait une spécialité depuis longtemps. Reste à savoir si la perspective de continuer à signer ce genre de prestations suffira à le pousser à prolonger une année de plus.
Perdant : Carlos Sainz (16e)
La saison de Carlos Sainz a été bonne sur le plan individuel, mais il a réussi à encadrer la pause estivale par deux épisodes de conduite particulièrement « bas de saison ».
Il a reconnu sa responsabilité dans l’accrochage, expliquant avoir été surpris par la violence du choc sur une bosse à l’intérieur du virage 1, ce qui a déclenché un blocage et mené au contact avec son équipier Alex Albon.
Albon a ensuite abandonné à cause de dégâts au plancher. Il était toutefois moins remonté par l’incident que par le fait que Williams n’ait pas copié la stratégie à un arrêt d’Alonso — stratégie qu’il pensait potentiellement capable d’offrir un ou des points à l’équipe.
Mais quand on se bat pour rien, la dernière chose à faire est d’ajouter une facture de réparation.
Perdant : Racing Bulls (11e et 12e)
L’adaptation assez fluide de Yuki Tsunoda laissait penser que Racing Bulls pouvait encaisser sans trop de casse la promotion de Liam Lawson chez Red Bull et poursuivre sa série de points en tant que référence du milieu de grille.
Mais la pénalité « drive-through » d’Arvid Lindblad — qu’il juge « un peu dure, on peut être honnête, assez extrême pour ce genre d’incident » — a immédiatement ruiné ses chances de points et l’a contraint, en pratique, à courir la course de Tsunoda plutôt que la sienne.
Il a très bien rempli ce rôle en gênant Gasly avec des pneus usés (ce qui a permis à Hülkenberg et Tsunoda de passer Gasly), mais une défense en fin de course contre Gasly a logiquement été trop difficile pour le remplaçant.
Au final, il n’y a pas eu assez d’abandons ou de chaos pour que Racing Bulls puisse tirer un bénéfice significatif pour sa situation au championnat — alors qu’avec un déroulé proche de l’optimal, l’équipe aurait dû marquer.
Gagnant : l’adieu du Grand Prix des Pays-Bas
Après une course sprint plutôt figée, cette dernière édition à Zandvoort a été un vrai grand rendez-vous, avec des stratégies variées et de belles bagarres dans tout le peloton.
Ce n’est pas un argument pour que la F1 maintienne Zandvoort à tout prix : il existe de réelles raisons financières qui empêchent la poursuite de l’épreuve.
Mais justement, réussir une course finale de ce niveau ne fait qu’ajouter aux regrets : l’événement était très suivi, l’ambiance unique, et le tracé proposait une géométrie à part.
Perdant : Franco Colapinto (14e)
La course de Franco Colapinto a été plombée par une pénalité de type « drive-through » pour avoir dépassé Tsunoda sous drapeaux jaunes dès le premier tour.
Le pilote argentin a jugé la sanction « très dure », et les caméras embarquées ont semblé étayer son argument : dans cette situation, « freiner brusquement » aurait pu être « bien plus dangereux ».
Ensuite, Colapinto a terminé avec deux tours de retard, 14e, signant un deuxième week-end d’affilée sans points — avant de recevoir une autre pénalité pour ne pas avoir respecté un drapeau jaune au virage 3.
Un motif d’espoir subsiste toutefois : le paquet d’évolutions Alpine devrait être monté sur sa voiture à Monza.
Conclusion
Zandvoort s’en va sur une course riche, nerveuse et pleine d’enseignements : domination pure, erreurs sous conditions changeantes, et stratégies qui peuvent faire basculer le milieu de grille. Si cette dernière édition a fermé un chapitre, elle rappelle aussi pourquoi la F1 sait offrir, jusqu’au bout, des histoires fortes — et pourquoi la suite, dès la prochaine manche, peut encore rebattre les cartes.
Foire aux Questions
Qu’est-ce qu’un « undercut » en Formule 1 ?
L’undercut consiste à s’arrêter aux stands plus tôt qu’un rival pour profiter de pneus plus frais et réaliser des tours plus rapides, afin de le dépasser quand il s’arrête à son tour. À Zandvoort, Piastri a été arrêté rapidement pour se protéger d’un undercut de Russell.
Pourquoi une pénalité « drive-through » est-elle si coûteuse en course ?
Un drive-through oblige le pilote à repasser par la voie des stands à vitesse limitée sans s’arrêter à son box. Cela fait perdre beaucoup de temps en piste, ce qui peut ruiner une course. Colapinto et Lindblad ont tous deux vu leurs chances de points fortement compromises après ce type de sanction.
En quoi consiste une stratégie à un seul arrêt ?
Une stratégie à un seul arrêt vise à ne changer de pneus qu’une fois sur toute la distance. Elle demande une bonne gestion de l’usure et du rythme. À Zandvoort, Alonso a réussi à faire fonctionner ce plan et a fini en tête du milieu de peloton, tandis qu’Albon regrettait que Williams n’ait pas tenté la même approche.
Pourquoi la piste humide peut-elle surprendre même les meilleurs pilotes ?
Sur le mouillé, l’adhérence varie d’un virage à l’autre et d’un tour à l’autre. Les erreurs se paient immédiatement, surtout sur un circuit exigeant. À Zandvoort, l’accident de Verstappen a illustré à quel point la limite peut rester difficile à lire, même pour un pilote référence.
De Zandvoort à vos routes, l’élan aperçu ce dimanche rappelle qu’un rêve Audi peut devenir quotidien: une Audi R8 accessible via LLD ou LOA, garanties à la clé. Pour comparer en quelques clics, voyez Joinsteer.

























































