đ F1 2026 : le pari du petit turbo qui pourrait donner un avantage Ă Ferrari

Les dĂ©parts arrĂȘtĂ©s particuliĂšrement incisifs observĂ©s lors des essais de BahreĂŻn ont remis en lumiĂšre un point technique majeur : Ferrari semble avoir empruntĂ© une voie diffĂ©rente de celle des autres motoristes sur un choix de conception clĂ© pour 2026. Avec la nouvelle gĂ©nĂ©ration de groupes propulseurs, un Ă©lĂ©ment redevient central : le dimensionnement du turbo, et tout ce que cela implique en gestion de pression, de vitesse de rotation et de rendement.
đ Depuis 2014 : lâĂ©quilibre complexe entre thermique et Ă©lectrique
Depuis lâintroduction des rĂšglements hybrides en 2014, les motoristes ont dĂ» en permanence composer avec plusieurs Ă©quilibres :
â la puissance dĂ©livrĂ©e par le moteur thermique (le V6 turbo) ;
â la puissance Ă©lectrique ;
â et lâĂ©quilibre entre lâutilisation de lâĂ©nergie Ă©lectrique et sa rĂ©cupĂ©ration (lâ« entrĂ©e » dâĂ©nergie via la rĂ©cupĂ©ration).
Dans cette architecture, le turbo compresseur a Ă©tĂ© au cĆur du systĂšme. JusquâĂ la fin de la saison derniĂšre, un Ă©lĂ©ment jouait un rĂŽle dĂ©terminant : un moteur Ă©lectrique placĂ© sur lâaxe du turbo, le MGU-H. Or cet Ă©lĂ©ment disparaĂźt avec la rĂ©glementation 2026.
đ§ Un point clĂ© avant mĂȘme la taille du turbo : Ă©quilibrer turbine et compresseur
Avant de parler « petit » ou « gros » turbo, il faut comprendre quâil existe un Ă©quilibre crucial entre le volume de la turbine et celui du compresseur. Cet Ă©quilibre impose des dĂ©cisions techniques structurantes, et il faut souvent itĂ©rer via calculs ou simulations, car chaque choix influence les autres.
âïž 1) DĂ©finir la fenĂȘtre de rĂ©gime idĂ©ale du moteur thermique
PremiĂšre Ă©tape : identifier la plage de rĂ©gime (rpm) la plus pertinente pour obtenir la meilleure puissance, en tenant compte du rapport de boĂźte « typique » dâun circuit moyen, et en intĂ©grant les pertes.
Exemple de pertes : une fuite sur la ligne dâĂ©chappement rĂ©duit le dĂ©bit des gaz dâĂ©chappement. Cela diminue la capacitĂ© du turbo à « pomper », ce qui se traduit par moins de pression de suralimentation (boost) et donc une perte de puissance. Plus la fuite est importante, plus la perte est Ă©levĂ©e.
đȘïž 2) Choisir le rĂ©gime turbo visĂ© pour la pression maximale
DeuxiÚme étape : décider à quel régime du turbo on veut atteindre la pression de suralimentation maximale. La réglementation fixe une vitesse de rotation maximale du turbo à 150 000 tr/min, donc il faut rester sous ce plafond.
Point important : en dehors des cas oĂč la voiture atteint sa vitesse de pointe, le rĂ©gime du moteur thermique tend Ă augmenter, ce qui augmente aussi le dĂ©bit des gaz dâĂ©chappement. Le dimensionnement doit donc fonctionner sur une grande variĂ©tĂ© de conditions.
âĄïž La suppression du MGU-H change les rĂšgles du jeu
Avec le MGU-H (ce moteur Ă©lectrique sur lâarbre du turbo), les Ă©quipes disposaient de deux usages majeurs :
đ 1) AccĂ©lĂ©rer le turbo comme un moteur Ă©lectrique
Le MGU-H pouvait faire monter le turbo en rĂ©gime pour obtenir la pression de suralimentation souhaitĂ©e, en phase avec la demande du pilote. Dans ce cas, un turbo plus gros nâĂ©tait pas un handicap majeur aux bas rĂ©gimes du moteur thermique : le systĂšme pouvait compenser.
⥠2) Freiner le turbo et produire de lâĂ©nergie
Le MGU-H pouvait aussi agir en gĂ©nĂ©rateur : il freinait le turbo pour Ă©viter survitesse et/ou surpression, tout en rechargeant la batterie. Dans ce scĂ©nario, un petit turbo (qui sâemballe plus vite) nâĂ©tait pas forcĂ©ment un problĂšme, car lâexcĂšs pouvait ĂȘtre converti en Ă©nergie utile (puissance immĂ©diate ou stockage).
ConsĂ©quence immĂ©diate : tant que le MGU-H existait, la taille globale du turbo Ă©tait moins critique. En 2026, le MGU-H disparaĂźt : le turbo nâa plus quâune mission, utiliser lâĂ©nergie des gaz dâĂ©chappement pour construire la pression de suralimentation dans le plĂ©num (volume tampon permettant une alimentation plus stable du moteur). Et tout cela avec un moteur 1,6 litre turbo.
đïž Petit vs gros turbo : Ferrari aurait fait un choix diffĂ©rent
Sur la pĂ©riode hybride, il est rapportĂ© que Ferrari aurait Ă©tĂ© le seul motoriste Ă utiliser ce que lâon peut appeler un « petit » turbo, tandis que les autres sâappuyaient plutĂŽt sur un « gros » turbo. Les dimensions exactes ne sont pas connues : on parle donc ici de catĂ©gories gĂ©nĂ©rales (grand volume de pompage vs petit volume).
Avec la fin du MGU-H, tout repose davantage sur la capacitĂ© du turbo Ă gĂ©nĂ©rer la pression adĂ©quate uniquement via le dĂ©bit et lâĂ©nergie des gaz dâĂ©chappement, sans assistance Ă©lectrique sur lâaxe.
đ§Ż ContrĂŽler pression et survitesse : pop-off valve et wastegate
Sans MGU-H, lâenjeu devient aussi le contrĂŽle de la pression et de la vitesse du turbo. Deux dispositifs sont Ă©voquĂ©s.
𫧠La pop-off valve cÎté air comprimé
Une pop-off valve peut ĂȘtre installĂ©e sur lâair comprimĂ© allant vers le plĂ©num (ou sur le plĂ©num). Quand la pression atteint (ou approche) la limite autorisĂ©e, la valve sâouvre pour relĂącher lâexcĂšs de pression. Le flux relĂąchĂ© retourne en amont, avant lâentrĂ©e du compresseur.
Mais il y a un inconvĂ©nient : on « gaspille » lâĂ©nergie des gaz dâĂ©chappement initialement utilisĂ©e pour crĂ©er cette pression. De plus, lorsquâelle est ouverte, cette valve peut aussi permettre au turbo dâaugmenter en vitesse.
đȘ La wastegate cĂŽtĂ© Ă©chappement
Autre solution : une wastegate sur lâĂ©chappement, qui dĂ©vie une partie des gaz pour Ă©viter que le turbo ne dĂ©passe sa vitesse maximale ou ne gĂ©nĂšre trop de suralimentation. Câest prĂ©sentĂ©e comme la solution principale pour maĂźtriser la survitesse ou lâexcĂšs de pression.
Avec un gros turbo (capacitĂ© de pompage plus Ă©levĂ©e), la wastegate devrait rĂ©agir assez vite. Avec un petit turbo, qui atteindra plus rapidement la vitesse maximale et/ou le niveau de suralimentation maximal, il pourrait y avoir davantage de marge pour garder la vitesse du turbo et la pression de suralimentation proches dâun optimum.
Dans les deux cas, il est probable que les équipes utilisent une combinaison des deux systÚmes.
â»ïž Quand « gaspiller » devient un problĂšme
Quel que soit le dispositif, « gaspillage » est un mot qui dĂ©range : avec le MGU-H, rien nâĂ©tait perdu. On obtenait une pression de suralimentation plus constante, et lorsque la pression ou le rĂ©gime turbo devenait trop Ă©levĂ©, on pouvait freiner lâensemble et convertir cet excĂšs en Ă©nergie Ă©lectrique. En 2026, cette option nâexiste plus.
đ§ Quels circuits favoriseraient un petit ou un gros turbo ?
đą Le petit turbo : avantage aux bas rĂ©gimes et aux relances
Un petit turbo serait plus adaptĂ© lorsque le moteur thermique tourne Ă plus bas rĂ©gime : circuits Ă virages lents (type Monaco), dĂ©part arrĂȘtĂ© sur la grille, ou encore relance en sortie de stand. Câest prĂ©cisĂ©ment le genre de situations oĂč une rĂ©ponse rapide et un boost qui arrive tĂŽt peuvent faire la diffĂ©rence.
𧱠Le gros turbo : un bénéfice moins évident en 2026
LâintĂ©rĂȘt dâun gros turbo, dans le cadre des rĂšgles 2026, paraĂźt moins clair ici : si un petit turbo permet dâatteindre la pression souhaitĂ©e tout en restant sous la limite de 150 000 tr/min, alors la rĂ©ponse Ă lâaccĂ©lĂ©rateur (Ă lâouverture et Ă la fermeture) sera plus vive, et la gestion des soupapes de dĂ©charge et de la wastegate pourrait ĂȘtre moins contraignante.
Et mĂȘme si lâon parle de « gros » ou « petit » turbo, la diffĂ©rence de masse serait faible : il sâagirait surtout dâun Ă©cart de volume de pompage, donc probablement une diffĂ©rence de grammes plutĂŽt que de kilogrammes.
đ Le parallĂšle IndyCar : une logique dâusage selon la stabilitĂ© du rĂ©gime
Une comparaison est faite avec lâIndyCar, une discipline turbo depuis longtemps : sur circuits urbains et routiers, un petit turbo est privilĂ©giĂ© car le rĂ©gime moteur varie beaucoup. Sur les grands ovales (Indianapolis, Texas), un gros turbo est utilisĂ© car le rĂ©gime est bien plus stable.
đ§© Ferrari a-t-elle pris une longueur dâavance ?
La question est posĂ©e : Ferrari a-t-elle dĂ©jouĂ© ses rivaux ? Câest possible. LâidĂ©e sous-jacente est que les autres motoristes, avec leurs turbos plus volumineux, auraient pu constater combien le MGU-H Ă©tait sollicitĂ© pour optimiser la vitesse du turbo. De lĂ , ils auraient pu anticiper que la disparition du MGU-H risquait de crĂ©er de nouvelles difficultĂ©s en 2026.
đ Conclusion
En 2026, le turbo redevient un arbitre central de la performance : sans MGU-H pour lisser, accĂ©lĂ©rer ou rĂ©cupĂ©rer, chaque choix de dimensionnement et de contrĂŽle (pression, survitesse, gestion des pertes) pĂšsera plus lourd. Si le pari dâun turbo plus compact se confirme comme un avantage en phases de relance et Ă bas rĂ©gime, lâĂ©cart pourrait se construire dans ces dĂ©tails invisibles⊠mais dĂ©cisifs. La nouvelle Ăšre technique sâannonce comme un terrain idĂ©al pour ceux qui savent transformer une contrainte en opportunitĂ©.
Foire aux Questions
â Ă quoi servait le MGU-H en F1 ?
Le MGU-H Ă©tait un moteur/gĂ©nĂ©rateur Ă©lectrique montĂ© sur lâaxe du turbo. Il pouvait soit accĂ©lĂ©rer le turbo pour fournir plus vite la suralimentation demandĂ©e, soit freiner le turbo quand il risquait de dĂ©passer ses limites, tout en produisant de lâĂ©nergie Ă©lectrique pour la batterie.
â Pourquoi la taille du turbo devient-elle plus critique en 2026 ?
Parce que le MGU-H disparaĂźt. Le turbo ne peut plus ĂȘtre assistĂ© Ă©lectriquement pour monter en rĂ©gime ou ĂȘtre freinĂ© afin de rĂ©cupĂ©rer de lâĂ©nergie. Il doit donc, seul, transformer lâĂ©nergie des gaz dâĂ©chappement en pression de suralimentation, tout en restant sous la limite de 150 000 tr/min.
â Quelle est la diffĂ©rence entre une pop-off valve et une wastegate ?
La pop-off valve agit cÎté air comprimé (vers le plénum) et relùche un excÚs de pression. La wastegate agit cÎté échappement et détourne une partie des gaz pour limiter la vitesse du turbo et éviter une suralimentation excessive.
â Pourquoi un petit turbo peut-il aider au dĂ©part et dans les virages lents ?
Un petit turbo a tendance Ă monter plus rapidement en rĂ©gime, ce qui peut amĂ©liorer la rĂ©ponse Ă lâaccĂ©lĂ©rateur quand le moteur thermique tourne plus bas : dĂ©part arrĂȘtĂ©, sortie de stand, ou relances aprĂšs des virages lents.
â Le poids dâun turbo « gros » ou « petit » change-t-il beaucoup ?
La diffĂ©rence serait faible : lâenjeu principal nâest pas la masse mais le volume de pompage (la capacitĂ© Ă dĂ©placer/compresser lâair), ce qui se jouerait plutĂŽt Ă lâĂ©chelle de grammes quâĂ celle de kilogrammes.
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