Le premier rendez-vous d’une saison ne fixe pas forcĂ©ment la trajectoire de toute l’annĂ©e — encore moins celle d’un cycle complet de rĂšglementation. Mais une chose ne change jamais : mieux vaut dĂ©marrer fort que subir d’entrĂ©e.

À la lumiĂšre des essais de prĂ©-saison et du Grand Prix d’Australie Ă  Melbourne, voici les Ă©quipes de Formule 1 2026 qui semblent avoir le plus long chemin Ă  parcourir pour atteindre leurs objectifs. Classement de la 5e (la moins en difficultĂ©) Ă  la 1re (la plus en crise).

Les cinq Ă©quipes les plus en difficultĂ© aprĂšs l’ouverture de la saison F1 2026

🟠 5) McLaren : un dĂ©ficit plus grand que prĂ©vu

McLaren parmi les Ă©quipes en difficultĂ© aprĂšs l’ouverture de la saison F1 2026

McLaren soupçonnait dĂ©jĂ  d’aborder la saison lĂ©gĂšrement en retrait face aux Ă©quipes "usine" Mercedes et Ferrari. Mais l’ampleur de l’écart avec les meilleurs a surpris.

Le champion du monde Lando Norris a terminĂ© Ă  plus de 50 secondes du vainqueur George Russell, soit prĂšs d’une seconde par tour. Cet Ă©cart est en partie amplifiĂ© par le fait que Norris a passĂ© une grande partie de sa course Ă  se battre en piste (perte de temps), au lieu d’évoluer dans l’air libre comme Russell aprĂšs son arrĂȘt.

Andrea Stella a estimĂ© que l’écart se situe « entre une demi-seconde et une seconde ».

Autre signal prĂ©occupant : le chĂąssis McLaren n’est plus la rĂ©fĂ©rence. Des Ă©volutions sont attendues Ă  court terme pour rĂ©cupĂ©rer du temps au tour.

Mais la prioritĂ© immĂ©diate est ailleurs : la gestion d’énergie. À Melbourne, l’écart entre l’utilisation que McLaren fait de son unitĂ© de puissance Mercedes et ce que Mercedes parvient Ă  faire sur sa propre voiture a Ă©tĂ© exposĂ© au grand jour.

McLaren perd des dixiĂšmes sur les lignes droites parce que ses stratĂ©gies de rĂ©cupĂ©ration et de dĂ©ploiement d’énergie ne sont pas encore totalement au point. L’équipe doit maintenant comprendre pourquoi — et dĂ©terminer si son statut de cliente impose une limite de connaissance plus profonde.

🟩 4) Cadillac : un baptĂȘme du feu et une rĂ©alitĂ© brutale

Faire finir une voiture Ă  l’arrivĂ©e pour la premiĂšre course de son histoire constitue dĂ©jĂ  un motif de satisfaction pour Cadillac. Mais le tableau compĂ©titif vu Ă  Melbourne ressemble surtout Ă  un rappel Ă  l’ordre.

D’abord, Aston Martin Ă©tait suffisamment bien en place sur un tour Ă  Albert Park pour qu’il n’y ait pas rĂ©ellement match en qualifications. Ensuite, Cadillac s’est retrouvĂ©e Ă  1,3 seconde de la prochaine "vraie" voiture de milieu de peloton.

En course, Cadillac a aussi été la seule équipe à terminer avec trois tours de retard.

Il faut certes remettre cela en perspective : Haas est un cas Ă  part en raison de sa collaboration avec Ferrari. Mais l’historique des nouvelles Ă©quipes reste un avertissement, comme le montrent les dĂ©buts des trois Ă©quipes arrivĂ©es en 2010.


📉 DĂ©ficit en Q1 lors de la premiĂšre apparition (%)

Cadillac (2026) +3,897%
Virgin (2010) +4,464%
Lotus (2010) +4,572%
HRT (2010) +7,528%


L’époque, les moyens et le contexte n’ont rien Ă  voir, mais l’idĂ©e demeure : un tel Ă©cart ne se comble pas automatiquement — et historiquement, ces Ă©quipes n’y sont jamais parvenues.

Oui, ce n’est que la manche 1, et il y aura probablement des gains "faciles" via l’optimisation. Mais les espoirs, mĂȘme modestes, de s’accrocher au dos du peloton intermĂ©diaire Ă  court terme semblent dĂ©jĂ  s’évanouir.

đŸŸ„ 3) Alpine : le moteur Mercedes ne suffit pas (pour l’instant)

Alpine en difficultĂ© aprĂšs l’ouverture de la saison F1 2026

Le passage au moteur client Mercedes, au prix d’une fermeture trĂšs mĂ©diatisĂ©e et chaotique du programme F1 de Viry, avait rendu Alpine optimiste pour 2026. Le fait d’avoir sacrifiĂ© presque toute la saison 2025 devait aussi aider.

Pourtant, ni Pierre Gasly ni Franco Colapinto n’ont donnĂ© l’impression de pouvoir approcher la Q3 durant le week-end. L’écart de 1,5 seconde concĂ©dĂ© par Gasly en Q2 Ă©tait en plus mesurĂ© par rapport Ă  George Russell
 qui disposait du mĂȘme moteur, installĂ© dans une voiture d’équipe "usine".

Alpine accĂ©lĂšre la mise en place d’une Ă©volution visant Ă  corriger un dĂ©sĂ©quilibre de comportement Ă  haute vitesse. Mais l’équipe Ă©volue avec des contraintes : son directeur gĂ©nĂ©ral a comparĂ© la situation au fait de « courir avec une blessure ».

Un correctif est espĂ©rĂ© pour la troisiĂšme manche, le GP du Japon, fin mars. Et il pourrait ensuite y avoir une longue interruption si les courses de BahreĂŻn et d’Arabie Saoudite sont annulĂ©es, comme cela semble de plus en plus probable — ce qui offrirait potentiellement davantage de temps pour rĂ©soudre le problĂšme.

En attendant, l’unique point marquĂ© par Gasly fait figure de retour trĂšs faible au regard des manƓuvres engagĂ©es en amont de 2026.

🟣 2) Williams : le poids, puis la fiabilitĂ©, comme double peine

Comme Alpine, Williams a trĂšs tĂŽt misĂ© sur 2026 plutĂŽt que 2025. Mais contrairement Ă  Alpine, Williams a aussi signĂ© de trĂšs bons rĂ©sultats en 2025. ProblĂšme : Ă  l’instant T, l’équipe n’est pas rĂ©ellement dans le match du milieu de peloton.

Alex Albon dĂ©crit une Ă©quipe coincĂ©e dans une « no-man’s land » : entre celles qui jouent les points et les vĂ©ritables Ă©quipes de fond de grille.

James Vowles a fini par admettre que l’essentiel du dĂ©ficit vient du poids. AprĂšs avoir Ă©vitĂ© les questions en prĂ©-saison, les chronos et le comportement en piste rendaient dĂ©jĂ  cette conclusion difficile Ă  contourner. Vowles parle dĂ©sormais d’« une grande quantitĂ© de masse » Ă  retirer de la voiture.

Et l’équation se complique encore avec des soucis de fiabilitĂ© : Ă  Melbourne, Carlos Sainz n’a bouclĂ© qu’un seul tour le samedi.

Williams a du temps et une voie de progression claire vers une compĂ©titivitĂ© "respectable". Mais le risque de voir la saison se transformer en annĂ©e gĂąchĂ©e paraĂźt, aprĂšs une seule manche, aussi lourd que ce qu’on pouvait craindre.

🟱 1) Aston Martin : la crise de rĂ©fĂ©rence du plateau

Aston Martin en plus grande difficultĂ© aprĂšs l’ouverture de la saison F1 2026

En Australie, Aston Martin et Honda ont, au moins, Ă©vitĂ© un scĂ©nario catastrophe du type "dĂ©marrer puis se garer". Dimanche, Lance Stroll et Fernando Alonso ont cumulĂ© 64 tours — de loin leur total le plus Ă©levĂ© de tout le week-end — et Stroll roulait encore Ă  l’arrivĂ©e (mĂȘme s’il n’a pas Ă©tĂ© classĂ©).


📊 Tours couverts par Aston Martin en Australie

EL1 : 3
EL2 : 31
EL3 : 20
Qualifications : 10
Course : 64


Le principal positif tient aux contre-mesures dĂ©ployĂ©es pour rĂ©duire les vibrations sĂ©vĂšres observĂ©es lors des essais : elles ont effectivement fonctionnĂ©, suffisamment pour que l’équipe soit discrĂštement confiante dans la capacitĂ© des voitures Ă  aller au bout de la course. Alonso a mĂȘme, de façon improbable, Ă©voluĂ© dans le top 10 lors des premiers tours.

Mais au-delà
 il reste peu de choses auxquelles se raccrocher. Stroll a rĂ©sumĂ© son dimanche d’une formule glaciale : « le mot course est fort. Nous avons circulĂ©. »

À ce stade, Aston Martin apparaĂźt sans ambiguĂŻtĂ© comme l’équipe en crise numĂ©ro 1 de la F1 2026, et Melbourne n’a rien montrĂ© qui puisse contredire cette impression.

🔼 Conclusion : un dĂ©but qui ne condamne pas, mais qui rĂ©vĂšle

AprĂšs une seule manche, tout peut encore Ă©voluer : des Ă©volutions techniques arrivent, l’apprentissage se poursuit et le calendrier peut rebattre les cartes. Mais Melbourne a dĂ©jĂ  mis en lumiĂšre des faiblesses structurelles — gestion d’énergie, poids, comportement Ă  haute vitesse, fiabilitĂ© et niveau de performance brut.

La suite dira quelles Ă©quipes sauront transformer ce dĂ©part difficile en point de bascule. En Formule 1, la vitesse de rĂ©action fait souvent la diffĂ©rence — et l’avenir appartient Ă  celles qui apprennent le plus vite.

Foire aux Questions

Pourquoi un dĂ©ficit d’environ une seconde par tour est-il si difficile Ă  rattraper en F1 ?

Parce qu’il reflĂšte gĂ©nĂ©ralement un ensemble de causes (aĂ©rodynamique, chĂąssis, exploitation moteur, gestion d’énergie, Ă©quilibre), et pas un seul rĂ©glage. MĂȘme avec des Ă©volutions, combler un tel Ă©cart demande du temps et une direction technique trĂšs claire.

Que signifie la « gestion d’énergie » Ă©voquĂ©e pour McLaren ?

Cela renvoie Ă  la façon dont l’équipe rĂ©cupĂšre et rĂ©utilise l’énergie (rĂ©cupĂ©ration et dĂ©ploiement). Une stratĂ©gie imparfaite peut coĂ»ter des dixiĂšmes sur les lignes droites, comme cela a Ă©tĂ© observĂ© Ă  Melbourne.

Pourquoi compare-t-on Cadillac à des équipes débutantes de 2010 ?

Parce que leur dĂ©ficit en qualifications lors de leur premiĂšre course sert d’indicateur : un Ă©cart important peut ĂȘtre trĂšs difficile Ă  combler. Les exemples de 2010 montrent que certaines Ă©quipes n’ont jamais rĂ©ussi Ă  revenir suffisamment.

En quoi le poids pénalise-t-il Williams ?

Un excĂšs de masse dĂ©grade l’accĂ©lĂ©ration, le freinage, la gestion des pneus et le temps au tour. Williams estime qu’une grande part de son dĂ©ficit actuel provient de ce facteur, auquel s’ajoutent des soucis de fiabilitĂ©.

Quel est le principal problĂšme d’Alpine malgrĂ© le moteur Mercedes ?

Les performances ne dĂ©pendent pas seulement du moteur : Alpine vise un correctif pour un dĂ©sĂ©quilibre de comportement Ă  haute vitesse. Le week-end australien a montrĂ© un dĂ©ficit important, y compris face Ă  une voiture disposant du mĂȘme moteur.

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