F1 : pluie, bug et départ interminable, les pilotes réclament une remise en question

Les pilotes de Formule 1 ont vivement critiqué les retards jugés « horribles » au départ du Grand Prix de Bahreïn en Malaisie, disputé sous la pluie, alors que les monoplaces 2026 ont eu du mal à évoluer en conditions mouillées.
Une procédure de départ qui déraille sous la pluie
Une averse torrentielle a d’abord provoqué un retard de 40 minutes avant le départ. Quand une nouvelle tentative a été lancée, alors que les conditions semblaient meilleures, la situation s’est à nouveau compliquée.
Plusieurs pilotes se sont arrêtés durant les tours de formation vers la grille, et la procédure de départ a dû être abandonnée à cause de ce qui ressemblait à un bug logiciel.
Au final, la course a réellement débuté environ 1 heure et 40 minutes après l’horaire initial.
George Russell : « Ça ne ressemblait pas à de la F1 »
George Russell a résumé une journée frustrante, entre attentes, neutralisations et déroulé confus :
« Toute la journée a ressemblé à une perte de temps, avec le retard puis le drapeau rouge, puis des tours interminables derrière la voiture de sécurité, et puis soudain faire des tours supplémentaires pour permettre à Checo [Sergio Perez] de dépasser… Aujourd’hui, ça ne ressemblait pas vraiment à de la F1. »
Il a aussi souligné l’impact pour le public : « J’aurais été un peu déçu si j’avais été dans les tribunes à regarder ça se dérouler, donc… ce n’était pas bien. »
Russell a enfin pointé la complexité des groupes propulseurs : « Les unités de puissance sont exceptionnellement compliquées. Plus on rend les choses compliquées, plus il y a de chances que quelque chose se passe mal. »
Norris et Sainz dénoncent une complexité devenue contre-productive
Lando Norris a qualifié la situation d’« horrible » et a estimé que cela « prouve qu’on ne devrait pas avoir ce genre de choses du côté électronique », en référence au partage actuel 53/47 entre moteur à combustion interne et puissance électrique.
Carlos Sainz a, lui, appelé la F1 à « se regarder sérieusement » pour comprendre comment le sport en est arrivé là :
« Il est clair que la réglementation est extrêmement compliquée pour les pilotes, pour les équipes, pour les unités de puissance, pour les motoristes. C’est trop compliqué. »
« Qui a décidé, il y a cinq ans, d’aller dans cette direction ? »
Sainz s’est interrogé sur les choix effectués plusieurs années auparavant :
« Ma seule question, c’est : qui, il y a cinq ans, a décidé que c’était la direction à prendre ? »
Il a ajouté que le sport « fait de son mieux avec ce qu’on lui donne » et que la FIA et la F1 « font du mieux qu’elles peuvent avec ce qui a été décidé il y a quatre ou cinq ans », tout en jugeant que ces décisions étaient « clairement » mauvaises.
Pour lui, l’enjeu est d’en tirer des leçons : apprendre « en tant que sport » à ne pas répéter ces erreurs et à éviter de revivre des cas « étranges » de ce type.
Sainz a aussi mis en cause l’empilement de logiciels et de systèmes de contrôle : « C’est ce qui arrive quand il y a autant de logiciel, autant de contrôles impliqués. Si c’était un V8 atmosphérique, ça ne serait jamais arrivé. »
Verstappen, Hamilton, Piastri : leçon à retenir, mais prudence avant d’accuser
Vainqueur de la course, Max Verstappen a abondé dans le sens d’un besoin d’apprentissage, en espérant que des enseignements concrets seront tirés de cet épisode.
Lewis Hamilton, visiblement surpris, a expliqué qu’il n’avait « jamais » eu à arrêter puis redémarrer une F1 auparavant.
Oscar Piastri a, de son côté, souligné l’aspect inédit : il n’avait « jamais vu une course de F1 retardée par un bug ». Mais il a aussi appelé à la prudence avant de désigner un responsable, faute d’explication complète :
« Je ne sais pas à quoi c’était lié. Je ne sais pas si c’était lié à la pluie, à des changements de code, je ne sais pas si c’était lié à la foudre. On a entendu que beaucoup de systèmes F1 et des systèmes de la FIA avaient lâché avec des impacts de foudre, donc je ne sais pas si quelque chose a été réinitialisé. »
Et de conclure : « Évidemment, ce n’était pas une bonne image, mais ce serait injuste de pointer du doigt avant qu’il y ait une explication. »
Conclusion
Entre pluie extrême, procédures avortées et soupçon de bug, cet épisode a mis en lumière la fragilité potentielle d’un environnement technique très complexe. Reste maintenant à comprendre précisément ce qui s’est passé, pour fiabiliser les systèmes et éviter qu’un départ de Grand Prix ne se rejoue sur une anomalie plutôt que sur la piste.
Foire aux Questions
Pourquoi le départ du Grand Prix a-t-il été autant retardé ?
Une averse torrentielle a d’abord repoussé le départ de 40 minutes. Ensuite, une tentative de départ a été abandonnée après que plusieurs pilotes se sont arrêtés lors des tours de formation, sur fond de bug logiciel présumé.
À quoi servent les tours de formation avant le départ ?
Les tours de formation permettent de rejoindre la grille, de vérifier le comportement de la voiture, de chauffer pneus et freins et d’évaluer l’adhérence, surtout en conditions humides.
Que signifie le partage 53/47 entre thermique et électrique en F1 ?
C’est la répartition évoquée entre la part assurée par le moteur à combustion interne et celle fournie par la puissance électrique. Lando Norris a estimé que l’épisode du jour montrait les limites d’une dépendance accrue aux systèmes électroniques.
Pourquoi la complexité des unités de puissance inquiète certains pilotes ?
George Russell a expliqué que plus une unité de puissance est complexe, plus il y a d’éléments susceptibles de tomber en panne. Carlos Sainz a aussi pointé la multiplication des logiciels et des contrôles.
La foudre peut-elle perturber les systèmes en F1 ?
Oscar Piastri a indiqué avoir entendu que des systèmes liés à la F1 et à la FIA avaient été touchés par la foudre, suggérant qu’un incident électrique aurait pu contribuer à une réinitialisation ou à une panne, sans que cela soit confirmé à ce stade.
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