đ GP dâAustralie 2026 : les gagnants et perdants dâun dĂ©part de saison dĂ©jĂ explosif

La premiĂšre course de la saison 2026 de Formule 1 a tenu ses promesses : du spectacle, le retour de gros soucis de fiabilitĂ©, et une vraie bagarre pour la tĂȘte de course.
Voici les principaux gagnants et perdants Ă retenir de ce Grand Prix dâAustralie 2026.
â Perdant â McLaren (5e / non-partant)
Quel retour sur terre. Une voiture dĂ©truite avant mĂȘme dâarriver sur la grille, avec un contexte particuliĂšrement douloureux de ce que cela reprĂ©sentait pour le public local. Lâautre, tout simplement lente⊠et elle a dĂ©vorĂ© ses pneus.
DĂ©fendre un titre Ă travers un changement de rĂ©glementation massif est dĂ©jĂ un dĂ©fi Ă©norme, dâautant que les rivaux peuvent prendre de lâavance pendant que McLaren se battait encore jusquâau bout avec Red Bull. McLaren vient Ă peine de mettre fin Ă une longue disette de titres, dans une situation qui rappelle ce quâelle a vĂ©cu entre 2008 et 2009 dans un contexte comparable.
On nâest pas encore en territoire catastrophe pour McLaren, et certaines Ă©quipes du stand sont dans des positions bien, bien pires. Mais un signal semble se dĂ©gager : parmi les « quatre grands » de la F1, câest celle qui nâa jamais ressemblĂ© Ă une menace crĂ©dible, ni en prĂ©-saison ni durant le week-end australien.
â Gagnant â Mercedes (1er / 2e)
Dans le paddock, lâan dernier, on murmurait dĂ©jĂ que Mercedes avait un avantage pour 2026. Les signes vus lors du shakedown de Barcelone allaient dans ce sens : Mercedes pouvait enchaĂźner les tours, encore et encore, et peaufiner, pendant que dâautres sâarrachaient les cheveux. Le rythme entrevu Ă BahreĂŻn lors des essais avait, par moments, quelque chose de franchement inquiĂ©tant.
En qualification, câĂ©tait un doublĂ© autoritaire. Et au fil du week-end, cela devenait de plus en plus Ă©vident : Mercedes nâĂ©tait pas seulement lâĂ©quipe Ă battre en 2026, elle avait mĂȘme le potentiel dâĂ©craser la concurrence. Mais aprĂšs des saisons 2022 Ă 2025 douloureuses et pleines de faux dĂ©parts, un doute persistait.
Cette fois, plus de doute : Mercedes est de retour. Et ce championnat est le sien⊠à perdre.
â Perdant â La stratĂ©gie Ferrari (pas au niveau)
Ferrari nâavait peut-ĂȘtre pas anticipĂ© que son dĂ©fi Ă Mercedes tiendrait non seulement au dĂ©part, mais sur tout le premier relais. Pourtant, lâimpression qui domine est quâelle nâa pas ajustĂ© son plan face Ă cette nouvelle rĂ©alitĂ© â ou quâelle nâa pas cru Ă ses propres chances de vraiment battre Mercedes.
đŠ Le tournant du premier rĂ©gime de voiture de sĂ©curitĂ© virtuelle
Avec le recul, le refus de faire rentrer lâune ou lâautre voiture lors de ce premier Ă©pisode de voiture de sĂ©curitĂ© virtuelle apparaĂźt comme une erreur claire. Quel que soit le risque en faisant un pari avec Charles Leclerc ou Lewis Hamilton, il nâaurait, au pire, pas conduit Ă un rĂ©sultat infĂ©rieur au doublĂ© 3-4 finalement obtenu.
Ăvidemment, Ferrari ne pouvait pas savoir Ă quel point elle allait dominer la McLaren de Lando Norris et la Red Bull de Max Verstappen â qui nâĂ©taient pas des menaces. Mais elle aurait dĂ» pouvoir lâanticiper assez sĂ©rieusement Ă partir des informations du premier relais.
â Un deuxiĂšme Ă©pisode malheureux⊠et un cadeau dâair propre
Et mĂȘme si Ferrari nâa pas eu de rĂ©ussite avec la fermeture de la voie des stands lors de la deuxiĂšme voiture de sĂ©curitĂ© virtuelle, elle avait, de fait, dĂ©roulĂ© le tapis Ă Mercedes pour aller faire la diffĂ©rence en air propre.
â Gagnant â La Ferrari SF-26 (3e et 4e)
On peut â et on doit, en rĂ©alitĂ© â pointer du doigt lâexĂ©cution de course. Mais une chose est nette : la Ferrari SF-26, en tant que package, a rĂ©alisĂ© une journĂ©e trĂšs, trĂšs solide au regard de ce quâelle avait montrĂ© 24 heures plus tĂŽt.
Les dĂ©parts sont manifestement une arme â et elle sera encore plus utile sur des circuits au style de course plus « classique ».
Au minimum, Ferrari apparaĂźt comme la deuxiĂšme force, clairement derriĂšre Mercedes. Et elle a quand mĂȘme donnĂ© Ă Mercedes matiĂšre Ă sâinquiĂ©ter dans les premiers tours, sans ĂȘtre outrageusement dominĂ©e sur la distance de course au final.
Andrea Kimi Antonelli semblait probablement prenable avec une course gérée de maniÚre plus conventionnelle. George Russell ? Beaucoup moins sûr. Mais Mercedes a bel et bien un rival plus proche que ce que beaucoup redoutaient.
â Perdant â Red Bull (6e et abandon)
La remontĂ©e de Max Verstappen de la 20e Ă la 6e place fait un beau titre, mais il y a peu de choses Ă cĂ©lĂ©brer pour Red Bull ce week-end. Ce nâest pas un dĂ©sastre â on parle du dĂ©but dâun nouveau groupe propulseur â mais Racing Bulls a clairement vĂ©cu un week-end bien meilleur que prĂ©vu, relativement aux attentes.
Isack Hadjar a fait le travail au dĂ©part, avant dâĂȘtre stoppĂ© par une panne annoncĂ©e : un souci de tempĂ©rature, puis un bruit « terrible » venant du moteur. Verstappen, lui, avait Ă©videmment beaucoup Ă faire pour dĂ©passer des voitures plus lentes, mais une fois dans une position plus reprĂ©sentative, il nâa pas rĂ©ellement marquĂ© la course par son rythme.
Verstappen a rĂ©sumĂ© la situation ainsi : « Je pense que lĂ oĂč il nous manque du rythme, câest moitiĂ©-moitiĂ© : moitiĂ© voiture, moitiĂ© moteur. Ce nâest pas mal. Ce sont des choses quâon peut surmonter. Ce nâest pas choquant. »
Il a raison sur le principe. Mais le dĂ©part miraculeux et renversant que Red Bull semblait briĂšvement promettre en essais ne sâest pas matĂ©rialisĂ© Ă Melbourne.
â Gagnant â Arvid Lindblad (8e) đ¶âĄïžđïž
Avec tout ce qui change en 2026, Arvid Lindblad est un peu passĂ© sous les radars durant la prĂ©-saison â et mĂȘme sa trĂšs belle 8e place dĂšs ses dĂ©buts Ă Melbourne pourrait ĂȘtre noyĂ©e dans les critiques adressĂ©es Ă ces nouvelles voitures.
Mais le mérite est immense : il a tout sauf ressemblé à un pilote de 18 ans avec une seule saison de Formule 2, en plus irréguliÚre, dans les jambes.
Il semble dĂ©jĂ Ă sa place en Formule 1, comme Hadjar lâĂ©tait au dĂ©but de 2025 avant une saison de rookie spectaculaire.
â Perdant â Williams (12e / 15e) đ§±
Quand on insiste autant sur lâimportance de « bien attaquer » au dĂ©but dâune nouvelle Ăšre rĂ©glementaire, on ne peut pas se permettre de la commencer avec une dĂ©marche inversĂ©e et une course en boitant.
AprĂšs ces rĂ©sultats sans points au milieu de peloton, la liste de tĂąches dâAlex Albon et Carlos Sainz est Ă©norme : moins de poids, plus dâappui, une meilleure aĂ©rodynamique, une meilleure fiabilitĂ©. Dans les mots dâAlbon, Williams nâest quâune « neuviĂšme force solitaire » : devant Cadillac et Aston Martin, mais loin derriĂšre tout le reste.
Ce serait dĂ©jĂ une dĂ©ception au regard du terrain regagnĂ© par Williams ces derniĂšres annĂ©es depuis son point le plus bas. Mais dans le contexte de ce que lâĂ©quipe annonçait pour cette saison â tout ce qui a changĂ©, et tout ce quâelle pensait avoir amĂ©liorĂ© â câest catastrophique.
Albon a rappelĂ© que les difficultĂ©s de 2022 prouvaient quâun retournement restait possible. Sauf quâici, Williams nâĂ©tait justement plus censĂ©e ĂȘtre une Ă©quipe qui vit de retournements et de rĂ©cupĂ©rations. La trajectoire devait ĂȘtre uniquement ascendante, vers un avenir lumineux.
Seule consolation : cela aurait paru encore pire si les sacrifices de dĂ©veloppement consentis en 2025 avaient coĂ»tĂ© plus cher en piste (par exemple avec une saison 2025 du type Alpine). Et, Ă ce sujet, mĂȘme si Alpine semble lĂ©gĂšrement mieux placĂ©e que Williams pour lâinstant, ce nâest pas non plus une ascension miraculeuse façon Brawn.
â Gagnant â Gabriel Bortoleto (9e) đ„
On a Ă©tĂ© tout prĂšs dâavoir Audi dans cette catĂ©gorie â marquer de gros points dĂšs la premiĂšre course en tant quâĂ©quipe officielle et motoriste nâĂ©tait pas un scĂ©nario qui semblait probable lorsque le projet passait dâune figure dirigeante Ă lâautre juste aprĂšs le rachat de Sauber.
Gabriel Bortoleto lâa dit lui-mĂȘme : « Si quelquâun mâavait dit quâon allait marquer des points dĂšs notre toute premiĂšre course et aller en Q3, franchement, je lui aurais demandĂ© sâil Ă©tait bourrĂ© ou quoi. »
Le fait que Nico HĂŒlkenberg ait fini arrĂȘtĂ© Ă©carte Audi dâun statut de « vrai » gagnant. Mais la course combative de Bortoleto garantit un bilan positif pour ce premier rendez-vous du constructeur dĂ©butant.
Est-ce que le package paraĂźt aussi tranchant que les simulations de course de BahreĂŻn le laissaient penser ? Pas exactement. Est-ce que câest bien meilleur que ce que beaucoup attendaient avant les essais ? Clairement, oui.
â Perdant â Liam Lawson (13e) đŹ
Ce nâest pas la faute de Liam Lawson si sa voiture nâa pratiquement pas bougĂ© sur la grille. Et le moment le plus marquant de sa journĂ©e a peut-ĂȘtre Ă©tĂ© les rĂ©flexes incroyables de Franco Colapinto, qui lâa Ă©vitĂ© de justesse, en se faufilant dans un espace impossiblement Ă©troit au lieu de percuter la Racing Bulls.
Mais lâimage dâune 13e place, quand ton nouveau coĂ©quipier rookie est dans les points et quâil attire tous les regards tout le week-end, est trĂšs mauvaise. Et Lawson ferait bien de ne pas trop ruminer qui a gagnĂ© la course de Formule 2 plus tĂŽt dans la journĂ©e, et Ă quel programme junior ce rookie (Nikola Tsolov) appartient.
Reste Ă voir si le Red Bull de lâĂšre post-Helmut Marko sera moins prompt Ă dĂ©gainer cĂŽtĂ© pilotes. Historiquement, chez Red Bull, se faire Ă©clipser par un nouveau venu â quel que soit le contexte â avait quelque chose de trĂšs accablant pour un titulaire sous lâancien rĂ©gime.
Au passage, le tacle de Lawson Ă Sergio Perez (« deux ans plus tard, il nâa toujours pas tournĂ© la page ») Ă propos de leur accrochage Ă©tait un divertissement annexe. Mais, si lâon doit se projeter, câest paradoxalement Perez dont lâavenir Ă moyen terme en F1 semble le plus lumineux Ă cet instant.
â Gagnant â Ollie Bearman (7e) đ
Ollie Bearman semble avoir repris exactement lĂ oĂč il sâĂ©tait arrĂȘtĂ© en 2025 â avec une victoire symbolique « du milieu de peloton » pour lancer 2026.
Il a été nettement le plus rapide des deux pilotes Haas, au point de remettre son coéquipier Esteban Ocon sous pression, encore une fois.
Ocon a expliquĂ© : « On a abĂźmĂ© les pneus trĂšs tĂŽt avec ça, beaucoup de dĂ©gradation, et câest un flashback de lâan dernier, quand ça ne fonctionnait pas du tout. »
Et il a ajouté : « On a deux voitures trÚs différentes, moi et Ollie, avec deux problÚmes trÚs différents, une fois de plus. »
đź Conclusion : une hiĂ©rarchie qui bouge dĂ©jĂ
Ce GP dâAustralie 2026 a dĂ©jĂ posĂ© des jalons forts : Mercedes impose un niveau de rĂ©fĂ©rence, Ferrari montre un potentiel rĂ©el malgrĂ© des choix discutables, tandis que McLaren, Red Bull et Williams repartent avec des questions lourdes.
Et au milieu de ce paysage chamboulĂ©, la nouvelle gĂ©nĂ©ration (Lindblad, Bortoleto, Bearman) sâinvite tout de suite dans le rĂ©cit. La saison ne fait que commencer â et câest souvent lĂ que naissent les plus grandes trajectoires.
â Foire aux Questions
Quâest-ce quâune voiture de sĂ©curitĂ© virtuelle (VSC) et pourquoi Ferrari lâa-t-elle regrettĂ© ?
La VSC impose un ralentissement contrĂŽlĂ© sans faire sortir une voiture de sĂ©curitĂ© « rĂ©elle ». Dans cette course, Ferrari nâa pas fait rentrer ses voitures lors du premier Ă©pisode, une dĂ©cision jugĂ©e, avec le recul, clairement perdante car elle a limitĂ© ses options stratĂ©giques.
Pourquoi Mercedes paraissait-elle si forte dÚs le début de saison 2026 ?
Le week-end prolonge une tendance vue tĂŽt : Ă Barcelone, Mercedes pouvait enchaĂźner de longs relais en affinant ses rĂ©glages pendant que dâautres rencontraient plus de difficultĂ©s, et Ă BahreĂŻn certains passages Ă©taient dĂ©jĂ trĂšs impressionnants. En Australie, cela sâest concrĂ©tisĂ© par un doublĂ© en qualification puis en course.
Que signifie âDNSâ (non-partant) dans les rĂ©sultats de McLaren ?
âDNSâ indique quâune voiture ne prend pas le dĂ©part. Ici, le constat est quâune McLaren a Ă©tĂ© dĂ©truite avant mĂȘme dâarriver sur la grille, ce qui a transformĂ© son week-end en non-participation Ă la course.
Red Bull doit-elle sâinquiĂ©ter si Verstappen remonte de la 20e Ă la 6e place ?
La remontĂ©e est spectaculaire, mais elle masque un problĂšme plus large : Red Bull a eu peu de raisons dâĂȘtre satisfaite, entre lâabandon dâHadjar (panne annoncĂ©e par des signaux inquiĂ©tants) et un rythme qui, selon Verstappen, manque Ă la fois cĂŽtĂ© voiture et cĂŽtĂ© moteur.
Pourquoi dit-on que Ferrari avait âau moinsâ la deuxiĂšme voiture en Australie ?
MalgrĂ© une exĂ©cution de course critiquable, la SF-26 a Ă©tĂ© nettement meilleure que la veille : trĂšs efficace au dĂ©part, assez rapide pour inquiĂ©ter Mercedes en dĂ©but de course, et globalement compĂ©titive sur la distance, ce qui lâinstalle comme deuxiĂšme force derriĂšre Mercedes sur ce rendez-vous.
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