Qui a besoin de pluie ? Le Grand Prix de Miami a largement suffi à offrir du spectacle, alors que la Formule 1 reprenait après la pause imposée d’avril.

Et ce qui s’est passé dimanche a rendu le choix des gagnants et des perdants particulièrement délicat tant les scénarios se sont multipliés. Voici le bilan.

Gagnants et perdants d’un Grand Prix de Miami très animé

Perdant : Charles Leclerc (8e)

Un bon envol Ferrari est presque devenu une constante en ce début de saison 2026, mais cela ne garantissait pas à Charles Leclerc de rester tout devant jusqu’au drapeau à damier.

En revanche, peu avaient vu venir une chute aussi brutale.

Oui, l’addition des éléments noircit le tableau de cette 8e place : l’arrêt relativement précoce que Leclerc a remis en question ; la tête-à-queue dont il a pleinement assumé la responsabilité ; et, surtout, la pénalité de 20 secondes infligée après l’arrivée pour des coupes répétées de virage, survenues alors qu’il ramenait une Ferrari diminuée jusqu’à l’arrivée.

Sans le premier facteur, le deuxième n’arrive peut-être pas… et le troisième encore moins.

Mais, même si l’enchaînement paraissait improbable, il a aussi quelque chose de terriblement « Ferrari » dans sa façon de s’empiler.

Gagnant : McLaren (2e et 3e)

« F***’s sake, comment on a pu ne pas gagner ça ? » a lâché Lando Norris après une 2e place, lui qui a mené 15 tours à Miami.

Il existe clairement un argument : McLaren avait les moyens de s’imposer ici pour la troisième année consécutive. Un peu plus de précision dans l’exécution et l’adaptation au fil du week-end aurait pu faire basculer le résultat, même si l’équipe et Norris ont aussi estimé que la Mercedes restait la voiture la plus rapide.

Malgré tout, McLaren repart comme meilleur marqueur de points sur l’ensemble du week-end de Miami. Et un deuxième volet d’évolutions est encore attendu pour Montréal, la prochaine manche.

Miami a souvent réussi à McLaren, certes, mais des indices suggèrent désormais que l’écurie s’installe comme deuxième force, devant Ferrari. On sent aussi une confiance plus subtile chez ses figures clés sur le potentiel encore inexploité à partir de cette base.

Perdant : George Russell (4e)

Week-end frustrant pour George Russell, qui n’a jamais réussi à extraire le meilleur d’une voiture pourtant capable de gagner la course.

Russell a reconnu que « le rythme était vraiment, vraiment mauvais » de son côté. Dans les 20 derniers tours, il a même commencé à tester différents réglages de freins et à modifier son style de pilotage pour tenter d’en tirer davantage. Il dit avoir trouvé quelque chose, mais trop tard pour que cela change réellement le résultat.

En réalité, cette 4e place est presque flatteuse. Russell a profité du moment difficile de Leclerc dans le tout dernier tour pour gagner encore une position.

Russell a assuré que ce passage à vide à Miami n’était « pas une raison de s’inquiéter ». Pourtant, difficile de ne pas entendre quelques sonnettes d’alarme après un week-end où il a été nettement dominé, pendant que son équipier Kimi Antonelli accentuait encore son avantage au championnat.

Gagnant : Kimi Antonelli (1er)

Encore un Grand Prix, encore une victoire Mercedes… mais celle-ci est peut-être la plus convaincante d’Antonelli depuis le début de saison.

Convaincante parce que, pendant une bonne partie de la course, le résultat est resté incertain. La W17 semblait probablement le meilleur ensemble à Miami, mais elle a subi son défi le plus sérieux de 2026 face à McLaren. Et, au final, un seul pilote a été en mesure de préserver la série de victoires.

Le moment charnière s’est joué autour de la phase des arrêts aux stands. Même si une aide indirecte de McLaren a contribué à remettre Antonelli à portée, il a ensuite dû saisir sa chance et dépasser Lando Norris : rien ne garantissait qu’une seconde opportunité se présenterait.

Ce dépassement a été tranchant, tout comme celui qui a suivi sur Max Verstappen, permettant de casser toute aspiration durable de Norris.

Plus ce niveau de performance se répète, moins il ressemble à une simple conséquence d’avoir la meilleure voiture à disposition.

Gagnant : Franco Colapinto (7e)

Colapinto a signé son meilleur résultat en Formule 1 (à égalité) sur la route, devenu ensuite son meilleur résultat « tout court » après la pénalité de Leclerc qui l’a fait gagner une place. Cela a prolongé un week-end solide, probablement le plus maîtrisé depuis son arrivée chez Alpine.

L’accrochage au premier tour avec Lewis Hamilton a été un peu brouillon, mais le reste a été propre : Colapinto a évolué essentiellement en 8e position, ou en 8e « nette » selon les décalages de stratégie, pendant la course.

Dommage que le week-end de Pierre Gasly n’ait pas été le plus limpide : cela limite la comparaison directe pour mesurer Colapinto. Mais cela ne dépendait pas de lui, et il n’a pas commis d’erreurs majeures qui auraient pu compromettre le rythme retrouvé d’Alpine, de plus en plus solide à la tête du milieu de grille.

Perdant : Max Verstappen (5e)

Être classé parmi les perdants ne signifie pas que tout a été noir : cela aurait pu être bien pire. Verstappen n’a écopé que de cinq secondes de pénalité, pour avoir été jugé coupable d’avoir franchi la ligne de sortie des stands, sans que cela ne change sa position à l’arrivée.

Comment juger sa course ? Son tête-à-queue au départ pour éviter Leclerc était une erreur ; son 360 degrés pour remettre la voiture dans le bon sens a été saisissant ; et son comportement en bagarre a parfois oscillé entre le controversé et l’inacceptable, selon le regard de chacun.

Malgré cela, il s’est ensuite stabilisé et a tenu 51 tours avec un train de pneus durs, restant suffisamment dans le match pour transformer, avec un coup de pouce lié au problème de Leclerc, ce qui aurait dû être une 6e place en 5e (et il n’était pas loin d’être 4e sur la piste).

Au fond, c’était à la fois le meilleur et le pire de Verstappen : une agressivité sans compromis, mais aussi une détermination et une maîtrise hors normes.

Perdant : Isack Hadjar (abandon)

Isack Hadjar était visiblement furieux contre lui-même après sa sortie de piste à Miami. Il a tapé le mur alors qu’il remontait dans le peloton depuis un départ depuis la voie des stands.

Certains y verront une histoire familière : quand Red Bull apporte des évolutions, la voiture tendrait naturellement vers un comportement qui correspond au style pointu de Verstappen, et l’équipier décrocherait s’il ne peut pas reproduire ce style.

Hadjar avait d’ailleurs laissé entendre plus tôt dans le week-end que la Red Bull était « très difficile à piloter mais très rapide ».

Mais si l’on devait chercher des circonstances atténuantes, le contexte ne l’a pas aidé : après avoir qualifié le châssis de terrible plus tôt dans l’année, il a ensuite crashé lors d’un week-end où la voiture était nettement plus rapide qu’auparavant, après le travail entrepris par l’équipe pour la transformer.

Un gros mieux sera nécessaire dans tous les domaines à Montréal.

Gagnant : Williams (9e et 10e)

Un double top 10 semblait au-delà des attentes de Williams, surtout après trois premières courses où les deux pilotes affichaient une forte insatisfaction. Mais un nouveau package d’évolutions a permis de concrétiser exactement ce scénario à Miami.

Et, détail révélateur, ce n’était pas forcément un ensemble entièrement « nouveau ». Carlos Sainz a expliqué que l’équipe a « enfin monté l’évolution de la voiture qui devait arriver dès la première course », ce qui a semblé propulser Williams plus solidement dans le milieu de grille.

L’autre clé a été d’éviter les ennuis dans le chaos du début. Alex Albon estime qu’il a « dû gagner six ou sept positions » simplement en évitant la trajectoire de Verstappen en tête-à-queue au départ.

Le rythme en course n’est pas encore exactement au niveau espéré par Albon et Sainz — cela s’est vu avec l’écart d’environ 20 secondes concédé à l’Alpine de Franco Colapinto — mais l’amélioration par rapport au début de saison est massive. De quoi redonner de l’élan à deux pilotes qui paraissaient très frustrés après les trois premiers rendez-vous.

Sainz a résumé l’essentiel : mettre deux voitures dans les points, et à la régulière, est « un vrai pas en avant », mais l’équipe doit continuer à pousser. Et si Miami est un indicateur, Williams compte bien le faire.

Conclusion : Miami redistribue les cartes avant Montréal

Entre la solidité d’Antonelli, l’efficacité globale de McLaren malgré la victoire manquée, les difficultés de Russell, la course chaotique de Leclerc et les signaux encourageants pour Williams et Alpine, Miami a rappelé à quel point une saison peut basculer sur des détails de rythme, de stratégie et d’exécution.

Prochaine étape : Montréal, où chacun aura une nouvelle occasion de transformer ses promesses en résultats — et c’est souvent là que les histoires les plus marquantes commencent.

Foire aux Questions

Pourquoi Charles Leclerc a-t-il reçu 20 secondes de pénalité après la course ?

Après un tête-à-queue, Leclerc a coupé des virages à plusieurs reprises en ramenant une Ferrari endommagée jusqu’à l’arrivée. Les commissaires lui ont ensuite infligé une pénalité de 20 secondes pour ces coupes répétées.

Qu’est-ce qui a fait basculer la victoire en faveur de Kimi Antonelli ?

Le moment décisif s’est joué autour de la phase des arrêts aux stands. Antonelli s’est retrouvé à portée, a saisi l’ouverture pour dépasser Lando Norris, puis a aussi passé Max Verstappen afin de casser l’aspiration et sécuriser la tête de course.

Pourquoi rouler 51 tours en pneus durs est-il notable ?

Tenir 51 tours avec un seul train de pneus durs demande une gestion fine de l’usure et du rythme. Malgré une course agitée et une pénalité de cinq secondes, Verstappen est resté dans le match assez longtemps pour améliorer son résultat final.

Que signifie « départ depuis la voie des stands » comme pour Isack Hadjar ?

Partir depuis la voie des stands signifie ne pas s’aligner sur la grille de départ. Le pilote s’élance depuis la sortie des stands, généralement après des changements sur la voiture, et doit ensuite remonter dans le trafic avec un handicap initial.

Comment Williams a-t-elle réussi à placer deux voitures dans les points à Miami ?

Une évolution technique attendue depuis le début de saison a replacé la voiture dans le milieu de grille, et l’équipe a aussi profité d’un début de course chaotique en restant hors des incidents. Résultat : 9e et 10e, même si le rythme pur en course reste encore perfectible.

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