Haas choisit Rafael Camara pour 2027 : un pari de vitesse qui bouscule Ollie Bearman

Haas a signé le jeune pilote de la filière Ferrari Rafael Camara pour remplacer Esteban Ocon à partir de la saison 2027 de Formule 1.
Est-ce un bon choix ? Que peut-on attendre de Camara, et qu’est-ce que cela change pour son futur équipier Ollie Bearman ? Voici les principaux enseignements et implications.
Un pari « wildcard » qui peut électriser la grille 2027
Si Rafael Camara confirme l’impression laissée lors de ses premiers tours en essais avec Haas, il pourrait devenir l’une des grandes curiosités de la grille 2027 : un profil capable d’apporter une surprise immédiate, sans être une évidence médiatique longtemps à l’avance.
Son parcours en catégories jeunes lui donne, de toute façon, le statut de candidat crédible : réputé parmi les meilleurs en karting, il a ensuite enchaîné une série rare de titres consécutifs en montant progressivement les échelons.
Mais gagner des championnats ne suffit pas toujours à garantir une adaptation réussie à la F1. Les indications laissées au volant d’une Formule 1, même sur un roulage limité, pèsent souvent plus lourd que le palmarès.
Portimão, le test qui a fait basculer la décision
Haas savait déjà que Camara était prometteur sur la base de son CV en filières, mais l’équipe aurait surtout été convaincue de manière très nette par sa performance au volant lors d’un essai à Portimão.
Le niveau de performance aurait été tel que, selon certaines personnes chez Haas, Bearman — qui n’aurait roulé que brièvement ce jour-là pour donner une référence — n’aurait pas forcément été aussi rapide, même avec un programme d’essais plus complet.
Cela ne signifie pas automatiquement que Camara est plus rapide ou un meilleur pari que Bearman. En revanche, cela le place clairement dans la même catégorie : très rapide, avec une capacité à faire bonne impression immédiatement. Reste à voir si cela se traduira sur une saison complète.
La zone de risque : course, décisions, et « polissage »
L’inconnue la plus importante concerne sa gestion en course et sa prise de décision, jugées encore perfectibles au regard de son taux d’erreurs en Formule 2. Ironie de l’histoire : Bearman avait lui aussi été pointé sur cet aspect lors de sa saison de rookie l’an dernier.
Un test majeur pour Ollie Bearman et sa trajectoire
Cette arrivée est présentée comme le prochain vrai examen pour Bearman, souvent décrit comme un candidat crédible à un futur volant Ferrari en F1.
Cette idée a pris de l’ampleur depuis sa performance remarquée en Arabie saoudite, lorsqu’il a remplacé Carlos Sainz, opéré de l’appendicite.
Les prestations de Bearman face à Nico Hülkenberg — pendant la période où Kevin Magnussen était d’abord suspendu puis souffrant — ont renforcé la perception d’un pilote « spécial », au point que certains imaginaient déjà un chemin menant à terme à une succession de Lewis Hamilton chez Ferrari.
Pourquoi Ocon n’a pas suffi face à Bearman
Bearman a globalement pris l’ascendant sur Esteban Ocon, au moins sur la vitesse pure. L’expérience d’Ocon a pu aider l’équipe sur certains points, mais il n’a pas affiché une vitesse globale suffisamment élevée et suffisamment constante face à Bearman pour justifier, selon cette lecture, ce que Haas lui versait.
S’ajoute à cela l’idée d’une attitude jugée piquante en interne, qui aurait pesé dans l’équation.
Camara change la dynamique du garage
Camara amène une dimension différente : un autre diplômé très coté de la F2, soutenu par la filière Ferrari comme Bearman, avec en plus la dynamique créée par une performance impressionnante lors de son roulage « Testing of Previous Cars » à Portimão.
Ils ne se sont pas encore affrontés pleinement à la régulière, mais l’attente est claire : Haas pense désormais avoir, sur ses tablettes, un pilote capable de pousser Bearman très fort (au-delà des considérations commerciales).
Si l’engouement autour de Camara est exagéré, Bearman n’aura rien à craindre. Mais si Camara confirme ce qu’il laisse entrevoir, Bearman devra trouver un niveau supplémentaire en 2027.
L’enjeu, pour Bearman, sera aussi d’éviter que Camara devienne le « nouveau visage » du moment, et de s’assurer que le prochain jeune phénomène ne brûle pas la priorité dans la course vers Ferrari.
Un duo qui colle à l’ADN d’un outsider
Sur le papier, l’association Bearman–Camara ressemble à un duo idéal pour une équipe dans la situation de Haas : un outsider installé, capable de marquer des points de façon semi-régulière lorsque ses pilotes maximisent les opportunités et que les circonstances tournent dans le bon sens.
Le cadre est particulièrement stimulant : deux pilotes en quête de reconnaissance, cherchant à se mettre en valeur aux yeux de l’équipe la plus mythique de la discipline, et qui est aussi l’écurie la plus susceptible d’ouvrir une place à moyen terme au vu de la phase de carrière de Hamilton. Autrement dit : beaucoup à gagner, et peu de place pour la complaisance.
Autre élément : Bearman aura alors suffisamment d’expérience pour servir de quasi-leader et de référence interne.
Le précédent « jeunesse » chez Haas et ce qui change pour 2027
La dernière fois que Haas avait misé à fond sur la jeunesse, l’expérience avait été clairement négative. Mais le contexte était radicalement différent : une saison de transition dictée par un manque de moyens, avec une voiture peu développée et un duo composé de Mick Schumacher et Nikita Mazepin.
Le projet 2027, avec Bearman et Camara, s’inscrit dans une perspective bien plus ambitieuse.
Le fait que Haas ait organisé une sélection à l’ancienne pour ce baquet, avec une liste de candidats variée, renforce encore l’intérêt de cette histoire.
La qualité la plus précieuse : la vitesse brute
Camara obtient une opportunité jugée pleinement méritée, et ce choix illustre une prise de risque assumée qui pourrait inspirer des équipes rivales.
Son parcours est aussi intéressant par sa construction : il a débuté dans l’ombre (considérable) de Kimi Antonelli en Formule 4 et en Formula Regional European Championship. Plutôt que de paniquer, Camara a pris la voie la plus patiente : rester une année de plus en FREC, progresser, puis dominer cette saison, avant d’ajouter un titre en Formule 3 l’année suivante, pendant qu’Antonelli débutait en F1.
Arrivé en Formule 2, il a montré une vitesse pure décrite comme l’une des plus marquantes de la catégorie depuis Charles Leclerc.
Tout n’est pas parfait : il y a des aspérités, et il n’a pas toujours eu l’exécution implacable d’un Leclerc. Mais il possède un trait commun à de nombreux pilotes ayant réussi la marche F2–F1 : une vitesse brute évidente.
C’est précisément cette vitesse qui pousse Haas à tenter le pari — et c’est aussi elle qui peut permettre à Camara de s’installer durablement en Formule 1.
Conclusion
En misant sur Rafael Camara pour 2027, Haas ne se contente pas de remplacer Ocon : l’équipe redessine l’équilibre interne et place Bearman face à un défi de haut niveau, tout en pariant sur un talent dont la vitesse semble déjà validée lors d’un essai marquant.
Si la promesse se confirme, la saison 2027 pourrait révéler un duo aussi explosif que formateur — et rappeler qu’en Formule 1, l’avenir appartient souvent à ceux qui osent au bon moment.
Foire aux Questions
Pourquoi Haas recrute-t-il Rafael Camara à partir de 2027 ?
Haas choisit Camara pour remplacer Esteban Ocon dès la saison 2027. Le choix est notamment porté par la réputation de Camara en filières, sa progression titrée, et l’impact de son roulage d’essai, en particulier à Portimão.
Qu’est-ce qui a le plus impressionné chez Camara lors de son essai à Portimão ?
Le retour marquant concerne sa vitesse. Des personnes au sein de Haas ont même estimé que Bearman — présent brièvement pour donner une référence — n’aurait pas forcément été aussi rapide, même avec un programme plus complet ce jour-là.
Quel est le principal point d’interrogation sur Camara avant la F1 ?
La question porte surtout sur sa gestion en course, sa prise de décision et un taux d’erreurs en Formule 2 jugé élevé. Sa vitesse, elle, est présentée comme un atout déjà très clair.
En quoi l’arrivée de Camara change-t-elle la situation d’Ollie Bearman ?
Bearman a montré de la vitesse face à Ocon et a déjà marqué les esprits, notamment lors de son remplacement de Carlos Sainz en Arabie saoudite. Avec Camara, Haas ajoute un équipier très coté, également soutenu par la filière Ferrari, que l’équipe s’attend à voir pousser Bearman beaucoup plus fort.
Pourquoi le duo Bearman–Camara est-il vu comme logique pour Haas ?
Haas est un outsider capable de marquer des points si ses pilotes saisissent les occasions. Deux jeunes pilotes très ambitieux, en quête de reconnaissance, peuvent tirer l’équipe vers le haut, avec Bearman en repère plus expérimenté et Camara comme pari à fort potentiel.
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