Hamilton et Leclerc apaisent les tensions après Monza, Ferrari maintient sa liberté en piste

Les pilotes Ferrari, Lewis Hamilton et Charles Leclerc, affirment avoir « crevé l’abcès » après leur accrochage du premier tour au Grand Prix d’Italie à Monza. Malgré la polémique, ils indiquent qu’ils continueront, pour l’instant, à se battre sans règles d’engagement formalisées entre équipiers.
Un premier tour explosif à Monza
Tout est parti d’un duel musclé dès le départ. Hamilton a plongé à l’intérieur de Leclerc au virage 1, avant de finir dans le gravier au virage 2 pendant la bagarre.
Après la course, Leclerc a reconnu que « nous sommes allés trop loin », une formulation qui n’a pas plu à Hamilton. Le Britannique a contesté l’idée d’une responsabilité partagée : il a rappelé qu’il était devant au virage 2 et qu’à l’apex, il estimait être en tête, concluant qu’il n’y avait donc pas de « nous » dans l’incident.
Une discussion en face-à-face pour tourner la page
Hamilton explique toutefois que les deux hommes ont pris le temps d’en parler directement après coup, afin d’éviter que la situation ne s’envenime.
Jeudi à Madrid, il a décrit un échange sans détour : ils se sont assis face-à-face, seulement tous les deux, et ont parlé ouvertement. Selon Hamilton, personne n’a esquivé la discussion, et cela leur a permis de régler le problème et d’avancer.
Il insiste sur le fait que cette séquence reflète une forme de maturité, et que leur relation s’est construite avec le temps. Il s’attend d’ailleurs à ce que des frustrations réapparaissent, car ils sont très proches en rythme, qu’ils veulent tous les deux gagner et qu’ils veulent aussi bien faire pour l’équipe. Pour lui, c’est néanmoins un signe positif.
Leclerc reconnaît être allé trop loin
De son côté, Leclerc souligne qu’il est « clair » qu’on ne veut jamais voir une voiture de la même équipe dans l’herbe ou, plus largement, en difficulté à cause d’un duel interne.
Après avoir revu la situation, il indique avoir parlé avec Hamilton et reconnaître qu’il est allé trop loin au virage 2. Il dit l’avoir exprimé directement à son équipier et estime que c’est désormais très clair sur ce qu’ils doivent faire — ou éviter — à l’avenir, sans entrer dans davantage de détails.
Leclerc insiste surtout sur un point : l’épisode n’a pas affecté leur bonne relation et n’affectera pas ce qui vient ensuite. Il ajoute qu’un incident de ce type à la course « à domicile » crée un énorme bruit autour de l’équipe, et remarque qu’il y a eu aussi des frictions entre d’autres équipiers pendant l’épreuve.
Selon lui, l’attention s’est concentrée de façon disproportionnée sur lui et Hamilton, ce qu’il ne juge pas totalement juste. Il reconnaît néanmoins que tout n’a pas été parfaitement géré, et réaffirme avoir été très clair avec Hamilton après avoir revu les images.
Pourquoi l’affaire prend une telle ampleur chez Ferrari
Leclerc maintient qu’il faut faire attention à ne pas minimiser ce qui s’est passé : voir Hamilton partir dans le gravier n’est pas acceptable. Mais il constate que l’ampleur médiatique autour de Ferrari est plus forte que pour d’autres équipes qui se sont également battues en tête.
Il explique que, factuellement, les proportions prises par ce type d’événement sont plus grandes quand on pilote pour Ferrari — et encore davantage à Monza — tout en martelant que cela ne doit pas se reproduire.
Aucune règle d’engagement formelle, pour l’instant
Après Monza, beaucoup se sont étonnés d’apprendre que les deux pilotes Ferrari n’avaient « aucune règle » spécifique pour se battre en piste l’un contre l’autre.
Hamilton raconte avoir parlé au directeur de l’équipe, Fred Vasseur, le lundi suivant Monza. Ce contexte est d’autant plus notable qu’Hamilton avait passé une grande partie de ses interventions médiatiques d’après-course à réclamer de gros changements dans la manière dont Ferrari fonctionne et exécute ses week-ends.
Il décrit les jours qui ont suivi comme « vraiment positifs » et explique que la discussion avec Vasseur a permis d’éclaircir certains points : il est naturel d’avoir des avis différents, mais l’objectif est de se retrouver et de trouver une direction commune.
Hamilton estime que cela illustre les progrès réalisés sur environ 15 mois : une communication interne qu’il juge très bonne, et la même qualité d’échanges entre lui et Leclerc.
Des règles comme chez Mercedes ? Pas au programme immédiat
Interrogé sur l’éventuelle mise en place de règles d’engagement, à l’image de ce qu’il a connu durant sa période chez Mercedes, Hamilton répond que cela ne faisait pas partie des conversations.
À la question de savoir pourquoi, il explique qu’il cherche surtout à se concentrer sur l’idée d’avoir un meilleur week-end lors de la prochaine course. Il estime qu’ils en parleront peut-être à un moment, mais rappelle qu’ils ont eu peu de temps pour réagir : on ne change pas les choses en deux jours.
Des changements possibles, mais sur le long terme
Hamilton souligne que les évolutions qu’il appelle de ses vœux ne peuvent pas être mises en place instantanément. Pour lui, c’est un processus de fond.
Il détaille la complexité : il y a énormément d’éléments en mouvement, beaucoup de personnes et une culture installée depuis longtemps. Déplacer de « grosses pièces » n’est pas simple. Il prône donc une approche étape par étape : commencer par discuter, reconnaître les sujets en interne (ce qu’il affirme être déjà le cas), puis construire des solutions ensemble.
Il admet aussi que ce ne sera pas parfait du premier coup : ils essayeront probablement des choses qui ne fonctionneront pas immédiatement, mais l’objectif est de finir par atteindre le niveau nécessaire.
Pas de demande de statut de numéro 1
Hamilton insiste publiquement sur un point : les changements qu’il réclame ne consistent pas à demander à Ferrari de le privilégier face à Leclerc.
Selon lui, l’enjeu est d’exécuter au mieux pour obtenir le meilleur résultat collectif, plutôt que de travailler l’un contre l’autre et de terminer quatrième et cinquième. Il suggère qu’en collaborant mieux, l’équipe peut viser un podium et marquer davantage de points.
Le repère Mercedes : vitesse en ligne droite et stratégie de saison
Hamilton compare la situation à celle de Mercedes en insistant sur l’écart de performance : au dernier Grand Prix, il évoque environ six dixièmes au tour de mieux pour Mercedes dans les lignes droites. Sur la plupart des autres circuits, il parle encore d’un déficit de trois à quatre dixièmes, uniquement sur les lignes droites.
Dans ce contexte, il juge que Ferrari a fait du bon travail malgré ce handicap, et souligne que l’équipe continue d’améliorer la voiture et le moteur. Il rappelle aussi que la dernière évolution n’était pas censée être une solution miracle capable de combler totalement l’écart.
Pour la suite, il explique ne pas vouloir focaliser son attention sur Mercedes : sa priorité est la constance et l’optimisation des week-ends Ferrari. Il estime qu’il y aura des courses où Mercedes sera exceptionnelle, et d’autres où elle commettra peut-être des erreurs. À condition de rester réguliers et bien organisés, Ferrari pourrait alors être en mesure de capitaliser sur ces occasions.
Conclusion
Après l’incident de Monza, Hamilton et Leclerc veulent refermer le chapitre grâce à un échange direct, tout en acceptant que la compétition interne reste intense. Ferrari, elle, se retrouve face à un double défi : préserver la combativité de ses pilotes sans se mettre en danger, et continuer à progresser pour transformer la moindre opportunité en gros points. La suite dira si cette franchise retrouvée peut devenir un véritable moteur de performance pour la Scuderia.
Foire aux Questions
Que s’est-il passé entre Hamilton et Leclerc au départ à Monza ?
Hamilton a attaqué à l’intérieur au virage 1, et la lutte s’est poursuivie jusqu’au virage 2, où Hamilton a fini dans le gravier. Leclerc a ensuite reconnu être allé trop loin au virage 2 après avoir revu l’action.
Ont-ils réglé leur désaccord après la course ?
Oui. Hamilton explique qu’ils ont eu une discussion en tête-à-tête, ouverte et honnête, pour clarifier l’incident et passer à autre chose.
Ferrari impose-t-elle des règles pour les duels entre équipiers ?
D’après les déclarations rapportées, il n’y a pas, pour l’instant, de règles d’engagement formalisées entre Hamilton et Leclerc pour se battre en piste.
Hamilton demande-t-il à Ferrari de le privilégier face à Leclerc ?
Non. Il insiste sur le fait que ses demandes visent l’exécution collective et la capacité de l’équipe à maximiser ses résultats, pas l’instauration d’une priorité sportive en sa faveur.
Pourquoi Hamilton parle-t-il autant de Mercedes ?
Il utilise Mercedes comme point de comparaison de performance, notamment sur la vitesse en ligne droite. Il explique que Ferrari doit surtout optimiser ses propres week-ends et rester régulière pour profiter d’éventuelles erreurs de ses rivaux.
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