Le week-end MotoGP d’Austin s’est terminé sans le moindre point pour Joan Mir, et le constat au championnat ressemble à un déjà-vu : il se retrouve distancé par ses coéquipiers Honda Luca Marini et Johann Zarco, ainsi que par le rookie Diogo Moreira.

L’approche « zéro regret » de Mir donne à Honda une raison de le remplacer

📉 Un classement trompeur… mais des signes inquiétants

Le tableau n’est pas entièrement à charge. Une véritable calamité liée aux pneus à Buriram fausse fortement la lecture globale. Et son zéro pointé à Goiania est difficile à lui reprocher : Mir y était visiblement malade tout le week-end.

Mais les deux abandons (DNF) à Austin ont remis en lumière la version la plus frustrante de Mir sur la Honda : un pilote manifestement rapide, mais qui ne parvient pas à maîtriser suffisamment la moto pour convertir cette vitesse en résultats.

Dans l’absolu, cela pourrait s’entendre : Honda est toujours en phase de « reconstruction » et n’a jamais donné l’impression d’être mieux que la troisième ou quatrième meilleure moto de la saison MotoGP. Le problème, à Austin, c’est surtout l’approche de Mir : non seulement un désintérêt total pour ce qu’il considère comme des résultats « moyens », mais aussi une possible surestimation du crédit dont il dispose encore auprès de son employeur.

💥 Deux chutes, deux occasions… et une philosophie assumée

Samedi, Mir est tombé alors qu’il était quatrième, au moment où il harcelait Pedro Acosta pour la dernière place sur le podium du sprint. Il ne pouvait pas le savoir sur le moment, mais s’il était resté derrière Acosta, il aurait hérité de la troisième place après la course à cause d’une pénalité de pression des pneus infligée au pilote KTM.

Dimanche, après s’être déjà exposé à une pénalité long lap pour avoir coupé un virage — sans faire d’effort particulièrement évident juste après pour rendre le temps au tour requis — il est tombé depuis la sixième place.

Dans les deux cas, il a insisté, mot pour mot, sur le fait qu’il n’avait « aucun regret » quant à son approche. Et tout en s’excusant auprès de l’équipe samedi, il a souligné le rôle qu’il estime que Honda doit jouer pour limiter sa tendance à la chute.

🛞 Le cœur du problème : le grip arrière… et un avant qui “s’effondre”

Dimanche, Mir a expliqué qu’il se sentait en position d’attaquer pour compenser à l’entrée de virage la vitesse perdue à la sortie, pointant la limitation persistante de la Honda en adhérence arrière :

« Je pense que j’étais dans une position hier et aussi aujourd’hui pour attaquer, et pour récupérer autant que possible à l’entrée de virage la quantité de vitesse que nous perdons à la sortie de virage. »

« Et l’avant s’est effondré. C’est un peu l’histoire de ces deux derniers jours. »

« Nous devons améliorer l’arrière, pour rouler de manière plus détendue sur l’avant. »

« Je vais essayer de faire de mon mieux pour aider l’équipe à le faire, mais la réalité, c’est que maintenant si nous n’améliorons pas ça, ce sera difficile de se battre avec eux [les autres motos] si je ne prends pas ces risques. »

⚖️ Une rhétorique déjà entendue… et un parallèle risqué

Ce type de discours a déjà fini par lasser quand il venait de Fabio Quartararo chez Yamaha ou de Pedro Acosta chez KTM. Au final, les deux constructeurs n’ont pas suffisamment progressé et perdront leurs pilotes vedettes au profit de rivaux.

Honda est peut-être dans un cas comparable. Mais Joan Mir n’a pas été Fabio Quartararo, et n’a pas été Pedro Acosta. Malgré des pics de performance indéniables chez Honda, il n’a pas bâti un ensemble de résultats permettant de le considérer comme le pilote d’élite qui tire un constructeur en difficulté vers l’avant.


📊 Les pilotes les plus prolifiques en points depuis le début 2024

Chez KTM
Acosta 582
Binder 362
Bastianini 134

Chez Yamaha
Quartararo 320
Rins 102
Miller 79

Chez Honda
Zarco 216
Marini 179
Mir 120


🧠 « Je commence une course en sachant que j’ai une chance »

Interrogé sur la nécessité, ou non, de revoir son approche tant que la moto n’est pas au niveau qu’il souhaite, Mir a répondu :

« Pour la façon dont je comprends la course — je pense que ça me coûte beaucoup de chutes ici, chez Honda. Parce que j’aime commencer la course en sachant que j’ai une chance. Si je ne pense pas ça, à l’intérieur de moi… J’ai passé les années les plus difficiles en ’23 et ’24 ici, pour cette raison — mentalement, non ? Et je ne veux pas repasser par ça. »

« Je suis une des personnes ici qui… je n’apprécie pas ça juste pour en faire partie. J’apprécie quand j’ai l’option de me battre pour quelque chose de grand. Et ça me cause beaucoup de chutes. Mais ici à Austin, je devais le faire. »

Mir affirme aussi que l’équipe le « soutient de cette manière ».

🔁 Le marché des pilotes s’agite… et Honda prépare peut-être la suite

Seuls Alberto Puig et d’autres responsables chez Honda peuvent réellement juger du niveau de « soutien » envers ce type d’approche. Mais certains éléments indirects suggèrent qu’il n’est pas forcément total.

Honda aurait sécurisé les services de Fabio Quartararo pour 2027 et au-delà. Le constructeur s’est engagé avec Johann Zarco et Diogo Moreira au-delà de cette saison. Et Honda est régulièrement associée à une piste menant au pilote de Moto2 David Alonso.

Mir n’a pas tort sur un point : pour une marque avec l’histoire de Honda — et pour un pilote sacré champion du monde en 2020 — terminer cinquième, sixième ou septième ne change pas fondamentalement la donne. Mais à un moment, partir en course en sachant que son pilote de référence a une probabilité proche du pile ou face de voir l’arrivée finit par fragiliser tout le reste : patience, confiance, crédibilité, et bien plus.

🏁 Conclusion : une Honda meilleure… mais pour qui ?

Joan Mir veut une meilleure moto de la part de Honda. Mais, à force d’assumer une stratégie où le résultat se joue souvent à la survie, il offre aussi à Honda une raison de confier cette future machine plus performante à quelqu’un d’autre. La suite dépendra autant des progrès techniques que de la capacité de Mir à transformer la vitesse en points — parce que l’avenir, lui, n’attend personne.

❓ Foire aux Questions

Pourquoi Joan Mir a-t-il marqué zéro point à Austin ?

Il a abandonné à deux reprises sur le week-end à Austin : une chute alors qu’il était quatrième lors du sprint, puis une autre chute alors qu’il était sixième en course le dimanche.

Que signifie « zéro regret » dans le discours de Mir ?

Mir explique qu’il ne regrette pas d’avoir attaqué malgré les risques, car il estime devoir prendre des risques pour compenser les limites actuelles de la Honda, notamment en sortie de virage.

Quel est le principal point faible technique évoqué sur la Honda ?

Mir insiste sur un manque de grip arrière. Selon lui, cela l’oblige à récupérer du temps à l’entrée de virage, ce qui augmente la charge sur l’avant — et peut mener à un avant qui « s’effondre ».

Pourquoi Honda pourrait-elle envisager de remplacer Mir ?

Le raisonnement est lié à l’équilibre risques/résultats : si le pilote censé mener le projet cumule les chutes, la confiance et la stabilité interne peuvent s’éroder, surtout dans un contexte où Honda est associée à d’autres profils pour l’avenir.

Comment se situe Mir en points par rapport aux autres pilotes Honda depuis début 2024 ?

Sur la période indiquée, Johann Zarco totalise 216 points, Luca Marini 179 points, et Joan Mir 120 points.

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