Le nouveau phénomène attendu du paddock, David Alonso, est largement pressenti pour débuter en catégorie reine au guidon d’une Honda en 2027, même si les contours exacts de l’opération restent mouvants.

Le média espagnol AS avance qu’Alonso serait choisi pour devenir le coéquipier de Fabio Quartararo au sein de l’équipe d’usine Honda en 2027. D’autres médias en Espagne et en Italie vont dans le même sens sur le principe d’un accord Alonso-Honda, tout en restant plus prudents sur la certitude d’une place directement en structure officielle.

Quoi qu’il en soit, tout indique que Honda a remporté une bataille de recrutement annoncée de longue date, alimentée par la domination spectaculaire d’Alonso lors de sa conquête du titre Moto3 il y a deux ans. Voici les grandes questions que soulève ce dossier, et pourquoi elles comptent pour l’ensemble de la grille.

Cinq questions soulevées par l’accord Honda attendu pour Alonso

🏁🔧 Équipe d’usine ou guidon satellite ?

Sky Sports Italy et Motorsport.com indiquent que Honda réfléchirait à la meilleure manière d’intégrer Alonso : soit directement dans l’équipe d’usine, soit comme pilote au statut “usine” au sein d’une équipe satellite.

Honda dispose actuellement de quatre motos sur la grille. Mais le constructeur chercherait activement à ajouter une équipe supplémentaire (Gresini avait été un temps dans le viseur) et serait désormais en position favorable pour récupérer le contrat de fourniture Tech3. Ce scénario s’appuierait sur une relation Tech3-KTM fragilisée par la crise majeure de KTM et par le changement de propriétaire de Tech3.

Une organisation à six motos — deux en équipe d’usine, deux chez LCR, deux vraisemblablement chez Tech3 — offrirait une flexibilité nettement supérieure sur le marché des pilotes. Dans ce cadre, Alonso deviendrait la quatrième signature déjà identifiée pour 2027, aux côtés de Quartararo, Johann Zarco et Diogo Moreira.

Et même si, sur le papier, les moyens financiers peuvent être similaires, l’écart de prestige et surtout de pression est énorme entre un guidon satellite pour un rookie et une place directement sous les projecteurs comme coéquipier de Quartararo.

⚙️🌟 Le profil d’Alonso colle-t-il aux exigences d’un futur grand en MotoGP ?

Il y a très, très peu de doutes sur le fait qu’Alonso sera un pilote MotoGP capable, et qu’il mérite un investissement à long terme.


📌📊 Le parcours d’Alonso

2023 : 3e en Moto3
2024 : 1er en Moto3
2025 : 9e en Moto2
2026 : 7e en Moto2*
*après trois week-ends


Ses résultats actuels en Moto2 peuvent toutefois induire en erreur. Sa 9e place de rookie en 2025 était en réalité très solide au regard des difficultés habituelles d’adaptation dans cette catégorie, et sa 7e place après trois manches en 2026 doit davantage à un petit échantillon et à un manque de réussite qu’à un manque de performance en course.

Mais il existe un angle de discussion.

En Moto3, l’arme absolue d’Alonso était une capacité presque surnaturelle à se placer dans les derniers tours : il parvenait à gagner aussi bien en menant qu’en pointant cinquième à cinq tours de l’arrivée. Quelle qu’en soit la cause — maîtrise stratégique, capacité supérieure à conserver une concentration totale sur la distance, ou autre — ce trait s’est traduit en Moto2 par une tendance à “monter en puissance” plus tard dans la course.

En revanche, en Moto2 il n’a pas été un qualificateur particulièrement spectaculaire. On peut donc se demander s’il est le type de pilote qui bat des records au tour et domine un week-end de bout en bout (même s’il faut noter qu’il venait de décrocher sa première pole en Moto2 à Austin, avant qu’elle ne soit annulée à cause d’une infraction à la pression des pneus).

Si son profil favorise davantage le dimanche que le tour lancé, c’est évidemment précieux : c’est en course que se marquent les points. Mais la MotoGP moderne — avec certaines difficultés à doubler et l’arrivée du format sprint — a aussi montré qu’un pilote trop dépendant de remontées en course ne peut pas toujours obtenir les résultats qu’il vise, faute d’être suffisamment bien placé dès le départ.

🔄🏍️ Et Marini et Mir dans tout ça ?

L’éventuelle expansion de Honda à six motos laisserait la porte entrouverte pour conserver l’un des deux pilotes actuellement en équipe d’usine, Luca Marini et Joan Mir, même si tous deux ont été associés à d’autres pistes.

Marini est évoqué pour un transfert lucratif chez Yamaha dès la saison prochaine. Mir, lui, est lié de manière récurrente à une option Trackhouse Aprilia, rendue attrayante par l’idée de retrouver Davide Brivio, qui était son patron lorsque Mir a remporté le titre 2020 avec Suzuki.

À noter : une arrivée de Mir chez Trackhouse se ferait probablement au détriment de Raul Fernandez. Or Fernandez partage le même manager que Mir (Paco Sanchez), ce qui rendrait l’ensemble délicat sur le plan logistique. Et Justin Marks, propriétaire de Trackhouse, a indiqué que la préférence était de conserver Fernandez et Ai Ogura jusqu’en 2027.

Mir a probablement été plus rapide que Marini globalement sur leur période commune. Mais Marini apparaît aussi comme l’actif le plus “réaliste” et le plus rationnel pour Honda si l’objectif est de construire de la continuité. Dossier à suivre.

😤📈 Diogo Moreira peut-il se sentir court-circuité ?

Cette question devient particulièrement sensible si Alonso est propulsé directement dans l’équipe d’usine. Dans ce cas, le rookie LCR Honda Diogo Moreira pourrait légitimement se demander : “et moi, alors ?”

La dynamique de la première saison MotoGP de Moreira a été freinée lors du dernier rendez-vous à Austin (COTA) par un week-end assez moyen — mais “moyen” selon ses standards 2026, qui restent élevés.

Honda s’est déjà engagé envers Moreira via un contrat de trois ans (couvrant 2027 et 2028). Et il donne déjà l’image d’un pilote “validé” au niveau MotoGP, avec une progression visible sur la courbe d’apprentissage. Être doublé dans la hiérarchie Honda par Alonso serait donc un élément marquant, d’autant que Moreira est plus établi à la fois en MotoGP et en Moto2.

On se souvient d’ailleurs à quel point Miguel Oliveira avait eu du mal à accepter la promotion directe de Brad Binder vers l’équipe d’usine KTM en 2019, alors qu’Oliveira était déjà sur la grille avec Tech3.

Si Moreira et Alonso se retrouvent tous deux en satellite, la situation deviendra malgré tout passionnante : d’un côté un prospect “sky is the limit” en Alonso, de l’autre un Moreira possiblement doté d’un plafond de talent moins élevé mais avec une année d’avance, et déjà des performances claires et mesurables en MotoGP.

🥇🤔 Alonso est-il forcément le meilleur rookie disponible ?

Avec David Alonso, le risque est limité. Mais si, en Moto3, il apparaissait comme un superstar au-dessus du lot, depuis son passage en Moto2, presque chaque discussion à son sujet appelle un ajout : “... et Dani Holgado”.

Holgado, son coéquipier chez Aspar, a au minimum fait jeu égal avec Alonso jusqu’ici en Moto2. Il a été très en difficulté lors du dernier week-end à COTA, mais si l’on compare les deux côte à côte depuis le début de leur campagne dans la catégorie intermédiaire et qu’il faut en choisir un, Holgado a été marginalement plus exceptionnel en Moto2.

AS a également rapporté que Holgado aurait déjà son accord pour la MotoGP, afin de rejoindre Enea Bastianini chez Gresini, une structure désormais attendue avec des Ducati.

Il n’est pas impossible que Holgado soit le “plus rapide” des deux quand Alonso serait le plus “fin” et le plus lucide. On miserait encore volontiers sur Alonso pour avoir, au final, la meilleure carrière MotoGP — mais il existe assez d’éléments pour introduire le doute.

Et même si les deux représentent aujourd’hui des joyaux de la Moto2, l’histoire rappelle souvent que le recul nous piège. Exemple parlant : le top 5 de la saison Moto2 2020 était, dans l’ordre, Enea Bastianini, Luca Marini, Sam Lowes, Marco Bezzecchi et Jorge Martin. Tous étaient excellents — mais le meilleur de tous s’est avéré être le dernier, et le seul autre pilote pouvant vraiment revendiquer ce statut est le deuxième en partant de la fin.

🔮🏁 Conclusion : Honda prépare déjà l’après

Le dossier Alonso-Honda dépasse le simple recrutement d’un talent : il touche à la structure (quatre ou six motos), à la gestion des statuts entre usine et satellite, et à l’équilibre interne entre Quartararo, Zarco, Moreira et les pilotes déjà en place. Entre pression médiatique, choix stratégiques et concurrence directe avec Holgado, 2027 pourrait être un tournant majeur.

Une chose est sûre : la prochaine génération frappe à la porte, et ce qui se décide maintenant fera la MotoGP de demain.

Foire aux Questions

❓🏍️ David Alonso va-t-il rouler en MotoGP en 2027 ?

Il est largement attendu qu’il fasse ses débuts en catégorie reine en 2027 sur une Honda, même si les détails (équipe d’usine ou structure satellite) restent incertains.

❓🏁 Quelle différence entre équipe d’usine et équipe satellite ?

L’équipe d’usine porte l’image officielle du constructeur et concentre généralement le plus de pression et de visibilité. Une équipe satellite peut offrir un environnement parfois plus “protégé” pour un rookie, même si un pilote peut aussi y bénéficier d’un statut et de moyens proches de l’usine.

❓⚙️ Pourquoi les qualifications comptent autant en MotoGP moderne ?

Avec des dépassements parfois difficiles et l’ajout des sprints, partir devant est devenu crucial. Un pilote très performant en course mais moins fort sur un tour peut se retrouver piégé dans le trafic et perdre des points.

❓🔄 En quoi l’arrivée d’Alonso peut-elle impacter Diogo Moreira ?

Moreira est déjà engagé sur plusieurs années et semble déjà performant en MotoGP. Si Alonso était promu directement dans l’équipe d’usine, Moreira pourrait se sentir “sauté” dans l’ordre de priorité, ce qui peut peser sur la dynamique interne.

❓🥇 Dani Holgado est-il aussi une option crédible pour la MotoGP ?

Oui. Depuis leur arrivée en Moto2, Holgado a au minimum fait jeu égal avec Alonso, et AS indique qu’il aurait déjà un accord pour rejoindre la MotoGP, aux côtés d’Enea Bastianini chez Gresini sur Ducati.

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