Au Grand Prix du Japon, pilotes et équipes MotoGP ont vécu un scénario rare : un pneu arrière longtemps écarté est soudain devenu la meilleure option, au point d’être choisi par tout le monde pour la course. Plusieurs pilotes l’ont admis après l’arrivée : ne pas l’avoir évalué plus tôt a ressemblé à une vraie erreur d’approche.

Comment le GP du Japon a montré que les équipes MotoGP avaient été « un peu stupides »

Un week-end d’incertitudes à Motegi

Le contexte technique était piégeux : à Motegi, la question de l’usure était difficile à anticiper en raison d’un revêtement refait. Pour faire face à cette incertitude, Michelin a apporté trois options de pneus arrière au Japon au lieu de deux.

En plus des pneus soft et medium avec une carcasse dite standard, un pneu arrière hard a été proposé en solution de secours avec une carcasse renforcée (la gomme elle-même ne serait pas forcément plus dure).

Un pneu renforcé d’emblée très impopulaire

Au début du week-end, ce pneu à carcasse plus rigide n’avait pas la cote. À d’autres circuits, ce type de construction a parfois modifié sensiblement l’ordre compétitif, et il n’a jamais été considéré comme offrant un niveau d’adhérence particulièrement apprécié. Résultat : dès le jeudi, plusieurs pilotes exprimaient clairement leur volonté de l’éviter.

Luca Marini résumait le sentiment général : « Habituellement, quand on a la carcasse standard, on préfère toujours la carcasse standard. »

Brad Binder allait dans le même sens : « Nos pneus habituels sont beaucoup plus agréables à piloter. »

Et Jack Miller se montrait encore plus catégorique : « F**k me! Ce n’est pas une option. Si on utilise ce pneu, je plie bagage et je rentre à la maison. »

Vendredi et samedi : zéro tour avec le pneu hard arrière

Ce rejet n’était pas seulement verbal : aucun pilote n’a utilisé le pneu arrière hard sur le moindre tour pendant le vendredi et le samedi. Un choix collectif qui illustre à quel point le jugement sur cette option était tranché dans le paddock.

Dimanche matin, le point de bascule après le retrait du soft

La situation a changé lors du warm-up dominical prolongé, et pour une raison très concrète : Michelin a retiré le pneu arrière soft de l’allocation après des problèmes de cloquage excessif observés pendant le sprint. Le manufacturier a alors recommandé — sans l’imposer — l’utilisation du pneu hard arrière.

L’effet a été immédiat : 19 pilotes sur 22 ont signé leur meilleur temps du warm-up avec le pneu hard plutôt qu’avec le medium. Et pour la course principale, chaque pilote a choisi ce pneu.

En course, la performance se confirme nettement

Le gain en performance est aussi apparu dans les chronos en conditions de course. Le futur vainqueur Marc Marquez, par exemple, était une seconde plus rapide au passage des 12 tours que lors de la conclusion du sprint (également long de 12 tours).

Quartararo : « On a été un peu stupides »

À l’arrivée, Fabio Quartararo a reconnu avec franchise l’erreur de lecture du week-end : « Pour moi, honnêtement, je pense qu’on a été un peu stupides de ne pas considérer ce pneu [plus tôt] », a-t-il lâché en souriant.

Il a même estimé que, pour un tour rapide, cette option aurait pu être encore plus intéressante : « Je pense que pour le time attack, surtout pour nous, ça aurait été encore mieux. »

Quartararo a expliqué avoir ressenti moins de pumping — ces oscillations/déformations du pneu — ce qui aurait permis à Yamaha d’utiliser davantage de puissance.

Et il résumait l’ironie de la situation : « C’était drôle parce que personne ne l’a utilisé, et à la fin c’était le meilleur pneu. Un peu fou. »

Alex Marquez : une combinaison inhabituelle chez Michelin

Alex Marquez a aussi raconté l’ambiance du dimanche matin : « Le matin, on plaisantait un peu : “si le hard marche maintenant, on ne comprend rien aux motos.” »

Selon lui, une partie de la surprise vient du choix technique de Michelin : « Mais c’est vrai qu’ici la stratégie a un peu changé côté Michelin. Normalement, quand ils donnent la carcasse hard, c’est avec la gomme la plus dure. Ce week-end, c’était avec la gomme plus tendre. »

Marini : un manque d’incitation… et une révélation sur l’adhérence

Luca Marini a estimé que les techniciens Michelin attachés aux équipes n’avaient pas suffisamment insisté pour encourager les pilotes à tester ce pneu, suggérant même que le manufacturier lui-même a pu être surpris par son niveau de performance.

Son verdict sur la piste était dithyrambique : « Fantastique. Incroyable », s’enthousiasmait-il, avant d’ajouter : « On ne comprend toujours pas pourquoi, peut-être que Michelin non plus. »

Marini pense que si cet essai avait été poussé dès le vendredi, le pneu aurait aussi été utilisé en qualifications et lors du sprint : « S’ils avaient davantage poussé pour l’essayer vendredi, ça aurait aussi été le pneu pour les qualifs et pour la course sprint. Quelque chose à investiguer pour eux, hein ? »

Il décrit surtout une transformation du comportement de sa moto : « À mon avis, ils ont produit un pneu fantastique pour ce circuit — je me plaignais tout le week-end du grip, et ce matin j’ai mis ce pneu arrière hard : l’adhérence était incroyable, tous les problèmes sur la moto étaient réglés, tout marchait bien. »

Il souligne enfin un point marquant : la carcasse plus rigide « n’a jamais aussi bien fonctionné qu’ici ».

Une erreur admise aussi côté pilote et côté équipe

Marini reconnaît que l’absence d’essai plus tôt est aussi un tort partagé : « Peut-être que pour moi, le fait d’être tombé en essais aurait pu être une opportunité d’essayer [au lieu de remettre le medium]. »

Et il en tire une leçon de méthode : « Peut-être qu’à l’avenir on doit être malin, tout essayer. »

Déjà une leçon pour la suite

Marini projette également cet apprentissage vers la saison suivante, en évoquant l’évolution à venir : « Ça, pour l’an prochain [avec Pirelli], le fait qu’on aura trois spécifications à chaque fois, c’est quelque chose à prendre en compte, évidemment. »

Conclusion

À Motegi, l’épisode du pneu arrière à carcasse renforcée rappelle une évidence en MotoGP : les certitudes du vendredi peuvent s’effondrer le dimanche, surtout quand la piste et la stratégie pneumatique bousculent les repères. La prochaine fois qu’une option “inconfortable” sera disponible, le paddock se souviendra qu’elle peut aussi devenir la clé de la performance.

Foire aux Questions

Pourquoi Michelin a-t-il apporté trois pneus arrière au Japon au lieu de deux ?

Parce que l’usure était incertaine à Motegi après un resurfaçage. Michelin a donc ajouté une troisième option arrière, un pneu hard à carcasse renforcée, en plus des soft et medium à carcasse standard.

Le pneu arrière “hard” était-il forcément une gomme plus dure ?

Non. Dans ce cas, ce qui changeait surtout était la carcasse (renforcée). Le texte précise que la gomme elle-même ne serait pas forcément plus dure.

Pourquoi personne n’a roulé avec le pneu hard vendredi et samedi ?

Le pneu à carcasse renforcée était très impopulaire au départ, notamment parce qu’il n’avait pas la réputation d’offrir l’adhérence préférée des pilotes et qu’il avait déjà influencé la hiérarchie sur d’autres circuits. Résultat : aucun pilote ne l’a utilisé avant dimanche.

Qu’est-ce qui a déclenché son adoption massive le dimanche ?

Michelin a retiré le pneu arrière soft après un cloquage excessif observé durant le sprint et a recommandé le pneu hard. Lors du warm-up, 19 pilotes sur 22 ont fait leur meilleur temps avec ce pneu, puis tout le monde l’a choisi pour la course.

Quartararo parle de “pumping” : de quoi s’agit-il ici ?

Il décrit des oscillations/déformations du pneu. Selon lui, le pneu hard a réduit ce phénomène, ce qui aurait permis à Yamaha d’utiliser plus de puissance.

Comme à Motegi, le bon choix au bon moment change tout: votre “pneu gagnant” peut être une Porsche 911 en LOA ou LLD. Pour comparer, garanties incluses et achat à distance serein, démarrez avec Joinsteer.

Joinsteer, votre marketplace automobile

Joinsteer scanne toute l’Europe pour trouver LE véhicule de vos rêves et vous le délivrer dans les meilleures conditions.
Visiter la marketplace