Aston Martin Valhalla : essai du supercar hybride à 1 064 ch, (très) rapide et étonnamment facile à conduire

Aston Martin Valhalla : le supercar hybride à 1 064 ch qui se conduit (enfin) sans te terroriser
Les supercars ne sont pas toujours… super à conduire.
J’ai déjà été sur des circuits où j’étais franchement content de sortir de la voiture, merci, au revoir. Trop brutale, trop imprévisible, trop spartiate ? Je coupe court après quelques tours. C’est dans ces fameux “derniers tours” – quand la fatigue s’installe, que la concentration baisse – que tu fais l’erreur à 225 km/h et que tu finis dans un mur. Le risque ne vaut pas le “encore un tour”.
Info flash : je ne suis pas pilote pro. Donne-moi une supercar élégante à toutes les vitesses, une voiture qui me fait paraître meilleur que je ne le suis. Régularité, confort, contrôle ? Là, tu m’as. Si ça fait de moi quelqu’un de “normal”, très bien.
Voilà pourquoi j’étais ultra motivé de rester au volant de l’Aston Martin Valhalla, testée récemment en Espagne. Avec son aileron gigantesque et ses ouïes béantes, cette hybride rechargeable ressemble à un insecte intergalactique prêt à avaler le bitume. 1 064 chevaux, 350 km/h en pointe : oui, ça envoie très, très fort.
La Valhalla est la première supercar Aston Martin de série à moteur central et la première hybride rechargeable de la marque, avec un mode 100% électrique.Et pourtant, dans le cockpit, l’ambiance est beaucoup moins intimidante. La Valhalla est facile et fun à conduire, à n’importe quel rythme. Cabin silencieuse, quatre modes de conduite, châssis ultra léché : j’étais aussi heureux sur les petites routes autour de Saint-Sébastien que sur le circuit de Navarra. Peut-être même plus.
Sur le marché actuel, beaucoup de propriétaires veulent surtout “montrer” qu’ils ont la voiture rare et extrême que personne d’autre ne peut obtenir. Tarif à sept chiffres et plus de 1 000 ch ? Aujourd’hui, c’est presque devenu la norme dans ce micro-univers.
La Valhalla complète la gamme Aston Martin : elle comble l’espace entre la DB12 (environ 241 000 €) et l’hypercar Valkyrie (environ 2,76 M €). Elle attire aussi de nouveaux clients : 70% des acheteurs n’avaient jamais possédé d’Aston Martin auparavant. Sur 999 exemplaires au total, 152 sont déjà livrés. 500 autres doivent encore être livrés en 2026. Et on parle d’une catégorie en pleine forme : des supercars à plus d’un million, achetées autant pour les rassemblements “cars & coffee” du quartier que pour la piste.
V8 4,0 L biturbo + trois moteurs électriques : 0 à 100 km/h en 2,5 s, vitesse max 350 km/h.Quand la “facilité” est devenue cool
Évidemment, “normal” est un mot relatif : si tu peux te payer une Valhalla, tu n’es pas exactement monsieur tout-le-monde. Sur place, on m’expliquait que la plupart des clients ajoutent une tonne d’options et de personnalisation, ce qui pousse le prix médian aux alentours de 1,47 M €. Et comme de plus en plus de modèles débarquent, ce segment est désormais tellement identifié qu’il peut presque sembler… encombré.
Il y a dix ans, 700 ch et un prix à six chiffres suffisaient à rendre une voiture “spéciale”. Aujourd’hui, ça ne suffit plus. Les constructeurs visent un point d’équilibre entre une sportive “normale” comme une Porsche 911 Carrera et une hypercar façon Koenigsegg Jesko. D’un côté, ~400 ch. De l’autre, ~1 600 ch. Entre les deux, il y a un terrain de jeu : cher, spectaculaire, mais utilisable.
La Valhalla inaugure une boîte double embrayage à 8 rapports, développée spécifiquement pour l’ère hybride d’Aston Martin.Le marché est petit, mais solide : l’appétit mondial pour les supercars se situerait autour de 45 000 unités par an.
Comment on en est arrivé là ? Retour en 2013, avec la “sainte trinité” des supercars hybrides : LaFerrari (950 ch, environ 1,29 M €), McLaren P1 (904 ch, environ 1,01 M €) et Porsche 918 Spyder (887 ch, proche de 920 000 € avec options). Ces modèles ont prouvé une chose : l’hybride peut être rapide, sexy et désirable — pas seulement “raisonnable”.
Ils ont aussi gagné en valeur côté collection, ce qui a cimenté leur statut de référence. Et surtout, ils ont changé la règle du jeu : leur énorme avantage, au-delà du design et des performances, c’était la facilité de conduite. Les boîtes auto les rendaient plus “pratiques” que leurs ancêtres. La 918 Spyder, par exemple, était nettement plus simple à dompter que la Carrera GT, connue pour son embrayage hyper sensible et son caractère parfois… nerveux.
En mode 100% électrique : 14 km d’autonomie, vitesse limitée à 140 km/h.Plus de dix ans après, même Porsche laisse entendre qu’un successeur “au-dessus de la 911” pourrait arriver. Logique : ce marché existe, il est identifié, et il paie.
Un terrain de jeu déjà très chargé
Si tu veux mettre environ un million sur la table, tu as l’embarras du choix : McLaren Elva, Lamborghini Revuelto, et chez Ferrari, plusieurs propositions dont la SF90 XX Stradale et ses 1 016 ch.
La Valhalla devient donc “une option de plus” pour des acheteurs qui veulent se démarquer. Et sa production – près de 1 000 unités – est presque abondante comparée à des modèles ultra limités comme la Valkyrie (150 coupés et 85 spyders) ou la Valour (110 exemplaires).
Quatre modes de conduite (EV, Sport, Sport+, Race) accessibles via une molette près du volant.
Les portes en dièdre facilitent l’accès aux sièges en fibre de carbone, sous un volant aplati façon course.Qu’on soit clair : ce n’est pas une voiture pour aller chercher du lait. 0 à 100 en 2,5 secondes. Sur la ligne droite de Navarra, je suis monté à 233 km/h — et oui, je recommande.
Mais il faut aussi vivre avec ses petites bizarreries : pas de coffre, une visibilité arrière proche d’un utilitaire, un bouton indispensable pour lever le nez en entrée de parking, des poignées “cachées” sous la courbe de carrosserie (pas pratique), et des écrans tactiles qui font un peu datés, presque “aftermarket”.
Tout ça reste du détail. Parce qu’on est très loin des supercars d’avant : embrayages lourds, moteurs brûlants et hurlants, visibilité quasi nulle, direction physique… il fallait des bras et du métier. La comparaison avec des machines agricoles sous stéroïdes n’était pas complètement injuste.
La Valhalla, elle, est posée. Peu de bruits de roulement, châssis réactif mais rassurant. Son train arrière directeur et sa suspension calibrée façon Formule 1 lisent la route avec une vigilance de chien de berger. Au lieu de te stresser, elle te met en confiance. Résultat : sur ce circuit gris et venteux en Espagne, j’ai accumulé un maximum de temps de conduite. Et ça, c’est le vrai luxe
Les livraisons ont déjà commencé et les dernières expéditions sont prévues pour 2027.En filigrane de cet essai, une idée s’impose: rendre l’extraordinaire vivable. Pour prolonger l’esprit Valhalla au quotidien, des passionnés d’Aston Martin — de la mythique DB5 à demain — Joinsteer propose une Location avec option d'achat agile.
Auteur : Alexis Berthoud
Foire Aux Questions
Quelle est la puissance de l’Aston Martin Valhalla ?
La Valhalla annonce 1 064 chevaux grâce à un V8 4,0 L biturbo associé à trois moteurs électriques.
La Valhalla est-elle une hybride rechargeable (PHEV) ?
Oui. Elle peut rouler en mode 100% électrique sur environ 14 km, avec une vitesse limitée à 140 km/h dans ce mode.
Quelles sont les performances (0-100, vitesse max) ?
0 à 100 km/h en 2,5 secondes et environ 350 km/h en vitesse de pointe.
Combien coûte l’Aston Martin Valhalla ?
Le prix de base tourne autour de 967 000 € (conversion d’un tarif affiché à 1 051 500 $), mais la personnalisation fait grimper le prix médian vers 1,47 M €.
Combien d’exemplaires seront produits ?
La production est limitée à 999 unités. Les livraisons ont commencé, avec un calendrier qui s’étend jusqu’en 2027.














