Days of Thunder 2 : ce que le retour de Tom Cruise devrait vraiment raconter sur la NASCAR

Il semble que Days of Thunder 2 obtienne le feu vert. Des informations indiquent que Paramount avance sur une suite, avec Tom Cruise de retour dans le rôle de Cole Trickle, et Jonathan Levine en discussions pour réaliser le film. La NASCAR pourrait donc bientôt revenir sur grand écran.
Le timing n’a rien d’un hasard. Avec la montée en popularité de la Formule 1, les films de sport automobile ont le vent en poupe. L’an dernier, F1: The Movie a rapporté 634 millions de dollars selon Box Office Mojo, devenant le film de course automobile le plus rentable de l’histoire. Et avec Top Gun: Maverick, Cruise a montré qu’une suite tardive peut fonctionner si elle apporte du neuf au lieu de se contenter de la nostalgie.
Si Days of Thunder 2 s’aligne vraiment sur la grille, à quoi devrait-il ressembler ? Voici les attentes clés, entre ambitions ciné, authenticité NASCAR et pièges à éviter.
Un moment idéal… mais un risque de film-vitrine
Sur le papier, une suite n’a jamais eu autant de potentiel : l’élan créé par F1: The Movie, la puissance de la marque Tom Cruise, et la possibilité de dépasser l’original de 1990 pour devenir un vrai événement en salles.
Mais ce potentiel s’accompagne d’un danger : que la NASCAR y voie avant tout une occasion de relancer une popularité en berne, au prix d’une « aseptisation » du propos. Le placement de produits est une réalité à Hollywood, mais si l’objectif devient de produire une publicité luxueuse pour la NASCAR, le film risque de s’effondrer en tant qu’œuvre.
La leçon à retenir de F1: The Movie : le scénario compte
Le succès de F1: The Movie ne se discute pas. En revanche, une critique revient : le film n’aurait pas été aussi bon qu’il aurait pu l’être, notamment à cause de l’écriture.
L’un des points forts de Days of Thunder, c’est son côté ludique, son énergie et son sens du spectacle. Une suite doit retrouver cette légèreté assumée, plutôt que de se laisser engluer dans une gravité « sérieuse » qu’elle ne parvient pas à soutenir — un reproche adressé à F1: The Movie par certains observateurs.
En clair : faire d’abord un film, et seulement très loin derrière, une vitrine pour la NASCAR. C’est ce dosage qui peut en faire à la fois un grand divertissement et un levier d’intérêt réel pour la discipline.
Garages de stands fictifs APXGP utilisés pour le tournage de F1: The Movie à Silverstone en 2023
Nostalgie, oui… mais avec des idées de mise en scène
Une attente ressort très clairement : si Days of Thunder 2 assume la nostalgie, autant la transformer en atout visuel et narratif. Exemple rêvé : exploiter la culture NASCAR des week-ends « throwback », où des livrées rétro rendent hommage au passé.
Une proposition d’intrigue illustre bien le potentiel : Cole Trickle arrive à la dernière course de la saison avec l’obligation de battre le fils de Russ Wheeler (imaginé sous un prénom du type « Tucker ») pour décrocher le titre en Cup Series. Au moment où les voitures sortent de la voie des stands, la numéro 42 de Cole arbore pour la première fois du film une livrée hommage façon Mello Yello ou City, pendant que la voiture du clan Wheeler reprend la mythique Hardee’s. Et si, en plus, l’ensemble du plateau affichait des décorations rappelant le premier film, l’effet de rappel serait total.
Les grands films de course sont toujours « de leur époque »
Les films de course qui marquent leur génération ont un point commun : ils collent à l’air du temps au moment de leur sortie. L’original Days of Thunder, dans le sillage de Top Gun, s’inscrivait dans une Amérique « ère MTV » célébrant la réussite de façon ostentatoire, confiante, sans ironie.
F1: The Movie, lui, s’est appuyé sur une Formule 1 entrée dans une logique « contenu d’abord », avec Brad Pitt comme accélérateur médiatique. Et le film se distingue d’un prédécesseur plus arty et « cool sixties » comme Grand Prix : deux œuvres fortes car ancrées dans des périodes différentes, donc non interchangeables.
Dans le même esprit, un exemple récent est cité : Gran Turismo n’est pas le film qu’aurait réalisé une personne de 52 ans — mais la version adolescente du spectateur y voit « son » film de course. Un héros qui vient du jeu vidéo, qui réussit malgré des parents qui ne soutiennent pas ou ne comprennent pas, le tout dans un récit aéré, technologique, simple à suivre, et typique de l’ère post-confinements.
Une opportunité de raconter l’Amérique d’aujourd’hui
Au moment où la NASCAR semble avoir de nouveau compris que son public n’est pas une copie d’un public de fans de F1 mais bien celui des « good ol’ boys », Days of Thunder 2 peut devenir un véhicule idéal pour opposer deux Amériques : celle construite autour des V8 et de la sueur ouvrière, face à une autre bâtie sur les centres de données et le capital-investissement. Le film pourrait avoir trouvé son moment géopolitique, au-delà de la simple nostalgie.
Et dans un clin d’œil assumé à la pop culture NASCAR hollywoodienne, un souhait est formulé : si Cole Trickle revient, pourquoi pas l’autre icône du genre… Ricky Bobby.
Tom Cruise à Daytona en 2009
Éviter le moule Top Gun: Maverick, déjà recyclé ailleurs
Une analyse plus critique rappelle que cette suite n’existerait probablement pas sans la démonstration de force de Top Gun: Maverick : oui, une suite moderne d’un film culte mais imparfait peut rapporter gros. Mais attention : il serait dommage de trop copier ce modèle, d’autant que F1: The Movie l’aurait déjà largement appliqué.
L’idée de revoir Cole Trickle au volant est jugée acceptable (Tom Cruise a 64 ans, et cela « passe » plus facilement dans un contexte NASCAR). La nostalgie sera inévitable, et ce n’est pas forcément un problème. L’attente essentielle, en revanche, est d’avoir un concept central solide et un scénario capable d’exister par lui-même, sans se noyer dans les clichés de films sportifs.
Réalisation, écriture, ton : les noms cités et les attentes
Les informations disponibles citent Jonathan Levine à la réalisation et Will Staples au scénario. Levine est perçu comme un choix intrigant : jusqu’ici plutôt associé à la comédie et sans enchaînement de méga-succès, mais avec un film apprécié par certains, la comédie romantique politique Long Shot (2019) avec Seth Rogen et Charlize Theron.
Concernant Staples, une référence mentionnée est son travail sur le scénario de Call of Duty: Modern Warfare 3, il y a plus de quinze ans : ce n’était « pas Shakespeare », mais cela reste un souvenir apprécié. Conclusion : l’espoir est qu’ils arrivent tous deux avec leur meilleur niveau.
Un point sensible à ne pas ignorer : le traitement du personnage féminin
Un autre souhait est formulé : que la suite reconnaisse la manière jugée « horriblement sexiste » dont le personnage de Nicole Kidman était introduit dans le premier film, avec une forme de prise de recul du type « oui, c’était déplacé — désolé pour ça ».
Les questions qui planent : légitimité, casting, et promesse de spectacle
La perspective d’une suite déclenche aussi des interrogations très directes : l’original mérite-t-il vraiment une suite ? Tom Cruise n’est-il pas un peu trop jeune pour jouer Hershel McGriff ? Et, plus léger mais révélateur de l’effet culturel, est-ce que le film va faire grimper la valeur de certaines vestes NASCAR de collection ?
On peut facilement être cynique face au cycle sans fin des reboots hollywoodiens. Mais l’attente la plus simple, et peut-être la plus importante, tient en quelques mots : que ce soit fun, bruyant, et viscéral. Et au passage, deux heures et demie de ce spectacle pourraient bien être plus divertissantes que de regarder le Brickyard 400 2026.
Conclusion
Days of Thunder 2 a une fenêtre rare : capitaliser sur l’appétit actuel pour le sport automobile, tout en proposant un film qui se tient par son écriture, son ton et sa vision de la NASCAR. S’il parvient à être un vrai film avant d’être une vitrine, il peut devenir bien plus qu’une simple madeleine de Proust : un récit populaire ancré dans son époque.
Et si la suite trouve le bon régime, elle pourrait rappeler qu’une grande histoire de course ne se contente pas d’aller vite : elle donne envie d’accélérer vers ce qui vient ensuite.
Foire aux Questions
Days of Thunder 2 est-il officiellement confirmé ?
Des informations indiquent que Paramount avance sur le projet, avec Tom Cruise annoncé de retour en Cole Trickle et Jonathan Levine en discussions pour la réalisation. Cela signale une forte probabilité, même si tout dépend de la finalisation des accords.
Pourquoi parler autant de nostalgie autour de la NASCAR et de ce film ?
Days of Thunder est associé à une époque très marquée, et la NASCAR elle-même cultive l’hommage au passé, notamment via des week-ends de livrées « throwback ». L’enjeu est d’utiliser cette nostalgie comme outil narratif et visuel, sans en faire l’unique contenu.
Que peut apprendre Days of Thunder 2 du succès de F1: The Movie ?
Le succès au box-office montre l’appétit du public pour les films de course. Mais une critique formulée est que l’écriture et le ton peuvent faire la différence : une suite devra miser sur un scénario solide et une énergie authentique, plutôt que sur une gravité artificielle.
Quels sont les principaux risques pour le film ?
Le risque majeur est de devenir un film trop « lisse », pensé comme une publicité pour la NASCAR. Le placement de produits peut exister, mais il doit rester secondaire : le film doit fonctionner d’abord comme une histoire de cinéma.
Pourquoi insiste-t-on sur l’idée qu’un film de course doit être « de son époque » ?
Parce que les grands films de course reflètent souvent le moment culturel qui les a vus naître : l’original évoquait une Amérique triomphante façon ère MTV, tandis que les productions récentes s’inscrivent dans des écosystèmes médiatiques différents. Une suite réussie doit raconter quelque chose d’actuel, pas seulement répéter le passé.
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