Deux croquis, une Lexus électrique futuriste ⚡️ : l’expérience d’Antonin Cohen avec l’IA

Deux croquis suffisent pour lancer une conversation. Mais ils ne suffisent pas à figer les proportions, le caractère ou même l’intention d’une voiture. Pour le designer automobile français Antonin Cohen, l’écart entre ces deux réalités est devenu le point de départ d’une expérience d’une journée : une intelligence artificielle générative peut-elle transformer deux vues dessinées à la main en une vision crédible d’une future Lexus électrique ?

Le résultat prend la forme d’images photoréalistes d’un petit véhicule électrique compact à trois portes : bas sur la route, fortement sculpté, et volontairement plus dramatique qu’une compacte conventionnelle. Le projet est à la fois personnel et numérique. Ce n’est ni un concept officiel Lexus, ni un programme Ford, ni un véhicule destiné à la production. Cette nuance est essentielle : Cohen ne présentait pas « une nouvelle voiture », il testait la vitesse à laquelle une idée peut prendre de la présence.

✏️ Deux dessins… puis un outil d’un autre genre

Dans un entretien accordé à Carscoops, Antonin Cohen explique être parti de deux croquis rapides en vue trois-quarts : l’un pour l’avant, l’autre pour l’arrière. À partir de ces bases, il a utilisé des prompts pour générer une famille d’images, en explorant le véhicule sous différents angles et avec différentes couleurs, matières et mises en scène.

Le processus a compressé l’étape de rendu en une seule journée, permettant de passer rapidement d’une première impression à une proposition visuelle cohérente.

🚘 Un concept au dramatique immédiatement lisible

Les images produites affichent une mise en scène très « show car ». On y retrouve notamment :

- un pare-brise très incliné qui se prolonge vers un toit bas ;
- une carrosserie compacte marquée par des épaules prononcées ;
- une verrière vitrée et une signature lumineuse fine, donnant à l’arrière une allure technique, presque robotique.

Cohen indique que son intention était de créer un avant avec un impact fort, tout en conservant un volume arrière solide et pratique. L’outil peut aider à rendre ces choix visibles, mais la direction—le brief et les priorités visuelles—vient du designer.

🧠 L’IA accélère l’image, mais ne décide pas de l’intention

C’est la distinction la plus utile mise en évidence par ce concept de Lexus électrique : les outils génératifs peuvent produire rapidement des images abouties et aider à tester des directions alternatives. Ils peuvent aussi rendre une proposition plus facile à comprendre pour des collègues, des clients ou un public.

Mais la fluidité visuelle ne se confond pas avec l’auteur du design. Un rendu spectaculaire, à lui seul, n’explique pas pourquoi une ligne de toit doit s’abaisser, où s’arrête l’habitacle, ni quel caractère émotionnel le véhicule doit porter.

Ces jugements existent en amont, dès les premières lignes : le choix d’une voiture compacte plutôt que majestueuse, ou l’équilibre entre une posture expressive et une carrosserie réellement utilisable. L’IA peut multiplier les pistes ; elle ne peut pas déterminer laquelle mérite d’exister sans un point de vue humain pour guider la recherche.

🏷️ Un projet personnel, pas une annonce de constructeur

L’expérience est d’autant plus révélatrice qu’elle est présentée comme un projet personnel, et non comme une annonce institutionnelle. L’identité Lexus sert ici de référence créative pour un EV imaginé, et non de preuve d’une implication de la marque.

De la même façon, l’emploi de Cohen chez Ford Europe, ainsi que son expérience passée chez Kia, fournissent un contexte sur son parcours professionnel—sans faire de ce concept un projet Ford ou Kia.

👨‍🎨 Le regard d’un designer en activité

Carscoops présente Antonin Cohen comme un designer automobile français travaillant pour Ford Europe à Cologne, et indique qu’il a précédemment travaillé chez Kia, en contribuant à la cinquième génération du Sportage avant son restylage. L’entretien évoque aussi son évolution : d’abord sceptique vis-à-vis de l’IA, il adopte ensuite une posture plus exploratoire après avoir essayé ces outils.

Son projet n’a pas vocation à prédire le fonctionnement de tous les studios : il s’agit d’un test pratique, mené par un designer, pour comprendre où l’imagerie générée par machine fait gagner du temps—et où la direction créative reste déterminante.

La question n’est plus théorique. Dans un article daté de 2026, Auto Express rapporte les témoignages de designers de plusieurs constructeurs : l’IA est décrite comme un outil pour générer des possibilités, communiquer des propositions précoces et accélérer certaines étapes de visualisation. Le même constat revient aussi sur les limites : il faut toujours sélectionner, challenger et affiner ce que le système produit. Le projet d’une journée de Cohen donne un visage très concret à ce débat—et une voiture à regarder.

🔍 Ce que révèle vraiment l’écart entre croquis et images finales

Le détail le plus convaincant n’est peut-être pas la qualité des reflets ou la lumière dramatique. C’est l’écart entre les deux croquis initiaux et les images finales. C’est dans cet espace que les décisions de design apparaissent : ce qu’on préserve, ce qu’on accentue, ce qu’on écarte, et surtout ce que la voiture doit nous faire ressentir.

L’IA change la vitesse à laquelle un designer peut explorer et communiquer. Elle ne supprime pas la nécessité d’une direction. Cette Lexus imaginée par Antonin Cohen illustre un nouveau flux de travail ; sa leçon la plus profonde, elle, reste intemporelle : l’identité d’une voiture commence par une idée, et l’outil ne devient intéressant que dans les mains de quelqu’un qui sait quoi lui demander.

🚀 Conclusion

En partant de deux croquis, Antonin Cohen montre comment l’intelligence artificielle générative peut accélérer la phase de visualisation et rendre une intention de design immédiatement lisible. Mais l’expérience rappelle aussi un point clé : la technologie ne remplace ni le regard, ni les choix, ni la responsabilité créative.

À mesure que ces outils se diffusent, l’avenir du design automobile pourrait bien appartenir à ceux qui sauront poser les meilleures questions—avant même de chercher la plus belle image.

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Par Patrice Meignan

Foire aux Questions

Qui est Antonin Cohen ?

Il est présenté comme un designer automobile français travaillant pour Ford Europe à Cologne, et ayant précédemment travaillé chez Kia, notamment sur la cinquième génération du Sportage avant son restylage.

Le concept est-il une annonce officielle de Lexus ?

Non. Le projet est décrit comme une initiative personnelle et numérique. L’identité Lexus sert de référence créative, sans implication officielle indiquée.

Avec quoi le projet a-t-il commencé ?

Avec deux croquis rapides en vue trois-quarts : un pour la face avant et un pour l’arrière. Ces deux dessins ont servi de point de départ à la génération d’images.

Qu’est-ce que l’IA a apporté dans ce travail de design ?

Elle a permis de produire rapidement des images photoréalistes et d’explorer des variantes (angles, couleurs, matières, environnements), en compressant l’étape de rendu en une journée.

Quelles limites sont mises en avant ?

L’outil peut accélérer la visualisation, mais il ne définit pas l’intention : les choix de proportions, de caractère et de direction créative restent portés par le designer, qui doit sélectionner et affiner ce qui est généré.

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