F1 : forte baisse des revenus au T2 2026, calendrier chamboulé et nouvelles pistes de croissance

La Formule 1 a enregistré une nette contraction de ses performances financières au deuxième trimestre 2026, principalement en raison d’un nombre de courses fortement réduit sur la période. Les chiffres publiés par Liberty Media mettent en évidence un recul marqué des revenus et du résultat opérationnel, dans un contexte de calendrier bouleversé par des annulations et des ajustements de dates.
Des résultats en retrait au deuxième trimestre 2026
Au deuxième trimestre 2026, les revenus de la F1 ont diminué de 38% par rapport à la même période un an plus tôt. Sur le plan du résultat, le revenu d’exploitation recule de 61%, conséquence directe d’un calendrier moins dense qui pèse sur l’activité.
Sur la période avril-juin, les revenus passent de 1,22 milliard de dollars en 2025 à 764 millions de dollars en 2026. Dans le même temps, le revenu d’exploitation chute de 293 millions de dollars à 73 millions de dollars.
Les chiffres d’OIBDA ajusté (revenu d’exploitation avant amortissements) reculent également, de 361 millions de dollars à 139 millions de dollars.
Pourquoi ces chiffres sont « distordus » par le calendrier 2026
Ces résultats s’expliquent largement par la configuration du calendrier 2026 : seules cinq courses ont eu lieu au deuxième trimestre, contre neuf au deuxième trimestre 2025.
Plusieurs facteurs se combinent :
Les tensions au Moyen-Orient ont conduit à l’annulation des Grands Prix de Bahreïn et d’Arabie saoudite. Le Grand Prix du Japon a été déplacé plus tôt en mars, ce qui le fait entrer dans le premier trimestre cette année. Imola a quitté le calendrier.
Au total, cela représente une baisse de 44% du nombre de courses au deuxième trimestre 2026. Sur l’ensemble du premier semestre, la baisse est de 27%, avec un passage de 11 courses à 8.
Dans ce contexte, le recul de 38% des revenus liés au sport automobile sur le deuxième trimestre, et la baisse de 15% sur les six premiers mois de 2026, sont présentés comme la conséquence mécanique du calendrier plutôt que comme un signal d’alarme structurel.
Deuxième moitié de saison : un retour vers une trajectoire plus régulière
La F1 a acté le retour du Grand Prix de Bahreïn au calendrier, mais avec une particularité : l’épreuve se disputera en Malaisie au mois d’octobre. Ce repositionnement doit contribuer à rééquilibrer la deuxième partie de saison sur le plan financier.
Le troisième trimestre doit comporter sept courses, dont le Grand Prix d’Espagne à Madrid, contre six en 2025. Le quatrième trimestre, si les Grands Prix du Qatar et d’Abu Dhabi ont bien lieu, doit compter huit courses contre sept l’an passé.
Dans l’hypothèse où ces deux dernières courses seraient à leur tour annulées, le PDG de la F1, Stefano Domenicali, a évoqué la possibilité de conclure la saison en Europe, avec Imola comme principal candidat pour accueillir une finale en décembre.
L’objectif est de préserver un total de 22 ou 23 courses en 2026 afin de limiter l’impact financier global de la situation au Moyen-Orient.
Les paiements aux équipes aussi impactés
La diminution des revenus liée à la perte de courses se répercute sur les paiements aux écuries. Liberty Media indique que la grille actuelle s’est partagée 316 millions de dollars sur le trimestre, contre 513 millions de dollars au deuxième trimestre 2025.
Sur le premier semestre 2026, les équipes ont perçu 500 millions de dollars, contre 627 millions de dollars sur la même période en 2025.
Calendrier « plein » jusqu’en 2028, mais davantage de sprints à venir
Pour augmenter les revenus, l’ajout de nouvelles courses n’est pas envisagé à court terme : Stefano Domenicali explique que le calendrier est désormais plein jusqu’en 2028.
En revanche, la F1 vise une hausse du nombre de courses sprint dès l’an prochain. Les promoteurs seraient prêts à investir davantage pour accueillir des formats sprint, car ils favorisent des affluences plus fortes, notamment les vendredis et samedis.
Domenicali a déclaré lors d’un échange avec des investisseurs : « Nous allons avoir plus de courses sprint l’an prochain, et nous informerons, quand nous annoncerons le calendrier [2027], combien il y en aura. »
Il résume le raisonnement ainsi : « Le principe est simple. C’est une opportunité d’augmenter le flux de revenus que nous pouvons réellement exploiter d’un point de vue commercial. »
Il exclut toutefois une généralisation à tous les Grands Prix, estimant important de conserver une part de « rareté » : « Si commercialement nous allions partout, ce ne serait plus une valeur que nous pouvons produire d’un point de vue commercial. » Il ajoute : « Mais clairement nous allons augmenter le nombre à l’avenir. C’est 1 000% ce qui arrivera dès l’an prochain. »
Licences, hospitalité et expériences premium : les autres leviers
Alors que la F1 met en avant une audience plus jeune et plus féminine, et annonce une hausse de 13% du nombre total d’heures regardées aux États-Unis après le passage sur AppleTV, Domenicali insiste sur la volonté de développer davantage de produits premium sur les week-ends de course afin de soutenir les revenus.
L’offre d’hospitalité Paddock Club est annoncée complète pour cette année, et les allocations des équipes sont déjà confirmées pour 2027. L’ambition consiste donc à trouver de nouvelles opportunités pour une clientèle haut de gamme au-delà des dispositifs existants.
Domenicali explique que « l’opportunité expérientielle est là où nous concentrons notre futur », avec l’objectif de proposer davantage d’événements du type « l’argent ne peut pas acheter ».
Exemple cité : l’Outlap, un dîner de luxe organisé avec LVMH, permettant à 12 invités de vivre une expérience haut de gamme dans un conteneur sur mesure transporté autour du circuit. Lancée au Grand Prix de Belgique, l’initiative doit être déployée sur d’autres sites européens l’an prochain, pour un prix de plus de 10 000 euros par personne.
Le dirigeant évoque aussi des perspectives de croissance via davantage d’accords de licence et le renouvellement de plusieurs contrats en cours.
Il exclut en revanche l’idée d’un partenaire officiel unique pour l’IA en F1 : « Nous ne le donnerons jamais à qui que ce soit ou à un seul partenaire dans ce domaine parce que c’est trop vaste. » Il ajoute : « Notre capacité à diviser ce domaine d’activité crée pour nous beaucoup d’opportunités. »
Conclusion
La baisse du deuxième trimestre 2026 reflète avant tout l’impact direct d’un calendrier raccourci et d’annulations majeures, plus qu’un recul structurel de l’activité. Avec un second semestre plus fourni, une stratégie assumée autour des sprints et une montée en puissance des offres premium et des licences, la F1 mise sur son agilité pour transformer une saison perturbée en tremplin vers de nouveaux relais de croissance.
Foire aux Questions
Pourquoi les revenus de la F1 baissent-ils autant au deuxième trimestre 2026 ?
Parce que le deuxième trimestre 2026 ne compte que cinq courses, contre neuf au deuxième trimestre 2025. Moins de Grands Prix signifie moins de revenus sur la période, ce qui « distord » fortement la comparaison.
Qu’est-ce que l’OIBDA ajusté mentionné dans les résultats ?
Il s’agit du revenu d’exploitation avant amortissements (dépréciation et amortissement). Dans ces résultats, l’OIBDA ajusté passe de 361 millions de dollars à 139 millions de dollars.
Quels Grands Prix ont été annulés et qu’est-ce que cela change au calendrier ?
Les Grands Prix de Bahreïn et d’Arabie saoudite ont été annulés. En plus, le Grand Prix du Japon a été déplacé en mars (donc compté au premier trimestre) et Imola a quitté le calendrier, ce qui réduit fortement le nombre de courses au printemps.
Pourquoi la F1 veut-elle organiser plus de courses sprint ?
Selon Stefano Domenicali, les promoteurs sont prêts à investir davantage pour accueillir des sprints, car ce format peut augmenter l’affluence, notamment les vendredis et samedis, et donc soutenir les revenus.
Quels sont les axes de croissance évoqués en dehors des courses elles-mêmes ?
La F1 met en avant le développement d’expériences premium sur les Grands Prix (en complément du Paddock Club), davantage d’accords de licence et le renouvellement de contrats. Elle exclut toutefois un partenaire officiel unique pour l’IA, afin de conserver de multiples opportunités commerciales dans ce domaine.
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