Alors que le règlement 2026 fait débat et a suscité des critiques, la Formule 1 continue pourtant d’attirer des foules record sur les circuits. À Austin, le promoteur du Grand Prix des États-Unis, Bobby Epstein, affirme n’observer aucun signe de désaffection du public — et avance une explication très concrète à ce boom.

La théorie du patron du GP des États-Unis sur le boom des ventes de billets en F1

Une saison 2026 déjà marquée par des records d’affluence

Malgré la controverse autour des nouvelles règles, l’intérêt du public ne semble pas faiblir. Bobby Epstein, président et fondateur du Circuit of the Americas (COTA), indique que les ventes de billets du Grand Prix des États-Unis, prévu le 25 octobre, se dirigent vers une affluence record à Austin — potentiellement la plus élevée de l’histoire de l’épreuve.

Cette dynamique s’inscrit dans une tendance plus large : sur les 11 courses disputées jusque-là cette saison, six ont battu leur record historique d’affluence.

Plusieurs Grands Prix ont atteint leur meilleure fréquentation :

Australie (484 000), Canada (360 000), Autriche (320 000), Belgique (400 000) et Hongrie (310 000).

Le Grand Prix de Grande-Bretagne a même établi un nouveau record absolu : 564 000 personnes, soit la course de F1 la plus fréquentée de l’histoire.

Avec 11 affluences annoncées à guichets fermés, la fréquentation totale sur la saison est, à ce stade, estimée à 3,7 millions, soit +6% par rapport à la même période l’an dernier.

La théorie d’Epstein : un circuit peut “grandir” là où un stade est limité

Pour Epstein, la F1 dispose d’un avantage structurel sur d’autres sports : les circuits ne sont pas enfermés dans les limites d’un terrain et d’une capacité fixe de tribunes, comme dans un stade classique.

Selon lui : « Parce que nous ne sommes pas confinés par les limites d’un terrain de sport, nous pouvons continuer à faire grandir l’expérience sur site. Nous pouvons ajouter plus de programmation et plus de choses à faire, et je pense que cela permet au fan d’amener un ami, cet ami s’implique, et le mécanisme continue. C’est beaucoup plus difficile à faire dans une arène ou un stade avec des places assises. »

Dans cette logique, la limite haute dépend surtout de la capacité d’un site à faire entrer et sortir les spectateurs sans que la logistique ne sature.

À Austin, la logistique et les routes au cœur de la croissance

Epstein explique que des améliorations routières autour du COTA pourraient permettre d’augmenter encore l’affluence dans les prochaines années.

Il précise avoir eu des échanges avec les services des routes, qui lui ont assuré que, dans les deux ans, des travaux amélioreraient les axes permettant de quitter le circuit. Objectif : pouvoir accueillir 15 000 à 30 000 personnes de plus par jour, grâce à des voies supplémentaires.

« Nous aimerions voir cela se produire parce que nous avons la demande. Nous sommes déjà l’événement sportif annuel sur un seul week-end le plus fréquenté et le plus important aux États-Unis, et nous serions heureux d’accentuer encore cette avance », souligne-t-il.

Une nouveauté pour attirer le public : le “Grand PrixView Thursday”

Parmi les initiatives mises en place cette année, le COTA ajoute un nouveau rendez-vous : Grand PrixView Thursday. Cette formule doit permettre aux fans de vivre une marche dans la voie des stands pour 20 dollars, d’assister à la F1 Academy et d’explorer diverses attractions autour du site.

Règlement 2026 : “l’action” compte plus que les règles pour le public

Si les règles 2026 n’ont pas convaincu une partie des fans, notamment les plus passionnés, Epstein assure ne voir aucun impact négatif sur la billetterie du Grand Prix des États-Unis.

« Cela n’a pas fait de mal à nos ventes de billets cette année. Nous sommes même en route vers une année record. Nous observons une demande massive, et nous pourrions facilement battre notre record de l’an dernier », dit-il.

Il explique aussi que certains spectateurs viennent autant pour l’événement à Austin que pour la discipline elle-même : les critiques seraient donc, en partie, un “bruit” attendu lors d’un grand changement de réglementation, appelé à se calmer avec le temps.

Du point de vue d’un promoteur, la première alerte serait une chute des ventes : « Si soudainement je voyais nos ventes de billets s’effondrer, je déclencherais des alarmes et je me demanderais ce qui se passe. »

Sur le fond, Epstein estime que l’essentiel, pour le public, reste l’action en piste — et le fait que le meilleur pilote et la meilleure voiture s’imposent, sans résultats trop “bizarres”. Il insiste : « Pour la majorité de la foule, ils veulent voir de l’action en piste. Pour la santé à long terme du sport, ça ne peut pas être étrange. Je pense que la F1 et la FIA en sont conscientes, et qu’elles continuent d’ajuster pour s’assurer que la compétition reste authentique. »

Rumeurs de fin de saison : pourquoi un retour à Austin après Las Vegas n’est pas envisagé

Des rumeurs ont circulé lors du Grand Prix de Hongrie : Austin aurait pu être une option pour conclure la saison si les courses au Qatar et à Abu Dhabi ne pouvaient pas avoir lieu. Cette piste a été écartée.

Le PDG de la F1, Stefano Domenicali, a indiqué que cette spéculation n’était pas fondée, l’idée étant de terminer en Europe après la course de Las Vegas.

Epstein affirme que l’hypothèse d’un retour à Austin après Las Vegas ne lui a jamais été proposée — et qu’elle ne l’aurait pas séduite. Il veut préserver ce qui fait, selon lui, la singularité de l’épreuve : des tribunes et zones spectateurs pleines, dans une ambiance de “grand week-end”.

« Je ne voudrais pas voir notre circuit accueillir une course de F1 sans les foules massives. Je pense que ça fait partie de ce qui rend l’événement si spécial, et je ne pense pas qu’on puisse monter ça logistiquement dans un délai aussi court, en enchaînant avec notre Grand Prix des États-Unis. Je ne voudrais pas que les gens aient à choisir entre deux week-ends », explique-t-il.

Il conclut toutefois sur une nuance importante : si cela aidait la F1, le COTA serait prêt à rendre service, comme on a pu le voir pendant la période COVID, où les circonstances ont parfois imposé des choix différents de l’idéal.

Conclusion

Entre records d’affluence, évolution de l’expérience sur site et projets d’infrastructures, la dynamique observée à Austin illustre une tendance plus large : la Formule 1 remplit les circuits, même quand le règlement fait débat. Si la logistique suit et que l’action en piste reste au rendez-vous, la discipline semble avoir encore de la marge pour grandir — et écrire la suite de son histoire devant des tribunes toujours plus pleines.

Foire aux Questions

Les règles 2026 ont-elles fait baisser l’intérêt du public pour la F1 ?

D’après Bobby Epstein, il n’a vu aucun signal de baisse côté billetterie : le Grand Prix des États-Unis est même en trajectoire de record, malgré les critiques visant le règlement 2026.

Pourquoi la F1 peut-elle continuer à augmenter ses affluences plus facilement que d’autres sports ?

Epstein avance que les circuits ne sont pas limités de la même façon qu’un stade : on peut étendre l’expérience sur site en ajoutant des activités et de la programmation, ce qui favorise l’arrivée de nouveaux publics.

Quelles courses ont battu des records de fréquentation cette saison ?

Parmi les records cités : Australie (484 000), Canada (360 000), Autriche (320 000), Belgique (400 000), Hongrie (310 000). Le GP de Grande-Bretagne a établi un record absolu avec 564 000 spectateurs.

Qu’est-ce que le “Grand PrixView Thursday” à Austin ?

C’est une nouveauté au COTA qui propose notamment une marche dans la voie des stands pour 20 dollars, la possibilité de voir la F1 Academy et d’accéder à des attractions sur le site.

Pourquoi un retour à Austin après Las Vegas pour finir la saison n’est-il pas prévu ?

Stefano Domenicali a indiqué que l’objectif serait plutôt de terminer en Europe après Las Vegas. Epstein ajoute qu’un retour à Austin n’a jamais été discuté avec lui et qu’un tel enchaînement serait difficile à organiser, en risquant de diluer l’affluence qui fait la force du week-end du GP des États-Unis.

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