Black Cats & Chequered Flags : revivre la légende F1 Alberto Ascari dans une expérience VR multijoueur

Alberto Ascari fait partie des plus grands noms de l’histoire de la Formule 1, même s’il est aujourd’hui moins immédiatement identifiable qu’Ayrton Senna, Michael Schumacher ou Lewis Hamilton. Sans doute parce que ses succès remontent à loin, ou parce que sa carrière remarquable a été tragiquement écourtée. Pourtant, malgré sa dernière victoire en Formule 1 en 1953, Ascari demeure le plus récent champion du monde de F1 italien.
Son héritage perdure, mais beaucoup de fans modernes connaissent mal l’homme derrière les records. C’est précisément l’ambition de Black Cats & Chequered Flags.
Créée par le Multiverse Institute for Arts and Technology en 2025, cette expérience de réalité mixte a été présentée pour la première fois lors de la 82e édition de la Mostra de Venise, avant d’arriver au Royaume-Uni. Elle est visible au Silverstone Museum jusqu’en juin 2027.
De quoi parle l’expérience
Black Cats & Chequered Flags raconte l’histoire d’Alberto Ascari, depuis son enfance et l’influence de son père Antonio, jusqu’à son ascension parmi les tout premiers champions du monde de Formule 1.
Ascari, mort tragiquement à Monza en 1955, a été immortalisé par la Variante Ascari du circuit, baptisée ainsi en son honneur en 1972. La chicane que l’on connaît aujourd’hui sous ce nom a remplacé le virage où il avait perdu la vie.
Ce qui rend l’expérience particulièrement marquante, c’est sa manière de donner vie au récit. Plutôt qu’un documentaire classique, elle combine animation, images d’archives, interviews et éléments interactifs pour guider les visiteurs à travers les moments-clés de sa vie et de sa carrière. Le parcours explore aussi la dimension plus personnelle d’Ascari, dont les superstitions sont devenues indissociables : sa crainte du nombre 26, son casque bleu emblématique et, bien sûr, les chats noirs évoqués par le titre.
Un prologue multijoueur : un arrêt au stand comme dans les années 1950
Avant de démarrer le voyage biographique, quatre participants sont immédiatement plongés dans l’univers des Grands Prix des années 1950. Les joueurs portent un casque et un casque audio, annoncés comme confortables. Et pour celles et ceux qui portent des lunettes, pas d’inquiétude : le casque s’ajuste aussi sur une paire de lunettes.
Même si l’expérience se vit surtout en solo, le début se fait à plusieurs : avec trois autres personnes, vous devez réaliser un arrêt au stand virtuel « à l’ancienne ». Il s’agit de changer les pneus, faire le plein d’huile et d’essence, et nettoyer le pare-brise pour la voiture d’Ascari.
Pour cette session, le CEO du musée et des membres du service marketing ont complété l’équipe de quatre. Scène amusante : malgré le casque, et donc la vision d’une voiture qui n’existe pas réellement, on voit aussi les autres participants dans la pièce s’agiter partout pour entretenir ce véhicule invisible. Objectif : être l’équipe la plus rapide. Le temps réalisé ici : 1 min 52 s, loin des standards de la F1 moderne, mais très honorable pour « il y a 70 ans ».
Un récit solo riche, entre archives, objets et interactions
Une fois l’arrêt au stand terminé, l’expérience bascule vers un parcours solo à travers la vie et la carrière d’Ascari.
Le visiteur est guidé au fil des grandes étapes grâce à un mélange d’animation, de vidéos d’archives, de photographies et d’interviews. La progression est ponctuée d’interactions avec l’environnement : caresser un chat noir, lire des journaux, prendre des photos et manipuler divers objets qui servent de passerelles vers le récit.
L’un des volets les plus intéressants reste l’exploration des superstitions d’Ascari. On y découvre sa peur du nombre 26, son attachement à son casque bleu distinctif et les croyances qui l’ont accompagné tout au long de sa carrière — d’où la référence aux « Black Cats ».
Crédit : The Cahier Archive — Alberto Ascari au Grand Prix de Suisse 1953
Confort, repères et prise en main : le côté technique
Pour beaucoup, la réalité virtuelle évoque immédiatement le mal des transports. Ici, malgré une sensibilité marquée à ce problème, le ressenti est décrit comme globalement très correct.
Un seul moment a provoqué une légère instabilité : une séquence avec Patrizia, la fille d’Ascari. Le calme revient rapidement en se réorientant, notamment en regardant vers le bas et en se repérant grâce au sol réel, aperçu via un petit espace entre le casque et le visage.
Autre inquiétude classique : marcher sur quelqu’un, ou pire, heurter un mur. Quand l’attention est absorbée par le monde virtuel, il est facile d’oublier l’espace réel. Ici, le dispositif limite ce risque : au départ, on se place sur un emplacement numéroté au sol, dont la texture diffère légèrement de la moquette. Le participant reste la plupart du temps à peu près au même endroit, sentant ce repère sous ses pieds et tournant sur lui-même pour suivre l’action.
Pour celles et ceux qui redoutent une technologie trop complexe, l’accueil semble très rassurant. Avant de commencer, une introduction complète est assurée par Catherine, responsable de l’attraction : explication du fonctionnement du casque, démonstration du suivi des mains, et aperçu clair de ce qui attend les visiteurs.
Une fonctionnalité particulièrement appréciée : le suivi des mains. Sans manettes, l’expérience utilise vos mains pour interagir. En pinçant légèrement les doigts (un geste évoquant une pince de crabe), des mains virtuelles apparaissent, permettant de saisir des objets, de manipuler des éléments et de participer à différentes scènes. Une idée simple, mais qui rend l’ensemble plus naturel et immersif.
Enfin, l’aspect à 360 degrés fait partie des points forts : au lieu de simplement « regarder » l’histoire d’Ascari, on a le sentiment d’être « dedans », ce qui renforce l’engagement et l’impact du récit.
Verdict : une histoire de F1 qui mérite d’être (re)découverte
Black Cats & Chequered Flags propose une manière imaginative d’apprendre un chapitre fascinant de l’histoire de la Formule 1. Peu de fans peuvent connaître en détail toutes les anecdotes des débuts du sport, et l’expérience parvient à rendre l’histoire d’Ascari accessible, marquante et divertissante.
Avant de la tester, les réactions au bureau tournaient autour de « pourquoi Ascari ? », ou « Ascari, c’est un choix étrange ». Après l’expérience, l’impression est claire : son histoire vaut la peine d’être connue.
Crédit : The Cahier Archive — image colorisée d’Ascari au Grand Prix de France 1953
Un détail rend le propos particulièrement actuel : le statut d’Ascari, toujours dernier champion du monde italien de F1, pourrait être menacé prochainement, ce qui donne à son parcours une résonance étonnamment moderne.
Que l’on soit passionné de F1, amateur de sport automobile, ou tifoso, l’expérience est présentée comme un passage qui vaut le détour.
Informations pratiques à retenir
- Billets à £20 par personne, ou £65 pour un groupe de quatre. Un billet d’entrée valide pour le Silverstone Museum est également requis.
- Durée : environ 45 minutes, avec une impression que le temps passe très vite grâce à la variété des techniques de narration et aux interactions constantes.
- Recommandée à partir de 13 ans, en raison de thèmes liés à la mort et au deuil.
- Pour les visiteurs italophones, l’expérience peut aussi être proposée dans la langue maternelle d’Ascari.
- Accessible en fauteuil roulant, mais plusieurs situations peuvent la rendre déconseillée : il est recommandé de vérifier les conditions sur le site du Silverstone Museum.
Conclusion
En mêlant archives, narration et immersion à 360 degrés, Black Cats & Chequered Flags fait sortir Alberto Ascari des livres d’histoire pour le replacer au cœur de la culture F1. Et alors que la discipline continue d’écrire de nouveaux chapitres, ce type d’expérience rappelle qu’une légende n’est jamais vraiment loin : il suffit parfois d’un casque pour la revoir vivre.
Foire aux Questions
Qu’est-ce que Black Cats & Chequered Flags ?
C’est une expérience de réalité mixte qui raconte la vie d’Alberto Ascari, de son enfance à son statut de champion du monde de Formule 1, en combinant animation, archives, interviews et interactions.
L’expérience est-elle multijoueur ?
Elle démarre à quatre avec un arrêt au stand virtuel inspiré de la F1 des années 1950, puis se poursuit principalement en solo avec un parcours narratif immersif.
Quelle est la durée et quel est le prix ?
La durée annoncée est d’environ 45 minutes. Le tarif est de £20 par personne ou £65 pour un groupe de quatre, avec un billet d’entrée au Silverstone Museum également requis.
Est-ce adapté si l’on craint le mal des transports en réalité virtuelle ?
D’après le retour d’expérience, l’inconfort a été limité, avec un seul passage légèrement déstabilisant. Le fait de pouvoir se repérer au sol (emplacement numéroté) aide aussi à garder ses marques.
Quelles sont les conditions d’âge et d’accessibilité ?
L’expérience est recommandée à partir de 13 ans (thèmes autour de la mort et de la perte). Elle est accessible en fauteuil roulant, mais certaines conditions peuvent la rendre déconseillée : il est conseillé de vérifier les informations auprès du Silverstone Museum.
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