Autour du lancement de Ford aux cĂŽtĂ©s des deux Ă©quipes de Formule 1 liĂ©es Ă  Red Bull, un message est apparu clairement : le constructeur amĂ©ricain tient absolument Ă  ĂȘtre perçu comme un partenaire technique, et pas comme un simple nom collĂ© sur une carrosserie.

Avec le poids commercial et marketing associĂ© Ă  l’accord — pleinement mis en avant lors de l’évĂ©nement commun — Ford est un nouvel acteur trĂšs visible. Mais une accusation persiste : cette alliance ne serait qu’un deal d’image, sans vĂ©ritable substance technique.

đŸ§© Une critique tenace : “ce n’est qu’un accord marketing”

Ford n’a pas rĂ©ussi Ă  se dĂ©barrasser d’un reproche rĂ©current : l’accord avec Red Bull se rĂ©sumerait Ă  une opĂ©ration commerciale. Certains vont jusqu’à affirmer que Ford paierait des dizaines de millions pour afficher son logo partout, tout en apportant un soutien limitĂ©.

Ford, de son cĂŽtĂ©, insiste sur une contribution technique rĂ©elle et consĂ©quente. Et la sensibilitĂ© du sujet s’est vue dans la rĂ©action trĂšs vive Ă  une remarque venue d’un rival amĂ©ricain : General Motors.

đŸ‡ș🇾 GM/Cadillac jette de l’huile sur le feu

GM rejoint aussi la grille en 2026 via Cadillac, Ă©quipe qu’il co-dĂ©tient. L’an dernier, Dan Towriss, figure clĂ© du projet Cadillac F1, a dĂ©crit l’alliance Ford–Red Bull comme un “accord marketing Ă  l’impact trĂšs limitĂ©â€, tandis que GM serait “profondĂ©ment impliquĂ© du point de vue de l’ingĂ©nierie et engagĂ© dĂšs le premier jour”.

Cette semaine, des dĂ©clarations attribuĂ©es Ă  Bill Ford (prĂ©sident exĂ©cutif de Ford) montrent que la pique a Ă©tĂ© trĂšs mal reçue. Selon The Athletic, Bill Ford a estimĂ© que “c’est l’inverse” : Cadillac utiliserait un moteur client Ferrari pendant les prochaines annĂ©es, et il doutait qu’il y ait des employĂ©s GM au sein de l’équipe de course.

Will Ford, directeur gĂ©nĂ©ral de Ford Performance, a enfoncĂ© le clou : “rien ne pourrait ĂȘtre plus Ă©loignĂ© de la vĂ©ritĂ©â€ que de rĂ©duire l’accord Ă  un effort marketing. Il explique que la crĂ©ation de Red Bull Ford Powertrains a Ă©tĂ© une dĂ©cision “trĂšs dĂ©libĂ©rĂ©e” pour en faire un “vĂ©ritable partenariat technique”.

L’accusation la plus sensible concernant le retour de Ford en F1

🏭 Red Bull Powertrains existait dĂ©jà
 avant l’arrivĂ©e de Ford

Un Ă©lĂ©ment factuel nuance le discours : Red Bull Powertrains a Ă©tĂ© constituĂ© sur ses propres bases. Le directeur technique Ben Hodgkinson a mĂȘme expliquĂ© qu’au moment oĂč il s’est impliquĂ©, “Ford n’était pas dans le tableau”.

Les usines avaient été construites et une premiÚre version du moteur avait déjà été développée avant que Ford ne se rapproche du projet, environ un an plus tard.

Pour autant, deux rĂ©alitĂ©s peuvent coexister : Red Bull Powertrains a Ă©tĂ© montĂ© pour fonctionner de maniĂšre autonome, et Ford voulait, lui, que l’alliance soit structurĂ©e et prĂ©sentĂ©e comme un partenariat technique.

🔧 Concrùtement, qu’apporte Ford au programme moteur 2026 ?

Alors que l’entreprise dĂ©veloppe son premier moteur de F1, construit trois usines, recrute environ 700 personnes et passe par six gĂ©nĂ©rations de conception du moteur, la question centrale demeure : quelle est la part rĂ©elle de Ford dans tout cela ?

Au moment de l’accord, l’idĂ©e circulait que Ford pourrait intervenir sur le systĂšme de rĂ©cupĂ©ration d’énergie, notamment parce que la batterie renforcĂ©e et le MGU-K amĂ©liorĂ© exigent des investissements et des solutions techniques importantes. La rĂ©alitĂ© dĂ©crite est moins engagĂ©e que ne le laissaient penser ces attentes.

Il y a toutefois des ingĂ©nieurs Ford intĂ©grĂ©s au sein de Red Bull Ford Powertrains. Ford a aussi participĂ© Ă  combler des manques dans le recrutement, ce qu’Hodgkinson a qualifiĂ© de “trĂšs prĂ©cieux”, et a aidĂ© Ă  sĂ©curiser certaines piĂšces liĂ©es Ă  la partie Ă©lectrique du moteur.

Hodgkinson explique que l’intĂ©rĂȘt de Ford a Ă©tĂ© perçu comme “un vrai vote de confiance” au vu de ce que Red Bull avait dĂ©jĂ  accompli en un peu plus de 12 mois. Il souligne aussi la difficultĂ© de rĂ©unir autant d’experts dans un dĂ©lai trĂšs court, et indique que Ford a aidĂ© Ă  combler certaines “zones Ă  dĂ©couvert” dans l’équipe.

Autre point mis en avant : les capacitĂ©s de fabrication de Ford. Hodgkinson dit avoir exploitĂ©, “c’est certain”, des ressources de Ford, notamment le frittage direct de mĂ©tal par laser (fabrication additive mĂ©tal), qui remplace des piĂšces moulĂ©es et permet d’accĂ©lĂ©rer fortement les dĂ©lais de production par rapport Ă  des fournisseurs traditionnels. Sa conclusion sur ce volet est sans ambiguĂŻtĂ© : “ils ont Ă©tĂ© trĂšs utiles”.

⚖ Partenariat technique ou sponsoring amĂ©liorĂ© : ce qui tranchera

MalgrĂ© ces exemples, les deux camps sont conscients que des sceptiques rĂ©duisent encore l’apport de Ford Ă  “beaucoup d’argent, une grosse machine et quelques employĂ©s supplĂ©mentaires”.

Ce qui dĂ©finira la rĂ©alitĂ© de l’accord — au-delĂ  d’un parrainage trĂšs visible — sera sa durĂ©e et sa rĂ©ussite. Si Ford reste impliquĂ© pendant de nombreuses annĂ©es, une collaboration plus profonde peut Ă©merger, avec des preuves plus tangibles de son rĂŽle technique. Et c’est prĂ©cisĂ©ment ce que Ford devra finir par dĂ©montrer s’il veut ĂȘtre pris au sĂ©rieux comme partenaire d’ingĂ©nierie.

Dans la comparaison avec Cadillac, Ford met en avant l’idĂ©e qu’il n’y aurait pas de personnel GM au sein de l’équipe. Mais l’intention affichĂ©e de dĂ©velopper un moteur “maison” pour la fin de la dĂ©cennie, si elle se concrĂ©tise, aboutira Ă  un produit clairement associĂ© Ă  GM. La question est donc posĂ©e : pourra-t-on dire la mĂȘme chose de Ford dans quelques annĂ©es ?

đŸ€” Et si Ford n’avait pas intĂ©rĂȘt Ă  ĂȘtre “trop” impliquĂ© ?

Une autre interrogation, plus fondamentale, apparaĂźt : Ford doit-il vraiment ĂȘtre ultra-prĂ©sent techniquement ? Son historique en F1 se lit de façon assez nette entre deux extrĂȘmes : le succĂšs lorsqu’il finance un partenaire pour rebadger un moteur (comme l’exemple du Cosworth DFV) et l’échec lorsqu’il est directement aux commandes (le fiasco Jaguar F1, qui a ironiquement prĂ©cĂ©dĂ© l’ùre Red Bull Racing).

C’est une simplification un peu facile, mais elle met en lumiĂšre une idĂ©e : Ford a peut-ĂȘtre davantage Ă  gagner en assumant un rĂŽle de partenaire limitĂ©, en se concentrant sur la vision d’ensemble, quitte Ă  accepter une vulnĂ©rabilitĂ© ponctuelle sur le plan de l’image.

Dans cette logique, l’accord avec Red Bull reprĂ©sente une maniĂšre efficace d’obtenir une part de l’aventure F1 sans engager un investissement massif, avec une incertitude totale sur la rĂ©ussite sportive.

MĂȘme si cela laisse certains penser que Ford ne fait que payer trĂšs cher pour parrainer — d’une certaine maniĂšre — l’équipe qu’il a vendue il y a deux dĂ©cennies.

🌟 Conclusion : l’épreuve du temps dira tout

Entre perception publique, rivalitĂ©s amĂ©ricaines et rĂ©alitĂ© industrielle du moteur 2026, Ford joue une partie dĂ©licate : prouver qu’il ne s’agit pas seulement d’un logo, mais d’un engagement qui compte. Si la collaboration s’inscrit dans la durĂ©e et laisse des traces techniques visibles, le dĂ©bat changera de nature. D’ici lĂ , la saison 2026 s’annonce comme le dĂ©but d’une histoire oĂč la crĂ©dibilitĂ© se gagnera, surtout, sur la piste et dans les ateliers.

❓ Foire aux Questions

Qu’est-ce que Red Bull Ford Powertrains ?

C’est l’entitĂ© liĂ©e au programme moteur de Red Bull pour l’ùre 2026, opĂ©rant avec Ford comme partenaire. Elle s’appuie sur la structure Red Bull Powertrains, mise en place avant l’arrivĂ©e de Ford.

Pourquoi parle-t-on autant de “deal marketing” ?

Parce que l’accord est trĂšs visible et fortement activĂ© sur le plan commercial, et parce que certains acteurs estiment que l’apport technique de Ford serait limitĂ© par rapport Ă  l’ampleur de l’exposition de la marque.

Quelle est la contribution technique évoquée pour Ford ?

Le texte mentionne des ingĂ©nieurs Ford intĂ©grĂ©s sur site, une aide au recrutement, un soutien pour sĂ©curiser certaines piĂšces de la partie Ă©lectrique du moteur, et l’appui de moyens de fabrication comme le frittage direct de mĂ©tal par laser.

C’est quoi le MGU-K et pourquoi est-il important pour 2026 ?

Le MGU-K est un Ă©lĂ©ment de la motorisation hybride qui rĂ©cupĂšre et restitue de l’énergie. Il est citĂ© car la gĂ©nĂ©ration 2026 implique une Ă©volution importante, avec notamment une batterie renforcĂ©e et un MGU-K amĂ©liorĂ©, demandant des solutions techniques et des investissements significatifs.

Pourquoi la comparaison avec GM/Cadillac revient-elle sans cesse ?

Parce que GM arrive aussi en F1 en 2026 via Cadillac, et qu’une dĂ©claration de Dan Towriss a opposĂ© une implication “ingĂ©nierie dĂšs le premier jour” chez GM Ă  ce qu’il a dĂ©crit comme un impact technique trĂšs limitĂ© du cĂŽtĂ© Ford–Red Bull. Ford a publiquement contestĂ© cette lecture.

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