Les essais libres du Grand Prix de Monaco 2026 ont envoyé un message clair : ce week-end pourrait bien marquer la première vraie mise en difficulté de Mercedes cette saison. Rien d’alarmant sur le fond, mais face à une Ferrari visiblement taillée pour les rues de la Principauté, l’écart et la dynamique du vendredi interpellent.

Gagnants et perdants des essais du GP de Monaco de F1 2026

Et si Mercedes n’a pas vécu une journée catastrophique, plusieurs équipes et pilotes ont, eux, connu un vendredi bien plus douloureux. Tour d’horizon des gagnants et des perdants après FP1 et FP2.

Ferrari confirme son statut de favorite

Ferrari a assumé son rôle de référence annoncé avant le week-end en signant le doublé lors des deux séances : Charles Leclerc devant Lewis Hamilton en FP1, puis l’inverse en FP2.

La Scuderia a affiché un avantage net sur Mercedes et McLaren. L’écart paraît moins tranché face à Red Bull, mais rien ne laisse penser que Ferrari ne puisse pas répéter ce niveau de performance en qualifications et viser un verrouillage de la première ligne, à condition de faire les bons ajustements dans la nuit.

Ces ajustements concernent notamment le ressenti de Leclerc au freinage. Malgré cela, le fait qu’Hamilton l’ait devancé de 0,111 s à l’entraînement renforce l’idée que Ferrari dispose de deux pilotes capables d’aller chercher l’avant de la grille. Sur le papier, la voiture semble particulièrement adaptée à Monaco grâce à ses forces mécaniques, sa performance dans les virages lents et un turbocompresseur jugé réactif.

McLaren : un vendredi qui inquiète

La FP2 de Lando Norris s’est terminée prématurément lorsqu’il s’est immobilisé en sortie de la Nouvelle chicane assez tôt dans la séance. Mais au-delà de cet incident, les chronos d’Oscar Piastri n’ont pas vraiment rassuré.

En FP2, l’Australien a terminé à une seconde de la référence, entre la Red Bull d’Isack Hadjar et l’Audi de Nico Hülkenberg. Et le tableau est encore plus préoccupant quand on regarde la FP1 : Piastri était à plus de 1,5 s, tandis que Norris pointait à 1,3 s, avec Hülkenberg intercalé entre les deux McLaren.

La moisson de points à Miami semble déjà loin, dans la continuité d’un passage compliqué au Canada. Si cette tendance se confirme en Principauté, Ferrari pourrait accentuer son avance dans la bataille du championnat constructeurs.

Isack Hadjar : rapide, mais piégé par Monaco

Après avoir tenu le rythme de Max Verstappen sur un tour à Montréal, Isack Hadjar s’est mis en difficulté dès la FP1 à Monaco avec un gros accident. Red Bull a toutefois réussi une réparation express (avec un coup de main venu du côté du garage de Verstappen), ce qui lui a permis d’enchaîner 24 tours en FP2.

Mais l’essentiel, à Monaco, c’est la confiance — et cette confiance a forcément été entamée. Hadjar a résumé ainsi : « Je voulais reconstruire la confiance [après] avoir manqué une partie des tours du début. Pour être honnête, c’est venu tout à la fin : j’avais un meilleur ressenti dans la voiture, mais je n’explore pas encore toutes les limites, donc oui, il y a beaucoup de travail. »

Son point positif : l’an passé, il avait déjà touché les murs à l’entraînement avant de réussir un excellent week-end. Rééditer cela face à Verstappen sera néanmoins bien plus difficile. Et si la Red Bull est réellement une voiture capable de jouer la pole position, tout déficit interne paraîtra encore plus coûteux.

Max Verstappen : un vendredi solide qui ouvre des options

Monaco n’a jamais été le terrain le plus naturel de Red Bull à l’ère de l’effet de sol, même au sommet de sa domination. Pourtant, Verstappen signe l’un de ses vendredis les plus convaincants de l’année : 3e en FP1 et 3e en FP2, à seulement 0,168 s de la Ferrari la plus rapide lors de la deuxième séance.

Chez Red Bull, l’emballement reste mesuré. Le chef ingénieur Paul Monaghan a prévenu que les qualifications pourraient être « squeaky tight », autrement dit extrêmement serrées. Mais le profil du circuit — beaucoup de virages lents et une dépendance moindre au groupe propulseur — semble offrir à Red Bull une vraie chance de surprendre samedi.

Mercedes : pas un naufrage, mais un signal d’alerte

Qualifier Mercedes de « perdant » après un vendredi en 4e et 5e position peut sembler sévère. Mais c’est précisément le reflet des standards très élevés affichés par l’équipe depuis le début de saison 2026.

Ce résultat représente le plus mauvais classement de Mercedes en FP2 jusqu’ici, avec en plus son plus grand écart face aux leaders. George Russell a 0,379 s à trouver, et le leader du championnat Kimi Antonelli a terminé la FP2 à environ un demi‑seconde de la tête.

À Monaco, tout peut basculer si l’équipe parvient à déclencher un saut de performance sur les pneus tendres en FP3 et en qualifications. Détail notable : la Mercedes a semblé reculer quand les tendres ont été montés, alors qu’Antonelli paraissait plus menaçant avec les pneus mediums.

Dans le même temps, la performance de Verstappen a pu ressembler à un tour très engagé, tandis que la vitesse de Ferrari paraît arriver de façon plus naturelle : Hamilton et Leclerc ont semblé à l’aise à chaque passage. Si cette impression se confirme — et si Ferrari n’a pas roulé de manière artificielle (réservoir très léger ou modes moteur exagérés) — alors Monaco pourrait réellement être le premier rendez-vous 2026 où Mercedes risque de se faire sortir de la première ligne.

Audi : « meilleure des autres » et en embuscade

Audi s’affirme comme la référence du milieu de grille, avec un Nico Hülkenberg particulièrement proche des voitures de pointe du peloton intermédiaire.

Le milieu de grille en FP2

6 Isack Hadjar (Red Bull) +1.061s
7 Oscar Piastri (McLaren) +1.062s
8 Nico Hulkenberg (Audi) +1.068s
9 Gabriel Bortoleto (Audi) +1.333s
10 Ollie Bearman (Haas) +1.430s
11 Pierre Gasly (Alpine) +1.471s

En FP2, Hülkenberg est resté au contact de Piastri et Hadjar, après avoir déjà séparé les deux McLaren en FP1. Gabriel Bortoleto a concédé quelques dixièmes sur les deux séances, sans que cela ne paraisse préoccupant : ce rythme le maintient dans la course aux points.

Ce serait un vrai bol d’air pour Audi, qui n’a plus marqué depuis la manche d’ouverture. À noter toutefois : Norris s’étant arrêté tôt en FP2, l’absence d’une McLaren dans le top 10 nuance un peu la lecture du classement.

Valtteri Bottas : un écart qui pèse

Valtteri Bottas a écarté les rumeurs sur une possible perte de son baquet chez Cadillac, mais son vendredi n’a pas aidé à calmer les interrogations.

Il a terminé à sept dixièmes de son équipier Sergio Perez en FP2, et à 1,2 s en FP1. Un tel déficit est difficile à expliquer uniquement par les réglages : Bottas aura beaucoup à faire samedi.

Sergio Perez : mieux que ne le dit le classement

Au premier regard, une 18e place en FP2 — séance écourtée, voiture arrêtée sur le bord de la piste avec de la fumée — n’a rien de réjouissant. Pourtant, Perez a insisté sur le potentiel : « Nous savons que si nous trouvons quelques dixièmes, nous changeons nos vies. »

Tout au long de la journée, il a été nettement le plus rapide du groupe de quatre au fond du classement. Sa 14e place en FP1 a été aidée par un décalage pneumatique par rapport à d’autres, mais il a semblé à l’aise dès le début. En FP2, il a également renoncé à un tour qui semblait pouvoir, a minima, se rapprocher du chrono d’Esteban Ocon (Haas) placé devant.

L’objectif en qualifications est clair : tout exécuter parfaitement. Dans ce cas, la performance d’un Ocon, d’un pilote Racing Bulls, ou peut-être même d’un Franco Colapinto, paraît jouable. Ce sont de petits pas, mais avec la forme actuelle de Perez, Cadillac n’a peut-être jamais eu une opportunité aussi crédible de viser sa première Q2.

Aston Martin : une fenêtre qui se referme vite

Certains espéraient que Monaco offrirait à Aston Martin une chance de surprendre, et l’écart de Fernando Alonso en FP2 (2,268 s) suggère effectivement que l’équipe est « un peu plus proche » ici. Mais les points positifs s’arrêtent là.

Aston Martin reste devancée par Cadillac, et l’écart de 0,178 s entre Perez et Alonso sur la feuille des temps ne raconte pas forcément toute l’histoire, Perez semblant avoir un peu plus en réserve. Surtout, la crainte exprimée avant le week-end par Alonso — des rétrogradages provoquant du blocage à l’arrière et un risque de finir dans le mur — s’est matérialisée.

Interrogé sur une éventuelle lumière au bout du tunnel, Pedro de la Rosa a répondu sans détour : « Définitivement pas encore. » Alonso, lui, a évoqué « un peu de tout » pour résumer les soucis, avant d’ajouter : « On dirait qu’on a ce sous-virage chronique qu’on n’arrive pas à résoudre. »

Et son verdict sur la génération actuelle de monoplaces est cinglant : « C’est probablement la pire génération de voitures que j’aie conduite à Monaco. »

Si Monaco devait être la meilleure chance d’Aston Martin pour retrouver de la respectabilité en ce début de saison 2026, la route pourrait encore être longue.

Conclusion

À l’issue du vendredi, Ferrari a pris l’ascendant avec une autorité qui ressemble à un avertissement pour le reste du plateau. Derrière, Verstappen garde Red Bull dans le match, Audi s’offre un vrai motif de confiance, tandis que Mercedes, McLaren et Aston Martin doivent trouver des réponses rapides avant des qualifications où tout se joue à quelques centièmes. À Monaco, l’avenir d’un week-end peut basculer en un tour — et c’est précisément ce qui rend la suite si captivante.

Foire aux Questions

Que signifient FP1, FP2 et FP3 en Formule 1 ?

FP1, FP2 et FP3 sont les trois séances d’essais libres. Elles servent à régler la voiture, comprendre l’adhérence, préparer les relais de course et surtout optimiser la performance sur un tour avant les qualifications.

Pourquoi Monaco est-il si sensible à la confiance du pilote ?

Le circuit est étroit, bordé de rails et les marges d’erreur sont minimes. Un accident comme celui d’Isack Hadjar en FP1 peut coûter cher, même si la voiture est réparée, car il faut reconstruire la confiance pour attaquer en qualifications.

Pourquoi le choix de pneus peut-il changer la hiérarchie ?

Les pneus tendres donnent plus d’adhérence pour un tour rapide, mais ils peuvent aussi rendre la voiture plus difficile à maîtriser. Vendredi, Mercedes a semblé moins compétitive une fois passée sur les tendres, alors qu’Antonelli paraissait plus menaçant avec les mediums.

Pourquoi une 18e place peut-elle être vue positivement ?

Parce que le classement brut ne reflète pas toujours le potentiel. Sergio Perez a stoppé tôt en FP2 (fumée et arrêt en piste), mais il s’est montré le plus rapide du groupe de voitures en fond de grille et estime que quelques dixièmes peuvent transformer les objectifs de Cadillac en qualifications.

Pourquoi les qualifications sont-elles si décisives à Monaco ?

Dépasser y est extrêmement difficile. Une bonne position sur la grille conditionne donc fortement les chances de marquer des points, ce qui explique l’importance de la performance sur un tour et des réglages spécifiques au samedi.

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