L’énorme bond d’Aston Martin en Hongrie fait rêver tout le milieu de grille

Le bond en performance réalisé par Aston Martin avec une refonte majeure de sa Formule 1 a surpris le paddock au Grand Prix de Hongrie. Au Hungaroring, Fernando Alonso est sorti de la Q1 pour la première fois de la saison, et plusieurs rivaux admettent envier un gain qu’ils jugent tout simplement difficile à reproduire.
Une évolution majeure qui change la perception de l’AMR26
Aston Martin a débarqué en Hongrie avec une évolution très importante sur l’Aston Martin AMR26 au départ jugée mal née. Les premiers signaux observés vendredi ont été encourageants, et le samedi a confirmé le pas en avant avec Alonso qualifié hors de la Q1, une première pour lui cette saison.
Au-delà du résultat brut, c’est l’ampleur du gain qui marque les esprits chez les concurrents directs.
Cadillac sous pression : Bottas se dit « un peu effrayé »
Chez Cadillac, Valtteri Bottas a reconnu qu’il était « un peu effrayé » à l’idée que l’évolution d’Aston Martin relègue son équipe au rang de dernière force du plateau, alors que Cadillac avait réussi à prendre le large sur Aston Martin ces dernières courses.
Des rumeurs faisaient état d’un gain de l’ordre de deux secondes au Hungaroring. Bottas, 21e en qualifications, a pointé à plus de sept dixièmes d’Alonso en Q1 et a estimé que l’amélioration n’était « pas loin » de ce gain supposé.
La comparaison directe avec Sergio Perez est toutefois à nuancer : Perez n’est pas certain que sa voiture ait été remontée parfaitement après le problème qui l’a contraint à s’arrêter en FP3, ce qui pourrait même l’amener à partir de la voie des stands. Son retard d’environ 1,2 seconde sur Alonso ne peut donc pas être pris comme une mesure totalement représentative, mais Cadillac a malgré tout clairement été devancée en Hongrie.
Williams bluffé : Sainz impressionné, Albon « ne peut qu’en rêver »
Alonso n’a pas seulement dominé Cadillac parmi les équipes du milieu de grille. La Williams, pourtant plus rapide récemment, s’est aussi retrouvée derrière : Carlos Sainz a terminé à environ une demi-seconde de l’Aston Martin.
Sainz s’attendait à ce que le Hungaroring soit « le pire circuit de la saison » pour Williams, mais il est resté frappé par la marge creusée par Aston Martin. Il espère que ce bond servira de motivation à Williams pour viser un progrès similaire, plutôt que d’alimenter la déception d’avoir été dépassé.
Alex Albon, lui, a qualifié la situation d’« édifiante », convaincu que Williams ne pourra pas reproduire un pas comparable avec sa prochaine grande évolution prévue pour le Grand Prix d’Azerbaïdjan en septembre.
« Je ne sais pas quel type d’évolution Aston a eu, mais je ne peux qu’en rêver », a déclaré Albon.
« On ne peut que rêver d’une évolution comme ça — c’était net, possiblement, un gain d’une seconde et demie, deux secondes ? Franchement, bravo à eux.
On va se battre avec eux sur certaines courses uniquement grâce à la vitesse en ligne droite, mais je peux vous dire que dans les virages ils sont considérablement plus rapides que nous.
C’est édifiant parce que, aussi pour nous, on sait ce qu’est notre évolution de Bakou. Ce n’est pas ça. Donc on a du travail. »
Haas touché : Bearman parle d’une lutte « vraiment douloureuse »
Alonso a également devancé la deuxième Haas d’Ollie Bearman, éliminé en Q1 pour la première fois depuis Monaco. Même si Aston Martin a utilisé trois trains de pneus tendres contre deux pour Bearman, ce dernier a admis que se battre contre l’AMR26 et perdre face à elle est « vraiment douloureux ».
« Ça montre qu’on se bat et qu’on galère vraiment en ce moment », a-t-il expliqué.
Bearman a dû céder sa place en FP1 à Ryo Hirakawa, puis a souffert en FP2 d’un « équilibre très mauvais en milieu de virage », ce qui l’a mis en difficulté d’entrée de week-end.
Son équipier Esteban Ocon a, lui aussi, salué l’évolution d’Aston Martin, la jugeant « assez impressionnante » et concédant que l’équipe devient « une menace ».
Alonso satisfait, mais déjà en quête de réglages
Fernando Alonso s’est montré heureux que l’évolution ait produit l’effet attendu, sans « mauvaise surprise ».
Il a toutefois insisté sur le fait que l’équipe n’exploite pas encore pleinement le potentiel du package :
« On n’est toujours pas au top du package. En qualifications, on a encore réappris quelque chose sur l’équilibre de la voiture, donc si on avait une autre séance je pense qu’on changerait encore les réglages et qu’on partirait dans une direction différente — c’est encore tôt.
Il y a plus de potentiel à débloquer, mais c’est normal quand on apporte un package aussi gros, et malheureusement on a aussi perdu une voiture [Lance Stroll] hier en essais libres, donc on manque encore d’expérience avec cette configuration. »
Selon Alonso, la voiture est devenue « un peu plus tolérante », donc plus facile à piloter, et aussi plus constante d’un virage à l’autre.
« Ce package, évidemment, il n’a pas changé beaucoup de positions, mais il a changé beaucoup de choses », a-t-il ajouté.
« L’élan de tout le monde à l’usine n’est plus de courir après quelque chose qu’on ne comprend pas.
On sait exactement ce qu’on cherche et on connaît précisément les objectifs pour le prochain package ou pour l’an prochain — c’est, je pense, le plus grand changement de ce week-end. »
Et ce n’est pas fini : nouveau châssis après la pause, puis Bakou
En plus d’optimiser cette évolution majeure, Aston Martin prévoit une autre évolution de châssis pour la première course après la pause estivale, à Zandvoort. Cette échéance coïncidera avec l’unique évolution moteur prévue par Honda.
Ensuite, l’équipe compte apporter une nouvelle évolution de châssis à Bakou, un mois plus tard.
Le bémol : manque de roulage pour Stroll et question de puissance
Un avertissement subsiste malgré l’embellie. Lance Stroll a été éliminé en Q1, 20e, à environ une demi-seconde d’Alonso, après avoir perdu un temps de piste crucial vendredi à cause d’une casse de suspension en FP1.
Stroll pensait que la Q2 était possible sans un vent arrière au virage 12, qui a fait que « la voiture ne tournait pas ». Avant ce passage, il n’était qu’à environ un dixième et demi d’Alonso, mais il aurait fallu trouver une amélioration importante dans les derniers virages.
Il a résumé ainsi : « Je pense qu’on manque beaucoup de moteur. On est clairement bien meilleurs en niveau de grip, donc il faut juste trouver plus de puissance. »
Plusieurs pilotes ont aussi rappelé que le Hungaroring peut flatter certaines qualités, avec ses lignes droites courtes. Bearman a prévenu : « C’est probablement le circuit qui leur convient le plus avec les lignes droites les plus courtes. Je ne pense pas que ça restera comme ça, disons, pour toujours, mais c’est un rappel qu’on doit élever notre niveau. »
Bottas a abondé dans le même sens : « C’est probablement un de leurs meilleurs circuits. Je pense toujours que sur des circuits avec de plus longues lignes droites ils pourraient être en difficulté, mais au moins ici, dans le cas présent, on est au fond, mais pas avec une énorme marge. Cette fois, c’est Williams qui est vraiment proche de nous. »
Ces réserves rendent d’autant plus importantes les prochaines étapes annoncées : la deuxième évolution de châssis doit encore faire progresser la voiture, et l’évolution moteur Honda devra aussi apporter son gain. Mais une chose est déjà claire au Hungaroring : Aston Martin vient de produire un pas en avant que beaucoup d’équipes du milieu de grille regardent avec envie.
Conclusion
À Budapest, Aston Martin a transformé la perception de son AMR26 : l’évolution a non seulement rapproché l’équipe en piste, mais elle a aussi envoyé un message fort au milieu de grille. Reste à confirmer ce niveau sur des circuits moins favorables et à convertir l’élan technique en progrès réguliers. La suite, entre Zandvoort et Bakou, dira si ce déclic n’était qu’un pic… ou le début d’une nouvelle trajectoire.
Foire aux Questions
Qu’appelle-t-on une « évolution » majeure en Formule 1 ?
C’est un ensemble de modifications importantes apportées à la voiture (et parfois à plusieurs zones à la fois) visant à améliorer la performance globale. En Hongrie, l’évolution d’Aston Martin a été jugée suffisamment importante pour changer nettement le niveau de compétitivité de l’équipe.
Pourquoi le Hungaroring peut-il avantager certaines voitures ?
Le Hungaroring comporte des lignes droites relativement courtes. Des pilotes ont rappelé que cela peut aider une voiture performante en virage, même si elle manque de vitesse de pointe, et que le constat pourrait être différent sur des circuits avec de longues lignes droites.
Pourquoi le manque de roulage du vendredi pénalise-t-il autant en qualifications ?
Perdre du temps de piste empêche de comprendre la fenêtre de fonctionnement des pneus, l’équilibre de la voiture et les réglages à privilégier. Stroll a manqué une partie cruciale du vendredi après une casse de suspension en FP1, ce qui a limité sa préparation.
Qu’est-ce qu’un départ depuis la voie des stands ?
C’est un départ effectué depuis l’entrée de la voie des stands, généralement lorsque la voiture a subi des réparations importantes ou des changements spécifiques avant la course. En Hongrie, Perez évoquait cette possibilité après son problème en FP3 et des doutes sur le remontage de la voiture.
Quelle différence entre une évolution de châssis et une évolution moteur ?
Une évolution de châssis concerne la structure et l’ensemble voiture (comportement, cohérence, potentiel d’équilibre), tandis qu’une évolution moteur vise la performance de l’unité de puissance. Aston Martin prévoit une évolution de châssis à Zandvoort, en même temps que l’unique évolution moteur Honda annoncée, puis une autre évolution de châssis à Bakou.
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