La promotion d’Isack Hadjar chez Red Bull aprĂšs une seule saison de rookie en Formule 1 fait forcĂ©ment dĂ©bat : n’est-ce pas trop tĂŽt pour affronter la pression d’un volant de tout premier plan ?

D’autant plus que l’écurie a multipliĂ© les jeunes pilotes “brĂ»lĂ©s” ces derniĂšres annĂ©es. Hadjar sait qu’il devra renverser une tendance devenue presque historique.

Mais ce que la F1 a dĂ©jĂ  montrĂ© de lui, c’est un pilote qui fonctionne Ă  sa maniĂšre — et qui, rĂ©guliĂšrement, dĂ©joue les pronostics.

🏁 2025 : un podium qui marque
 mais un signal plus ancien

Son podium au Grand Prix des Pays-Bas a Ă©tĂ© le point culminant indiscutable de sa saison 2025. Pour l’extĂ©rieur, c’était la preuve la plus visible qu’il Ă©tait un candidat Ă©vident Ă  la montĂ©e dans l’équipe principale.

Pourtant, les premiers indices de la trajectoire qu’il Ă©tait en train de prendre sont apparus bien plus tĂŽt — seulement quelques semaines aprĂšs le pire scĂ©nario possible pour dĂ©marrer sa carriĂšre, avec ce tĂȘte-Ă -queue lors du tour de formation du Grand Prix d’ouverture en Australie.

Le week-end qui a vraiment convaincu Red Bull au sujet d’Hadjar

đŸ‡ŻđŸ‡” Suzuka : le week-end qui a fait “tilter” la direction

Le week-end qui a rĂ©ellement poussĂ© ses responsables Ă  le regarder autrement s’est jouĂ© dĂšs la troisiĂšme manche, au Japon. Vu de l’extĂ©rieur, sa huitiĂšme place est restĂ©e relativement sous les radars, une grande partie de l’attention au sein de l’univers Red Bull Ă©tant alors concentrĂ©e sur l’échange Liam Lawson / Yuki Tsunoda.

Ce qui a marquĂ© les esprits n’était pas un rĂ©sultat “headline”, mais la vitesse immĂ©diate d’Hadjar pour une premiĂšre Ă  Suzuka — et surtout la maniĂšre dont il a su adapter son pilotage en course.

Alan Permane, le directeur d’équipe, rĂ©sume l’impression laissĂ©e ce week-end-lĂ  : « Il a Ă©tĂ© exceptionnel. Vraiment, vraiment exceptionnel.

« Il n’a fini que huitiĂšme, donc pas un tournant en soi, mais c’est lĂ  que tu te dis : “OK, il est vraiment solide.” »

Sa performance en qualifications — septiĂšme — avait dĂ©jĂ  confirmĂ© qu’il Ă©tait rapidement Ă  l’aise avec une F1. Mais, pour Permane, c’est surtout la course qui a fait la diffĂ©rence.

« C’est un circuit trĂšs difficile, mais les pneus Ă©taient trĂšs faciles Ă  gĂ©rer, et on pouvait attaquer Ă  fond », ajoute-t-il. « Il a fait la moitiĂ© de la course en attaquant complĂštement. Je sais qu’à la fin il Ă©tait dĂ©truit, mais il a pilotĂ© vraiment trĂšs bien.

« Et c’était aussi la premiĂšre fois qu’on le voyait vraiment quand on essayait de le coacher pendant la course.

« Quand il a commencĂ© Ă  avoir un peu de dĂ©gradation Ă  l’arriĂšre, on lui a dit : “OK, essaie d’utiliser un peu plus les pneus avant.” Et on l’a vu rĂ©pondre.

« Il a changĂ© son style de pilotage pour modifier la dĂ©gradation des pneus. C’est vraiment, vraiment intelligent dĂšs ta troisiĂšme course. »

Le week-end qui a vraiment convaincu Red Bull au sujet d’Hadjar

🧠 Auto-critique : une “bizarrerie” qui devient une force

Les qualitĂ©s d’Hadjar qui ont impressionnĂ© Red Bull ne se limitent pas Ă  la vitesse naturelle et Ă  la capacitĂ© Ă  gĂ©rer une course. Son attitude a aussi comptĂ© — mĂȘme si certains aspects peuvent sembler atypiques.

Permane insiste d’abord sur l’essentiel : « Ce qui m’a impressionnĂ©, c’est d’abord sa vitesse.

« Tu peux cocher toutes les autres cases. Mais si tu n’as pas la vitesse, c’est terminĂ©, non ?

« Les autres choses, c’est qu’il Ă©coute. Il apprend trĂšs vite. Il accepte volontiers les conseils, par exemple de ses ingĂ©nieurs, sur ce qu’il doit faire.

« Il sait qu’il ne sait pas tout. Donc il est content d’apprendre. Il est trĂšs auto-critique. Et je l’ai dĂ©jĂ  dit plusieurs fois — parfois mĂȘme trop auto-critique, honnĂȘtement.

« Quand ça ne va pas, le premier endroit oĂč il regarde, c’est : “Qu’est-ce que je peux faire de mieux ? Qu’est-ce que je dois faire de mieux pour que ça aille mieux ?”

« J’ai travaillĂ© avec des pilotes par le passĂ© dont le premier rĂ©flexe absolu, c’est la voiture : “Ça doit ĂȘtre la voiture. Ça ne peut pas ĂȘtre moi.” Donc c’est rafraĂźchissant. »

Il ajoute un point intĂ©ressant : cette auto-critique, qu’on retrouve aussi chez certains pilotes comme Charles Leclerc et Lando Norris, n’est pas forcĂ©ment un signe de faiblesse ou de doute. Au contraire, ce peut ĂȘtre une consĂ©quence de la confiance.

« C’est une grande force d’ĂȘtre assez confiant pour dire : “Qu’est-ce que je peux faire de mieux ?” D’autres pilotes, peut-ĂȘtre plus insĂ©cures, diront : “Ça ne peut pas ĂȘtre moi. Ça doit ĂȘtre la voiture.”

« Ça ne sonne pas comme si l’auto-critique Ă©tait le confiant et l’autre le non-confiant. Mais si, croyez-moi : quand ils sont confiants dans leur capacitĂ©, ils peuvent dire : “Qu’est-ce que je peux faire de mieux ?”

« Je pense que c’est un trait trĂšs fort pour un pilote, et c’est ce que je vois chez Isack. »

À la tĂ©lĂ©vision, entre messages radio tendus et frustration parfois visible, il est facile d’imaginer un Hadjar constamment en colĂšre contre lui-mĂȘme. Permane conteste cette lecture, tout en reconnaissant qu’il y a un axe de progrĂšs sur la façon dont le pilote “cible” ses propres erreurs.

« C’est clairement quelque chose sur lequel il peut travailler, et il le sait », prĂ©cise-t-il. « Oui, il est frustrĂ© quand des choses tournent mal, que ce soit de sa faute ou Ă  cause de la voiture.

« Bien sĂ»r, c’est dur de perdre de gros rĂ©sultats — et il est frustrĂ© comme ça — mais il n’est pas comme ça en rĂ©unions d’ingĂ©nierie.

« Il se calme trÚs vite et fait un vrai débrief, et ces choses-là ne sont pas mentionnées. »

🛞 Une voiture “facile” : l’autre paramùtre à surveiller

Un aspect clĂ© de l’adaptation d’Hadjar chez Red Bull ne concerne pas la pression mĂ©diatique, mais un facteur beaucoup plus technique : la “docilitĂ©â€ de la voiture qu’il aura entre les mains.

Il sera important de voir s’il dispose d’une monoplace au comportement sain, à l’image de la Racing Bulls de l’an dernier.

On sait que plusieurs Ă©quipiers de Max Verstappen ont eu du mal Ă  se sentir Ă  l’aise avec des caractĂ©ristiques qui dĂ©clenchent un arriĂšre trĂšs mobile — quelque chose que le quadruple champion du monde sait particuliĂšrement bien gĂ©rer.

Chez Racing Bulls, l’équipe a travaillĂ© pour Ă©viter qu’une voiture pointue, avec une fenĂȘtre de rĂ©glages trop Ă©troite, ne pĂ©nalise ses pilotes moins expĂ©rimentĂ©s.

Permane revient sur cette Ă©volution : « Je pense qu’on a franchi un cap avec une voiture beaucoup plus solide.

« Elle Ă©tait plus facile Ă  piloter, plus “user-friendly”, et c’est quelque chose sur lequel on a travaillĂ© consciemment, et dur.

« On a appris des leçons, des leçons difficiles [en 2024] avec la voiture, et les aĂ©rodynamiciens ont fait un trĂšs bon travail pour corriger ces difficultĂ©s. Et on a appliquĂ© ces
 pas des “rĂšgles”, mais ces choses qu’on avait apprises sur la voiture. »

đŸ€ L’environnement Racing Bulls et l’aide de Pierre Gasly

Hadjar estime que les progrĂšs rĂ©alisĂ©s l’an dernier ne viennent pas uniquement de son travail ou de la voiture. Il attribue aussi beaucoup Ă  l’environnement de Racing Bulls — et Ă  l’aide d’un pilote bien connu de l’équipe.

« Je ne pouvais pas rĂȘver d’une meilleure Ă©quipe pour commencer ma carriĂšre en F1 », explique-t-il. « Ils sont juste habituĂ©s Ă  former des gamins. Je le dois Ă  Pierre [Gasly], car on a passĂ© la majeure partie de l’hiver ensemble, et il m’a “mis la tĂȘte Ă  l’endroit” avant BahreĂŻn.

« C’est lĂ  que le travail a Ă©tĂ© fait. C’est aussi pour ça que je m’y suis habituĂ© trĂšs vite et que je me suis adaptĂ© trĂšs vite, donc, en tant que pilote en dehors de la piste, j’ai fait d’énormes, Ă©normes progrĂšs. »

Le week-end qui a vraiment convaincu Red Bull au sujet d’Hadjar

đŸ§© 2026 : une page blanche chez Red Bull

Pour Hadjar, il n’existe aucune certitude sur ce qu’il aura entre les mains en 2026 — et il est beaucoup trop tît pour juger si la RB22 sera plus “amicale” que ses devanciùres.

Mais aprĂšs sa progression Ă©clair, un Ă©lĂ©ment joue en sa faveur : il n’arrive pas dans une voiture façonnĂ©e depuis des saisons autour du style de Verstappen.

Le fait que ce soit une conception “feuille blanche”, qui devra ĂȘtre dĂ©veloppĂ©e et amĂ©liorĂ©e, lui offre une meilleure chance d’apporter son ressenti, d’influencer des directions et de faire Ă©voluer l’équilibre vers ce qui lui convient.

Comme il l’expliquait en fin d’annĂ©e derniĂšre : « C’est une nouvelle voiture. Ce n’est pas comme si Max connaissait la voiture, non ? Tout repart de zĂ©ro.

« Donc je me sens trĂšs, trĂšs chanceux dans la façon dont j’arrive chez Red Bull. Ça va ĂȘtre trĂšs bĂ©nĂ©fique et si la voiture doit aller dans une direction, je serai lĂ  aussi, et peut-ĂȘtre que ce sera grĂące Ă  mon apport. Donc oui, je suis excitĂ©. »

🔼 Conclusion : le test grandeur nature commence

Entre l’éclair de Suzuka — vitesse immĂ©diate, coaching intĂ©grĂ© en course, adaptation fine Ă  la dĂ©gradation — et une mentalitĂ© d’auto-critique assumĂ©e, Hadjar arrive chez Red Bull avec des signaux forts dĂ©jĂ  validĂ©s en conditions rĂ©elles.

Reste l’inconnue majeure : la personnalitĂ© technique de la monoplace 2026 et sa capacitĂ© Ă  lui permettre d’exprimer son pilotage. Une chose est sĂ»re : lorsqu’un pilote apprend aussi vite, l’avenir peut basculer en un seul week-end.

Foire aux Questions

Pourquoi le week-end de Suzuka a-t-il Ă©tĂ© si important pour Isack Hadjar ? đŸŽïž

Parce qu’il a montrĂ© une vitesse immĂ©diate sur un circuit trĂšs exigeant, et surtout une capacitĂ© rare Ă  modifier son style de pilotage en course pour gĂ©rer la dĂ©gradation des pneus, dĂšs sa troisiĂšme course.

Qu’a fait Hadjar en course pour gĂ©rer la dĂ©gradation des pneus ? 🛞

Quand l’équipe a observĂ© une dĂ©gradation Ă  l’arriĂšre, elle lui a demandĂ© d’utiliser davantage les pneus avant. Hadjar a su appliquer cette consigne et adapter son pilotage afin d’influencer l’usure.

L’auto-critique d’Hadjar est-elle un problùme ? 🧠

Selon Alan Permane, elle peut ĂȘtre parfois excessive, mais elle est surtout un signe positif : Hadjar cherche d’abord ce qu’il peut amĂ©liorer lui-mĂȘme, plutĂŽt que de mettre automatiquement tout sur le compte de la voiture.

Pourquoi la “facilitĂ©â€ de la voiture comptera-t-elle chez Red Bull ? ⚙

Plusieurs coĂ©quipiers de Max Verstappen ont eu du mal avec des monoplaces au train arriĂšre trĂšs mobile. L’adaptation de Hadjar dĂ©pendra aussi du caractĂšre de la voiture 2026 et de sa fenĂȘtre de rĂ©glages.

En quoi la voiture 2026 peut-elle ĂȘtre une opportunitĂ© pour Hadjar ? đŸ§©

Parce qu’il s’agirait d’un nouveau dĂ©part technique : une conception Ă  dĂ©velopper, oĂč Hadjar peut potentiellement apporter son ressenti et influencer plus facilement les directions d’évolution, plutĂŽt que d’arriver dans une voiture dĂ©jĂ  “figĂ©e” par des annĂ©es de dĂ©veloppement.

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