Jorge Martin s’excuse, mais conteste sa responsabilité dans le carambolage de Balaton

De retour face aux médias avant le Grand Prix de République tchèque, Jorge Martin a livré un message en clair-obscur : des excuses appuyées après le carambolage de Balaton, mais aussi une défense ferme de sa lecture du crash et de ce qui a suivi.
Un retour médiatique entre apaisement et fermeté
Martin s’est présenté à la journée médias d’avant-course avec un ton à la fois conciliant et défiant. Conciliant sur les conséquences de sa chute en Hongrie, qui a notamment mis hors course son équipier Aprilia Marco Bezzecchi, alors leader du championnat. Défiant lorsqu’il s’agit d’attribuer les responsabilités et d’interpréter les réactions suscitées par l’incident.
Le crash du virage 1 à Balaton : cinq pilotes impliqués
L’accident s’est produit à l’entrée du virage 1 du Grand Prix de Hongrie. Martin a chuté au freinage, déclenchant une réaction en chaîne qui a emporté :
- Jorge Martin
- Marco Bezzecchi (Aprilia), leader du championnat
- Raul Fernandez (Aprilia)
- Fermin Aldeguer (Ducati)
- Fabio Di Giannantonio (Ducati)
Aldeguer, ami de Martin, a même plaisanté en disant qu’il lui enverrait une facture pour la prime de podium manquée.
Asphalte resurfacé, adhérence piégeuse et sanction sportive
Le crash a été fortement influencé par une zone d’asphalte resurfacé particulièrement glissante à l’entrée du virage. Mais comme les pilotes connaissaient déjà le problème, l’erreur a tout de même été jugée suffisamment grave pour valoir à Martin une double pénalité de long lap pour la course de dimanche.
Des excuses sans détour : « Quel désastre j’ai fait »
Pour sa première apparition depuis l’incident (Aprilia ayant retiré Martin, Bezzecchi et Fernandez des obligations médias d’après-course à Balaton), le champion du monde 2024 a d’abord insisté sur ses regrets.
« La première chose que je veux dire, c’est m’excuser auprès de tous les pilotes et constructeurs impliqués. C’était ma première pensée. Vous pouvez voir mon image comme ça [mains sur la tête], quel désastre j’ai fait.
En tant que pilote, je ne veux vraiment jamais chuter et je ne veux jamais chuter en emmenant d’autres pilotes, et encore moins après ce que j’ai traversé la saison dernière. Je ne veux blesser personne, honnêtement.
J’avais vraiment mal après ce dimanche-là. J’étais mentalement en difficulté pour accepter ce qui s’est passé. Maintenant, à froid, je comprends que c’est la course, que ces choses peuvent arriver, et l’important pour moi, c’est de progresser à partir de mes erreurs et d’essayer d’être un meilleur pilote et une meilleure personne. C’est tout. »
Martin conteste une responsabilité totale
Malgré ses excuses, Martin a rapidement expliqué qu’il ne pense pas être le seul responsable de la collision collective.
« Honnêtement, je pense que je n’ai rien fait de bizarre. Dès que j’ai touché le frein, j’ai perdu l’avant, donc j’ai relâché un peu. Mais c’est sûr que dans ce virage en première, dès que j’ai relâché, j’étais vraiment beaucoup plus vite que les autres.
J’ai essayé de freiner à nouveau et là j’ai reperdu un peu l’avant, puis j’ai complètement perdu le contrôle. À ce moment-là, j’espérais vraiment pouvoir récupérer le contrôle, mais c’était impossible. C’était une chute vraiment effrayante, mais heureusement personne n’a de très grosses blessures et on peut tous courir ici.
Absolument, l’asphalte [fraîchement resurfacé] était un désastre total au virage 1. C’est drôle, mais à la commission de sécurité je disais : “vous devriez mettre des pénalisations plus fortes à quelqu’un qui chute au virage 1”.
Donc j’étais le premier à ne pas vouloir que ça arrive. Mais c’est la course et on doit juste apprendre des erreurs. »
Tensions internes : Martin répond aux critiques de Massimo Rivola
La chute a abîmé les espoirs d’Aprilia dans la lutte au championnat, et des déclarations fortes ont suivi. Martin a réagi aux propos du patron d’équipe Massimo Rivola, qui réclamait une sanction encore plus sévère pour son pilote.
« Au final, c’est son opinion. Je ne peux pas partager la même opinion avec tout le monde. Chaque personne a sa propre opinion. Mais, comme je l’ai dit avant, j’étais le premier à ne pas vouloir percuter qui que ce soit.
Je suis vraiment désolé pour les équipes. Je veux juste apprendre de cette erreur, mais c’est la course. Parfois c’est moi, parfois on me le fait, parfois d’autres pilotes percutent d’autres pilotes, et l’important pour moi c’est d’apprendre, et que, heureusement, il ne s’est rien passé d’important.
Je pense que c’est le moment d’être plus unis que jamais [chez Aprilia], parce que si on est les uns contre les autres, c’est comme se tirer dessus. Ça n’a aucun sens. On doit être intelligents. Je serai intelligent.
J’ai parlé avec Marco après la course deux fois. Bien sûr, c’était difficile à ce moment-là. J’ai parlé aujourd’hui avec Massimo et je pense qu’on est sur la même ligne. Maintenant c’est différent par rapport à il y a deux semaines et tout va dans la même direction. »
Conclusion
Entre excuses, mise en avant d’un virage 1 rendu piégeux par un resurfaçage, et appel à l’unité chez Aprilia, Jorge Martin arrive en République tchèque avec une course sous pression : la double pénalité de long lap l’oblige à transformer la contrainte en opportunité. En MotoGP, la meilleure réponse se donne souvent au freinage suivant.
Foire aux Questions
Qu’est-ce qu’une pénalité de long lap en MotoGP ?
C’est une sanction qui oblige le pilote à emprunter une trajectoire plus longue, matérialisée sur la piste, ce qui lui fait perdre du temps en course. Ici, Martin écope d’une double long lap, donc à effectuer deux fois.
Pourquoi une zone d’asphalte resurfacé peut-elle provoquer une chute ?
Un resurfaçage peut modifier l’adhérence, la rugosité et la manière dont le pneu « accroche » au moment du freinage. Sur un point critique comme l’entrée d’un virage en première, une différence d’adhérence peut suffire à faire décrocher l’avant.
Quels pilotes ont été impliqués dans le carambolage de Balaton ?
Jorge Martin, Marco Bezzecchi et Raul Fernandez (Aprilia), ainsi que Fermin Aldeguer et Fabio Di Giannantonio (Ducati).
Pourquoi Aprilia a-t-elle retiré ses pilotes des obligations médias après la course ?
Après l’incident à Balaton, l’équipe a retiré Martin, Bezzecchi et Fernandez des prises de parole d’après-course. Martin a ensuite fait sa première apparition médiatique depuis le crash avant le rendez-vous suivant.
Que demande Martin à Aprilia après cet épisode ?
Il appelle à l’unité interne, estimant qu’un conflit entre coéquipiers et direction affaiblirait l’équipe, surtout après un incident aux conséquences lourdes pour les ambitions au championnat.
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