Madring: premiers gagnants et perdants après une journée d’essais sans chaos

La première vraie journée de roulage en Formule 1 au Madring n’a pas produit le chaos annoncé.
Mais elle a déjà dégagé une liste très nette de gagnants et de perdants, avec des signaux intéressants sur le défi du tour parfait, l’équilibre des voitures et une usure des pneus potentiellement plus élevée qu’attendu.

Un tracé neuf, des repères déjà clairs
Un premier jour d’action en piste sur un nouveau circuit est toujours un moment délicat, d’autant plus pour une piste annoncée comme un possible foyer d’incidents.
Cette impression s’est plutôt vérifiée en Formule 3 et en Formule 2. En Formule 1, en revanche, le plateau est globalement resté propre, et les premières impressions semblent très positives.
Cette tendance doit être nuancée: tout le monde a intérêt à parler en bien d’une nouvelle épreuve, et il reste de vraies interrogations sur la qualité de la course de dimanche. Un point pourrait toutefois aider: une usure des pneus plus élevée qu’attendu.
Malgré ces réserves, l’adhésion est déjà forte.
Gagnant: le Madring
Le circuit récolte des avis très encourageants dès cette première journée.
« Nous avons vu des circuits urbains aller et venir en Formule 1 — et on a déjà l’impression que celui-ci est là pour rester », s’est réjoui Bradley Lord, directeur adjoint de l’équipe Mercedes.
« Je pense que mettre bout à bout le tour parfait demain en qualifications va être un vrai challenge, et c’est exactement ce que ça doit être. »
Alan Permane, patron de Racing Bulls, a lui aussi salué le travail réalisé: « Je pense que c’est une installation très, très impressionnante. On n’a pas l’impression d’un nouveau circuit urbain qu’ils auraient juste posé à la va-vite sur un parking, on sent vraiment qu’ils ont pris du temps et fait des efforts pour assembler un tracé intéressant. Vraiment impressionné. »
Les pilotes n’étaient pas unanimes (Max Verstappen, par exemple, a admis qu’il n’appréciait pas les circuits urbains “par principe”), mais les retours favorables ont été nombreux. Pierre Gasly a expliqué qu’il avait « vraiment adoré », et Charles Leclerc a apprécié un circuit « à engagement » avec plus d’adhérence que prévu.
Perdant: Arvid Lindblad
Tout le monde n’a pas traversé la journée sans accroc. Arvid Lindblad a fait figure d’exception, avec une longue glissade qui s’est terminée par un choc, roue arrière droite en premier, dans les barrières du virage 13.
« Ça avait l’air assez mauvais, mais en réalité l’impact n’était pas très fort », a-t-il expliqué après coup.
« Charles l’a fait de façon bien plus spectaculaire à Monza ! »
« Oui, il y a des dégâts, un bon paquet, assez importants, mais rien qui ne soit pas réparable. Donc je m’excuse auprès des ingénieurs, mais surtout des mécaniciens, parce qu’ils ont un peu de travail en plus ce soir, malheureusement. »
Gagnant: Arvid Lindblad, malgré tout
Paradoxalement, malgré l’accident, Lindblad et Permane sont ressortis très confiants — un signe révélateur de leur lecture de la performance.
Ils estiment que son retard de seulement 0,228 s sur la tête est un signal solide.
« Ce ne sont pas vraiment des sentiments mitigés, je préfère largement être 4e avec une voiture abîmée que 18e avec une voiture sur ses quatre roues », a lancé Permane.
« Ce n’est pas idéal, bien sûr, et on ne peut certainement pas faire ça tous les week-ends — mais on peut l’accepter. »
« Il n’y a aucun doute que la voiture est rapide, très rapide, c’est un vrai rythme de P4 aujourd’hui. Je ne dis pas que ce sera un rythme de P4 demain après-midi, mais on sera tout près, je pense. »
Lindblad a abondé: « On était P4 au mérite. Chaque tour qu’on a fait en FP2, on était rapides, donc c’est le plus important. »
Perdant: McLaren
Règle d’or sur un nouveau circuit: accumuler un maximum de tours en essais pour se préparer au mieux.
McLaren n’a pas pu suivre cette logique, une panne de boîte de vitesses ayant privé Lando Norris de roulage significatif en FP2. Un coup dur pour placer la voiture et le pilote dans la bonne fenêtre.
Et ce n’est pas tout: Oscar Piastri, qui a bien disputé les deux séances, a indiqué que l’équipe « manque de rythme ».
McLaren a déjà su renverser des vendredis compliqués par le passé, mais la dynamique entre une Mercedes très solide et une Ferrari qui semble revigorée rend le week-end plus menaçant qu’à l’habitude.
Gagnant: Haas
La mise à jour introduite par Haas sur ses deux monoplaces à Monza devait, sur le papier, mieux fonctionner au Madring — et les premiers indices en piste vont dans ce sens.
Esteban Ocon a signé le neuvième temps en FP2 et a parlé d’une « très bonne journée » à l’issue des essais, avec des signes laissant penser que l’inconstance qui l’avait handicapé à Monza n’est pas au rendez-vous ici.
« Il ne semble pas y avoir l’inconstance qu’on avait à Monza », a déclaré Ocon.
« On a encore changé beaucoup de pièces sur la voiture, et maintenant ça a l’air de plutôt bien fonctionner. »
« On doit faire une analyse approfondie ce soir pour voir exactement ce qui s’est amélioré, mais pour l’instant, au volant, je ne sens pas qu’il y avait un problème aujourd’hui. »
« On doit évidemment continuer comme ça demain. Globalement, ça a été plutôt bon. »
Ocon a aussi laissé entendre que la présence marquée de graining sur ce circuit pouvait jouer en faveur de Haas, l’équipe y étant moins sensible que certains rivaux.
Perdant: Red Bull
Le moment le plus marquant de la journée côté Red Bull est venu d’une réplique de Max Verstappen, interrogé sur le fait qu’il aurait pu espérer mieux au vu de la 4e place de Lindblad en FP2. Verstappen a répondu: « Je ne conduis pas cette voiture, donc je ne sais pas à quel point elle est rapide. »
Sur le fond, Verstappen a surtout pointé le besoin d’améliorer l’équilibre, tandis que son équipier Liam Lawson s’est plaint d’un manque d’adhérence à l’arrière.
La journée reste difficile à lire: Verstappen a terminé quatrième en FP1, et il a été plus proche du rythme Mercedes en FP2 malgré une sixième place.
Difficile, donc, d’avoir une image nette de la hiérarchie Red Bull/McLaren/Ferrari. Mais Ferrari semble avoir l’avantage pour l’instant, et Red Bull pourrait de nouveau se retrouver comme quatrième force du plateau.
Gagnant: Mercedes
Un tracé aussi exigeant peut encore surprendre l’équipe référence de 2026, mais pour l’instant Mercedes semble raisonnablement à l’aise aux avant-postes, avec George Russell et Kimi Antonelli en tête d’une séance chacun.
« On a bien démarré en FP1, et la voiture était forte dès le départ », a déclaré Russell, meilleur temps de la FP1.
« On a fait quelques changements de réglages pour la FP2, mais je ne suis pas sûr qu’ils aient amélioré la voiture, donc on va peut-être revenir en arrière dessus pendant la nuit. »
Au vu des rares informations disponibles sur les longs relais, rien n’indique que Mercedes n’aborde pas la suite du week-end en léger favori une nouvelle fois.
Conclusion
Cette première journée au Madring a surtout dessiné un contraste net: un circuit qui séduit, une Mercedes déjà solide, une Haas en progrès, et des difficultés à corriger pour McLaren et Red Bull. Entre la promesse d’un tour de qualification “à assembler” et la question de l’usure des pneus, le rendez-vous du lendemain s’annonce décisif.
Le Madring n’a pas encore livré son verdict du dimanche — mais il a déjà lancé un défi qui pourrait bien grandir course après course.
Foire aux Questions
Que signifient FP1 et FP2 en Formule 1 ?
FP1 et FP2 sont les deux premières séances d’essais libres du week-end. Elles servent à comprendre le circuit, régler la voiture, évaluer les pneus et préparer les qualifications et la course.
Pourquoi est-il crucial de faire beaucoup de tours sur un nouveau circuit ?
Un nouveau tracé impose des repères inconnus (freinages, bosses, adhérence, trajectoires). Accumuler des tours aide à optimiser les réglages, la confiance du pilote et la préparation des pneus, ce qui est déterminant en qualifications.
Qu’est-ce que le graining des pneus ?
Le graining correspond à l’apparition de petites “peluches” de gomme sur la surface du pneu, ce qui réduit l’adhérence et peut dégrader le rythme. Au Madring, sa prévalence a été évoquée comme un facteur potentiellement favorable à Haas, moins pénalisée que d’autres.
Que veut dire “manque de grip arrière” et pourquoi c’est pénalisant ?
Le grip arrière, c’est l’adhérence des pneus arrière. S’il manque, la voiture glisse davantage à l’accélération et en appui, ce qui complique la mise en température des pneus, use plus vite les gommes et réduit la vitesse de passage en courbe.
Pourquoi une panne de boîte de vitesses en essais est-elle si coûteuse ?
Elle fait perdre du temps de piste, donc des données et des ajustements de réglages. Sur un circuit inédit comme le Madring, cette perte est encore plus lourde car chaque tour compte pour comprendre la fenêtre de performance de la voiture.
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