Mercedes n’aurait, de son propre aveu, pas pu rĂȘver d’un meilleur dĂ©but d’essais avec sa nouvelle monoplace de Formule 1 et son nouveau moteur. AprĂšs une semaine jugĂ©e trĂšs positive en interne, l’équipe a posĂ© un standard prĂ©coce que ses rivales n’ont pas pu Ă©galer sur la pĂ©riode.

Pour autant, l’équipe comme ses pilotes rappellent que les essais restent un exercice piĂ©geux : les programmes diffĂšrent, les informations manquent et la hiĂ©rarchie rĂ©elle peut rester masquĂ©e jusqu’aux premiĂšres courses. Voici ce que ce premier test dit vraiment — et ce qu’il ne dit pas encore.

🚀 Une premiĂšre semaine presque idĂ©ale

Avant mĂȘme que la voiture ne prenne la piste, Mercedes s’est vue attribuer un statut de « favorite de la prĂ©-saison » jugĂ© prĂ©maturĂ©. Mais une fois en piste, l’équipe a donnĂ© du crĂ©dit Ă  cette Ă©tiquette en affichant une exĂ©cution particuliĂšrement propre.

La W17 a roulĂ© plus que les autres, avec moins d’ennuis, et le nouveau moteur a connu un dĂ©marrage trĂšs convaincant. Les premiers retours sur la corrĂ©lation entre la piste et la simulation sont dĂ©crits comme prudemment positifs, et Mercedes n’a pas cherchĂ© Ă  cacher sa satisfaction au fil des journĂ©es.

L’ingĂ©nieur en charge des opĂ©rations en piste, Andrew Shovlin, a expliquĂ© que Mercedes avait « plus ou moins cochĂ© tous nos objectifs » dĂšs les deux premiers jours, ce qui a conduit l’équipe Ă  poursuivre avec sa troisiĂšme journĂ©e autorisĂ©e (jeudi).

Seules deux Ă©quipes ont fait ce choix : Mercedes et, de façon remarquĂ©e, Racing Bulls avec le nouveau moteur de Red Bull — mais avec prĂšs de 1 000 km d’écart de kilomĂ©trage entre les deux structures.

« Nous avons terminĂ© avec un jour d’avance, mais cela tient au fait que la voiture nous a permis d’enchaĂźner le programme jour aprĂšs jour comme nous l’avions planifiĂ© », a rĂ©sumĂ© Shovlin.

Autre dĂ©tail rĂ©vĂ©lateur : au cours de la semaine, Shovlin a soulignĂ© que Mercedes perdait davantage de temps Ă  cause des interruptions provoquĂ©es par des arrĂȘts en piste d’autres voitures que par ses propres problĂšmes. Un constat factuel
 qui souligne aussi Ă  quel point Mercedes a pu dĂ©rouler son plan.

À quel point la premiĂšre dĂ©monstration de Mercedes en essais F1 est-elle intimidante ?

⏱ Des chronos flatteurs
 mais Ă  manier avec prudence

Mercedes a terminĂ© la semaine trĂšs nettement en tĂȘte au chrono alors qu’il restait encore une journĂ©e Ă  ses concurrentes pour amĂ©liorer. La progression a semblĂ© constante, avec environ une seconde gagnĂ©e par jour, aidĂ©e par le basculement d’un programme majoritairement effectuĂ© avec le pneu le plus dur (C1) vers le plus tendre (C3).

Mais l’équipe insiste : cette montĂ©e en rĂ©gime ne reflĂšte pas une chasse Ă  la performance pure. Mercedes indique s’ĂȘtre concentrĂ©e sur la comprĂ©hension des nouveaux systĂšmes, sans explorer le rĂ©glage au-delĂ  de ce que la piste de Barcelone et les conditions ambiantes exigeaient au jour le jour.

« Nous Ă©tions concentrĂ©s sur la comprĂ©hension des nouveaux systĂšmes », a insistĂ© Shovlin, en rappelant l’ampleur du chantier : nouveau groupe motopropulseur, nouvelle Ă©lectronique, et rĂ©glementation entiĂšrement renouvelĂ©e cĂŽtĂ© chĂąssis.

« Mais dans tous les domaines qui n’étaient pas bons le premier jour, nous avons bien progressĂ©. C’est trĂšs encourageant, et ces progrĂšs nous rendent plus rapides jour aprĂšs jour », a-t-il ajoutĂ©.

đŸ—Łïž Russell et Antonelli gardent la tĂȘte froide

Les pilotes George Russell et Kimi Antonelli ont adoptĂ© une communication mesurĂ©e : ils mettent en avant la productivitĂ©, l’acclimatation aux nouvelles voitures, les exigences Ă©nergĂ©tiques du nouveau moteur, et rĂ©pĂštent qu’il ne faut pas surinterprĂ©ter les temps.

Leur message est clair : l’essai sert d’abord Ă  apprendre, pas Ă  « gagner » un classement. Russell a tout de mĂȘme reconnu « un test trĂšs positif », tout en prĂ©venant :

« La voiture fonctionne bien jusqu’ici, mais ce n’est pas une question de savoir Ă  quel point elle fonctionne bien, c’est une question de savoir Ă  quel point elle va vite sur un tour, et nous n’en avons pas vraiment l’indication pour le moment. »

Il estime Mercedes « dans une position raisonnablement bonne », mais rappelle que beaucoup de choses peuvent Ă©voluer avant le prochain test Ă  BahreĂŻn, notamment avec l’arrivĂ©e d’évolutions chez plusieurs Ă©quipes. « Nous sommes encore trĂšs, trĂšs tĂŽt », a-t-il rĂ©sumĂ©.

🔍 Pourquoi ces essais ne donnent pas encore une hiĂ©rarchie fiable

Shovlin prĂ©vient aussi sur l’interprĂ©tation du ressenti : les pilotes apprĂ©cient la voiture, dĂ©crite comme plus agrĂ©able Ă  conduire que sous la prĂ©cĂ©dente rĂ©glementation, un peu plus lĂ©gĂšre, avec une bonne capacitĂ© Ă  tourner et un Ă©quilibre correct Ă  basse et haute vitesse.

Mais, rappelle-t-il, tout dĂ©pendra du chrono : « Au final, qu’ils soient heureux ou non dĂ©pendra du fait qu’ils soient rapides ou non. » La lecture se fera peut-ĂȘtre davantage lors de la derniĂšre journĂ©e, mais l’essentiel du verdict est renvoyĂ© au travail de BahreĂŻn.

La prudence est d’autant plus de mise que ce test est prĂ©sentĂ© comme difficile Ă  dĂ©chiffrer. Plusieurs variables restent inconnues : allocations de pneus diffĂ©rentes selon les Ă©quipes, choix d’utilisation et durĂ©e des relais, interprĂ©tation des relais par rapport aux charges en carburant, ou encore question du carburant durable avancĂ© — certaines Ă©quipes pouvant privilĂ©gier une option initiale plus sĂ©curisante pour engranger des kilomĂštres.

Enfin, le prĂ©cĂ©dent de 2022 rappelle Ă  quel point les chronos d’un premier test peuvent ĂȘtre un faux indicateur : Mercedes avait dĂ©jĂ  connu une semaine productive et rapide lors des premiers roulages de cette Ăšre technique, sans que cela reflĂšte ce que l’équipe parviendrait rĂ©ellement Ă  accomplir ensuite.

À quel point la premiĂšre dĂ©monstration de Mercedes en essais F1 est-elle intimidante ?

📏 Le chiffre qui frappe : 2 328 km, seul au-dessus des 2 000

S’il y a un Ă©lĂ©ment difficile Ă  minimiser, c’est le niveau de prĂ©paration affichĂ©. Mercedes s’est retrouvĂ©e seule au sommet du kilomĂ©trage, seule Ă©quipe Ă  dĂ©passer les 2 000 km sur la semaine, avec un total de 2 328 km.

Shovlin souligne une diffĂ©rence clĂ© par rapport Ă  2022 : cette fois, la prĂ©paration de Mercedes paraĂźt supĂ©rieure. À l’époque, d’autres Ă©quipes (Ferrari, notamment) semblaient prometteuses tout en laissant de la performance potentielle de cĂŽtĂ© sur la derniĂšre journĂ©e, et Mercedes n’avait pas un avantage massif en volume de tours — elle avait mĂȘme moins bouclĂ© de tours que Ferrari, et pas Ă©normĂ©ment plus que McLaren, Red Bull ou Williams.

Cette semaine, l’avance en kilomĂštres est plus nette. Et Mercedes ne minimise pas non plus ce que font les autres : Russell a saluĂ© des aspects « impressionnants » chez certains concurrents sur la partie moteur, qu’il juge « assez surprenants ».

« Bravo Ă  eux. Trois jours dans une saison de 24 courses, on ne veut pas trop juger, mais beaucoup s’attendaient Ă  ce que les nouveaux motoristes souffrent, et ils ont aussi fait un bon test. C’est bien pour eux, mais pour nous, le temps le dira », a-t-il expliquĂ©.

Autre mise en perspective marquante : ces 2 328 km sont Ă  peine infĂ©rieurs aux meilleurs totaux d’équipe sur chacun des trois derniers essais de prĂ©-saison, alors mĂȘme qu’à l’époque les rĂšgles chĂąssis n’avaient pas changĂ© et que les spĂ©cifications moteur Ă©taient figĂ©es depuis des annĂ©es.

En clair, Mercedes a livrĂ© une semaine qui va Ă  l’encontre de ce que l’ampleur de la rĂ©volution technique pouvait laisser anticiper. Cela ne garantit rien en performance pure, mais indique une prĂ©paration trĂšs solide pour aborder la suite.

đŸŒĄïž Direction BahreĂŻn : chaleur, rĂ©glages et prĂ©paration course

Shovlin rappelle que Mercedes se fixe des objectifs Ă  chaque Ă©tape, du shakedown de Silverstone Ă  ce premier test, puis Ă  BahreĂŻn. AprĂšs avoir « cochĂ© » l’essentiel ici, la suite doit basculer vers l’exploration des rĂ©glages : trouver la bonne fenĂȘtre de fonctionnement.

Il insiste aussi sur une limite majeure de Barcelone : le froid. « MĂȘme si on peut travailler les rĂ©glages ici, il fait tellement froid que ce n’est pas vraiment pertinent pour une piste de course », explique-t-il. BahreĂŻn doit donc permettre de valider le comportement Ă  tempĂ©rature, tant pour la performance chĂąssis que pour l’efficacitĂ© et la robustesse des systĂšmes.

Enfin, le dernier test de BahreĂŻn devrait ĂȘtre davantage orientĂ© « prĂ©paration course » : se mettre en condition qualification, travailler les scĂ©narios de course et tout ce que cela implique opĂ©rationnellement.

✅ Conclusion 🌟

Mercedes sort de cette premiÚre séquence avec une exécution presque irréprochable : beaucoup de kilomÚtres, une montée en puissance quotidienne, et un discours mesuré qui rappelle les piÚges des essais. La W17 semble née sous de bons auspices, mais le vrai jugement viendra quand les conditions seront plus représentatives et que tout le plateau poussera plus fort.

La suite Ă  BahreĂŻn dira si cette base trĂšs solide peut devenir un avantage dĂ©cisif — et c’est souvent lĂ , dans le travail invisible, que se construisent les saisons qui marquent l’histoire.

Foire aux Questions

Pourquoi les temps des essais sont-ils difficiles à interpréter ?

Parce que chaque équipe suit un programme différent : pneus (C1, C3
), longueurs de relais, charges en carburant supposées, et objectifs (fiabilité, systÚmes, réglages). Sans connaßtre ces paramÚtres, comparer les chronos est trompeur.

Que signifie faire 2 328 km en essais ?

C’est d’abord un indicateur de fiabilitĂ© et de prĂ©paration : plus une Ă©quipe roule, plus elle collecte de donnĂ©es et valide ses systĂšmes. Cela ne prouve pas automatiquement qu’elle est la plus rapide, mais cela montre qu’elle a pu exĂ©cuter son plan sans ĂȘtre freinĂ©e par des problĂšmes majeurs.

Pourquoi Mercedes semblait gagner environ une seconde par jour ?

Le gain provient Ă  la fois des progrĂšs rĂ©alisĂ©s sur les points faibles du premier jour et de l’évolution du programme, davantage orientĂ© vers un pneu plus tendre (du C1 vers le C3). Mercedes affirme toutefois ne pas avoir cherchĂ© une performance maximale.

Qu’attendre du test de Bahreïn aprùs Barcelone ?

BahreĂŻn doit permettre de travailler plus sĂ©rieusement les rĂ©glages et de vĂ©rifier le comportement de la voiture et des systĂšmes Ă  des tempĂ©ratures plus Ă©levĂ©es. L’objectif annoncĂ© est aussi de se rapprocher d’une prĂ©paration typĂ©e qualification et course.

Pourquoi la comparaison avec 2022 incite Ă  la prudence ?

Mercedes avait dĂ©jĂ  connu un premier test trĂšs solide avec les voitures de 2022, sans que cela reflĂšte son niveau rĂ©el sur l’ensemble de la saison. Les essais peuvent donc produire des signaux forts
 qui se rĂ©vĂšlent ensuite des faux indicateurs.

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