Monza 2026 : comment les réglages à faible traînée et les ailes arrière renforcent la stabilité au freinage

Monza 2026 : comment les réglages à faible traînée et les ailes arrière renforcent la stabilité au freinage
Monza, c’est l’art d’obtenir une configuration aérodynamique à faible traînée tout en conservant autant d’appui que possible. Mais un principe ne change pas : un virage reste un virage. Plus on le passe vite, plus la vitesse de sortie conditionne la vitesse en ligne droite, et donc le chrono.
Le tracé a évolué depuis ses débuts, mais il aligne toujours de longues lignes droites. Cette année, la vitesse de pointe dépasse légèrement les 340 km/h (211 mph), soit 94 m/s, et au bout de chacune d’elles arrive une phase de freinage plus ou moins sévère.
Freiner de 340 à 80 km/h : la zone où tout se joue
À l’approche de certaines chicanes, il faut faire chuter la vitesse jusqu’à 80 km/h (50 mph). Cette réduction se fait en un peu plus d’une seconde et, en distance, sur 100 mètres. Dans ces conditions, la stabilité de l’arrière et la confiance dans la constance de la balance de freinage deviennent critiques.
Quand l’aile arrière bascule du mode ligne droite (faible traînée) au mode virage (fort appui), cette stabilité arrière doit être immédiate : c’est précisément à ce moment-là que le pilote attaque la pédale de frein au maximum.
Ensuite, le défi est de relâcher la pression de freinage en suivant la baisse d’adhérence, puis de « passer dans le chas de l’aiguille » à l’entrée du virage. Un mètre trop tard et ce sont déjà quelques dixièmes perdus ; deux mètres trop tard et c’est une excursion dans l’échappatoire, avec des secondes qui s’envolent.
Récupération d’énergie, freinage hydraulique et manque de ressenti
À cette difficulté s’ajoute la récupération d’énergie sur l’essieu arrière : elle diminue vers la fin de la phase de freinage, ce qui impose une transition vers le freinage hydraulique sur les deux essieux et complique encore la gestion.
Avec les niveaux d’anti-plongée à l’avant et d’anti-soulèvement à l’arrière, utilisés par la plupart des monoplaces pour contrôler le tangage et stabiliser l’aéro, le pilote reçoit très peu de retour d’information au freinage.
Même si l’unité de puissance — avec sa récupération électrique et sa distribution — peut peser plus lourd que le pilote dans la performance globale, la capacité du pilote à garder confiance et à freiner « un mètre plus tard » reste déterminante.
McLaren : l’aile arrière rotative à 180° et la discipline du bon moment
McLaren se dit enfin satisfaite de son aile arrière rotative à 180 degrés, surnommée « H-wing ». Testée à de nombreuses reprises, elle n’est mise en service que lorsque les objectifs sont jugés atteints : une approche marquée par la discipline de ne pas monter des éléments sans certitude sur leur efficacité.
Les gros plans en configuration ouverte sont rares : à ce moment-là, les voitures roulent autour de 300 km/h (186 mph), soit 83 m/s. Et côté réglementation, l’aile doit s’ouvrir et/ou se refermer en moins de 0,4 seconde — littéralement un clignement d’œil.
Autre point notable : McLaren conserve à peu près la même taille horizontale de volet Gurney. Ce volet peut ajouter de la traînée, mais agit aussi comme une sorte de « parachute » stabilisant l’arrière au freinage, ce qui peut renforcer la confiance du pilote dans la phase la plus délicate.
Ferrari : moteur revu, et détails aéro pour Monza
Pour Ferrari, gagner à Monza compte souvent presque autant que le titre. Et la peur de ne pas monter sur le podium y constitue une motivation tout aussi puissante : l’approche est généralement de tout tenter pour le Grand Prix d’Italie.
Cette année, l’accent a surtout été mis sur la mise au point d’un moteur amélioré. Il est avancé que, dans ce cadre, la taille du turbo aurait été augmentée. Lors des essais de pré-saison, Ferrari — seule avec un turbo plus petit que les autres motoristes — s’était montrée très performante au départ.
Mais la FIA a ensuite ajouté, pour des raisons de sécurité, un délai de cinq secondes avant l’allumage des feux, afin de laisser aux pilotes le temps de faire monter le régime moteur et la pression de suralimentation. Ce changement a, de fait, réduit l’avantage qu’apportait le turbo plus petit.
Des déflecteurs latéraux simplifiés pour gérer les turbulences
Ferrari apporte aussi des évolutions aérodynamiques. Des ailettes verticales sur les bargeboards (déflecteurs latéraux), destinées à gérer la turbulence propre aux monoplaces à roues découvertes, passent à Monza d’une pièce à trois éléments à une pièce à un seul élément. Il pourrait s’agir d’un développement appelé à rester au-delà de Monza, mais seul la suite de la saison le confirmera.
Refroidissement des freins arrière : privilégier une sortie plus efficace
Ferrari adopte également une sortie de conduit de frein arrière plus grande et plus travaillée. Monza est particulier pour le freinage : après de longues lignes droites, les freins peuvent être trop froids au moment où l’on attaque la pédale, puis trop chauds une fois la décélération réalisée. Le problème est particulièrement visible à la première chicane, là où la réduction de vitesse est la plus importante.
La récupération d’énergie s’effectue via l’essieu arrière jusqu’à ce que la batterie soit pleine, puis diminue, ce qui laisse en fin de freinage un recours accru au freinage hydraulique. Et pour gagner du poids, les équipes roulent avec des freins arrière plus petits que l’idéal.
Augmenter le refroidissement à Monza n’est pas une mauvaise idée, mais il ne suffit pas d’ouvrir davantage l’entrée : il vaut mieux viser une sortie plus grande et mieux répartir le refroidissement des différentes zones — plaquettes, disques, étriers, etc. — au sein du système de freinage.
Échappement : un bloqueur de flux relevé, sans changer fortement la section ouverte
Le bloqueur de direction des gaz d’échappement (mis en évidence sur l’image d’origine) a aussi été modifié. Il est désormais plus haut, ce qui ferme verticalement plus de la moitié de la sortie, mais une fente centrale reste ouverte : la surface réellement ouverte n’est donc probablement pas très différente. Cette pièce pourrait aussi répondre au besoin de guider les flux lié à un turbo plus grand, si Ferrari a effectivement fait ce choix.
Les ailettes latérales de ce bloqueur ont, elles, été réduites en largeur, et la suppression des petites dérives d’extrémité devrait apporter une légère réduction de traînée.
Mercedes : traînée réduite, mais un Gurney conservé pour l’arrière
Mercedes a supprimé ses extensions d’aile arrière. Mais pour conserver de la stabilité de l’arrière au freinage, l’équipe, comme McLaren, garde le volet Gurney sur l’aile arrière.
Mercedes a aussi réduit la longueur de la dérive de ponton associée au support de rétroviseur (mise en évidence sur l’image d’origine). L’idée est une petite réduction de traînée : cela permettrait à une partie du flux passant au-dessus du ponton d’être davantage aspirée vers l’échancrure (l’undercut) du ponton.
Red Bull : Gurney pleine longueur et attention portée au réattachement du flux
Red Bull a suivi une logique similaire de nettoyage du bord de fuite de l’aile, mais en adoptant un volet Gurney sur toute la longueur. La géométrie de l’actionneur diffère aussi par rapport au début de saison. Après les sorties de piste de Verstappen à l’entrée de virage en Autriche et à Silverstone, l’équipe a cessé d’utiliser ce style d’aile pendant une course, le temps de mieux comprendre à quel point l’écoulement se réattache efficacement lors du passage du mode ligne droite au mode virage.
Williams : petites retouches de détail pour gagner en traînée
Williams a ajouté de petites ailettes sur le bord de fuite du halo. Elles doivent assainir l’écoulement qui se détache de la section ronde des tubes latéraux de support du halo.
L’équipe a également réduit la longueur du bord de fuite de ses bargeboards (zone de coupe indiquée sur l’image d’origine). Ces deux changements visent probablement de petites réductions de traînée.
Conclusion : à Monza, la stabilité au freinage dicte le résultat
À Monza, la stabilité au freinage reste la clé, d’autant plus si la course se joue sur un seul arrêt. La perte de temps quand la voiture est immobilisée au stand pendant que les concurrents passent en piste à 340 km/h est considérable.
Et en fin d’épreuve, les pneus dépassent largement leur fenêtre d’adhérence idéale, rendant l’erreur plus facile. En sport automobile, on ne célèbre jamais trop tôt : tout se décide quand le drapeau à damier tombe — et l’avenir appartiendra à ceux qui sauront rester précis jusqu’au dernier freinage.
Foire aux Questions
Pourquoi Monza demande-t-il une configuration à faible traînée ?
Le circuit comporte de longues lignes droites où la vitesse de pointe est déterminante. Réduire la traînée améliore l’accélération et la vitesse maximale, tout en imposant de conserver assez d’appui pour les chicanes et virages rapides.
Qu’est-ce qui rend le freinage si difficile à Monza ?
Les décélérations sont extrêmes : on peut passer d’environ 340 km/h à 80 km/h en un peu plus d’une seconde, sur une centaine de mètres. Cela exige une grande stabilité de l’arrière et une balance de freinage constante, surtout lors des transitions d’aéro entre mode ligne droite et mode virage.
À quoi sert un volet Gurney sur l’aile arrière ?
Un Gurney augmente l’appui mais peut ajouter de la traînée. Dans ce contexte, il peut aussi aider à stabiliser l’arrière au freinage, en apportant une force aéro plus rassurante quand le pilote attaque la pédale.
Pourquoi la récupération d’énergie peut-elle perturber le freinage ?
La récupération sur l’essieu arrière peut diminuer en fin de freinage, ce qui modifie la contribution entre freinage électrique et freinage hydraulique. Cette transition complique la sensation et la constance, surtout dans les zones où l’on cherche à freiner très tard.
Pourquoi ne suffit-il pas d’agrandir une entrée de refroidissement de frein ?
Augmenter une ouverture n’assure pas un refroidissement homogène. Une sortie plus efficace et un meilleur guidage du flux vers les zones clés (plaquettes, disques, étriers) peuvent être plus pertinents, notamment sur un circuit où les freins peuvent être trop froids au début du freinage puis trop chauds après la décélération.
Et si cette obsession du dernier mètre vous inspirait ? De la mythique McLaren F1 à votre garage, faites du rêve automobile une option concrète via une LOA/LLD souple avec Joinsteer, garanties et achat à distance pour garder le cap.

























































