L’instance dirigeante du MotoGP, la Commission des Grands Prix, a décidé d’interdire avec effet immédiat les dispositifs d’abaissement à l’avant. Cette décision s’inscrit dans une série d’ajustements réclamés par les pilotes après la chute du virage 1 à Barcelone le mois dernier.

Le MotoGP rend immédiate l’interdiction des dispositifs d’abaissement après des chutes

Une interdiction avancée dès ce week-end

Le déclencheur de ces discussions a été l’accident du premier virage à Barcelone, un incident qui a pratiquement mis fin à la saison 2026 de Johann Zarco. Parmi les mesures attendues, l’interdiction du dispositif d’abaissement avant devait initialement entrer en vigueur seulement en fin de saison, en même temps que la suppression des dispositifs d’abaissement arrière.

Finalement, la Commission a choisi d’avancer le calendrier : l’interdiction du dispositif avant sera appliquée dès le TT des Pays-Bas, ce week-end. Ces dernières semaines, des séances supplémentaires de départ arrêté ont été ajoutées au programme afin de permettre aux pilotes d’évaluer concrètement le changement.

Selon les retours du paddock, l’accueil a été globalement positif après une opportunité d’essai le vendredi précédent à Brno. La décision finale a ensuite été entérinée à l’issue de la réunion de la commission de sécurité tenue dans la soirée.

Le point de vue de Luca Marini

Le pilote Honda Luca Marini a soutenu la démarche : « Nous sommes déjà à un bon niveau et je pense que c’est un bon pas. » Il a également insisté sur le fait que la transition ne lui paraissait pas problématique à très court terme : « Je n’ai pas compris pourquoi nous ne courions pas déjà ici sans le dispositif, mais bien sûr, peut-être qu’à Assen tout le monde sera d’accord pour l’enlever. »

Et de relativiser l’ampleur du changement : « Nous avons roulé de nombreuses années avec le dispositif avant aussi, donc une course de plus ne pose pas de problème. »

Grille de départ : un espacement accru entre les lignes

Deuxième mesure décidée après l’incident de Barcelone : l’augmentation de la distance entre les rangées sur la grille. À partir du Grand Prix d’Allemagne, à la mi-juillet, l’écart entre la première et la quatrième ligne passera de 9 à 12 mètres.

La décision est plus discutée, car plusieurs observateurs estiment qu’elle pourrait ne pas améliorer la sécurité. L’argument principal : avec davantage de distance pour accélérer, les pilotes plus loin sur la grille pourraient arriver plus vite au virage 1. Malgré ces réserves, la mesure a néanmoins été plutôt bien accueillie par les pilotes.

Pourquoi la vitesse n’est pas le seul enjeu, selon Marini

Marini a plaisanté sur le fait que cela pousserait peut-être les pilotes à freiner plus tôt, avant d’expliquer son analyse : selon lui, « la vitesse ne fait pas la différence » en matière de sécurité à l’entrée du premier virage. Il pointe plutôt la configuration des deux premiers virages : « C’est le tracé du premier virage, du premier et du deuxième virage. »

Il rappelle aussi qu’une chute à faible vitesse peut rester dangereuse : « Au final, vous pouvez chuter à 70 km/h et c’est dangereux de la même manière qu’à 180 km/h. » L’objectif, dit-il, est de « rendre la vie des pilotes un peu plus facile » à l’approche du virage 1.

Dans cette logique, la suppression des dispositifs d’abaissement doit aussi réduire la charge mentale au départ : Marini décrit une phase de mise en action où il faut penser à plusieurs paramètres (bien engager le dispositif avant, éviter d’appuyer sur le mauvais bouton), puis à l’arrivée au freinage, gérer une moto qui plonge davantage : « Maintenant, nous approchons le départ avec beaucoup de choses en tête… et ensuite quand vous arrivez au premier virage vous devez toujours freiner très fort parce que le dispositif avant s’enfonce de plus en plus… mais si vous avez des ressorts durs à l’avant, une fourche, c’est très difficile. »

À partir de 2028 : limitation du nombre de motos fournies aux équipes satellites

Enfin, la Commission a validé une mesure moins urgente dans son calendrier, mais structurante pour le plateau. À partir de 2028, chaque constructeur ne pourra plus fournir plus de quatre motos à des équipes satellites.

Concrètement, cela limitera chaque marque à six machines au total sur la grille (en incluant les motos d’usine), et mettra fin à l’avantage notable dont Ducati a bénéficié par le passé avec huit motos engagées.

Conclusion

Entre l’interdiction immédiate des dispositifs d’abaissement avant, l’évolution de la grille de départ et la régulation du nombre de motos satellites à l’horizon 2028, le MotoGP poursuit un double objectif : améliorer la sécurité et rééquilibrer le championnat. Les prochaines courses diront si ces ajustements se traduisent par des départs plus sereins et un peloton encore plus disputé — une perspective qui ouvre la voie à un MotoGP plus sûr et plus juste.

Foire aux Questions

Qu’est-ce qu’un dispositif d’abaissement (ride height device) en MotoGP ?

C’est un système utilisé au départ et/ou en phase d’accélération pour abaisser la moto, afin de limiter le cabrage et d’améliorer la motricité. La décision annoncée porte sur l’interdiction du dispositif à l’avant avec effet immédiat.

Pourquoi l’interdiction du dispositif avant est-elle appliquée immédiatement ?

La mesure a été accélérée après l’accident du virage 1 à Barcelone et après des essais réalisés lors de séances de départ supplémentaires, notamment le vendredi précédent à Brno, avant une validation en commission de sécurité.

Que change l’augmentation de l’écart entre les rangées sur la grille ?

À partir du Grand Prix d’Allemagne (mi-juillet), la distance entre la première et la quatrième ligne passera de 9 à 12 mètres. L’objectif est d’ajuster la dynamique du départ, même si certains craignent un gain de vitesse à l’entrée du premier virage pour les pilotes plus loin sur la grille.

Pourquoi certains pilotes disent que la vitesse n’est pas le facteur principal au virage 1 ?

Luca Marini explique que la sécurité dépend beaucoup de la configuration des deux premiers virages et du contexte de trafic. Il souligne aussi qu’une chute peut être dangereuse même à 70 km/h.

Que prévoit la règle de 2028 sur les motos satellites ?

Dès 2028, un constructeur ne pourra fournir plus de quatre motos à des équipes satellites, ce qui limitera sa présence totale à six motos sur la grille et supprimera l’avantage d’avoir pu engager jusqu’à huit motos par le passé.

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