MotoGP : le « 10 sur 10 » de Lecuona met en pleine lumière les soucis de grip de Morbidelli

L’intérim d’Iker Lecuona en MotoGP, qu’il a lui-même qualifié de « 10 sur 10 », n’a pas seulement marqué le week-end de Balaton Park : il a aussi mis en évidence, encore plus crûment, les difficultés persistantes de Franco Morbidelli à trouver du grip avec sa Ducati au sein de l’équipe VR46.
Lecuona propulsé en MotoGP pour remplacer Alex Marquez
Le pilote de World Superbike Iker Lecuona a été choisi par Ducati pour remplacer Alex Marquez, alors que le pilote Gresini poursuit sa convalescence après ses blessures survenues lors de son terrible accident au Grand Prix de Catalogne.
Ce choix a d’abord suscité des interrogations, notamment sur l’absence de Nicolo Bulega (son coéquipier Ducati en WorldSBK) dans l’équation. La raison évoquée est simple : la priorité 2026 de Bulega est de continuer à dominer en WorldSBK, et Ducati estime que cette pige est une distraction moins « coûteuse » pour Lecuona.
Un week-end impressionnant, conclu par une 7e place
À 26 ans, Lecuona a probablement signé l’une des performances les plus marquantes du week-end hongrois. Immédiatement rapide et jamais en décalage au milieu des 21 autres pilotes, malgré son absence du plateau MotoGP depuis 2023, il a ponctué sa prestation par une 7e place dimanche.
Cette 7e place a été acquise au terme d’un dernier tour décisif : Lecuona a dépassé Jack Miller (Pramac Yamaha) dans l’ultime boucle, après avoir mieux freiné au virage 9.
Les mots de Lecuona après la course
« Honnêtement, je suis vraiment, vraiment heureux », a déclaré Lecuona après l’arrivée. « Juste le fait de dépasser, de me battre. Je suis allé un peu large, plus de fois que je ne l’aurais pensé, donc j’ai perdu beaucoup de temps quand je devais revenir sur Miller.
« Mais quand je suis arrivé dans le dernier tour, je devais le doubler. J’ai mieux freiné au [virage] 9 et j’ai dépassé dans le dernier tour, donc je suis vraiment, vraiment heureux et aussi excité, et c’est mon objectif.
« Je suis aussi très reconnaissant pour l’opportunité. Donc, encore une fois, d’abord je dois dire merci à Ducati, Gresini et Aruba [partenaire titre de Ducati en WorldSBK] pour avoir rendu possible cette opportunité incroyable. Honnêtement, j’ai vu ma vitesse, mon potentiel. On n’a jamais été les derniers ici. Donc oui, merci aux gars. »
Interrogé sur la note à donner à son week-end, Lecuona n’a pas fait dans la modestie : « Pour moi, c’est un 10. Honnêtement, c’était un 10. »
Morbidelli, l’autre visage du week-end : l’impression de reculer
À l’inverse d’un Lecuona en progression, Morbidelli a donné l’impression de ne pouvoir que reculer. Et cet écart de dynamique a renforcé une question déjà centrale : pourquoi le pilote VR46 n’arrive-t-il pas à exploiter le grip de son package Ducati, week-end après week-end ?
Morbidelli contre Lecuona au Grand Prix de Hongrie
FP1 : Morbidelli 0,836 s devant
PR : Lecuona 0,287 s devant
FP2 : Lecuona 0,413 s devant
Q1 : Lecuona 0,210 s devant
Q2 : N/A
SPR : Lecuona 0,252 s devant par tour (3,218 s au total)
WUP : Lecuona 0,287 s devant
GP : Lecuona 0,328 s devant par tour (8,518 s au total)
Une saison 2026 discrète pour Morbidelli, sauf un podium “météo”
Le début de saison 2026 de Morbidelli est resté relativement discret, en dehors d’un podium surprise en sprint à Jerez, rendu possible par les conditions météo. S’il ne fait pas autant parler de lui que l’an dernier (dépassements extravagants ou incidents étranges), le constat est surtout sportif : il n’a tout simplement pas le rythme pour défier les autres pilotes Ducati.
Pour Morbidelli — qui pourrait être remplacé chez VR46 par Bulega en 2027 — il est d’autant plus préoccupant de voir Lecuona s’insérer si naturellement dans le rythme, alors qu’il n’avait jamais roulé sur une Ducati de MotoGP avant ce week-end.
Le cœur du problème : impossible de “sortir un grip normal”
Au-delà du résultat brut, le point le plus inquiétant est que Morbidelli ne semble pas comprendre comment ajuster le grip de son package Ducati pour tirer le maximum d’un week-end de course. Un thème récurrent cette saison, mais encore plus frappant face à un remplaçant éclatant.
Morbidelli fait partie des deux pilotes du plateau à rouler avec la Ducati Desmosedici de l’année précédente — une machine qui s’était montrée particulièrement capricieuse l’an dernier entre les mains de Pecco Bagnaia et Fabio Di Giannantonio.
Comparaison interne Ducati : Aldeguer devant, malgré un contexte difficile
Cette année, Morbidelli partage une spécification avec Fermin Aldeguer (Gresini). Si Aldeguer n’a pas été irréprochable en régularité, il a — même avec les séquelles persistantes d’une grosse blessure à la jambe durant l’intersaison — nettement surperformé le pilote VR46.
Morbidelli compare son sprint 2025 et son sprint 2026
« L’an dernier j’étais sur le podium lors de la course sprint et j’ai fait toute la sprint derrière Marc [Marquez] », a regretté Morbidelli samedi à Balaton Park. « Cette année j’ai fait toute la sprint derrière [Fabio] Quartararo, qui galère énormément avec sa moto.
« C’est sûr qu’on doit continuer à travailler, continuer à essayer de comprendre ce qui se passe et de le corriger, définitivement. »
La crainte d’être exposé, et la sensation de rouler “sur la glace”
Morbidelli a admis être arrivé sur ce week-end en redoutant d’être mis en difficulté par Lecuona, tant son ressenti avec sa GP25 était déjà mauvais en amont.
« Nous devons travailler ensemble avec Ducati pour sortir un grip normal de la moto », a réaffirmé Morbidelli. « Parce qu’on n’a pas l’air d’avoir trouvé une façon de sortir un grip normal du package.
« Je galère tellement quand je roule. Je suis sur la glace et je travaille sur chaque moto, chaque réglage, chaque circuit, chaque condition. On travaille énormément avec les ingénieurs pour régler ça, pour comprendre ce qui se passe et comment le régler. »
« Mais pour le moment, on n’a pas l’air d’avoir trouvé une solution. »
Conclusion
Le week-end “10 sur 10” de Lecuona a servi de révélateur : quand un remplaçant, sans expérience récente en MotoGP et sans roulage préalable sur une Ducati MotoGP, peut immédiatement performer, la crise de grip de Morbidelli apparaît encore plus difficile à expliquer — et plus urgente à résoudre. La suite dépendra de la capacité de Ducati et de VR46 à transformer ce constat en réponses concrètes : en MotoGP, le futur appartient à ceux qui savent retrouver l’adhérence quand tout semble glisser.
Foire aux Questions
Pourquoi Iker Lecuona a-t-il remplacé Alex Marquez ?
Ducati a choisi Lecuona comme remplaçant d’Alex Marquez, blessé et en convalescence après son gros accident au Grand Prix de Catalogne.
Pourquoi Nicolo Bulega n’a-t-il pas été sélectionné à la place ?
La raison avancée est que la priorité 2026 de Bulega est de poursuivre sa domination en WorldSBK, et Ducati considère que cette pige représente une distraction moins pénalisante pour Lecuona.
Qu’a réussi Lecuona pendant le week-end à Balaton Park ?
Il a été immédiatement rapide, a semblé à l’aise au milieu des 21 autres pilotes malgré son absence du plateau depuis 2023, et a terminé 7e le dimanche en dépassant Jack Miller dans le dernier tour, après avoir mieux freiné au virage 9.
Quel est le problème principal de Franco Morbidelli selon ses déclarations ?
Morbidelli explique ne pas parvenir à obtenir un « grip normal » de son package. Il dit se sentir « sur la glace » et indique que lui et ses ingénieurs travaillent intensément pour comprendre la cause et trouver une solution, sans y être parvenus pour l’instant.
Que montre la comparaison chronométrique Morbidelli vs Lecuona en Hongrie ?
Après une FP1 à l’avantage de Morbidelli, Lecuona a été devant dans la majorité des séances (PR, FP2, Q1, warm-up, sprint et course), avec un avantage mesuré notamment en course à 0,328 s par tour (8,518 s au total).
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