Lors de la présentation F1 de Red Bull à Detroit, un contraste frappant a émergé : l’enthousiasme débordant autour du partenariat avec Ford, et en parallèle une lucidité assumée sur les difficultés qui attendent l’équipe au moment de devenir motoriste en 2026.

Ce décalage n’est pas tant une contradiction qu’une question d’horizon : le court terme s’annonce exigeant, tandis que le potentiel à moyen et long terme nourrit une confiance réelle en interne.

Detroit : promesse grandiose vs réalité du défi 🏁

Sur scène, Bill Ford (arrière-petit-fils d’Henry Ford) a présenté l’alliance Red Bull–Ford comme un projet appelé à marquer l’histoire. Son message est sans détour : « Ensemble, nous allons être inarrêtables ».

Quelques instants plus tard, le directeur de l’équipe, Laurent Mekies, a tenu un discours plus pragmatique. Pour lui, l’ampleur de la tâche est exceptionnelle… et forcément éprouvante :

« Nous avons un défi irréel, et nous avons le privilège d’y être associés, d’y participer. Donc oui, ça vient avec quelques maux de tête. Oui, ça vient avec quelques nuits blanches. Mais fondamentalement, c’est ça qui nous alimente. »

En creusant, on comprend que ces deux tonalités parlent simplement de deux moments différents : une entrée en 2026 potentiellement compliquée, puis une montée en puissance que l’équipe estime possible grâce aux bases posées à Milton Keynes.

"Inarrêtable" ? Où en est vraiment le projet moteur Red Bull/Ford

Un groupe motopropulseur construit sur une page blanche 🔧

Un signal fort de l’intensité du programme : Ben Hodgkinson, directeur technique de Red Bull Powertrains, a choisi de ne pas assister à l’événement de Detroit pour rester au travail à l’usine.

Pendant que les dirigeants prenaient la parole, Hodgkinson poursuivait des simulations de course “façon Barcelone” sur banc d’essai, en faisant tourner une sixième génération du groupe motopropulseur Red Bull.

Hodgkinson fait partie des premiers recrutements moteurs opérés par Christian Horner, après son parcours chez Mercedes. Fort de son expérience d’un environnement capable de gagner des championnats, il estime que le niveau de structure mis en place est au bon standard.

Selon lui, l’un des avantages majeurs vient du fait que Red Bull Powertrains a été conçu spécifiquement autour du règlement 2026 : une organisation « sur mesure » plutôt qu’une adaptation d’un modèle existant.

Il résume l’approche ainsi : l’opportunité ressemblait à une « feuille blanche », non seulement pour le moteur, mais pour l’entreprise entière, avec la possibilité de tout construire en fonction des règles à venir — et d’en faire un avantage.

Des installations pensées pour le règlement 2026 🧪

Cette conception autour du futur règlement peut créer des gains très concrets : maximiser le nombre et le niveau des bancs d’essai, ajuster les effectifs, et sélectionner un ensemble d’équipements cohérent avec ce que les règles autorisent et exigent.

Un effet inattendu : attirer les bons profils 🧠

Hodgkinson souligne aussi un bénéfice moins “technique” mais déterminant : la nature audacieuse du projet agit comme un filtre à talents. Selon lui, une initiative aussi risquée attire surtout des personnes prêtes à prendre des décisions fortes et à innover vite, tandis que les profils plus prudents ont tendance à rester en place. Résultat : une adéquation culturelle très naturelle… et un rythme d’innovation stimulé.

Le premier mur à franchir : la fiabilité dès les essais 🛠️

À court terme, la priorité n’est pas de viser immédiatement le sommet de la performance pure, mais d’assurer un point fondamental : une unité fiable pour le premier essai de pré-saison à Barcelone.

Hodgkinson rappelle un parallèle marquant avec 2014 : beaucoup d’équipes avaient surtout lutté pour simplement enchaîner les tours. Et l’équipe qui a dominé cette année-là était celle capable d’accumuler tour après tour, sans interruption — un avantage qui conditionne tout le reste (données, réglages, compréhension, et progression rapide).

L’objectif immédiat est donc clair : offrir une piste “propre” aux pilotes et à l’équipe de course. Autrement dit, le mot d’ordre est d’éviter les ennuis.

Performance : trop tôt pour les comparaisons, mais un potentiel énorme 📈

Sur le niveau de performance face aux motoristes concurrents, le discours reste prudent. Laurent Mekies a insisté : il serait naïf d’imaginer être d’emblée à égalité avec les autres constructeurs dès le début du cycle.

Mais même si le départ 2026 s’avère difficile, le contexte d’une réglementation “clean-slate” ouvre une marge de progression importante. Red Bull parie sur une trajectoire ascendante, à condition que les fondations soient solides.

Châssis + moteur : l’avantage d’un campus unique 🏭

Pierre Wache, directeur technique, explique que l’enjeu clé est de bâtir une base qui laisse beaucoup de marge de développement. Dans une ère où l’évolution au fil de la saison et des années peut faire basculer la hiérarchie, la capacité à améliorer en continu devient centrale.

Pour la première fois de son histoire, Red Bull a aussi la main sur l’ensemble du “package”, plutôt que de devoir faire cohabiter les exigences du châssis avec un moteur imposé par un fournisseur. Cette intégration change la manière de concevoir la voiture.

Phil Prew, ingénieur en chef chez Red Bull Powertrains, décrit ce bénéfice très concrètement : l’architecture même du groupe motopropulseur peut être alignée avec les concepts et la direction du châssis, afin de préserver un maximum de liberté pour l’aérodynamique. Et ce travail a commencé dès la phase de concept, en arbitrant en continu avec les équipes châssis les compromis liés à la complexité croissante du projet.

Le projet moteur Red Bull–Ford : travail en coulisses et montée en puissance vers 2026

Hodgkinson va plus loin : pour lui, avoir moteur et châssis sur un même campus est une “recette du succès”. Il estime même que Mercedes ne dispose pas de ce même avantage structurel en raison de la séparation géographique entre l’équipe châssis (Brackley) et le site moteur (Brixworth). À Milton Keynes, la proximité permettrait des décisions plus rapides et différentes de celles possibles quand votre motoriste — ou votre équipe moteur — n’est “qu’à” plusieurs dizaines de kilomètres.

Une ère où les moteurs peuvent progresser longtemps ⚡

Autre point clé : la hiérarchie moteur n’est pas figée. Hodgkinson, fort de 27 années de conception de moteurs de course, rappelle que même dans la précédente génération de règles, on observait chaque année un pas en avant notable.

Il cite un ordre de grandeur marquant : sur plus d’une décennie, on a vu environ une demi-seconde gagnée par saison. Son credo est simple : il n’existe pas d’optimum définitif. Tant qu’il y a du temps, il y a de la performance à trouver.

Cette idée relie finalement les deux discours entendus à Detroit : l’assurance d’une ambition historique et la prudence du quotidien. L’équipe croit à sa capacité de finir au sommet — la vraie question est le moment où cela arrivera.

Mekies résume l’état d’esprit : « Nous allons aller chercher notre petite part d’histoire. Nous savons que ça viendra avec des difficultés, mais c’est pour ça que nous sommes là. »

Conclusion : une ascension programmée, étape par étape 🌟

Red Bull aborde 2026 avec une promesse forte et une lucidité rare : le départ peut être rude, mais l’architecture, l’organisation et l’intégration châssis-moteur visent une progression durable.

Si la fiabilité ouvre la porte aux kilomètres, alors l’apprentissage et la performance pourront suivre — et l’histoire pourrait bien s’écrire sur le temps long. La suite se jouera autant sur la première étincelle de 2026… que sur la persévérance des saisons suivantes.

Foire aux Questions

Qu’est-ce que Red Bull Powertrains ?

Red Bull Powertrains est la structure moteur de Red Bull, chargée de développer son propre groupe motopropulseur pour la nouvelle réglementation. Le projet est soutenu par un partenariat avec Ford.

Pourquoi 2026 est-elle une année si particulière pour les moteurs en F1 ?

Le règlement 2026 marque un nouveau cycle technique. Quand les règles repartent sur des bases très différentes, l’ordre des performances peut évoluer fortement, surtout au fil des premières saisons de développement.

Pourquoi la fiabilité dès les premiers essais est-elle cruciale ?

Parce qu’une voiture fiable peut enchaîner les tours, accumuler des données et valider les choix techniques. À l’inverse, des arrêts répétés empêchent d’apprendre vite et retardent la progression globale.

Quel avantage donne le fait d’avoir les équipes châssis et moteur sur le même site ?

Cela facilite l’alignement entre l’architecture du moteur et les besoins du châssis, notamment pour préserver la liberté aérodynamique. La proximité accélère aussi la prise de décision et le travail sur les compromis techniques.

Peut-on vraiment gagner de la performance moteur pendant plusieurs années ?

Oui. D’après l’expérience rappelée par Ben Hodgkinson, même sur un cycle réglementaire long, les motoristes peuvent trouver des gains chaque saison. L’idée centrale est qu’il n’y a pas de point final : avec du temps, il reste toujours quelque chose à améliorer.

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