George Russell a mis fin à une longue période sans victoire en Formule 1 en s’imposant au Grand Prix d’Azerbaïdjan, au terme d’un sprint final irrespirable face à Max Verstappen. Le Britannique l’emporte pour seulement 0,196 s, dans une course bouleversée par deux interventions de la voiture de sécurité et une remontée marquante de Kimi Antonelli, de la 16e à la 5e place.

Un départ parfait et une course maîtrisée par Russell

Sur un circuit urbain et sa très longue ligne droite, Russell a appliqué la recette attendue d’un leader : bon envol, puis création immédiate d’un écart au-delà de la fenêtre d’une seconde, limitant les opportunités d’attaque derrière. Avant la séquence des premiers arrêts aux stands, il avait déjà porté son avance à 12 secondes.

Sa principale alerte en début de course est survenue au 25e tour (sur 51), lorsqu’il a légèrement effleuré le mur à la sortie du virage 15. En dehors de cet incident, sa course est restée sous contrôle… jusqu’à la neutralisation.

Russell résiste à Verstappen au GP d’Azerbaïdjan, une course ponctuée par deux voitures de sécurité

Première voiture de sécurité : l’avantage de Russell effacé

L’accident d’Alex Albon au virage 4, au 31e tour, a provoqué la première voiture de sécurité et a effacé l’avance patiemment construite par Russell.

Cette neutralisation a surtout changé la dynamique pour son équipier et leader du championnat, Kimi Antonelli.

La remontée d’Antonelli : du fond de grille aux portes du top 5

Antonelli s’élançait 16e et a même perdu une position au départ. Il lui a fallu 17 tours pour dépasser sept voitures et revenir dans la zone des points. Contrairement à sa remontée plus spectaculaire et plus agressive lors de sa victoire à Monza en partant 19e, celle-ci a été décrite comme plus prudente, avec la gestion du championnat probablement en tête.

Il a comblé un écart d’un peu moins de quatre secondes pour rattraper puis dépasser Franco Colapinto et s’emparer de la 9e place. Il a ensuite profité des difficultés de Lando Norris : le pilote McLaren est allé tout droit après un blocage au virage 1, offrant une position supplémentaire à Antonelli.

Au moment de la voiture de sécurité, Antonelli était 8e et à 35 secondes de Russell. Le regroupement a relancé ses chances, et lui a permis de monter les pneus tendres, considérés comme le meilleur choix à ce stade.

Relance sous tension : carambolage et course renversée

Dès la relance, Antonelli gagne immédiatement une place, dans un virage 1 qui se transforme en scène de chaos.

Un énorme blocage de Colapinto l’envoie sur son équipier Alpine Pierre Gasly, qui était 7e au moment de la relance. L’incident élimine aussi Norris. Dans l’effet d’accordéon derrière, Liam Lawson est également envoyé en tête-à-queue par Arvid Lindblad. Lawson lâchera, sarcastique : J’adore me faire sortir par mon équipier. Pour Alpine, c’est une occasion de double arrivée dans les points qui s’envole, au grand mécontentement de Gasly et avec les excuses de Colapinto.

Russell contre Verstappen : deux tours de pression maximale jusqu’au drapeau

Avec Verstappen dans son sillage, Russell a parfaitement géré la relance au 39e tour. Verstappen est toutefois resté dans la zone d’attaque (à moins d’une seconde) jusqu’à trois tours plus tard, avant de revenir une nouvelle fois grâce au meilleur tour en course, refusant de lâcher prise.

Jusqu’à deux tours de l’arrivée, Verstappen reste dans le sillage immédiat et impose une pression constante. Russell parvient finalement à créer un écart de 1,4 seconde, mais Verstappen recolle encore sur la dernière boucle, après que les deux hommes ont dépassé la zone de l’accident de la Cadillac de Valtteri Bottas.

À l’arrivée, Russell tient bon : première victoire depuis le Grand Prix d’Autriche fin juin.

Après la course, Russell explique : Après le double drapeau jaune, je n’avais plus de boost, plus de puissance.

La course de Verstappen : remontée depuis la 8e place et 2e au final

Parti 8e, Verstappen a rapidement progressé dans le peloton. Malgré des échanges tendus avec son ingénieur au sujet des pneus médiums et une forte pression initiale d’Isack Hadjar, il a signé une course solide pour finir 2e. Il avait déjà dépassé Oscar Piastri pour la 2e place après la première relance.

Hadjar complète le podium, Leclerc limité, McLaren en difficulté

Isack Hadjar décroche une 3e place remarquable après trois courses manquées pour cause de blessure. Rapide en début d’épreuve, il a aussi joué collectif en proposant de rester derrière Verstappen.

Charles Leclerc termine 4e, dépassé par les deux Red Bull et visiblement en manque de rythme, rendant un podium difficile à envisager. La situation aurait pu être plus compliquée sans les erreurs de McLaren : Piastri s’est sorti de la lutte après un blocage au premier virage, partant dans la zone de dégagement et aggravant une journée compliquée pour l’équipe.

Antonelli 5e malgré des dégâts, Hamilton solide dans un Ferrari en retrait

Antonelli a subi des dégâts au plancher après un contact avec Ollie Bearman lors de la première relance. Il a ensuite peiné à se défaire de Lewis Hamilton, avant de finalement le dépasser cinq tours après la deuxième relance, au virage 1. Il termine 5e, sans pouvoir remonter davantage.

Hamilton est le seul pilote du top 10, avec Russell, à franchir l’arrivée à la même position que sur la grille, un indicateur supplémentaire des difficultés de rythme de Ferrari dans cette course.

La bataille pour les points : Lindblad s’invite, Ocon et Bearman derrière

Derrière le top 6, l’accident impliquant Alpine a créé une situation chaotique et a remis en jeu plusieurs pilotes initialement loin des points.

Esteban Ocon, très commenté dans le paddock, a dépassé son équipier Haas Bearman entre les deux voitures de sécurité. Mais il s’est fait battre sur la dernière ligne droite pour seulement 0,030 s, Arvid Lindblad lui chipant la place sur la ligne. Lindblad n’a pas été pénalisé pour l’incident impliquant Lawson et a réalisé plusieurs dépassements opportunistes, tirant le maximum d’un week-end compliqué avec une 7e place.

Ocon finit 8e devant Bearman. Le Williams amélioré marque un point grâce à Carlos Sainz, 10e, alors qu’il était descendu jusqu’à la 19e position après son arrêt précoce.

Nico Hülkenberg échoue aux portes des points avec la 11e place, devant Lawson, Gabriel Bortoleto, Piastri et Sergio Perez.

Conclusion

À Bakou, Russell a su convertir une course longtemps maîtrisée en victoire malgré deux neutralisations et un Verstappen constamment à l’attaque. Derrière, la remontée d’Antonelli et le podium d’Hadjar confirment que cette saison peut basculer à la moindre relance. La suite du championnat promet d’être tout aussi exigeante, où chaque détail peut devenir décisif.

Foire aux Questions

À quoi sert la voiture de sécurité en Formule 1 ?

La voiture de sécurité neutralise temporairement la course après un accident ou une situation dangereuse. Elle regroupe le peloton et peut effacer des écarts construits auparavant, comme l’avance de Russell avant l’accident d’Albon.

Pourquoi rester à moins d’une seconde est-il si important ?

Être à moins d’une seconde de la voiture de devant permet de bénéficier d’un avantage aérodynamique en ligne droite (aspiration). Dans cette course, Russell a cherché à sortir rapidement de cette zone, tandis que Verstappen a tout fait pour y rester en fin d’épreuve.

Qu’est-ce qu’un « blocage » au freinage et pourquoi est-ce pénalisant ?

Un blocage survient quand une roue cesse de tourner au freinage, ce qui allonge la distance d’arrêt et peut envoyer la voiture tout droit. Plusieurs moments clés ont été influencés par des blocages, notamment ceux de Norris et de Piastri au virage 1, et celui de Colapinto qui a déclenché l’accrochage.

Que signifie avoir des dégâts au plancher ?

Le plancher est essentiel pour l’appui aérodynamique. Des dégâts, comme ceux subis par Antonelli après un contact, peuvent réduire la performance, compliquer les dépassements et limiter le rythme sur un relais.

Pourquoi un circuit urbain comme Bakou rend-il les relances si critiques ?

Les murs proches et les zones de freinage à angle droit augmentent le risque d’accrochage au regroupement. À Bakou, la relance au virage 1 a provoqué un effet d’accordéon, avec plusieurs incidents et une redistribution des positions.

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