Max Verstappen a multiplié les heures d’apprentissage ces derniers mois en vue des 24 Heures du Nürburgring. Mais jusqu’à jeudi soir, il lui manquait encore une expérience essentielle sur la Nordschleife : rouler dans l’obscurité.

Verstappen découvre enfin une conduite de nuit ‘supersonique’ sur la Nordschleife du Nürburgring

Jeudi soir, premier vrai plongeon dans la nuit

Les circonstances ont fait que le premier roulage de Verstappen sur la Nordschleife dans le noir s’est déroulé lors de la deuxième séance de qualification, jeudi soir.

En GT3, cette séance n’était pas la plus déterminante pour la grille : les positions se jouent surtout lors des trois séances de « top qualifying » prévues le vendredi. Pour Verstappen, l’objectif était ailleurs : engranger des repères en conditions nocturnes.

L’enjeu était aussi de couper court à toute question potentiellement délicate sur la possibilité de le laisser faire ses débuts de nuit pendant la course, la Nordschleife étant connue pour ses exigences de licence particulièrement strictes.

La météo a failli tout gâcher

La pluie a toutefois menacé de ruiner cette étape clé. Grêle et averses se sont renforcées précisément au moment où Verstappen devait prendre le volant de la Mercedes GT3 partagée avec Lucas Auer, Jules Gounon et Daniel Juncadella.

La plupart des équipes — y compris la sienne — ont choisi de rentrer au garage lors du pic de mauvais temps. Des conditions qui ont figé la hiérarchie : les meilleurs chronos de la journée sont restés ceux de la première séance de qualification, où Verstappen avait signé le troisième temps.

Mais la pluie a suffisamment faibli pour lui permettre de sortir et de compléter son tout premier tour de Nordschleife en conditions nocturnes. Une expérience décrite comme réellement « supersonique », rendue encore plus difficile par une piste humide.

Nordschleife la nuit : 25 kilomètres, très peu de lumière

Le Nürburgring Nordschleife de nuit ne ressemble à aucun autre circuit. Long d’environ 25 kilomètres, il n’est éclairé par des projecteurs que sur une faible portion.

Les pilotes doivent donc se guider essentiellement avec leurs phares — et parfois les lumières venues des spectateurs — ce qui impose une part importante de pilotage « au ressenti ».

24 Heures du Nürburgring 2025, estime que c’est « définitivement » le circuit le plus difficile à piloter la nuit.

Il insiste aussi sur la complexité des conditions mixtes : l’apparition d’un nouvel asphalte très sombre rend la lecture de la piste délicate, notamment lorsque la trajectoire alterne entre zones qui sèchent et plaques encore humides, beaucoup moins faciles à distinguer.

Ce que les simulations ne reproduisent pas

Le simulateur a beaucoup aidé Verstappen — comme de nombreux novices du Nürburgring — à mémoriser le tracé. Mais il montre ses limites lorsqu’il s’agit de la nuit.

Van der Linde détaille ce qui manque : les caractéristiques et les sensations, mais aussi l’impact des lumières extérieures, notamment celles des zones de camping, qui peuvent influencer l’éclairage sur la piste et perturber la vision, y compris la vision périphérique.

Selon lui, dans un simulateur, les zones les plus sombres ne provoquent pas la même perception : on ne retrouve pas ce « tunnel » visuel ni cette sensation de relief, cette vision « 3D » que l’on a dans la réalité. Résultat : l’expérience est radicalement différente.

Glock : trafic, multi-classe et gestion du risque

Timo Glock, engagé ce week-end sur une McLaren à la livrée inspirée de la Benetton championne du monde de Formule 1 1995 de Michael Schumacher, a connu une initiation similaire lors de ses débuts aux 24 Heures du Nürburgring en 2024.

À 42 ans, malgré son vécu en F1 et en DTM, il explique s’être « senti comme un rookie ».

Pour Glock, le simulateur permet de se préparer jusqu’à un certain point, notamment pour la circulation en multi-classe et pour savoir où les dépassements sont possibles sur la Nordschleife. Mais une fois sur place, la réalité change : au milieu d’un grand nombre de voitures, avec des pilotes plus ou moins expérimentés, il devient très difficile de prévoir ce que les autres vont faire.

Il souligne qu’il faut apprendre à « lire » les autres et à anticiper, ce qui est déjà compliqué de jour — et encore plus de nuit. Son conseil : trouver un rythme, éviter de prendre trop de risques, car un accident peut survenir très vite et mettre fin à la course.

Une endurance devenue un sprint de 24 heures

Glock note aussi à quel point l’épreuve est devenue compétitive, au point de ressembler à un sprint de 24 heures.

Il résume la dureté du contexte : les constructeurs arrivent parfois avec trois à cinq voitures, car « il y en a peut-être une qui survit ». Selon lui, il faut attaquer à un rythme très élevé dès le départ, en mode « all-in » : si tout se passe bien, on s’en sort, sinon on est éliminé.

Il compare avec le passé : auparavant, l’approche pouvait être de « survivre » à la nuit puis d’attaquer à fond à partir du matin. Désormais, dit-il, la course a changé de nature.

« Son cerveau est 100 mètres devant la voiture »

Malgré la difficulté, van der Linde rappelle que les pilotes de haut niveau savent s’adapter très vite. Il décrit une phase initiale intense : sur les deux premiers tours, tous les sens « travaillent en heures supplémentaires » et tout paraît aller à une vitesse « supersonique ».

Une fois ce cap passé, le pilote entre davantage dans son rythme. Mais même alors, chercher les derniers dixièmes tout en restant propre reste « très, très difficile ».

Les adversaires de Verstappen se disent impressionnés par ce qu’il a montré jusqu’ici. Glock juge « complètement fou » ce que Verstappen a réalisé, citant notamment ses duels précédents contre Christopher Haase, qu’il considère comme un spectacle de très haut niveau.

Il souligne la rapidité d’adaptation de Verstappen, sa capacité à lire le trafic et à anticiper. Il évoque aussi un moment marquant de l’an dernier : Verstappen, au volant d’une Ferrari, a dépassé en mettant des roues dans l’herbe « sans même cligner des yeux », comme si c’était normal.

Glock résume son ressenti par une image : Verstappen semble avoir « 100 mètres d’avance » avec son cerveau, sachant déjà ce qui va arriver, puis rejouant la scène en permanence avec une nouvelle longueur d’avance.

Verstappen attend la longue nuit avec impatience

Les propos de Verstappen laissent entrevoir à quel point il savourait ce défi — et l’expérience nocturne bien plus longue qui l’attend pendant la course.

« C’est probablement la meilleure sensation », a-t-il déclaré. « Tu es tout seul, tu attaques dans la nuit. La voiture est normalement la plus rapide la nuit, donc j’ai hâte… »

Conclusion

Entre les exigences de licence, une météo piégeuse et une piste où la lumière manque cruellement, Verstappen a enfin coché la case la plus intimidante de sa préparation: la nuit sur la Nordschleife. Reste désormais à transformer cet apprentissage en performance sur la durée, dans une course d’endurance qui se dispute de plus en plus comme un sprint. La nuit ne fait que commencer, et elle pourrait bien révéler encore davantage.

Foire aux Questions

Pourquoi la Nordschleife impose-t-elle des exigences de licence strictes ?

La Nordschleife a des règles particulières, notamment pour rouler dans certaines conditions comme la nuit. Ces exigences visent à s’assurer que les pilotes ont le niveau d’expérience nécessaire sur un tracé long, rapide et atypique.

Qu’est-ce qui rend le Nürburgring si difficile à piloter de nuit ?

Le circuit fait environ 25 km et seule une petite partie est éclairée. Les pilotes s’appuient surtout sur leurs phares et quelques lumières extérieures, ce qui réduit les repères visuels et augmente l’importance du ressenti.

Pourquoi un simulateur ne suffit-il pas pour préparer la nuit sur la Nordschleife ?

Même si le simulateur aide à apprendre le tracé, il ne reproduit pas fidèlement certaines sensations : l’influence des lumières extérieures (comme celles des zones de camping), la perturbation de la vision périphérique et la perception du relief dans les portions les plus sombres.

Qu’appelle-t-on la circulation en « multi-classe » et pourquoi est-ce compliqué ?

En multi-classe, des voitures de performances différentes partagent la piste. Il faut gérer des écarts de vitesse, des dépassements constants et l’imprévisibilité de pilotes moins expérimentés, ce qui devient encore plus délicat la nuit.

Pourquoi certains disent que les 24 Heures du Nürburgring ressemblent à un sprint de 24 heures ?

Le niveau de compétition pousse les équipes à attaquer très fort dès le début. Selon Timo Glock, les constructeurs engagent parfois plusieurs voitures car le rythme et les risques sont tels qu’il n’en reste parfois qu’une en mesure de jouer la victoire à la fin.

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