Zak Brown demande à la FIA de mettre fin aux alliances entre équipes en F1

Le directeur général de McLaren, Zak Brown, a écrit au président de la FIA, Mohammed Ben Sulayem, pour lui demander de durcir les règles de la Formule 1 afin « d’éliminer » les alliances entre équipes. Dans sa démarche, Brown estime que la discipline doit protéger l’intégrité et l’équité sportives, et limiter toute forme d’influence croisée entre écuries.
Pourquoi le sujet revient au premier plan
La collaboration entre équipes est redevenue un sujet brûlant en F1, notamment dans un contexte où Mercedes s’intéresse à une prise de participation financière dans l’équipe Alpine. Sans viser explicitement Mercedes, Zak Brown a insisté sur le fait que sa position vaut pour tous : équipes A/B, co-propriété, ou toute forme de lien rapproché.
Une position assumée, « pour tout le monde »
Brown a rappelé que son opposition n’est pas dirigée contre une équipe ou une personne en particulier. Selon lui, le principe même d’écuries liées par des intérêts de propriété, de contrôle ou de coopération structurelle n’est « pas sain pour le sport ».
Une lettre de six pages pour réclamer des mesures
Zak Brown a franchi un cap en formalisant sa position dans une longue lettre adressée à Mohammed Ben Sulayem. Dans ce courrier de six pages, Brown soutient que la santé financière actuelle de la F1 rend inutile le fait qu’une même entité possède plusieurs équipes, et que cela crée une situation injuste pour les structures réellement indépendantes.
Le contenu se concentre sur le concept de partenariats entre équipes, sans référence directe au dossier Mercedes-Alpine.
Intégrité, équité et perception du public
Brown affirme que la F1 risque de « reculer » en matière d’intégrité et d’équité, alors même que le cadre réglementaire récent a été conçu pour aller dans la direction inverse. Il estime que le sujet ne se limite pas à la conformité formelle aux règles, mais concerne aussi l’esprit de compétition et la perception d’un championnat disputé entre concurrents réellement indépendants.
Des exemples sportifs mis en avant
Pour étayer son inquiétude, Brown cite plusieurs situations où il juge que l’intégrité sportive a pu être affectée par des dynamiques d’alliance :
- Singapour 2024 : Daniel Ricciardo, alors chez Racing Bulls, réalise le meilleur tour et prive McLaren d’un point au moment où Lando Norris est en lutte avec Max Verstappen (Red Bull) pour le titre.
- Grand Prix de Miami (récent) : Liam Lawson (Racing Bulls) aurait été invité à s’écarter au profit de Verstappen.
Ressources partagées : un avantage structurel possible
Brown met également en avant l’idée que le partage de ressources peut créer des avantages compétitifs. Il cite notamment des ressources telles que les souffleries et des logiciels, qui, si elles sont exploitées à travers plusieurs équipes liées, peuvent apporter des bénéfices indisponibles pour des équipes qui opèrent seules.
Transferts de personnel : des délais jugés incohérents
Un autre point clé de la lettre concerne les mouvements de personnel entre équipes liées. Brown questionne notamment :
- Pourquoi McLaren a dû attendre neuf mois et payer une compensation pour recruter Rob Marshall en provenance de Red Bull en 2024.
- Pourquoi Laurent Mekies a pu passer du rôle de directeur d’équipe chez Racing Bulls à celui de directeur d’équipe chez Red Bull en quelques jours.
Il évoque aussi le transfert d’Andrea Landi de Racing Bulls vers Red Bull, effectif au 1er juillet après une annonce le 17 avril. Selon Brown, ce cas « renforce » la perception que les pare-feu internes ne fonctionnent pas à un niveau qui serait considéré acceptable entre des « concurrents véritablement indépendants ».
Ce que Brown demande à la FIA
Pour Brown, l’enjeu central est une question d’« équité » : des équipes ne devraient pas avoir de liens formels pouvant influer sur la compétition. Il appelle à :
- Éliminer toute nouvelle alliance, qu’elle passe par la propriété, une participation stratégique, ou toute autre forme équivalente de contrôle ou d’influence.
- Lancer rapidement un processus pour démêler les alliances déjà en place, afin de protéger l’intégrité future du sport.
Brown explique qu’il serait prêt à échanger directement avec Mohammed Ben Sulayem et que McLaren compte élaborer des recommandations sur la manière dont la gouvernance pourrait répondre à ces enjeux via des évolutions réglementaires.
Un message aussi tourné vers l’avenir de la F1
Dans sa conclusion, Brown souligne que le travail mené par la FIA et Liberty aurait permis d’aboutir à 11 équipes en bonne santé dans un environnement de coûts contrôlés, contribuant selon lui à « l’ère la plus compétitive » de la Formule 1. Il estime qu’en traitant ce « dernier problème structurel », la discipline pourrait se renforcer encore, à condition d’apporter « une parité et une intégrité totales » à tous les niveaux. Brown affirme être confiant dans la capacité à y parvenir collectivement.
Ben Sulayem : un sujet « compliqué », mais une réserve personnelle claire
Mohammed Ben Sulayem était déjà au courant des préoccupations exprimées par Brown. Interrogé à Miami, il a indiqué qu’à titre personnel, posséder deux équipes n’est « pas la bonne manière », tout en précisant que le sujet reste complexe. Il explique que la FIA examine si c’est possible, si c’est autorisé, et si c’est la bonne décision.
Il met l’accent sur la dimension sportive : selon lui, si l’esprit de compétition se perd, le soutien des fans pourrait s’éroder. Il conclut qu’il n’est « pas pour » à 100%.
Conclusion
La lettre de Zak Brown remet sur la table une question centrale pour la Formule 1 moderne : comment préserver l’équité sportive lorsque des liens capitalistiques, techniques ou humains rapprochent certaines équipes. Alors que la FIA dit examiner le dossier, la suite dépendra de la capacité du règlement à protéger la compétition sans freiner la stabilité économique du plateau. La F1 s’est construite sur la rivalité : son avenir dépendra de la confiance que chacun accordera à l’indépendance réelle des concurrents.
Foire aux Questions
Que veut dire « alliances entre équipes » en Formule 1 ?
Il s’agit de liens pouvant aller de la co-propriété ou prise de participation, à des coopérations structurelles, des échanges facilités de personnel, ou l’utilisation de ressources partagées pouvant créer une dépendance ou une influence entre écuries.
Pourquoi Zak Brown estime que ce n’est « pas sain » pour la F1 ?
Il craint que des équipes liées puissent influencer indirectement des résultats en piste, bénéficier d’avantages structurels (ressources, outils), et affaiblir l’équité vis-à-vis des équipes indépendantes.
Quels exemples sont cités pour illustrer un risque pour l’intégrité sportive ?
Brown mentionne notamment le meilleur tour de Daniel Ricciardo à Singapour 2024 ayant privé McLaren d’un point dans un contexte de lutte au championnat, ainsi qu’une consigne impliquant Liam Lawson à Miami pour favoriser Max Verstappen.
Quels sont les points sensibles autour des transferts de personnel ?
Brown souligne des différences de délais et de conditions : McLaren aurait attendu neuf mois et payé une compensation pour recruter Rob Marshall depuis Red Bull, alors que Laurent Mekies aurait pu changer de poste de Racing Bulls à Red Bull en quelques jours. Il cite aussi le cas d’Andrea Landi, dont le transfert alimente selon lui la perception d’un manque d’étanchéité entre équipes liées.
Quelle est la position de Mohammed Ben Sulayem sur le fait de posséder deux équipes ?
Il dit qu’à titre personnel ce n’est pas la bonne approche, mais reconnaît que le sujet est complexe. La FIA étudie si c’est faisable, autorisé et pertinent, en insistant sur l’importance de préserver l’esprit sportif et le soutien des fans.
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