Max Verstappen a vécu un nouveau coup du sort sur la Nordschleife en 2026, cette fois au moment le plus cruel : alors qu’il semblait en route vers la victoire pour sa première participation aux 24 Heures du Nürburgring. L’épreuve devait aussi lui offrir une parenthèse loin d’une saison de F1 qu’il dit détester cette année, mais l’objectif était clair et assumé : gagner.

« Le succès, ce serait de gagner. C’est très simple, c’est pour ça qu’on est là », avait-il résumé avant l’événement. Et tout indiquait que lui et ses équipiers Lucas Auer, Jules Gounon et Dani Juncadella avaient fait le nécessaire en piste… jusqu’à ce que tout bascule à moins de quatre heures de l’arrivée.

Ce que l’on retient du crève-cœur de Team Verstappen au Nürburgring

Le tournant : l’alerte ABS, puis la casse

Tout s’est effondré dès les premières boucles du relais de Dani Juncadella, le dimanche en fin de matinée. Juncadella venait de prendre le volant à la place de Verstappen avec moins de quatre heures à courir lorsqu’une alerte ABS est apparue.

Il a tenté de ménager la voiture, mais les vibrations dans la Mercedes exploitée par Winward Racing se sont intensifiées. Résultat : arrêt imprévu au stand à la fin de son troisième tour, puis retour de la voiture au garage.

Le diagnostic est tombé : dommages sur l’arbre de transmission. Sans solution rapide, toute chance de top 10 a été anéantie, et avec elle l’espoir d’une victoire ou même d’un podium.

Juncadella, visiblement abattu dans le cockpit, a résumé avec amertume : « C’était tout simplement une course de rêve, mais malheureusement pour nous, elle a duré 3 heures de trop. Mais c’est comme ça, le sport automobile. »

L’équipe est néanmoins parvenue à renvoyer la voiture en piste pour les deux derniers tours afin de rallier l’arrivée, mais à 21 tours des leaders, à la 38e place.

Une analyse doit déterminer la cause exacte, mais l’explication la plus probable tient à l’usure après plus de 20 heures de course sur l’un des circuits les plus durs au monde.

Une malchance tenace sur la Nordschleife en 2026

Ce nouveau revers prolonge une série noire pour Verstappen au Nürburgring cette saison, malgré une vitesse de pointe et un niveau de performance régulièrement impressionnants.

En mars, Team Verstappen avait gagné NLS2 sur la route, avant d’être disqualifié pour une erreur opérationnelle liée aux pneus. Le mois précédent, Verstappen avait encore perdu une victoire potentielle en NLS5 à cause d’un problème de splitter.

Ce souci de splitter était d’autant plus frustrant qu’il était intervenu après que Verstappen, associé à Auer ce week-end-là, eut mis la voiture en position de force en tête. Aux 24 Heures, la préparation était massive, et la désillusion l’a été tout autant.

« Une fin très malchanceuse et frustrante, mais ces choses peuvent arriver », a déclaré Verstappen. « J’ai quand même vraiment apprécié l’expérience avec Jules, Luggi (Auer) et Dani. Merci à l’équipe et à tous ceux autour du circuit pour votre soutien. »

Et c’est là l’élément central : malgré l’échec, Verstappen a apprécié son week-end. Il a trouvé l’échappatoire qu’il était venu chercher, il a porté son équipe, et il est resté remarquable dans la défaite. Un paradoxe presque parfait : l’échec… réussi.

Verstappen, au-dessus du lot sur ses doubles relais

La victoire aurait aussi été un succès marquant pour Juncadella, Auer et Gounon. Tous trois ont répondu présent, géré la pression de partager une voiture avec Max Verstappen et évité les erreurs majeures.

Mais sur l’ensemble du quatuor, Verstappen a été le facteur différenciant, notamment via deux doubles relais qui ont placé l’équipage en position idéale. Même au regard de ses standards déjà très élevés au Nürburgring, sa prestation a semblé franchir un palier.

Pourtant, son premier relais a mal commencé : un passage brièvement en l’air sur une bosse, puis un excursion dans l’herbe à Pflanzgarten, frôlant l’incident majeur qui aurait pu éteindre son espoir de victoire dès les premières heures.

Cette alerte a conduit à une admission rare : « Je suis brièvement sorti de la piste à cause d’un manque de concentration — dans ces moments-là, il faut se reprendre, se reconcentrer et continuer. »

Après s’être remis dans le rythme, Verstappen a lancé une remontée typique de ses courses sur la Nordschleife : il est passé de la 10e place à la tête, tôt dans l’épreuve, avec une série de manœuvres marquantes.

Parmi elles : une attaque opportuniste sur Christian Engelhart après une petite erreur de la Lamborghini Huracan, puis un dépassement spectaculaire dans l’herbe sur la Mercedes #47 de Jesse Krohn.

Il a ensuite placé un plongeon parfaitement ajusté à l’intérieur d’Ayhancan Guven, au virage 1 du circuit Grand Prix, au volant de la Porsche #911 « Grello », pour s’emparer de la tête virtuelle.

De son côté, l’équipe Winward Racing a excellé dans la gestion des pneus lors de plusieurs averses, pendant que les équipiers se relayaient. La voiture se disputait la tête avec la Mercedes sœur #80, et lorsque Verstappen est remonté dans l’auto durant la nuit, il a à nouveau fait basculer le rapport de force.

Ce qui impressionne d’autant plus : avant la course, Verstappen n’avait qu’un seul tour d’expérience sur la Nordschleife de nuit. Malgré cela, il a immédiatement donné l’impression d’un habitué lorsqu’il a pourchassé Maro Engel, véritable spécialiste, dans la #80.

Verstappen a porté une attaque décisive par l’extérieur dans la séquence menant à Tiergarten pour prendre la tête, puis a survécu à un contact côte à côte lorsque Engel a tenté de répliquer. Rien n’indiquait alors une conséquence mécanique immédiate — la panne surviendra plusieurs heures plus tard.

Après cette passe d’armes, Verstappen a creusé un écart net. Au terme de son double relais nocturne, il comptait près d’une demi-minute d’avance sur la Mercedes sœur, alignant régulièrement les meilleurs secteurs de toute la course, malgré ce baptême du feu en conditions nocturnes réelles.

Ses adversaires l’ont reconnu : Nicki Thiim, pilote de l’Aston Martin #34 qui finira sur le podium, a estimé que Verstappen était « dans une ligue à part ».

Alors que ses équipiers stabilisaient l’écart et alternaient entre première et deuxième place, Verstappen, lui, parvenait à se détacher de façon marquante — sans que cela n’enlève quoi que ce soit à la qualité du travail des autres pilotes de l’équipage.

La démonstration : le niveau du GT est exceptionnel

Les grandes courses GT comme les 24 Heures du Nürburgring sont déjà réputées pour leur intensité, mais la présence de Verstappen a mis ce niveau en pleine lumière auprès d’un public plus large.

Fabian Schiller, membre de l’équipage vainqueur de la Mercedes #80 aux côtés d’Engel, Maxime Martin et Luca Stolz, l’a souligné après l’épreuve : accueillir le meilleur pilote du monde dans ce contexte montre à quel point le niveau de la discipline est élevé, et peut contribuer à faire grandir encore le sport.

Cette édition a aussi renforcé la notoriété de plusieurs pointures du GT, tout en offrant un étalon de performance inédit. Et malgré l’effet Verstappen, d’autres ont réussi à briller.

Kevin Estre, dans la Porsche #911, a signé une charge d’ouverture impressionnante et a longtemps chassé la voiture de Team Verstappen avant une sortie après avoir rencontré de l’huile, terminant dans le rail. Engel a pu se mesurer à Verstappen sur plusieurs relais. Mirko Bortolotti, avec Luca Engstler et Patric Niederhauser dans la Lamborghini #84, a affiché un rythme électrique et a remonté depuis l’arrière du peloton pour finir deuxième.

Et ce n’est qu’un aperçu d’une catégorie reine où la densité de talents rend chaque tour décisif.

Le duel interne chez Mercedes, « gelé » au bon moment

Une curiosité stratégique a traversé la course : la gestion de l’affrontement entre voitures sœurs chez Mercedes. Lors du relais nocturne où Verstappen a dépassé Engel, Schiller a laissé entendre que la bataille avait été « gelée », l’objectif étant d’assurer une première victoire Mercedes AMG aux 24 Heures du Nürburgring depuis une décennie.

Il a expliqué que, tôt dans la course, l’équipe ne voulait pas « devenir trop folle » en se battant, et qu’une décision avait été prise pour se calmer et observer l’évolution de la météo et de la nuit. Et, comme souvent, on ne court pas une voiture sœur comme une concurrente quelconque.

La question demeure : si la #3 de Verstappen était restée dans le coup en fin de course pour un doublé, la consigne aurait-elle changé ? Schiller a rappelé à quel point il est difficile de prévoir, une neutralisation pouvant suffire à inverser les écarts. Mais il a aussi admis que, si une lutte pour la victoire avait été possible, l’équipe aurait préféré se battre plutôt que finir avec plusieurs minutes d’avance sans opposition directe.

Au final, l’histoire ne s’écrira pas : l’abandon de fait de la #3 a ôté tout enjeu à ce scénario. Mais la gestion globale a permis d’offrir du spectacle, puis de sécuriser l’issue au bon moment.

Et maintenant : Verstappen veut revenir

Tout ce que Verstappen a fait au Nürburgring jusqu’ici semblait converger vers ces 24 Heures. Pourtant, il ne compte pas s’arrêter là.

Il a déjà parlé de son ambition de courir un jour au Mans. Et, concernant le Nürburgring, il a déclaré avant le week-end que c’était « quelque chose que je veux faire chaque année, avec une voiture ou plusieurs voitures ».

Ironie du timing : quelques instants avant la catastrophe de son équipe, il avait été interrogé sur un retour l’an prochain. Sa réponse : « Je vais définitivement essayer. Ça dépend toujours un peu de mon calendrier. »

Après un tel dénouement, l’idée d’une revanche paraît naturelle. Dans ses échanges publics avec ses équipiers après la désillusion, l’idée dominante était simple : « on reviendra ».

Au-delà de son propre programme (et de l’incertitude liée à son avenir en F1 en 2027), Verstappen insiste aussi sur une mission : créer un héritage et des opportunités pour d’autres pilotes en provenance du simracing vers la course réelle.

Cette passerelle, il la revendique depuis ses débuts en GT3 l’an dernier, lorsqu’il a partagé une Ferrari avec son équipier de simulation Chris Lulham. « Je voulais créer des opportunités pour qu’un sim racer passe dans le monde réel. Ça a déjà marché avec Chris (Lulham) jusqu’ici », a-t-il expliqué.

Son équipe a ainsi soutenu Lulham, qui avait auparavant dû mettre de côté ses ambitions en sport automobile faute de moyens. Aux 24 Heures du Nürburgring, Lulham n’était pas dans la voiture de Verstappen : il roulait dans une Mercedes engagée par Prosport, réalisant une course solide avant de perdre un top 10 en fin d’épreuve à cause de problèmes tardifs, là encore liés à des dommages sur le splitter.

Autre débutant notable : Thierry Vermeulen, dans la Ferrari #45 de Kondo Racing, fils du manager de Verstappen, Raymond. Team Verstappen était donc représenté au-delà de la seule #3, même si Vermeulen a vu sa course s’arrêter tôt après un gros accident en tentant de se frayer un chemin au milieu d’une Porsche Cayman GT4.

Conclusion

Le résultat est douloureux pour Team Verstappen et son entourage, tant la victoire semblait à portée. Mais la performance de Verstappen, son impact sur la course et la vitrine offerte au GT moderne restent incontestables. S’il revient, une chose est sûre : il a déjà montré qu’il avait les armes pour transformer ce crève-cœur en triomphe.

Foire aux Questions

Qu’est-ce que la Nordschleife et pourquoi est-elle si exigeante ?

La Nordschleife est la partie historique du Nürburgring. C’est un tracé long, rapide et bosselé, avec de fortes contraintes mécaniques. Après plus de 20 heures, l’usure peut provoquer des défaillances, comme l’équipe de Verstappen l’a redouté avec la casse constatée.

Que signifie une alerte ABS en course d’endurance ?

L’ABS est un système qui aide à éviter le blocage des roues au freinage. Une alerte ABS peut indiquer un problème de capteur, d’électronique ou de composant associé. Dans le cas présent, l’alerte a été suivie de vibrations croissantes, puis d’un arrêt imprévu.

Qu’est-ce qu’un splitter et pourquoi peut-il ruiner une course ?

Le splitter est un élément aérodynamique à l’avant de la voiture. S’il est endommagé, l’équilibre et l’appui peuvent se dégrader, et les conséquences peuvent aller de la perte de performance jusqu’à des problèmes plus graves. Verstappen a déjà perdu une victoire en NLS5 cette année à cause d’un problème de splitter, et Chris Lulham a aussi été pénalisé en fin de course par des dommages similaires.

Pourquoi une équipe « gèle » parfois la lutte entre voitures sœurs ?

Dans une course de 24 heures, l’objectif peut être de sécuriser un résultat pour la marque ou l’équipe. Réduire les risques entre voitures sœurs limite les accidents inutiles et permet de gérer la météo, le trafic et les neutralisations.

Pourquoi la prestation de Verstappen a-t-elle autant marqué malgré l’abandon de fait ?

Parce qu’il a réalisé des dépassements décisifs, a imposé un rythme très élevé lors de ses doubles relais, et a semblé immédiatement à l’aise même de nuit, avec très peu d’expérience préalable dans ces conditions sur la Nordschleife. Son niveau a servi de référence dans un peloton GT déjà extrêmement dense.

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