Max Verstappen ne ferme pas la porte à une aventure aux 24 Heures du Mans avec Daniel Ricciardo, mais il met un frein clair: sans temps suffisant pour se préparer sérieusement, le projet ressemble davantage à une envie qu’à un plan réaliste. Le Néerlandais parle même d’un « petit bémol » qui complique une éventuelle réunion avec son ancien équipier de Formule 1.

Ricciardo a parlé de retraite, puis a laissé entrouverte la porte du Mans

En septembre de l’an dernier, Daniel Ricciardo a déclaré que ses jours de pilote étaient derrière lui, se décrivant comme « retraité » au moment de devenir ambassadeur mondial de Ford Racing.

Huit fois vainqueur en Grand Prix, l’Australien avait quitté McLaren avec un an d’avance à la fin 2022. Il est ensuite revenu chez Red Bull comme troisième pilote, avant de retrouver une place sur la grille à mi-saison 2023 en remplaçant Nyck de Vries au sein de l’équipe sœur Racing Bulls.

Mais au lieu de transformer ce retour en tremplin vers un rêve de remontée chez Red Bull Racing, Ricciardo a connu des difficultés et a été écarté par une deuxième équipe de F1 en moins de deux ans, avant même la fin de la saison 2024.

Ricciardo, qui regrette aujourd’hui d’avoir quitté Red Bull fin 2018 pour rejoindre Renault, a depuis laissé entendre qu’un retour en course pourrait prendre la forme d’un coup d’éclat: une association avec Verstappen aux 24 Heures du Mans.

L’obstacle « frustrant » à une réunion Verstappen-Ricciardo au Mans

Pourquoi Le Mans l’attire: un dernier chapitre « selon ses termes »

Dans le podcast Beyond The Grid, Ricciardo a expliqué qu’il commençait à ressentir qu’« il serait agréable de finir un peu plus selon [ses] termes » et que c’était peut-être « la dernière clôture dont [il] a besoin ».

Il a toutefois précisé qu’un championnat complet ne l’emballait pas vraiment: il se verrait plutôt sur un programme ponctuel, « comme un Le Mans unique ».

Ricciardo a également reconnu qu’un nom figurait naturellement très haut sur la liste des équipiers potentiels: Max Verstappen. Il a ajouté qu’il ne voulait pas lui mettre la pression, mais qu’il voyait là une manière de « donner aux gens ce qu’ils veulent ».

Une voie logique existe: Ford, partenaire moteur de Red Bull, vise l’hypercar

Un scénario rend l’idée moins farfelue qu’elle n’y paraît: Ford, partenaire moteur de Red Bull, prépare un nouveau projet hypercar pour jouer la victoire au classement général au Mans.

Ford apprécierait aussi l’idée de placer Verstappen dans l’une de ses voitures, d’autant que les premières expériences marquantes du Néerlandais en GT se sont surtout faites sur des autos Mercedes. La marque aimerait également voir Ricciardo s’aligner sur un programme compétitif.

Verstappen: « Si je le fais, je veux le faire correctement »

Interrogé sur le fait que Ricciardo le cite comme équipier idéal, Verstappen a répondu sur le ton de la plaisanterie: « Oui, c’est un homme intelligent de me choisir dans la voiture! Mais on verra. »

Le fond de sa réponse est nettement plus pragmatique. Verstappen explique que tout dépend de nombreux paramètres, et qu’à ses yeux, un engagement au Mans n’a de sens qu’avec une préparation complète:

Il insiste sur un point central: en l’état, il n’a pas le temps libre nécessaire pour se consacrer à un projet Le Mans en plus de tout ce qu’il fait en dehors de la Formule 1.

Pourquoi Le Mans exige une implication bien différente

Verstappen souligne qu’une campagne au Mans est d’une autre nature, même si l’on parvient à éviter un conflit direct avec le calendrier de la F1. Sur ce point, il note qu’il n’y aura au moins pas de chevauchement en 2027.

Selon lui, le format « one-shot » peut séduire Ricciardo — et Verstappen comprend l’idée — mais il rappelle que ce type de défi doit se faire avec le bon niveau de sérieux et d’outils.

Verstappen estime qu’un programme commun devrait viser une chance réelle de gagner. Et pour battre des concurrents qui disputent une saison complète en endurance, la préparation doit être « très bonne ». C’est là qu’il résume le problème de calendrier et de disponibilité par ce « petit bémol ».

L’exemple de 2026: du GT au milieu de la saison de F1

Verstappen a déjà montré son appétit pour le GT en parallèle de la F1. Cette année, il a disputé les 24 Heures du Nürburgring sur la Nordschleife avec son équipe GT, en plein cœur de la saison de Formule 1.

Il a également participé à une course de GT World Challenge à Portimão. Mais il prévient qu’une tentative au Mans à part entière représente une marche supplémentaire en termes de charge de travail, de préparation et d’organisation.

Ricciardo veut l’esprit d’équipage, mais aussi la performance

Ricciardo a expliqué que l’idée de partager une voiture et la « camaraderie » associée l’attiraient beaucoup. Il a aussi évoqué la possibilité de faire entrer dans l’équation un autre ancien équipier et légende Red Bull: Sebastian Vettel.

Mais Ricciardo ne se voit pas venir au Mans pour « cocher une case ». Il veut être compétitif, tout en reconnaissant que c’est précisément ce retour du désir de compétition qui le rend prudent face à un come-back.

Il s’interroge lui-même: une telle expérience « ouvrirait-elle la boîte »? Il pense que non, se disant « plus en paix » aujourd’hui. Puis il admet la réalité du pilote: une fois le casque enfilé, l’approche change, et l’envie de gagner revient. D’où sa conclusion: s’il y va, ce serait pour le faire correctement, et il doit encore vérifier si « son cœur y est ».

Conclusion

L’idée d’un duo Verstappen–Ricciardo au Mans a tout pour faire rêver, et les passerelles existent, notamment via Ford et son futur programme hypercar. Mais Verstappen résume l’enjeu avec une logique implacable: sans temps pour une préparation au niveau de l’objectif — viser la victoire — le projet reste difficile à concrétiser. Si l’alignement des agendas finit par se faire, l’endurance pourrait offrir un nouveau chapitre inattendu à deux trajectoires marquantes de la F1.

Foire aux Questions

Pourquoi Verstappen parle-t-il d’un « bémol » pour courir au Mans?

Parce qu’il estime ne pas avoir, pour l’instant, le temps libre nécessaire afin de se préparer correctement à un programme Le Mans, en plus de ses engagements et activités autour de la Formule 1.

Ricciardo veut-il revenir en compétition à plein temps?

Non. Il a expliqué qu’un championnat complet ne l’attire pas vraiment et qu’il se verrait plutôt sur une participation ponctuelle, comme une seule édition des 24 Heures du Mans.

Quel lien pourrait faciliter un projet Verstappen–Ricciardo au Mans?

Il existe une piste logique via Ford: Ricciardo est ambassadeur de Ford Racing, et Ford, partenaire moteur de Red Bull, prépare un nouveau projet hypercar pour viser la victoire au classement général au Mans.

Verstappen a-t-il déjà couru en GT pendant la saison de F1?

Oui. Il a participé aux 24 Heures du Nürburgring sur la Nordschleife avec son équipe GT au milieu de la saison de F1, ainsi qu’à une course de GT World Challenge à Portimão.

Ricciardo irait-il au Mans juste pour l’expérience?

Il explique que la camaraderie le séduit, mais il admet aussi que, casque sur la tête, l’envie de gagner prend le dessus. S’il s’engage, ce serait avec l’objectif d’être compétitif et de « le faire correctement ».

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