À l’approche du Grand Prix de Malaisie, plusieurs pilotes de MotoGP s’inquiètent ouvertement de l’état du revêtement du circuit international de Sepang. Selon eux, l’asphalte s’est fortement dégradé au point de devenir, par endroits, limite dangereux.

Un circuit déjà en besoin de resurfaçage aurait été encore davantage endommagé par une course de Formule 1 organisée ce mois-ci sur place, ce qui alimente la crainte d’un week-end disputé sur une piste qui se désagrège.

Un Sepang déjà en fin de cycle, fragilisé par le passage de la F1

Sepang n’a plus été resurfacé depuis 10 ans. Un nouvel asphalte était prévu avant l’épreuve MotoGP de cette année, mais des retards logistiques liés à la situation géopolitique au Moyen-Orient ont repoussé ces travaux.

Entre-temps, le circuit a accueilli une course de Formule 1 courue sous l’appellation de « Grand Prix de Bahreïn », en remplacement d’une épreuve qui devait initialement se tenir sur le tracé de Sakhir. D’après plusieurs pilotes, cette arrivée inattendue de la F1 n’a pas arrangé une piste déjà très sollicitée.

Pourquoi le Sepang version “motocross” n’a pas été réparé et laisse des bleus aux pilotes

Dégradation accélérée : appui aérodynamique, planage et pierres arrachées

Les pilotes pointent notamment l’effet de l’appui aérodynamique élevé des monoplaces de F1, qui aurait accentué l’usure à plusieurs virages clés.

À cela s’ajoute un travail correctif réalisé sur les lignes droites : un planage destiné à supprimer des bosses. Mais, selon les témoignages, cette intervention aurait aggravé d’autres problèmes. Le revêtement se mettrait désormais à « perdre des pierres » sous l’effort, projetées par la force des motos à l’accélération.

Un précédent récent au Brésil : course raccourcie à cause d’un revêtement qui s’effondre

Ce type de situation n’est pas inédit en 2026. Au deuxième rendez-vous de la saison, lors du tout premier Grand Prix du Brésil à Goiânia, la course principale du dimanche avait été raccourcie au dernier moment, la piste commençant à s’effriter pendant les épreuves Moto2 et Moto3.

Les pilotes dénoncent l’absence de resurfaçage malgré leurs alertes

Après la première journée d’essais du vendredi, plusieurs pilotes se sont dits frustrés que leur demande de resurfaçage, formulée après des tests, n’ait pas été suivie d’effet alors que l’état de l’asphalte se serait encore détérioré.

Jack Miller : « The asphalt is… f**ked »

Jack Miller n’a pas mâché ses mots : « The asphalt is, pardon my French, f**ked. »

Il détaille des zones où l’agrégat (les pierres intégrées au bitume) manquerait : « We told them it was f**ked already at the test. Turn 1 has no stones in it [within the surface], like absolutely none. Turn 4 has none. All the stones are coming out of the asphalt. »

Selon lui, la piste « encaisse beaucoup d’abus », et même si un resurfaçage était demandé, le calendrier n’a pas permis de le faire : « …unfortunately there wasn’t enough time between then and now… and I think with F1 coming it didn't help the situation. »

Miller conclut en visant déjà la suite : « It’s definitely something that needs to be improved on before they come testing at the beginning of next year. »

Di Giannantonio : « C’est un circuit de motocross maintenant »

Fabio Di Giannantonio (VR46 Ducati) insiste sur la violence des projections : « It’s a motocross track now. We need to wear a chest protector. There are a lot of rocks coming from the asphalt. »

Il explique avoir reçu de nombreux impacts lors d’un départ d’entraînement derrière un autre pilote : « I got a lot of rocks when I did the practice start behind another guy. »

Marini : une pierre endommage le radiateur

Du côté de Honda, Luca Marini rapporte avoir dû interrompre un run après des dégâts causés par une pierre qui s’est détachée du revêtement et a touché le radiateur de sa RC213V.

Zarco : seul, ça semble normal… mais dans le trafic, c’est une autre histoire

Johann Zarco (LCR Honda) décrit un contraste net entre roulage en solitaire et en peloton : « When I rode alone, it looked normal, but when I’m following someone I received a piece of Tarmac on the body… »

Il craint particulièrement l’impact pour la course sprint, pour tous ceux qui ne seront pas en tête : « …tomorrow for the [sprint] race… for 19 riders [behind], it will be very tough. »

Et d’ajouter : « We will receive many hits on the arms and the neck. We are used to it, but it is a pity. »

Conclusion : une alerte sécurité avant un week-end sous haute tension

Entre retards de travaux, revêtement vieillissant et dégradation accélérée, Sepang aborde le Grand Prix de Malaisie avec une question centrale : la piste peut-elle offrir des conditions sûres et régulières pour une course MotoGP moderne ? Les réponses pourraient arriver dès la sprint et le Grand Prix, et rappeler à quel point l’avenir de la discipline passe aussi par l’état de l’asphalte.

Foire aux Questions

Pourquoi l’asphalte de Sepang s’abîme-t-il autant cette année ?

Le circuit n’a pas été resurfacé depuis 10 ans et devait recevoir un nouveau revêtement, mais les travaux ont été retardés. Plusieurs pilotes estiment aussi que le passage récent de la Formule 1 a aggravé une dégradation déjà présente.

Qu’est-ce qui rend les projections de pierres si problématiques en MotoGP ?

Quand des pierres se détachent du revêtement, elles peuvent frapper directement les pilotes (bras, cou, torse) et endommager les motos. Luca Marini évoque par exemple des dégâts au radiateur après l’impact d’une pierre.

Pourquoi le trafic augmente-t-il le risque à Sepang selon les pilotes ?

Johann Zarco explique qu’en roulant seul, la piste peut sembler « normale », mais qu’en suivant d’autres motos, les projections deviennent beaucoup plus fréquentes et violentes, ce qui complique particulièrement les courses en peloton.

Sepang a-t-il déjà connu ce type de situation récemment dans la saison ?

Un cas comparable est cité à Goiânia lors du Grand Prix du Brésil 2026, où la course principale a été raccourcie au dernier moment car le revêtement commençait à se dégrader pendant les courses Moto2 et Moto3.

Quels types de travaux ont été faits récemment sur le circuit, et pourquoi cela inquiète ?

Une opération de planage des lignes droites a été menée pour atténuer des bosses. Des pilotes estiment toutefois que cela a pu empirer d’autres aspects, notamment la perte de pierres du revêtement sous les fortes contraintes des motos.

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