Difficile de dire si la trêve estivale de la Formule 1 tombe à point nommé pour Williams, ou si ces quatre semaines loin de la piste ne font que prolonger une période pénible.

Une chose est sûre : Williams aborde cette pause avec un état d’esprit plus sombre que n’importe quelle autre équipe.

N’attendez pas que la mise à jour de Williams la rende compétitive

La trêve estivale, soulagement ou supplice

Au moment où Williams décroche, le contexte du milieu et du fond de grille souligne encore plus sa situation. Cadillac, désormais seule à l’arrière, a réussi un début de saison convaincant pour sa première demi-saison en F1. Aston Martin est encore loin d’être tirée d’affaire, mais sa mise à jour apportée au Grand Prix de Hongrie lui a donné un vrai coup de fouet. Haas, ou du moins la VF-26 que l’équipe parvient à faire fonctionner un week-end donné, a désormais l’avantage sur ce qui est devenu son rival le plus proche.

Williams, elle, n’est clairement pas là où elle voudrait être. On pourrait être tenté d’expliquer ce constat par les caractéristiques du Hungaroring, dont les longues courbes à 180 degrés semblent mettre en évidence, génération après génération, les mêmes faiblesses des monoplaces de l’équipe. Le symptôme le plus cité : la voiture qui « roule sur trois roues » (le fameux three-wheeling), encore observé tout au long du week-end.

Mais il ne faut pas se laisser enfermer dans ce récit. La saison est humiliante, et pourrait bien avoir déjà dépassé son pic de compétitivité.

Budapest a servi d’électrochoc

Williams n’a pas seulement connu son pire week-end de la saison en Hongrie par rapport aux leaders. Le directeur d’équipe James Vowles l’a qualifié de week-end « horriblement douloureux ».

Un déficit chiffré, et un message pour la suite

À Budapest, Williams était à 4,422% des meilleurs en utilisant les « supertemps » : le meilleur tour réalisé sur un week-end, exprimé en pourcentage du tour le plus rapide au classement général.

Au-delà du chiffre, le plus marquant reste l’aveu implicite sur la suite de l’année : même la base de performance actuelle pourrait bien devenir la nouvelle normalité.

Les rivaux progressent, Williams regarde l’écart se creuser

Cette prise de conscience s’est faite en temps réel le week-end dernier. Le bond en performance d’Aston Martin, qui a inquiété de nombreux concurrents du milieu de grille, a aussi mis en lumière à quel point Williams est loin du rythme.

Alex Albon en a donné une illustration nette au fil du week-end, à mesure que la fatigue et le réalisme prenaient le dessus.

Albon : de « il faut les battre » à « on ne peut qu’en rêver »

Tout en reconnaissant que la vitesse d’Aston Martin rendrait « la Q1 difficile », Albon insistait encore vendredi : « Aston est une équipe qu’on doit essayer de battre. »

La façon dont ce duel s’est joué, très clairement en faveur de Fernando Alonso, a fait office de rappel à l’ordre. Albon a lâché : « On ne peut que rêver d’une mise à jour comme ça. » Et il a ajouté que c’était « frappant » car, même chez Williams, l’équipe sait ce que sera sa mise à jour de Bakou : « Ce n’est pas ça. »

Dimanche, le ton était à la fois résigné et lucide : « Si c’est [guéri] par Bakou, j’en doute. Je pense qu’une grande partie de ce qui était prévu pour Bakou est déjà acté ; cette mise à jour a été planifiée il y a assez longtemps. » Puis, constat central pour le reste de la saison : Williams « mord », malheureusement, dans une priorité différente, celle de s’assurer que la voiture de l’an prochain ne reproduira pas ces traits. « Oui. Frustrant », a conclu Albon.

Vowles admet un retard de fond : rythme, idées, exécution

Le discours de James Vowles après le week-end a suivi la même ligne. Il a expliqué que Williams s’est « concentrée sur le fait de défaire une partie des dégâts de cet hiver » — en référence à une voiture arrivée tardivement et en surpoids aux essais — tout en basculant l’attention vers 2027. Résultat : « nous sommes tombés derrière nos concurrents ».

Vowles a pointé deux faiblesses :

1) La capacité à amener de la performance en piste : améliorer « le temps nécessaire entre l’idée et le fait de la livrer réellement ».

2) Le « rythme d’idées » lui-même, « en coulisses », qui « n’est pas au bon niveau ». Pendant ce temps, « plusieurs concurrents nous montrent qu’ils ont des niveaux plus élevés que ce que nous pouvons atteindre aujourd’hui ».

La mise à jour de Bakou : d’un espoir “B-spec” à une ambition revue à la baisse

L’optimisme existant se concentrait sur la mise à jour du Grand Prix d’Azerbaïdjan évoquée par Albon, décrite auparavant par Vowles comme une voiture « B-spec » : une révision importante, avec un châssis redessiné et d’autres pièces, censée alléger la FW48, corriger une partie du déficit aérodynamique et atténuer les défauts ressentis par Albon et Carlos Sainz.

Mais le peu de positivité autour de ce paquet semble s’être évaporé.

Vowles a rappelé qu’Aston Martin a apporté « une très grosse mise à jour sous la forme d’une voiture beaucoup plus légère et d’une voiture améliorée aérodynamiquement ». Williams, elle, « a un paquet », mais qui « n’arrivera que plus tard dans l’année », avec un accent mis « surtout » sur le fait d’avoir « de bonnes fondations » pour que la voiture de l’an prochain puisse être améliorée.

Le message le plus fort est tombé ensuite, sans détour : « Ce que je peux dire, c’est que la mise à jour de Bakou ne sera pas suffisante pour nous mettre régulièrement en position de marquer des points. » Et Vowles d’ajouter que c’est précisément ce que l’équipe doit « revoir et comprendre », afin d’identifier ce qu’elle peut faire d’autre cette saison.

Dans une première année de nouveau cycle réglementaire en F1 — où les évolutions peuvent régulièrement valoir plusieurs dixièmes de seconde — cet aveu ressemble à un constat sévère sur les perspectives compétitives de Williams.

Une saison qui remet les compteurs à zéro

Quand il a qualifié la mise à jour de septembre de « B-spec » à Silverstone, début juillet, Vowles expliquait que le Grand Prix de Grande-Bretagne devait servir de référence de performance. Williams devait, « en tant qu’entreprise », se prouver qu’elle pouvait faire l’ingénierie avec le bon niveau de qualité et construire une voiture avec le bon niveau de qualité sur une saison.

Il n’y a pas deux lectures possibles : cela concernait le développement immédiat. Et sur ce point, Williams est en grande difficulté.

Vowles a comparé ce défi au fait de « piloter l’avion et le reconstruire en même temps ». Le problème, c’est qu’aujourd’hui, il est difficile d’affirmer que l’objectif est atteint. Et lorsque, sur le plan compétitif, cela ramène les attentes à zéro, la moindre tentative de lecture positive finit par s’éroder.

Conclusion

Williams sort de la Hongrie avec un constat rare par sa franchise : même une grosse évolution attendue à Bakou ne suffira pas à replacer régulièrement l’équipe dans les points. Entre retard de développement, déficit aérodynamique et concurrence qui accélère, l’équipe doit composer avec une saison qui ressemble à une remise à plat.

Mais l’histoire de la F1 est aussi faite de reconstructions patientes : si les fondations de la prochaine voiture sont réellement assainies, c’est peut-être là que commencera le vrai rebond.

Foire aux Questions

Qu’appelle-t-on les « supertemps » mentionnés pour mesurer l’écart en Hongrie ?

Il s’agit du meilleur tour réalisé sur l’ensemble du week-end, exprimé en pourcentage du meilleur temps absolu. Cela donne une mesure synthétique de l’écart de performance, ici 4,422% pour Williams par rapport aux leaders en Hongrie.

Pourquoi le Hungaroring met-il particulièrement en évidence les faiblesses de certaines voitures ?

Le circuit hongrois comporte de longues courbes à 180 degrés. Ce type de virage peut accentuer des défauts de tenue de route et de gestion mécanique, comme le phénomène de « three-wheeling » évoqué chez Williams.

Que signifie « rouler sur trois roues » en Formule 1 ?

C’est une situation où, dans certaines phases d’appui, une roue se déleste fortement au point de perdre une partie de son contact utile. Cela peut nuire à la traction, à la stabilité et à l’exploitation des pneus.

Qu’est-ce qu’une voiture « B-spec » dans le contexte d’une saison de F1 ?

C’est une évolution majeure, plus importante qu’une simple série de petites pièces. Dans ce cas, il est question d’une révision significative incluant un châssis redessiné et d’autres éléments, avec l’objectif d’alléger la FW48 et d’améliorer l’aérodynamique.

Pourquoi Williams affirme-t-elle que la mise à jour de Bakou ne suffira pas pour marquer régulièrement des points ?

James Vowles explique que le paquet arrivera plus tard, que l’équipe a pris du retard face à des concurrents qui progressent vite, et que la priorité se déplace vers des fondations solides pour la voiture de l’an prochain, plutôt que de chercher un gain immédiat suffisant pour jouer les points à chaque course.

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