Kimi Antonelli a signé au Grand Prix d’Italie 2026 une victoire qui le fait entrer dans un club extrêmement fermé : celui des pilotes capables de gagner une course de Formule 1 en partant presque tout au fond de la grille.

À Monza, une pénalité sur la grille liée au moteur l’a contraint à s’élancer 19e devant son public. Malgré cela, il est remonté sur un rythme impressionnant et a fini par dépasser son équipier Mercedes George Russell dans les derniers tours pour s’imposer.

Les victoires en F1 depuis la position la plus reculée sur la grille

Ce succès surpasse notamment la victoire de Max Verstappen au Grand Prix du Brésil 2024 depuis la 17e place sur la grille, et rappelle d’autres remontées de pilotes statistiquement parmi les plus grands de l’histoire. Lewis Hamilton, par exemple, a gagné le Grand Prix d’Allemagne 2018 en partant 14e dans des conditions chaotiques et mixtes, tandis que Michael Schumacher a remporté le Grand Prix de Belgique 1995 depuis la 16e place au départ pour Benetton, là aussi dans une météo changeante.

Victoires en F1 depuis les positions les plus reculées sur la grille

17e — John Watson — Grand Prix de Detroit 1982

Les victoires en F1 depuis la position la plus reculée sur la grille

Le pilote McLaren John Watson a taillé sa route à travers le peloton pour gagner la toute première course de F1 disputée dans les rues de Detroit en 1982, avec relativement peu d’aide de l’attrition.

Le leader du début d’épreuve, et futur champion, Keke Rosberg, a vu sa Williams souffrir à plusieurs niveaux, notamment des pneus Goodyear moins performants le jour de la course que les Michelin de Watson.

Watson s’était retrouvé si loin sur la grille notamment à cause d’une collision en qualification avec la Fittipaldi de Chico Serra.

17e — Kimi Räikkönen — Grand Prix du Japon 2005

Les victoires en F1 depuis la position la plus reculée sur la grille

Le seul cas de cette liste où la remontée vers la victoire s’est conclue dans le dernier tour.

McLaren et Kimi Räikkönen avaient dominé une grande partie de la saison 2005 en termes de vitesse pure, mais une fiabilité défaillante avait déjà permis à Fernando Alonso (Renault) d’être sacré champion avant Suzuka. Une pluie tombée au mauvais moment, lors de l’une des dernières séances de qualification « one-shot » (un tour lancé en solo), a relégué Räikkönen à la 17e place sur la grille.

Il est remonté rapidement, mais rattraper la Renault de Giancarlo Fisichella — équipier d’Alonso, en pole et leader en course — semblait très compliqué : lorsque la McLaren a repris la piste après son dernier ravitaillement (c’était la saison sans changements de pneus en course), il restait huit tours et Fisichella avait encore 10,7 s d’avance.

Räikkönen a pourtant comblé l’écart et a dépassé Fisichella par l’extérieur au premier virage au moment d’entamer l’ultime tour.

17e — Max Verstappen — Grand Prix du Brésil 2024

Les victoires en F1 depuis la position la plus reculée sur la grille

Le non-départ d’Alex Albon, après son accident en qualification, signifie que Verstappen était techniquement 16e dans la file des voitures prenant le départ de la course humide d’Interlagos. Mais comme l’emplacement d’Albon est resté vide, la Red Bull du champion en titre était officiellement 17e sur la grille.

Il était déjà dans le top 10 au deuxième tour, puis dans le top 6 au 11e.

Verstappen a bénéficié d’un coup de pouce lorsque George Russell et Lando Norris, alors parmi les leaders, ont effectué un arrêt aux stands pour des pneus intermédiaires pendant une phase de virtual safety car et se sont retrouvés derrière lui.

Esteban Ocon et Verstappen se sont alors retrouvés premier et deuxième, et ils ont pu changer de pneus « gratuitement » lors d’un drapeau rouge provoqué plus tard par un accident de Franco Colapinto.

Ensuite, Verstappen n’avait plus qu’à se défaire de l’Alpine d’Ocon lors d’une relance derrière la voiture de sécurité, puis à contrôler la course jusqu’à l’arrivée.

18e — Rubens Barrichello — Grand Prix d’Allemagne 2000

Les victoires en F1 depuis la position la plus reculée sur la grille

Le problème électrique qui a laissé la Ferrari de Rubens Barrichello seulement 18e sur la grille d’Hockenheim était typique de la malchance qui l’a souvent accompagné durant sa période dans l’ombre de Schumacher, au sein d’une équipe dominatrice au début des années 2000.

Mais la façon dont la course a tourné en sa faveur, pour une première victoire en F1 restée célèbre par son intensité émotionnelle, a marqué un sommet de sa carrière.

Pendant que Schumacher abandonnait après un accident au premier virage, Barrichello a exploité une stratégie à deux arrêts pour remonter proprement jusqu’à la troisième place, mais loin derrière les McLaren dominantes de Mika Häkkinen et David Coulthard.

Un envahisseur de piste — protestant contre son licenciement chez Mercedes — a ensuite provoqué l’intervention de la voiture de sécurité. Coulthard a manqué l’appel de McLaren pour s’arrêter et a dégringolé dans le classement, ce qui a propulsé Barrichello au deuxième rang.

Il est passé premier lorsqu’il a choisi de rester en piste en pneus slicks contre l’avis de l’équipe au moment où la pluie est arrivée dans les derniers tours, et a réussi à faire fonctionner ce pari audacieux jusqu’à la victoire.

19e — Bill Vukovich — Indianapolis 500 1954

Voici l’entrée « atypique » : une particularité historique liée au fait que l’Indy 500 a été comptabilisé comme manche du championnat du monde à points durant la première décennie de la F1, même s’il était extrêmement rare qu’un pilote engagé sur le reste de la saison de F1 y participe, ou qu’un pilote d’Indy apparaisse ailleurs au calendrier.

Donc, si la remontée de la légende d’IndyCar Vukovich, de la 19e place vers la maîtrise progressive de la course, est incontestablement remarquable, son statut officiel (à égalité pour la deuxième meilleure « victoire depuis le fond de grille ») peut sembler un peu incongru.

19e — Kimi Antonelli — Grand Prix d’Italie 2026

Les victoires en F1 depuis la position la plus reculée sur la grille

Même une excursion tardive dans le bac à graviers à la sortie de la première chicane n’a pas empêché Antonelli de passer de la 19e place à la victoire.

Avec un moteur Mercedes neuf, Antonelli a rapidement traversé le peloton et menait déjà la course avant qu’un tiers de la distance ne soit parcouru.

Russell l’a dépassé à nouveau, et l’équipe a temporairement gelé les positions avant une interruption en virtual safety car, qu’Antonelli a utilisée pour effectuer un deuxième changement de pneus.

Il a ensuite repris en chasse Russell, en pneus plus usés, et l’a dépassé à trois tours de l’arrivée pour gagner — malgré son passage dans le gravier un peu plus tôt à la première chicane.

Avant Monza, la meilleure performance d’Antonelli en matière de position de départ était une victoire depuis la deuxième place sur la grille à Montréal. Ses cinq autres victoires avaient toutes été acquises depuis la pole position.

22e — John Watson — Grand Prix USA Ouest 1983

Les victoires en F1 depuis la position la plus reculée sur la grille

La deuxième apparition de Watson dans cette liste devrait rester longtemps un record en F1 : avec une grille actuelle à 22 voitures, il est possible de l’égaler, mais pas de le dépasser.

Watson et son équipier McLaren Niki Lauda faisaient partie des nombreux pilotes roulant en Michelin, très critiques envers les pneus de qualification de la marque sur le tracé urbain de Long Beach. Ils se sont retrouvés relégués aux 22e et 23e places sur la grille, à quatre secondes de la pole.

Mais leur rythme en course était à l’opposé, et, cette fois, aidé par le chaos devant : un accrochage entre deux rivaux du début de course Keke Rosberg et Patrick Tambay, puis une sortie de Riccardo Patrese en tentant de dépasser le nouveau leader Jacques Laffite. Les deux McLaren sont passées premières et deuxièmes au 45e tour sur 75 et ont ensuite contrôlé l’épreuve, Watson repassant devant Lauda après avoir perdu face à lui au départ.

Conclusion

Gagner en Formule 1 depuis une position aussi lointaine sur la grille impose de tout réussir : rythme, dépassements, stratégie, lecture des neutralisations et sang-froid dans les moments critiques. La victoire d’Antonelli à Monza 2026 s’inscrit dans cette lignée de courses où l’impossible semble, soudain, à portée de main.

Si l’histoire montre que ces exploits restent rares, elle rappelle surtout une chose : en sport automobile, la prochaine grande remontée est toujours à venir.

Foire aux Questions

Qu’est-ce qu’une pénalité sur la grille et pourquoi peut-elle faire partir très loin ?

Une pénalité sur la grille est une sanction qui recule la position de départ, souvent liée à des changements techniques (par exemple sur le moteur). Dans le cas d’Antonelli à Monza, cette pénalité l’a fait partir 19e.

Qu’est-ce qu’un virtual safety car et quel impact sur la stratégie ?

Le virtual safety car impose un ralentissement contrôlé sans regrouper physiquement tout le peloton derrière une voiture de sécurité. Cela peut rendre un arrêt aux stands plus ou moins avantageux selon le timing : au Brésil 2024, certains leaders ont perdu des positions en s’arrêtant, alors qu’au contraire Antonelli a pu l’utiliser pour effectuer un deuxième changement de pneus à Monza.

Pourquoi l’Indianapolis 500 apparaît-il dans une liste liée à la Formule 1 ?

Historiquement, l’Indy 500 a compté comme manche du championnat du monde de F1 à points pendant la première décennie de la discipline, même si les participants étaient rarement les mêmes que sur le reste du calendrier.

Que signifie une qualification « one-shot » mentionnée pour Suzuka 2005 ?

Il s’agissait d’un format où chaque pilote effectuait un tour lancé en solo. Une averse au mauvais moment pouvait bouleverser l’ordre, comme en 2005 au Japon où la pluie a contribué au départ en 17e position de Räikkönen.

Pourquoi une victoire depuis le fond de grille reste-t-elle exceptionnelle en F1 ?

Parce qu’elle combine plusieurs difficultés : dépasser de nombreuses voitures, gérer l’usure des pneus, profiter (ou se protéger) des neutralisations et éviter les incidents. Les cas de Watson (22e à Long Beach 1983) ou d’Antonelli (19e à Monza 2026) illustrent à quel point ces scénarios sont rares.

Dans le sillage de Monza, prolongez le frisson: une Mercedes 300 SL Gullwing en LOA ou LLD, garanties incluses et achat à distance. Passez de la grille au garage avec Joinsteer.

Joinsteer, votre marketplace automobile

Joinsteer scanne toute l’Europe pour trouver LE véhicule de vos rêves et vous le délivrer dans les meilleures conditions.
Visiter la marketplace

Les autres pilotes du championnat