Aragon révèle la fracture entre Quartararo et Yamaha, avant son départ chez Honda

Le week-end de MotoGP à Aragon a mis en lumière une nouvelle zone de friction entre Yamaha et sa star Fabio Quartararo, déjà engagé pour la suite de sa carrière chez Honda.
Un week-end d’Aragon qui fait remonter la tension
L’épisode intervient dans un contexte rare pour le champion du monde MotoGP 2021: un week-end en net retrait, où il a eu du mal à s’imposer face aux autres pilotes Yamaha. En course, il a terminé dernier, à près de 52 secondes du vainqueur, après être sorti de la piste à plusieurs reprises.
Une trêve fragile après le choix de Honda
Ces derniers mois, l’impression était pourtant celle d’une forme de « trêve » entre Quartararo et Yamaha, une fois l’avenir du Français clarifié. Déçu par les efforts de développement de Yamaha depuis près d’un demi‑décennie, Quartararo n’a jamais réellement envisagé de prolonger jusqu’en 2027 avec son employeur actuel. Il a d’ailleurs reconnu récemment qu’il n’avait même pas initié de discussions de renouvellement avant de s’engager, durant l’intersaison, avec Honda.
Ce choix semblait avoir apaisé la relation. Yamaha est engagée dans une année de reconstruction, concentrée notamment sur l’exploration de son premier projet de moteur V4. Dans ce contexte, Quartararo a parfois signé des coups d’éclat et a assez régulièrement tenu le rôle de leader au sein du groupe des quatre pilotes Yamaha habituels.
Il a également accepté publiquement l’idée que Yamaha dépriorise l’amélioration de la moto actuelle (1000 cm³) en vue du changement 2027 (passage au 850 cm³ et pneus Pirelli), en reconnaissant que cela avait du sens dans l’orientation du projet.
Là où Quartararo dit stop: travailler pour l’après‑2027
Mais contribuer à des travaux de développement susceptibles de bénéficier directement à ce futur projet 850 cm³ semble être le point de rupture.
À Aragon, Quartararo ne s’est pas seulement plaint d’un manque de confiance avec la moto. Il a aussi été contrarié par les demandes de Yamaha de re-tester un nouveau châssis qu’il avait déjà jugé insuffisant.
Le samedi, il a insisté sur le fait que la situation empirait au fil des comparaisons:
« C’est pire. Hier j’ai dit que c’était pire, ils voulaient que je compare encore ce matin, c’était pire [encore]. J’ai été plus un pilote d’essais ce week-end, en testant trois fois le châssis, ça ne marchait pas. On avait aussi une nouvelle biellette, ça ne s’est pas amélioré. »
« Arrêter d’essayer 100 choses »: le message du dimanche
Le dimanche, Quartararo a encore durci le ton en annonçant qu’il allait « arrêter d’essayer 100 choses dans un week-end ».
Mais l’élément le plus révélateur est venu de propos rapportés par des médias français présents sur place: il aurait indiqué qu’il n’aiderait pas Yamaha sur le développement, pour des « raisons personnelles ».
Les « raisons personnelles » et l’épisode des pneus Pirelli
Cette position peut surprendre, d’autant que Quartararo a été très bien rémunéré sur ce cycle contractuel malgré des résultats en piste limités — même si ces limites semblent davantage liées à la compétitivité de la machine qu’à une contre‑performance du pilote.
Selon des journalistes français, Quartararo aurait ensuite précisé que ces « raisons personnelles » correspondaient, d’après lui, à un refus de Yamaha de le laisser essayer les pneus Pirelli lors du test au Red Bull Ring après le Grand Prix d’Autriche.
Yamaha ne le fera jamais rouler sur la moto 850 cm³, actuellement développée avec les pilotes d’essais Augusto Fernandez et Andrea Dovizioso. En revanche, une idée évoquée dans le paddock serait de permettre au moins à des pilotes dans une situation contractuelle comparable à celle de Quartararo de tester les pneus Pirelli sur les machines actuelles de 1000 cm³.
Une fin de collaboration sous tension
Quels que soient les détails exacts autour de ce test, une tension supplémentaire s’ajoute désormais sur les huit dernières manches de la relation Quartararo–Yamaha — une association qui fut, un temps, l’une des plus belles histoires du MotoGP.
Conclusion
Entre résultats difficiles à Aragon, désaccords sur la méthode de développement et crispation autour des pneus Pirelli, le climat se tend au moment même où Yamaha prépare l’ère 2027. Les prochaines courses diront si cette fin de partenariat peut redevenir constructive — et si chacun parvient à transformer la frustration du présent en tremplin pour la suite.
Foire aux Questions
Pourquoi le week-end d’Aragon a-t-il été si marquant pour Fabio Quartararo?
Parce qu’il a vécu une course particulièrement compliquée: il a terminé dernier du Grand Prix, à près de 52 secondes du vainqueur, après plusieurs sorties de piste, et il a aussi eu du mal à se situer face aux autres pilotes Yamaha.
Qu’est-ce que Yamaha prépare pour le changement de règlement 2027?
Yamaha se trouve dans une phase de reconstruction et explore notamment un premier projet de moteur V4. L’équipe se projette aussi vers 2027, avec le passage à des motos de 850 cm³ et l’arrivée des pneus Pirelli.
Quel est le problème évoqué autour du châssis testé à Aragon?
Quartararo explique que Yamaha lui a demandé de comparer à plusieurs reprises un nouveau châssis qu’il jugeait déjà moins performant. Il affirme que les essais successifs ont confirmé que c’était « pire », et qu’il a eu l’impression de passer le week-end à tester plutôt qu’à optimiser sa performance.
Pourquoi Quartararo parle-t-il de « raisons personnelles » pour ne pas aider le développement?
D’après des propos rapportés par des médias français, Quartararo relie ces « raisons personnelles » à ce qu’il considère comme un refus de Yamaha de le laisser essayer des pneus Pirelli lors du test au Red Bull Ring après le Grand Prix d’Autriche.
Quelles conséquences pour la fin de saison MotoGP entre Quartararo et Yamaha?
L’article évoque une tension supplémentaire pour les huit dernières manches. Même si la collaboration a été l’une des histoires marquantes du MotoGP, l’ambiance pourrait être plus piquante jusqu’au terme de leur partenariat.
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