Valtteri Bottas a levé le voile sur ce qui a provoqué son manque de rythme spectaculaire face à son coéquipier Sergio Perez lors du Grand Prix d’Azerbaïdjan, à Bakou. Le Finlandais, au volant de la Cadillac, décrit un week-end où plusieurs facteurs se sont cumulés, des difficultés d’équilibre aux incertitudes de données, jusqu’à un possible écart de performance lié au moteur.

Un écart inédit en rythme de course chez Cadillac

À Bakou, Bottas a concédé en moyenne plus de 1,7 seconde au tour à Perez en course, soit le plus gros déficit intra-équipe observé en 2026 jusqu’ici. Même son meilleur tour n’a pas échappé au constat : 1,489 seconde plus lent que celui de Perez.

La fin de course a ajouté un incident marquant : Bottas a terminé dans le mur au dernier tour. Il explique que la séquence a commencé lorsqu’il a emprunté la voie d’échappement au virage 1, ce qui a « un peu embrouillé » le schéma de déploiement. Puis, à cause de la distance supplémentaire parcourue, ses freins arrière n’ont pas fonctionné à l’approche du virage 15 (gauche), et il a fini dans les barrières.

Mais au-delà de ce crash, c’est surtout le manque de rythme avant l’accident qui a inquiété : Perez était proche de le prendre un tour avant l’abandon.

Explication de la course la plus lente de la F1 2026

« Impossible de suivre » : les causes pointées par Bottas

Jeudi en Malaisie, Bottas a reconnu l’ampleur du problème, à la fois vu de l’extérieur et ressenti au volant.

Selon lui, les pertes de temps étaient multiples : « beaucoup » dans les lignes droites, mais aussi « une grosse partie » sur l’ensemble du tour, notamment en virages. Il raconte avoir essayé « tout » en course, en s’appuyant sur les retours pour comprendre où s’évaporait la performance.

Cette recherche de performance l’a poussé à attaquer jusqu’au bout, ce qui a contribué au blocage de roues au dernier tour au virage 1.

Des changements avant les qualifications, puis une dégradation en course

Bottas précise que le manque de rythme était déjà visible en essais : il ne parvenait pas à conserver la même vitesse de passage en courbe que « Checo » (Perez). Pour les qualifications, l’équipe a modifié de nombreux éléments, dont des amortisseurs et le plancher. D’après lui, la voiture était alors « nettement meilleure » en sensations.

Mais en course, le comportement s’est détérioré : le « ride » (comportement/tenue sur les mouvements de caisse) s’est « beaucoup » dégradé. Bottas pense que cela pourrait être lié à des amortisseurs dont le fonctionnement se dégrade avec la chaleur, et potentiellement au plancher.

Un manque de données sur l’aéro, et une direction assistée en baisse

Autre point important : Bottas indique qu’il manque encore des prises de pression à certains endroits, ce qui fait que l’équipe n’a pas toutes les informations aérodynamiques auxquelles il était habitué auparavant. Il explique qu’en temps normal, ces données permettent de voir immédiatement si l’on est « en dessous ou au-dessus », mais que certaines zones du plancher restent aujourd’hui une zone d’ombre.

Sur le plan du ressenti, Bottas insiste toutefois sur un facteur central : le comportement en roulis, combiné à une direction assistée dont la performance s’est dégradée tout au long du week-end. Résultat, il dit avoir eu de plus en plus de mal à « sentir » la voiture pendant la course.

L’écart moteur, « plus grand que prévu »

Bottas ajoute enfin que la différence de performance du groupe propulseur a probablement été plus importante que l’équipe ne l’imaginait, au moins d’après les données. Il explique qu’ils disposent d’un chiffre « en théorie », mais que la comparaison concerne un moteur neuf face à un autre, et surtout l’écart entre une spécification nouvelle et une ancienne.

Pour Bottas, l’addition de tous ces éléments explique la situation : il se résume sans détour, « j’étais plutôt lent ».

ADUO 2 : « 50/50 » pour l’arrivée du moteur de Bottas à Sepang

La référence à l’écart moteur concerne le fait que Perez disposait à Bakou du moteur Ferrari amélioré ADUO 2, alors que Bottas ne l’avait pas encore. L’évolution avait été décrite auparavant comme une « petite différence », mais Bottas sous-entend que le gain pourrait être plus important que prévu.

Concernant son propre calendrier, il estime que c’est « 50/50 » pour recevoir l’ADUO 2 à temps afin de rouler avec à Sepang. Si ce n’est pas possible, il devra attendre la semaine suivante, à Singapour.

De son côté, Perez n’utilisera pas l’ADUO 2 ce week-end : il passera sur un autre moteur de son allocation afin de préserver l’unité la plus intéressante pour une manche où elle apportera davantage.

Pourquoi Cadillac s’attend à un week-end difficile à Sepang

Perez a expliqué que l’équipe a pris une décision qui, selon elle, maximise ses chances : accepter un « petit coup » ce week-end en espérant être récompensé plus tard. Il admet qu’ils ne sont « pas très optimistes » et qu’ils ont donc choisi de le conserver.

Les deux pilotes anticipent un week-end compliqué à Sepang, un circuit qui met en avant deux faiblesses actuelles de la Cadillac : la surchauffe des pneus et les courbes rapides.

Perez décrit la situation sans détour : la Cadillac souffre d’un « énorme manque d’appui » et de « beaucoup de traînée » pour le moment. À Bakou, il dit être resté en mode dépassement quasiment toute la course pour rester au contact. Mais une fois qu’il dépassait, il se retrouvait « passager », faute de vitesse de pointe en ligne droite.

En résumé, il identifie deux gros problèmes : l’appui aérodynamique et la traînée. Et il rappelle que l’équipe savait que cette première saison serait « difficile ».

Conclusion

Entre un déficit d’adhérence et de vitesse, des sensations au volant dégradées et une potentielle différence de moteur, Bottas décrit un week-end à Bakou où tout s’est additionné dans le mauvais sens. L’arrivée (ou non) de l’ADUO 2 à Sepang, puis à Singapour, pourrait être un tournant pour mieux situer la Cadillac dans la hiérarchie. La suite dira si cette période délicate n’était qu’un passage obligé avant un rebond attendu.

Foire aux Questions

Pourquoi Valtteri Bottas était-il beaucoup plus lent que Sergio Perez à Bakou ?

Bottas évoque des pertes de temps en lignes droites et dans les virages, une dégradation du comportement en course, des difficultés de ressenti liées notamment à la direction assistée, ainsi qu’une possible différence de performance du moteur par rapport à Perez.

Que s’est-il passé lors du crash de Bottas au dernier tour ?

Il explique être passé par l’échappatoire au virage 1, ce qui a perturbé le schéma de déploiement. La distance supplémentaire parcourue a ensuite contribué à un problème de freins arrière avant le virage 15, où il a fini dans les barrières.

Qu’est-ce que le moteur Ferrari ADUO 2 et pourquoi est-il important ici ?

Il s’agit d’une évolution du moteur Ferrari utilisée par Perez à Bakou, alors que Bottas ne l’avait pas. Bottas suggère que l’écart de performance pourrait être plus important que prévu.

Bottas aura-t-il l’ADUO 2 à Sepang ?

Selon Bottas, c’est « 50/50 ». Si le moteur n’arrive pas à temps pour Sepang, il devra attendre la course suivante à Singapour.

Pourquoi Cadillac craint-elle Sepang ?

Perez indique que Sepang met en évidence deux points faibles actuels : la surchauffe des pneus et les virages rapides. Il ajoute que la voiture manque fortement d’appui et génère beaucoup de traînée, ce qui pénalise la performance globale.

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