Drapeau jaune ou surface glissante : pourquoi le dépassement de Rowland à Berlin n’a pas été sanctionné

Le dépassement d’Oliver Rowland sur Pascal Wehrlein, dimanche lors de l’E-Prix de Berlin, a immédiatement déclenché une polémique : l’action semblait débuter au moment où un drapeau jaune était déployé. Pourtant, aucune enquête n’a été ouverte après l’arrivée.
Un dépassement pour la 2e place au moment le plus sensible
L’action se déroule au 34e tour. Rowland passe Wehrlein pour s’emparer de la deuxième place, en profitant de son décalage de puissance lié à l’Attack Mode à 350 kW.
Au même moment, un drapeau jaune est déployé à cause d’un gros débris sur la ligne droite de départ-arrivée. En cabine de commentaires, James Rossiter et Sam Bird affirment d’abord que le dépassement a été réalisé sous drapeau jaune et s’attendent à une investigation. Elle ne viendra jamais.
La clé de l’explication : un drapeau « jaune-rouge » plutôt qu’un jaune simple
L’explication avancée après la course est la suivante : la manœuvre n’aurait pas été finalisée sous drapeau jaune, mais sous drapeau « surface glissante » (jaune et rouge). C’est précisément ce basculement de signalisation qui a rendu la séquence difficile à lire en direct.
En revoyant l’action image par image, plusieurs éléments ressortent. Sur la caméra embarquée de Rowland, l’état « yellow » apparaît sur le panneau numérique au niveau de la ligne d’arrivée au moment où il lance l’attaque. Puis l’affichage bascule en « yellow-and-red » alors que le dépassement est en train d’être complété.
Ce que montre l’horodatage officiel de la FIA
L’horodatage officiel de la FIA, visible via la couverture chronométrée de la course, mentionne une alternance entre jaune, surface glissante, puis jaune à nouveau. Le « Turn 0 » fait référence à la zone de la ligne droite de départ-arrivée.
Messages :
16.39pm Yellow at Turn 0
16.39pm Slippery Surface at Turn 0
16.39pm Track clear at Turn 0
16.39pm Slippery Surface at Turn 0
Jaune vs jaune-rouge : ce que la règle autorise (ou interdit)
Le drapeau jaune-rouge (surface glissante) peut être présenté lorsqu’il y a des éléments comme des débris sur la piste et les pilotes doivent adapter leur conduite et faire preuve de prudence. En revanche, le dépassement n’est pas interdit sous ce drapeau.
À l’inverse, sous drapeau jaune, le dépassement est interdit.
Le texte cité pour encadrer le jaune-rouge est l’Article 2.5.5 de l’Appendix H du Code Sportif International, qui précise que ce signal sert à « informer les pilotes qu’il y a une détérioration de l’adhérence due à de l’huile ou de l’eau sur la piste dans la zone au-delà du drapeau » et qu’il doit être affiché au minimum (selon les circonstances) pendant 4 tours, sauf si la surface redevient normale plus tôt.
Rowland : « J’ai vu le YR sur mon tableau de bord »
Rowland explique n’avoir pris conscience de la controverse qu’après la course. Il précise que son ingénieur Richard Monin « ne m’a rien dit ». De son côté, il affirme avoir vu sur son tableau de bord l’indication « YR » (jaune-rouge), ce qui l’a conduit à ne pas considérer la manœuvre comme problématique au moment des faits : « je n’ai même pas envisagé [le sujet] avant qu’on m’en parle après. Et ensuite je me suis dit : je n’ai pas vu de drapeau jaune ».
Pourquoi Porsche ne pouvait pas vraiment enclencher une procédure
Porsche aurait été mécontent qu’aucune sanction ne soit appliquée. Mais l’équipe n’avait pratiquement aucun levier immédiat : l’incident n’ayant pas été officiellement consigné ni investigué, il n’était pas possible de lancer une revue ou une démarche formelle de réexamen sur cette base.
Il est également indiqué que Porsche serait déçu que l’action n’ait pas fait l’objet d’une investigation officielle.
Wehrlein : pas de drapeau vu, pas d’avis tranché
Du côté de Pascal Wehrlein, le pilote explique avoir découvert après la course que l’action pouvait devenir un point de tension. Il déclare qu’il « n’a même pas vu de drapeau » et qu’il n’a « pas d’opinion sur ces choses-là ».
« Sur des choses que je ne peux pas contrôler, je les prends comme elles viennent, ça ne me dérange pas », ajoute Wehrlein. Il s’est réinstallé en tête du championnat avec trois points d’avance et compte 18 points d’avance sur Rowland.
Conclusion : un incident révélateur des zones grises en course
À Berlin, tout s’est joué sur une transition de signalisation en quelques instants : jaune, puis jaune-rouge, puis à nouveau jaune. Sans enquête officielle, le débat reste alimenté par les images et les horodatages, plus que par une décision sportive claire. Une chose est sûre : à mesure que les courses se jouent à la seconde et au watt près, la lisibilité des signaux en piste restera un enjeu central pour l’avenir de la discipline.
Foire aux Questions
Quelle est la différence entre un drapeau jaune et un drapeau jaune-rouge ?
Le drapeau jaune signale un danger et interdit le dépassement. Le drapeau jaune-rouge (surface glissante) avertit d’une perte d’adhérence ou d’une zone délicate : les pilotes doivent être prudents, mais le dépassement n’est pas interdit.
Peut-on dépasser sous drapeau jaune en Formule E ?
Non. Le dépassement est interdit sous drapeau jaune. C’est précisément ce point qui a alimenté la controverse autour de la manœuvre de Rowland.
Pourquoi parlait-on d’un débris sur la ligne droite de départ-arrivée ?
Un gros morceau de débris était présent sur la ligne droite de départ-arrivée, ce qui a déclenché des drapeaux dans la zone appelée « Turn 0 » dans les messages de course.
Qu’est-ce que l’Attack Mode à 350 kW mentionné dans l’action ?
Dans cette situation, Rowland disposait d’un avantage de puissance (350 kW) via l’Attack Mode, ce qui a contribué à créer une opportunité de dépassement au 34e tour.
Pourquoi l’absence d’enquête a-t-elle compté pour une contestation éventuelle ?
Parce que l’incident n’a pas été officiellement enregistré et investigué. Sans ce point de départ, il n’était pas possible d’engager une procédure de révision sur la base d’un dossier formel lié à l’action.
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