Lucas di Grassi va prendre sa retraite en Formula E : le clap de fin annoncé pour un pionnier du championnat électrique

Figure parmi les plus reconnaissables de la Formula E et l’un de ses défenseurs les plus actifs, Lucas di Grassi a annoncé qu’il mettra un terme à sa carrière de pilote en août, lors de la finale de saison au London E-Prix.
L’annonce a été faite à Berlin, où le Brésilien a expliqué que sa décision s’accompagnait « d’émotion, mais aussi de sérénité ».
« Chaque grande course a un dernier tour, et je veux que le mien soit parcouru avec la même intensité, le même engagement et le même amour qui m’ont amené jusqu’ici », a-t-il déclaré. « Je donnerai tout lors de mes dernières courses et je partagerai bientôt davantage de nouvelles sur l’avenir lumineux qui m’attend. »
Une retraite de pilote, mais pas un départ du paddock
Cette perspective d’« avenir » ferait référence à un nouveau défi au sein de la Formula E, où di Grassi pourrait s’appuyer sur l’expérience acquise dans le championnat pour occuper un autre rôle.
Champion de Formula E en 2016-17, auteur de 13 victoires et de 41 podiums, di Grassi quittera son rôle de pilote chez Lola-Yamaha Abt. Il continuera toutefois à contribuer au développement de la voiture Gen4, en vue du nouveau règlement dont l’entrée en vigueur est prévue en décembre.
« Après une vie consacrée à la course, 2026 marquera ma dernière saison en tant que pilote professionnel et le début d’un nouveau chapitre », a ajouté di Grassi.
« Le sport automobile a été ma vie aussi loin que je me souvienne : il m’a donné discipline et détermination avant même que je comprenne pourquoi j’en aurais besoin, et un but dans des moments où la route devant moi était loin d’être claire.
La course a façonné ma vie d’une manière que je n’aurais jamais pu imaginer. Elle m’a profondément changé comme pilote, comme personne, comme père et comme être humain. J’ai tout donné à ce sport, et en retour il m’a offert une vie au-delà de tout ce que j’aurais pu rêver.
Je suis profondément reconnaissant envers ma famille, qui m’a soutenu dès le premier jour à travers chaque sacrifice, chaque décision difficile, chaque victoire et chaque défaite. Sans leur amour, leur patience et leur confiance, rien de tout cela n’aurait été possible. C’est avec eux, en particulier avec ma merveilleuse épouse et mes enfants, que j’ai pris cette décision. »
Une carrière éclectique sur 25 saisons
Lucas di Grassi a débuté en Formule Renault brésilienne en 2002. Deux ans plus tard, il s’est installé au Royaume-Uni pour courir avec Hitech en championnat britannique de Formule 3, où il a notamment croisé la route de futurs rivaux en Formula E comme Nelson Piquet Jr et Adam Carroll.
Vainqueur du Grand Prix de Macao en 2005 avec Manor Motorsport, di Grassi a ensuite disputé quatre saisons de GP2. Il a terminé vice-champion derrière Timo Glock en 2007, avant de signer un passage remarqué en 2008 en remplaçant Ben Hanley chez Barwa International. Cette saison-là, il a remporté trois courses et fini troisième du championnat, malgré l’absence aux six premières épreuves.
Il a ensuite accédé à la Formule 1 en 2010 avec la jeune équipe Virgin Racing. Mais, aux côtés de Glock (son équipier et ancien rival pour le titre GP2), il a peiné à se mettre en valeur au volant d’une voiture très en retard de développement.
En 2011, il a participé au développement des pneus de Formule 1 pour Pirelli, avant de passer à l’endurance en 2012 comme pilote officiel Audi, à l’époque des prototypes LMP1 hybrides « usine ».
Avec Audi, di Grassi est monté sur le podium des 24 Heures du Mans trois fois en quatre participations, au cœur des luttes face à Toyota et Porsche en Championnat du monde d’endurance entre 2013 et 2016. Il y a décroché deux victoires et son meilleur classement au championnat a été une deuxième place lors de la dernière de ces saisons.
En parallèle de la filière monoplaces, de la F1 et de l’endurance, il a également couru en Supercars australien, en Stock Car brésilien, aux 24 Heures du Nürburgring et en DTM.
Formula E : des débuts fondateurs à un titre de champion
C’est cependant en Formula E que di Grassi a véritablement laissé son empreinte. Très tôt, le projet a attiré son attention : en 2012, il a été recruté par Alejandro Agag, fondateur et moteur de la discipline, pour être l’un des visages du nouveau championnat, figurant parmi les premières personnes intégrées à Formula E Operations.
Après avoir fait la démonstration de la Formulec FE01, puis de la voiture Gen1 aux quatre coins du monde, sa carrière sportive en Formula E a démarré de façon marquante avec Audi Sport Abt à Pékin en 2014, lorsqu’il a hérité de la toute première victoire de l’histoire après l’accident spectaculaire au dernier virage entre Nick Heidfeld et Nico Prost.
Di Grassi s’est rapidement affirmé comme l’un des pilotes les plus efficaces du plateau. Il a remporté une autre course dès cette première saison à Berlin-Tempelhof, même s’il a ensuite été déclassé pour une infraction mineure concernant l’aileron avant.
Son sommet sportif s’est surtout situé lors des deuxième et troisième saisons. En 2015-16, il a échoué de peu dans la lutte pour le titre face à son grand rival d’alors, Sébastien Buemi. Une collision provoquée par di Grassi au premier virage à Battersea Park a menacé d’envenimer la bataille, mais Buemi a réussi à se relancer et à décrocher la couronne grâce au meilleur tour en course.
Un an plus tard, à Montréal, Buemi a vécu une scène restée célèbre lorsqu’il a craqué dans la voie des stands, malgré un retour combatif après un accident en essais qui avait détruit sa Renault. Di Grassi a alors conquis le titre 2016-17, même s’il a été battu 6-2 en nombre de victoires sur la saison par Buemi.
Par la suite, il est resté une référence en Formula E : il a gagné quatre courses à l’ère Gen2 avec Audi, puis lors de sa seule saison chez Venturi en 2021-22, avec notamment une victoire à l’ExCeL.
L’ère Gen3, puis le défi Lola : une fin de carrière plus frustrante
L’ère Gen3 a en revanche été bien plus difficile. Son arrivée chez Mahindra pour la première saison du nouveau règlement s’est révélée catastrophique, avec un seul résultat vraiment marquant : une troisième place lors de l’ouverture de saison à Mexico. Le retard de conception de la voiture, combiné à des frustrations liées à la stratégie de développement, a conduit di Grassi et Mahindra à se séparer avant le terme initial de son contrat.
Le retour d’Abt pour la deuxième saison Gen3 en 2023-24 lui a permis de retrouver de nombreux anciens collègues de l’époque Audi. Mais en tant qu’équipe cliente de Mahindra, les résultats n’ont pas beaucoup progressé, et di Grassi a terminé près du bas du classement des points.
Quand Abt a quitté Mahindra pour s’associer au nouveau projet Lola à la fin de 2024, di Grassi a été un acteur important du développement. Il a été récompensé par une deuxième place, aussi méritée qu’improbable, au Miami E-Prix à Homestead en avril 2025.
Cette saison, la frustration domine à nouveau pour le pilote de 41 ans, qui n’a pas encore inscrit le moindre point. Il reste néanmoins une pièce centrale du développement de la Gen4 de Lola : il a roulé lors des deux essais collectifs, ainsi que lors d’une journée d’essais privée pour le constructeur britannique relancé.
Quel héritage pour di Grassi en Formula E ?
Rares sont les compétiteurs actuels qui peuvent revendiquer autre chose que le statut de « simple » pilote. Di Grassi, sorte de polymathe moderne de la course, se distingue par un esprit multicanal et une curiosité intense sur un large éventail de sujets.
Au fil des années, les échanges avec lui ont couvert des domaines allant des technologies de course à venir à la géopolitique du moment, en passant par des idéologies sociales et même de potentielles avancées médicales. Son intérêt dépasse largement les conversations habituelles d’un paddock.
Mais c’est surtout sa conviction dans l’ingénierie des véhicules électriques et dans la recherche d’efficience, en sport automobile comme dans l’industrie automobile, qui le singularise. Il ne se contente pas d’en parler : il agit. Cette qualité a servi sa trajectoire et celle de la Formula E, même si son enthousiasme sans limite a parfois pu lui attirer des ennuis.
Sportivement, di Grassi restera l’un des meilleurs pilotes de la Formula E sur les deux premiers tiers de son histoire. Le départ d’Audi à la fin de la saison 2020-21 a clairement interrompu son élan vers un deuxième titre très convoité. Il a toutefois montré chez Venturi, et par moments chez Lola, qu’il conservait une vitesse réelle.
Avec le bon est parfois venu le moins bon : di Grassi a pu se montrer trop agressif en duel, au point d’ignorer ses adversaires et de rendre certains accrochages inévitables. Cette réputation parfois rugueuse n’effacera pas l’ampleur de son palmarès, même si son épisode de juillet 2016 à Battersea Park, lorsqu’il a percuté Buemi jusqu’aux barrières, n’a certainement pas été son meilleur moment au volant.
Parce qu’il a été bien plus qu’une vedette de la grille, son héritage semble solidement établi, même si ses dernières saisons l’ont souvent vu évoluer en fond de peloton. Son action en faveur du sport automobile électrique a dépassé celle observée dans d’autres branches contemporaines du sport.
Un exemple marquant : son rôle de Clean Air Advocate pour le Programme des Nations unies pour l’environnement entre 2018 et 2024, où il a promu la mobilité durable et les véhicules électriques pour lutter contre la pollution de l’air via la campagne BreatheLife.
Il serait d’ailleurs dans la logique de di Grassi d’aller chercher une dernière performance renversante avec une Lola encore peu attendue, avant que sa dernière saison ne se referme en août.
Ce serait parfaitement cohérent avec un sens du spectacle qui devrait offrir à l’un des plus grands personnages du sport automobile une ultime journée, pleinement méritée, sous la lumière.
Conclusion
En annonçant sa retraite au terme de la saison, Lucas di Grassi tourne la page d’un parcours unique, à la fois sportif, technique et militant pour la mobilité électrique. Son dernier tour de piste en Formula E pourrait encore réserver un final à son image : intense, engagé, et résolument tourné vers l’avenir.
Foire aux Questions
Quand Lucas di Grassi va-t-il arrêter sa carrière de pilote en Formula E ?
Il prévoit de mettre fin à sa carrière de pilote en août, lors de la finale de saison au London E-Prix.
Quel est le palmarès de di Grassi en Formula E ?
Il a été champion en 2016-17, avec 13 victoires et 41 podiums en Formula E.
Quel sera son rôle après sa retraite de pilote chez Lola-Yamaha Abt ?
Il quittera son rôle de pilote chez Lola-Yamaha Abt, mais restera impliqué en aidant au développement de la voiture Gen4, dont le nouveau règlement débute en décembre.
Pourquoi la période Gen3 a-t-elle été difficile pour lui ?
Son passage chez Mahindra lors de la première saison Gen3 a été très compliqué, avec comme principal résultat une troisième place à Mexico en ouverture. Des retards de la voiture et des désaccords sur la stratégie de développement ont mené à une séparation anticipée.
Quel moment marquant a lancé sa carrière en Formula E dès 2014 ?
À Pékin en 2014, il a été déclaré vainqueur de la toute première course de l’histoire de la Formula E après l’accident dans le dernier virage entre Nick Heidfeld et Nico Prost.
En écho au dernier tour de di Grassi, prenez le vôtre vers l’électrique: l’Audi e-tron GT se vit en LOA ou LLD, avec garanties et achat à distance via Joinsteer. Le rêve automobile, sans détour.

























































