đïžâĄ F1 2026 : 10 rĂ©vĂ©lations des pilotes sur les nouvelles voitures

Depuis des mois, la rĂ©volution rĂ©glementaire de la Formule 1 pour 2026 alimente autant les scĂ©narios catastrophe que lâoptimisme le plus dĂ©bridĂ©.
Mais avec un premier test de pré-saison désormais effectué, les retours des pilotes permettent enfin de mieux comprendre comment ces monoplaces se comportent réellement en piste.
Voici 10 enseignements marquants sur cette nouvelle gĂ©nĂ©ration de F1 â certains plutĂŽt rassurants, dâautres nettement plus dĂ©rangeants.
đđ Le lift-and-coast pourrait sâinviter⊠en qualifications
Les F1 2026 sont considérées comme trÚs « affamées » en énergie : elles ne peuvent pas recharger la batterie autant que nécessaire pour rouler à fond en permanence. Beaucoup imaginaient que ce serait surtout un sujet de course, mais les premiers éléments indiquent que cela pourrait aussi peser sur les qualifications.
Selon Esteban Ocon, des tours de simulation qualifs ont montrĂ© que le meilleur chrono pouvait venir⊠en levant le pied Ă lâentrĂ©e de certains virages, afin de maximiser la rĂ©cupĂ©ration dâĂ©nergie.
« Si tu restes plein gaz, tu mets presque le frein Ă main Ă la fin de la ligne droite », a expliquĂ© Ocon. « Si tu lĂšves et tu laisses rouler, ce nâest pas tant que ça. Donc tu te sens plus rapide si tu lĂšves. »
Kimi Antonelli confirme que cette logique est contre-nature en qualifications : « Câest un peu plus ânon naturelâ Ă faire, parce quâen qualifs tu penses juste Ă aller le plus vite possible. (âŠ) Câest quelque chose quâon va devoir apprendre, surtout parce que la batterie est trĂšs sensible au style de pilotage. »
đđ Suivre en virage pourrait ĂȘtre plus difficileâŠ
La refonte du chùssis 2026 répond à deux objectifs : réduire la traßnée pour mieux correspondre aux nouveaux groupes propulseurs, et améliorer la capacité des voitures à se suivre pour favoriser les duels.
Ce deuxiĂšme point a motivĂ© lâĂ©loignement du « full ground effect » et un travail important pour limiter lâair sale qui avait fini par pĂ©naliser lâancienne gĂ©nĂ©ration.
Pourtant, les premiĂšres impressions suggĂšrent que ces nouvelles voitures ne seraient pas forcĂ©ment meilleures dans le sillage â et pourraient mĂȘme ĂȘtre pires.
Ollie Bearman a dĂ©clarĂ© : « CâĂ©tait un peu plus compliquĂ© de suivre. Il y avait un changement dâĂ©quilibre assez important par rapport Ă lâair propre, et ça semblait plus marquĂ© que sur la gĂ©nĂ©ration prĂ©cĂ©dente. »
Ocon ajoute : « On a lâimpression de perdre pas mal de charge Ă lâavant, peut-ĂȘtre un peu plus quâavant. »
Tout le monde nâa pas la mĂȘme lecture : George Russell, lui, perçoit une amĂ©lioration.
« Suivre semble clairement plus facile, surtout dans les virages rapides », estime Russell. « Dâabord parce que tu as moins dâappui et que tu passes moins vite, donc il y a naturellement moins de turbulence. »
âĄđ âŠmais les vitesses de rapprochement en ligne droite sont Ă©normes
MĂȘme si la phase en virage peut compliquer le suivi, les diffĂ©rences de vitesse en ligne droite observĂ©es au bord de la piste laissent penser que les dĂ©passements pourraient ĂȘtre plus frĂ©quents.
Toto Wolff a donnĂ© un exemple frappant : « George a passĂ© [Franco] Colapinto pendant que Colapinto faisait ses longs relais â et il y avait 50 km/h dâĂ©cart en vitesse de pointe. Câest super excitant. On va voir beaucoup plus de dĂ©passements. »
Mais Russell alerte : ce type dâĂ©cart peut poser problĂšme dans certaines situations.
« Il va y avoir des exemples de vitesses de rapprochement trÚs importantes », dit-il. « Je ne pense pas que ce soit un problÚme sur le sec, mais ce serait un problÚme dans des courses avec faible visibilité. »
Il nuance toutefois : si la visibilitĂ© est faible, câest gĂ©nĂ©ralement quâil pleut â et dans ces conditions, comme on passe beaucoup plus lentement en virage et que les distances de freinage sâallongent, on rĂ©cupĂšre davantage dâĂ©nergie et on en dĂ©pense moins.
đȘœđ§ LâaĂ©ro active : une opportunitĂ© manquĂ©e ?
Lâune des diffĂ©rences les plus visibles en 2026 est lâaĂ©rodynamique active : ailes avant et arriĂšre disposent de modes distincts selon quâon est en ligne droite ou en virage.
Vu de lâextĂ©rieur, lâeffet paraĂźt spectaculaire. Mais dans le cockpit, lâoutil ne serait pas aussi transformant quâespĂ©rĂ©.
Ocon dit ĂȘtre un peu déçu, estimant que le rĂ©sultat final ressemble surtout Ă lâajout « dâun DRS avant ».
« Câest plus un truc dâefficacitĂ© que quelque chose qui nous donne vraiment plus dâoutils avec lesquels jouer », explique-t-il. « Jâaurais prĂ©fĂ©rĂ© quâon puisse rĂ©gler le flap avant comme on veut pour chaque virage, avant de rouler. Câest ça que jâappelle lâaĂ©ro active. »
Il cite lâexemple dâune voiture de route, la Pagani Huayra, qui ajustait lâaĂ©ro avant selon le virage et le besoin dâĂ©quilibre.
âĄđïž Le âcoupâ Ă©lectrique en ligne droite est jugĂ© « brutal »
Un point saute aux yeux : Ă la sortie des virages, ces voitures semblent trĂšs explosives.
Ce nâest pas uniquement lâeffet de la puissance totale (environ 700 kW, soit lâĂ©quivalent de 1000 ch). Câest surtout que la moitiĂ© de cette puissance provient de la batterie, donc avec beaucoup de couple.
Antonelli rĂ©sume : « On a beaucoup plus de puissance venant du moteur Ă©lectrique. LâaccĂ©lĂ©ration est assez brutale. »
Ocon estime quâils atteignaient 350 km/h dans lâĂ©lan vers le premier virage Ă Barcelone, avec une accĂ©lĂ©ration qui ne faiblissait pas.
« Je nâaurais jamais pensĂ© atteindre 350 km/h aussi vite », raconte-t-il. « Sur une des sorties, on avait un dĂ©ploiement incohĂ©rent, et jâai eu le plein dĂ©ploiement dans la ligne droite : jâarrive Ă 355 km/h au virage 1 Ă Barcelone ! »
« Le freinage Ă©tait trĂšs diffĂ©rent des tours prĂ©cĂ©dents, mais la façon dont ça grimpe⊠la façon dont tu sens la vitesse monter⊠câest fou. HonnĂȘtement, câest quelque chose que je nâai jamais ressenti en Formule 1 ni dans aucune voiture que jâai pilotĂ©e avant. »
đȘ¶đ§ Des voitures plus lĂ©gĂšres et plus vives
La réduction de taille et de masse peut sembler modeste sur le papier, mais elle se ressent déjà .
Lâempattement est rĂ©duit de 200 mm, la largeur diminue de 100 mm par rapport Ă 2025, et le poids minimum baisse dâenviron 30 kg (Ă partir des 800 kg de 2025).
Bearman le constate : « Le meilleur aspect, câest que la voiture est un peu plus lĂ©gĂšre, donc Ă certains endroits elle paraĂźt plus vive. Et on a toujours une quantitĂ© dâappui incroyable. »
Ocon dĂ©crit un ressenti « plus proche de lâĂšre 2020 », avec une voiture moins « nerveuse » et plus confortable Ă haute vitesse. Il insiste sur la nettetĂ© des changements dâappui et de direction.
« Tu sens clairement la rĂ©duction de poids », prĂ©cise-t-il. « Tu sens aussi Ă quel point les voitures sont plus petites. (âŠ) Dans les virages 10, 11, 12, tu sens vraiment, quand tu changes de direction, que câest plutĂŽt bon de ce cĂŽtĂ©-lĂ . »
Antonelli partage ce ressenti : « Tu sens les 30 kg en moins et le fait que la voiture soit un peu plus petite. Tu sens que câest plus agile, surtout dans les changements de direction et dans les virages lents, ce qui est agrĂ©able. »
đđ„ Une dĂ©gradation des pneus potentiellement massive
Avec la puissance importante à la réaccélération, les pilotes ont dû se montrer prudents à la remise des gaz lors des essais.
Et le dĂ©fi sâannonce plus grand car les pneus sont plus Ă©troits : 25 mm de moins Ă lâavant et 30 mm de moins Ă lâarriĂšre, dans le cadre de la rĂ©duction de traĂźnĂ©e. Cela renforce les enjeux de gestion.
Antonelli prĂ©vient : « Pneus plus petits, plus de puissance, la dĂ©gradation pourrait ĂȘtre plus Ă©levĂ©e, surtout Ă lâarriĂšre. (âŠ) Ăa pourrait ĂȘtre plus difficile Ă gĂ©rer avec la quantitĂ© de puissance quâon a en sortie de virage. »
Ocon va dans le mĂȘme sens : « On doit faire trĂšs attention Ă ne pas tuer les pneus complĂštement », en rappelant que ces voitures offrent « moins de grip que ces deux derniĂšres annĂ©es ».
đ§ đïž Ce nâest pas âqueâ une histoire de groupe propulseur
Avec une rĂ©partition de puissance prĂ©sentĂ©e comme proche du 50/50 entre le moteur thermique et le MGU-K, la rĂ©cupĂ©ration, le dĂ©ploiement et la gestion dâĂ©nergie deviennent centraux en 2026.
Russell concĂšde quâil avait un doute avant de rouler avec la Mercedes W17 : la crainte que lâexercice devienne trop âingĂ©nieurâ, comme si la voiture devait ĂȘtre pilotĂ©e davantage Ă la gestion quâau feeling. Mais, une fois en piste, sa perception a changĂ©.
« CâĂ©tait un point dâinterrogation pour moi en arrivant au test : est-ce que ça allait ĂȘtre comme en Formula E, oĂč il faut un ingĂ©nieur pour piloter la voiture plutĂŽt quâun pilote ? » dit Russell. « Mais câĂ©tait beaucoup plus intuitif Ă conduire que prĂ©vu. »
Selon lui, il reste donc une marge dâinfluence pour le pilote au-delĂ de la seule stratĂ©gie Ă©nergĂ©tique.
Ocon souligne aussi que la technique de pilotage joue sur la quantitĂ© dâĂ©nergie rĂ©cupĂ©rable pendant un tour, jusquâau maximum de rĂ©fĂ©rence de 8,5 MJ.
« Ăa reste une voiture de course », insiste Ocon. « Je mâattendais Ă ce quâon travaille Ă©normĂ©ment sur lâhybride et quâon essaie dâavoir tout parfaitement rĂ©glĂ© â et câest le cas, câest sĂ»r. (âŠ) Mais on adapte toujours lâĂ©quilibre de la voiture, on travaille la prĂ©paration des pneus, tout ça. Câest encore une trĂšs grande partie du travail. »
Il admet avoir eu peur quâon ne touche presque plus au rĂ©glage chĂąssis et quâon ne fasse que de lâĂ©lectronique, mais conclut : « En fait ça va. »
đ§±đ©ș Les pilotes ne se font plus âsecouerâ comme avant
Les nouvelles rÚgles réduisent la dépendance aux effets de sol. Comme attendu, la disparition des tunnels Venturi signifie que ces voitures ne roulent plus aussi basses, ni aussi raides.
ConsĂ©quence : plus de porpoising ni de rebonds mĂ©caniques â ce qui soulage physiquement les pilotes.
« Mon dos passe un moment plus facile », résume Russell.
Antonelli explique que cela apporte aussi plus de libertĂ© sur les hauteurs de caisse, avec des voitures qui roulent dĂ©sormais avec du rake (arriĂšre plus haut que lâavant). Cela augmente lâangle dâattaque des surfaces aĂ©rodynamiques et peut potentiellement gĂ©nĂ©rer plus dâappui.
« On nâa plus de rebonds », dit Antonelli. « On a aussi un peu plus de marge pour jouer avec les hauteurs de caisse. Lâan dernier, tout tournait autour du fait dâĂȘtre le plus bas possible sans dĂ©clencher les rebonds. Cette annĂ©e, tu peux ajuster un peu plus selon lâĂ©quilibre que tu as. »
đđ„ MalgrĂ© tout, ça reste de la Formule 1
Les voitures ont changĂ© profondĂ©ment, et les exigences de gestion dâĂ©nergie dĂ©passent tout ce que les pilotes ont connu. Mais elles restent extrĂȘmement rapides, dans la lignĂ©e des grandes monoplaces de Grand Prix.
Face aux inquiĂ©tudes â comme le lift-and-coast en qualifications â Ocon estime que lâADN est intact : « Je pense que oui, parce que ce sont toujours les voitures les plus rapides au monde. (âŠ) On doit optimiser, en tant que pilotes, les outils quâon a pour aller le plus vite possible. Câest toujours agrĂ©able Ă piloter et câest toujours une F1. »
Russell abonde : « Ăa reste clairement la Formule 1. Ăa ressemble toujours Ă une voiture de course, et tu es toujours en train de repousser les limites. Mais tu la pilotes diffĂ©remment. »
Il rappelle que la discipline a toujours Ă©voluĂ©, citant les styles de pilotage dâautres Ă©poques (accĂ©lĂ©rateur modulĂ© pour gĂ©rer les turbos) et la transition du levier de vitesses aux palettes : autant de changements qui modifient les gestes sans enlever le dĂ©fi.
Les voitures Ă©volueront vite : la performance du groupe propulseur et le niveau dâadhĂ©rence sont appelĂ©s Ă grimper au fil de la maturation de cette rĂ©glementation. Le sentiment gĂ©nĂ©ral, pour lâinstant, est que les pires craintes nâont pas Ă©tĂ© confirmĂ©es, et que ces monoplaces restent Ă attaquer et Ă se battre Ă la limite.
đźâ Conclusion : une F1 diffĂ©rente, mais toujours extrĂȘme
Entre gestion dâĂ©nergie plus exigeante, vitesses de rapprochement impressionnantes et voitures plus agiles, la F1 2026 impose de nouveaux rĂ©flexes sans renier la performance.
Si les Ă©quipes progressent vite sur les rĂ©glages, lâexploitation de lâaĂ©ro et lâusage de lâĂ©nergie, cette nouvelle Ăšre pourrait offrir un spectacle encore plus imprĂ©visible â et câest souvent lĂ que naissent les plus grandes histoires.
âđ Foire aux Questions
Pourquoi parle-t-on de âlift-and-coastâ en qualifications en 2026 ?
Parce que les voitures pourraient ĂȘtre limitĂ©es par lâĂ©nergie disponible. Lever le pied avant un virage peut aider Ă mieux rĂ©cupĂ©rer et gĂ©rer lâĂ©nergie de la batterie, au point de produire un chrono plus rapide quâen restant plein gaz partout.
Est-ce que les F1 2026 seront plus faciles Ă suivre en virage ?
Pas forcĂ©ment. Certains pilotes ont ressenti davantage de dĂ©sĂ©quilibre dans le sillage (perte de charge Ă lâavant), tandis que dâautres parlent dâune amĂ©lioration, notamment en virages rapides, grĂące Ă une vitesse de passage plus faible et donc moins de turbulence.
Pourquoi pourrait-on voir plus de dépassements en ligne droite ?
Les essais ont montrĂ© des Ă©carts de vitesse importants entre voitures en ligne droite (jusquâĂ 50 km/h dans un exemple citĂ©). Cela peut crĂ©er davantage dâopportunitĂ©s de dĂ©passement, mĂȘme si ces vitesses de rapprochement posent des questions de sĂ©curitĂ© en cas de faible visibilitĂ©.
Quâest-ce qui rend lâaccĂ©lĂ©ration si violente en 2026 ?
Une grande partie de la puissance provient de lâĂ©nergie Ă©lectrique, qui apporte un couple trĂšs Ă©levĂ©. Les pilotes dĂ©crivent une accĂ©lĂ©ration « brutale », avec des vitesses trĂšs Ă©levĂ©es atteintes trĂšs rapidement (jusquâĂ 355 km/h observĂ©s Ă Barcelone).
Les F1 2026 seront-elles plus confortables Ă piloter ?
Oui, au moins sur un aspect : avec moins de dĂ©pendance Ă lâeffet de sol et la disparition des tunnels Venturi, les voitures ne subissent plus les mĂȘmes phĂ©nomĂšnes de rebonds/porpoising. Les pilotes expliquent que cela soulage notamment le dos et offre plus de latitude sur les hauteurs de caisse.
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