F1 Autriche : McLaren menace Mercedes, Ferrari cache-t-elle son jeu ? Les enseignements clés des essais

« It smells terrible in here, like brakes and hotness » : le message radio de Liam Lawson à la fin de la première journée d’essais du Grand Prix d’Autriche résume l’ambiance au Red Bull Ring — et il aurait pu être prononcé par n’importe lequel des 22 pilotes.
Sous une chaleur écrasante, on a revu un scénario façon Barcelone : des pneus qui souffrent et « fondent » dans les températures élevées. Et aussi un thème déjà aperçu à Montréal et Monaco : des freins qui surchauffent, envoyant de nombreuses voitures dans les zones de dégagement.
Résultat : personne n’a dressé un bilan réellement positif de sa journée, mais une première hiérarchie commence à se dessiner.
En s’appuyant sur l’analyse des relais longs de la FP2 et sur les déclarations recueillies après la séance, voici les principaux enseignements.
McLaren, principale menace de Mercedes (pour l’instant)
À ce stade, McLaren semble être « la meilleure des autres » derrière Mercedes — de l’aveu même d’Oscar Piastri.
« I don't know if we're in the mix with Mercedes. I think we seem to be best of the rest after them, » a déclaré Piastri.
« But Mercedes always finds a lot of pace from Friday to Saturday. So I'm expecting them to be very, very quick tomorrow.
But I think personally it's been a pretty good day. »
Rythme sur un tour en FP2
Single-lap pace FP2
1 Kimi Antonelli (Mercedes) 1m07.014s
2 Oscar Piastri (McLaren) +0.237s
3 Lando Norris (McLaren) +0.325s
4 Max Verstappen (Red Bull) +0.550s
5 Lewis Hamilton (Ferrari) +0.597s
6 George Russell (Mercedes) +0.623s
7 Isack Hadjar (Red Bull) +0.744s
8 Charles Leclerc (Ferrari) +0.841s
Les McLaren ont signé les 2e et 3e temps sur un tour en FP2, et se sont aussi montrées solides sur les relais longs — proches de Mercedes si l’on tient compte de la longueur de relais plus importante pour Norris et Piastri.
Rythme en relais longs en FP2
Long-run pace FP2
1 Russell 1m11.220s (4 laps)
2 Antonelli 1m11.265s (6 laps)
3 Norris 1m11.466s (8 laps)
4 Verstappen 1m11.704s (9 laps)
5 Hamilton 1m11.773s (6 laps)
6 Piastri 1m11.777s (8 laps)
7 Hadjar 1m11.910s (5 laps)
8 Leclerc 1m12.116s (6 laps)
(all on mediums)
George Russell a qualifié le rythme de McLaren de « biggest concern for us » et a insisté sur la capacité de McLaren à performer lorsque les températures grimpent.
« There's a real trend of these hot races that they're strong, » a expliqué Russell. « We saw it last year. We've seen it for years now.
Miami was the first real hot race, and they arguably could have won. Barcelona, Lando, was similar pace to ourselves and Lewis.
Then here, they look really strong again. So there's a real trend at these hot races that they seem to step it up, and we maybe take a step backwards. »
Pour l’instant, Mercedes et McLaren se renvoient la balle, tout en gardant un œil sur Ferrari…
Ferrari retient-elle quelque chose ?
Sur les chiffres bruts — 5e et 8e à la fois sur un tour et sur les relais longs — la journée de vendredi de Ferrari en Autriche a été décevante.
Les attentes étaient pourtant élevées, compte tenu de la victoire de Lewis Hamilton à Barcelone et de l’arrivée de la première évolution moteur 2026, après une décision de l’ADUO indiquant que ce moteur se situait à plus de 4% de celui de Red Bull.
Mais Barcelone a aussi rappelé une chose : un vendredi discret peut se transformer en week-end triomphal.
« Barcelona told us that you can't draw every conclusion from Friday and map it reliably onto Sunday, » a déclaré le directeur adjoint de Mercedes, Bradley Lord.
« I don't think we've seen everything that Ferrari have got today. »
Du côté de McLaren, le directeur technique (engineering) Neil Houldey a ajouté : « We know that Ferrari were very, very quick in Barcelona, and there's no reason why they won't be as fast here. »
Charles Leclerc s’est montré plus réservé, au moins dans ses commentaires après la FP2 :
« Not so confident, but I mean, never say never, » a-t-il répondu, interrogé sur la possibilité d’un retournement de situation similaire à Barcelone.
« But it's true that at the moment, on the Friday of Barcelona, there were a few elements that will lead us to think that there was quite a bit of performance in the car
At the moment, it's been a struggle. It’s been a difficult Friday for the team, and we'll try and put everything together and see what we can recover tomorrow. »
Les données GPS dans les lignes droites en essais suggèrent que Ferrari a peut-être limité un peu sa puissance moteur, et qu’il y a clairement de la performance à aller chercher.
Il n’y a pas de raison que le petit turbo de Ferrari ne soit pas efficace ici, et il paraît peu probable que le châssis évolué — si performant à Barcelone — s’effondre autant sur ce tracé.
La vraie question : quelle marge de performance reste-t-il une fois « tout ouvert » et la bonne fenêtre de réglages trouvée, et est-ce suffisant pour se mêler à Mercedes et McLaren ?
Que vaut la Red Bull améliorée ?
Le patron de l’équipe Red Bull, Laurent Mekies, a expliqué qu’il serait satisfait si la grosse évolution prévue pour l’Autriche réduisait l’écart avec les leaders à deux ou trois dixièmes de seconde.
Mais pour l’instant, le déficit semble plus important après un vendredi délicat.
Des problèmes sans lien direct avec l’évolution ont réduit le temps de roulage. Et lorsque la RB22 a tourné, les radios de Max Verstappen comme d’Isack Hadjar ont été remplies de plaintes.
Hadjar a résumé après la séance : « It just seems like it's hard to extract the most of it because we're completely off balance and we're struggling a lot, so there's a lot of digging to do tonight. »
Le relais long de Verstappen en FP2 reste toutefois encourageant. La moyenne finale est un peu trompeuse car il a roulé plus longtemps que les deux Mercedes : si l’on ne prend que les quatre premiers tours de son relais, l’écart ressemble davantage à deux ou trois dixièmes plutôt qu’à une demi-seconde.
Verstappen est un spécialiste du Red Bull Ring. Avec des écarts aussi serrés, il espérera au minimum se rapprocher du trio de tête des équipes, sur un circuit qui devrait en théorie mieux convenir à une Red Bull améliorée que ne le faisait Barcelone.
Un milieu de grille très serré
Si les quatre top teams ont verrouillé les huit premières places en FP2, aucune ne peut se permettre la moindre erreur : à la moindre glissade, une voiture du milieu de grille peut venir « voler » une position.
Audi semble encore solide, avec Nico Hülkenberg à 1m12.134s de moyenne sur un relais de neuf tours en pneus durs. Un rythme comparable à celui des Alpine et des Racing Bulls, tandis que Haas apparaît légèrement derrière ce groupe.
Reste la question habituelle : Audi pourra-t-elle, cette fois, transformer une vitesse prometteuse en résultat le dimanche ?
Derrière, Williams n’était « not super happy » de son relais à haut niveau de carburant et a du travail pour viser le milieu de peloton ce week-end.
La Cadillac améliorée était difficile à lire, compte tenu de la série de problèmes rencontrés vendredi — hormis un tour encourageant en FP1 de Valtteri Bottas. Et une Aston Martin sans évolution reste, sans surprise, la 11e force au Red Bull Ring.
Conclusion
Entre surchauffe des freins, gestion des pneus sous une chaleur extrême et écarts compressés, la première journée a surtout montré une chose : la performance brute ne dira pas tout tant que les équipes n’auront pas trouvé la bonne fenêtre de réglages.
La suite s’annonce passionnante : sur ce circuit court où tout se joue à la marge, la capacité à progresser du vendredi au samedi pourrait décider du rapport de forces — et ouvrir la porte à de vraies surprises.
Foire aux Questions
Quelle est la différence entre le rythme sur un tour et le rythme en relais long ?
Le rythme sur un tour reflète la performance maximale sur une tentative rapide. Le rythme en relais long correspond à une moyenne sur plusieurs tours, plus proche des conditions de course, et met en avant la dégradation des pneus et la régularité.
Pourquoi la chaleur complique-t-elle autant la gestion des pneus en F1 ?
Quand la piste et l’air sont très chauds, les pneus montent plus vite en température. Cela peut accélérer l’usure et la perte d’adhérence, rendant les relais plus difficiles à tenir, comme observé ici.
Que signifie « freins qui surchauffent » et pourquoi cela provoque des sorties de piste ?
Des freins en surchauffe perdent en efficacité et peuvent rendre la décélération moins stable. Les pilotes manquent alors les points de freinage et finissent plus souvent dans les dégagements, un phénomène relevé en Autriche.
Pourquoi Ferrari peut sembler en retrait le vendredi puis revenir le samedi ou le dimanche ?
Les essais du vendredi ne révèlent pas toujours le potentiel réel : niveaux de carburant, programmes de travail et réglages peuvent masquer la performance. Même Mercedes souligne qu’il faut éviter de tirer des conclusions définitives trop tôt.
À quoi servent les données GPS mentionnées pour les lignes droites ?
Elles permettent d’évaluer la vitesse et l’accélération à différents points du circuit. Ici, elles suggèrent que Ferrari n’exploitait peut-être pas toute sa puissance en lignes droites lors des essais.
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